Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 novembre 2022 4 03 /11 /novembre /2022 18:10
70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE  70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE
70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE

GENESE DU PROJET :

70 ans, C'est moi

40 ans, C'est Céline

30 ans, C'est le 30ème anniversaire du Grand Raid

Samedi 23 octobre 2021 ; En 48h30, je bouclais ma 6ème Diagonale ; La dernière j'en étais sûr et certain, après une galère de près de 40h avec un genou en vrac , qui avait tourné dans les paturages  avant le poste du Nez de boeuf et à peine après 35km de course. En outre, j'avais perdu le podium M6 dans les 15 derniers km ; La rage !!!

J'avais donc prévu de lever le pied pour mes 70 ans et de repartir sur le Trail Bourbon et ses 109km ! C'était bon, je tenais mon engagement, mais à quelques heures de l'ouverture des inscriptions, un phénomène inattendu devait se produire auquel il m'était impossible de résister !

Une photo de Céline brandissant le maillot du Grand Raid avec un message laconique " Alors on se le fait cette année 😉  ??? " .

Aucune hésitation ; L'amour paternel d'un père  pour sa fille était le plus fort ! Adieu les bonnes résolutions ; Une nouvelle et merveilleuse  aventure se profilait !

Et pourtant, que d'incertitudes pour Céline  : Tirage au sort  -  Trail de qualification à réaliser après 4 ans sans aucune course (C'est gonflé !) Préparation progressive sans brûler les étapes pour éviter les blessures liées au surentraînement.

Trois  points positifs toutefois : Habiter au pied du massif du Dimitile et ses sentiers à fort dénivelé -Un courage, une volonté et un mental à toutes épreuves - Pouvoir compter sur son mari Clément pour l'épauler et gèrer les 3 enfants lors des entraînements, ainsi que l'accompagner sur des sorties longues en montagne.

Vue du Massif du Dimitile depuis la terrasse des  enfants

Vue du Massif du Dimitile depuis la terrasse des enfants

PREPARATION :

Dès janvier celle ci devait commencer pour l'un comme pour l'autre et s'avérer parfois compliquée. Alors que Céline montait progressivement en puissance pour son trail de qualification prévu en mars " Le Trail des 2 Rivières" à St Joseph, elle devait attraper un Covid musclé  8 jours avant l'épreuve !😁Après plus de 2 semaines à s'en remettre, elle se préparait à un trail de remplacement dont la distance fut réduite à quelques semaines 😁.

Obligée de repousser à nouveau, elle se rabattait début mai sur le "Trail de minuit" 56km et 3200mD+ en partie dans le Cirque de Mafate . Dernière chance de réaliser un trail à 85points avant les vacances en métropole. Mission accomplie avec brio puisqu'elle se classait 2ème M1  et 251ème au scratch sur 1300 partants  en 10h28'30". Sa préparation devait se poursuivre sans trop de problèmes avec quelques belles sorties montagneuse avec ses copines d'entraînement ; Renforcement musculaire  et beaucoup d'échanges à distance avec le papa !  A peine quelques petites alertes du tendon d'Achille savamment jugulées par les étirements et une réduction de la charge sur certaines séances. Pas toujours simple évidemment !

Mais à Poitiers, ce fut un peu plus compliqué pour moi ; Déchirure à la cuisse en janvier lors du relais des Garz'elles, heureusement vite réparée. Belles épreuves de préparation en mars/avril avec les trails des Monts de Blond, puis Trail des Citadelles en Ariège, avec 1ères places M7. Super stage club en mai au Sancy qui devait; malheureusement se conclure par une aponévrosite au pied gauche, suite à  l'utilisation de chaussures inadaptées. Plusieurs arrêts de courte durée conjugués avec des séances d'ondes de choc radiales, complétées par des ondes de chocs focales à Niort. 3 séances d'étirements de l'aponévrose par jour + balle de golf, etc....  jusqu'à mon départ pour la Réunion. Forfait bien sûr pour l'UTPMA en juin  et reprise progressive de l'entraînement en gérant la douleur, les étirements et  les soins. Une grosse sortie vélo de 80km par semaine compensait

Vallée de Chaudefour (Massif du Sancy)

l'allégement nécessaire  en course à pied. Mi août, week-end randonnée montagne avec Maryvonne

avec alternance de parties courues ; Fin août , participation au Trail des 6 Burons en relais avec Anne Marcenne ; 73km dont un relais de  41km et 1900m D+ pour moi afin de faire le point et retravailler le dénivelé. Super forme, donc de bon augure pour la suite.

Arrivé sur l'île fin septembre, 2 grosses sorties sur les sentiers de Mafate, essentiellement sur le parcours du Grand raid devaient encore me rassurer. Très belle sortie très rythmée de 2 jours avec Céline et un copain où je pus admirer ses talents de grimpeuse, 50km et 4600m D+ , puis une autres sortie de 3 jours plus cool  avec mon co équipier Greg Gras, son épouse Armelle et mon pote Gérard Racinne.  72km et 4000mD+, J'étais définitivement serein pour la suite.

Col du Taïbit - Vue du Cirque depuis Grand Place -Bassin à la Roche AncréeCol du Taïbit - Vue du Cirque depuis Grand Place -Bassin à la Roche Ancrée
Col du Taïbit - Vue du Cirque depuis Grand Place -Bassin à la Roche Ancrée

Col du Taïbit - Vue du Cirque depuis Grand Place -Bassin à la Roche Ancrée

JOUR J : DERNIERS REGLAGES ; ENTREE EN SAS

Mercredi matin ; Remise des dossards à ST Pierre ; Déjà une belle épreuve avec plus de 3h30 de patience pour passer les contrôles, vérification des sacs et du matériel obligatoire,  remise des dossards, puis des maillots de course, puis de stand en stand auprès des partenaires de l'organisation pour recevoir des petits cadeaux dont on n'a rien à faire, mais qui feront plaisir aux enfants. 

A cette remise des dossards, mauvaise surprise pour nous , Céline partira dans la vague 2 et moi dans la 3 , çà se complique pour partir ensembles !

Jeudi matin, peaufinage des sacs de courses, vérifier à

nouveau qu'il ne manque rien. Petite sieste après le repas et nous voilà prêts ! Vers 17h30 nous récupèrons Daphné une amie de course de Céline, puis Clément nous emmène au départ à St Pierre . Tout se passe bien, pas trop de circulation et  Clément peut nous déposer au plus près. Pas  d'embouteillage pour entrer dans la zone de départ, dépôt de nos sacs d'assistance, pointage de la puce et nous voilà dans l'enceinte. Nous trouvons de la place pour nous asseoir , qui sur les bancs, qui à terre sur des cartons apportés par Daphné . Céline retrouve ses copines d'équipe, moi je retrouve Greg, et des coureurs de Poitiers, Bruno, Manu, Benoît .Petites photos souvenirs avec les uns et les autres. Nous prenons notre petite barquette de pâtes que nous avions pris soin d'apporter, l'heure approche . Alors que Céline entre dans le sas 2, je retrouve mon vieux copain Rafion qui se prépare également! Un grand plaisir de le retrouver; juste le temps d'échanger quelques mots, de faire une photo et le voilà parti.

70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE  70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE
70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE

 

 

JOUR J : LA COURSE :

Me voici dans le sas 3 au milieu de 500 autres coureurs vêtus comme moi  du tee-shirt traditionnel jaune et blanc ! Le sas 2 vient de s'élancer avec Céline. Nous partirons 10' plus trad et nous avons prévu de nous retrouver après 4 ou 5 km de course un peu avant "Bassin Plat" . Dès que çà montera, elle marchera jusqu'à ce que je la rejoigne, comme beaucoup d'ailleurs.

La tension monte, le speaker chauffe le peloton ; c’est l’heure de la  " Hola " et des bras levés ; la musique de départ  ajoute à la pression  qui monte à son paroxysme ! 10, 9,8,7,6,5,4,3,2,1 C’EST PARTI !!!

Crédit photo Gil Victoire

Nous nous élançons sur le front de mer dans une ambiance survoltée,  extraordinaire ; Des dizaines de milliers de spectateurs exultent, vocifèrent , acclament au son des percussions et des djumbés  sur plus de 3 km. Tout le long, les enfants tendent les mains pour recevoir une petite tape des coureurs. Il faut sacrifier à la tradition par ci par là ! Je privilégie les plus petits qui ont plus de mal à s'approcher, ils sont si heureux.

Une fois passé Terre Sainte, la route commence à s'élever, mais la foule nous acclame toujours. Nous sortons enfin de la ville pour traverser les premiers champs de cannes , le calme est revenu , je maintiens un rythme suffisant pour revenir assez vite sur Céline et ne pas trop la faire patienter. Comme convenu je la retrouve rapidement et nous voilà reparti. L'aventure commence vraiment pour nous deux.

Nous progressons toujours à travers les champs de cannes, mais à plusieurs reprises les arroseurs automatiques nous aspergent copieusement, c'est très désagréable. Je suis trempé et plus nous montons, plus j'ai le ventre glacé et rapidement mes intestins ne vont pas apprécier. Néanmoins, pour l'heure nous alternons les portions trottinées et les portions plus pentues marchées. Nous arrivons au 1er pointage à Ilet à Vidot 14,4km et 660mD+ en 1h44, tout va bien et nous ne nous arrétons pas , ayant largement assez d'eau sur nous. A présent nous évoluons sur des sentiers tortueux qui s’élèvent dans la forêt dans une procession de frontales. Quelques ralentissements mais rien de bien méchant ; puis le parcours habituel change car un propriétaire privé n'ayant pas renouvelé le droit de passage  sur son terrain nous le contournons par 7km de  route! A 3 reprises, je suis pris de crampes à la cuisse gauche ; cela m'arrive rarement et c'est une 1ère sur le Grand Raid. Heureusement je sais quels étirements pratiquer pour les stopper aussitôt et je prends aussitôt une pastille de sel. Ce sera la seule alerte musculaire sur cette Diagonale.

Après Notre dame de la paix, nous retrouvons le parcours en montagnes russes qui nous conduit jusqu au Parking du Nez de Boeuf. 7h27 de course : Le jour se lève et pour le moment nous sommes sur nos prévisions avec 4h d'avance sur les barrières horaires. Nous commençons la descente sur "Mare à Boue" une partie que j’aime bien sur un sentier basaltique où il ne faut surtout pas accrocher les chaussures sous peine de chute assurée sur la lave effilée.  Passage vers  "Piton textor "puis c’est la longue descente assez technique  d'abord sur les sentiers de lave, puis dans les sentiers d’alpages souvent bordés d'arums jusqu'au "Chalet des Pâtres" c'est très joli !

IL reste plusieurs km de piste bitumée pour rejoindre le ravitaillement et la bruine fait son apparition. C'est rageant car depuis des mois, il ne pleut pas sur l'île . Nous arrivons au poste de "Mare à Boue". Impossible de se poser pour manger quelques chose, tous les coureurs sont agglutinés sous les tivolis du ravitaillement, ce n'est d'ailleurs pas facile d'accéder pour nous faire servir. Nous arrivons finalement à dégoter 2 chaises pour avaler notre assiette de pâtes que nous avalons rapidement car le froid nous pénètre.

Après avoir fait le plein d'eau, nous repartons en direction de kérveguen par le très long  sentier qui monte au gîte du Piton des Neiges. Nous avons de la chance car le début du sentier n'est pas encore transformé en bourbier et notre progression est régulière. Progressivement nous arrivons sur la portion plus rocheuse, c'est un peu plus difficile mais plus agréable. De plus, sans virer au beau, le temps s'arrange ; Nous montons en une file régulière, moi devant, Céline dans mon sillage et toute la file derrière. Rares sont ceux qui doublent malgré l'invitation de Céline, le rythme convient à tous. Cette configuration se présentera 2 ou 3 fois sur la course, comme elle s'est souvent présentée sur

des éditions précédentes. 

Arrivés à Kérveguen, Céline complète sa réserve d'eau et nous continuons. Je me surprends à regretter de ne pas descendre directement sur Bras Sec comme les dernières années, mais il faut continuer la montée avec les rochers de plus en plus gros jusqu'à la croisée du Gîte du Piton des Neiges. La 2ème plus longue ascension est terminée et nous attaquons l'interminable descente par le Bloc. Une succession de marches plus ou moins rocheuses mais surtout bordées de rondins de bois et rendues glissantes, il faut être prudent. 

Gîte du Piton des Neiges

Céline, excellente grimpeuse subit un peu la descente, d'autant plus qu'elle commence à ressentir quelques douleurs musculaires, ce qui ne lui est jamais arrivé. Sans doute l'accumulation de début de course où l'on court beaucoup en côte suivie de la succession de portions plus ou moins techniques. De plus à ce moment de la course, elle arrive à son record de km parcourus ! Elle doute un peu, mais ce ne sera que légèrement passager. Arrivés au Bloc, nouvelle portion rajoutée avec la montée de La "Roche merveilleuse" et le "Plateau

des Chênes" . A part rajouter du dénivelé ;  Vraiment inintéressant !

Nous redescendons enfin sur Cilaos, encouragés par tous les passants et automobilistes. Soudain,

une voiture folle  fonce entre les petits groupes de coureurs et nous sommes obligés de serrer d'urgence le bas côté de la route. Interpellé par certains, le conducteur passablement alcoolisé hurle qu'il n'en a rien à foutre de la course. Cela aurait pu être dramatique !

Au milieu de la foule qui nous acclame , nous arrivons en vue du stade, 72km . Toute la famille nous attend à cet endroit ! Bien que n'étant pas fan des retrouvailles familiales en course qui peuvent générer du stress de part et d'autre, il faut reconnaître que c'est bien agréable. Petits échanges et petites photos et nous nous quittons déjà pour aller au pointage, nous nous retrouverons à la sortie. Nous sommes à 15h43 de course, un peu en retard sur nos prévisions, mais çà n'a plus d'importance, le principal est d'avancer et de profiter de ces moments d'exception !

Je persuade Céline de se faire masser pour enrayer sa petite alerte musculaire ; D'ailleurs j'en profiterai également, çà ne me fera pas de mal ! Nous passons au décrassage au jet d'eau et sommes pris en charge rapidement. Pour ma part, 2 jeunes kinés s'occupent de mes mollets et quadris. Ils me rentrent dans les chairs, je serre les dents et m'accroche à la table  ! Les brutes !!!

Nous quittons le staff médical ragaillardis, récupérons nos sacs d'assistance, faisons le plein d'eau et remplissons une barquette de pâtes  avant de rejoindre la famille à la sortie pour manger avec eux. Certes, nous perdons un peu de temps, mais c'est un tel bonheur pour les enfants de retrouver maman et papy , et puis nous sommes chouchoutés !

Après un peu plus d'une heure d'arrêt à Cilaos, et après avoir refait nos sacs, nous repartons donc

Eglise N D des Neiges à Cilaos

pour la 2ème grande partie du circuit dont la grande traversée du Cirque de Mafate. C'est parti pour "Cascade Bras Rouge" Un beau morceau avec des marches à n'en plus finir , çà descend, çà monte, redescend, remonte. Heureusement, nous sommes sur un versant relativement à l'ombre l'après midi et çà passe bien ;  Vers 16h14, nous arrivons au "Pied du Taïbit. Petit arrêt assez bref, juste pour compléter l'eau, picorer quelques bricoles et nous repartons aussitôt pour tenter d'arriver à Marla,  avant la nuit. La montée du Taïbit se fait régulièrement, nous n'arrêtons pas à l"Ilet aux Salazes" réputé pour la fameuse tisane, que nous avons testé bien souvent lors de recos. Trop de monde ! En

Col du Taïbit

moins de 2heures nous sommes au sommet. Nous quittons le Cirque de Cilaos pour celui de Mafate pour une descente rapide sur Marla où nous arrivons vers 18h40, juste avant la nuit. Comme je ressens le besoin de dormir, nous avons prévu d'arrêter une trentaine de minutes, s'il y a de la place sous le tivoli dédié au repos. La chance, c'est bondé mais  le responsable du lieu nous trouve une couverture pour nous allonger côte à côte avec le luxe d'une polaire pour nous couvrir. Céline s'endort en quelques secondes tandis que je mets un bon 1/4 d'heure à trouver le sommeil. Et dire que c'est moi qui voulait dormir ! Enfin, ce petit temps de repos nous aura au moins reposé, mais nous sommes gelés au réveil . Une bonne tasse de soupe nous réchauffe et nous repartons à l'assaut de la "Plaine des Tamarins", toujours aussi fantasmagorique la nuit ; C'est impressionnant ! la montée se poursuit jusqu'au "Col des Boeufs" , je peine un peu, contrairement à Céline toujours à l'aise en montée. Au sommet nous quittons momentanément "Mafate" pour entre dans le "Cirque de Salazie" avec le climat qui va avec ! Vent, fine pluie, brouillard ! Le cheminement vers la "Plaine des Merles" est assez désagréable avec ces conditions;  J'aurais tendance à vouloir accélerer un peu, mais à son tour Céline marque le pas et visiblement ne semble pas pouvoir courir. Dans le brouillard avec les frontales, ce n'est pas facile de rester au contact, mais enfin nous arrivons au ravitaillement , un peu de soupe nous réchauffe et nous repartons par un sentier étroit où nous pataugeons dans la  boue et glissons sans arrêt. Il faut être prudent mais c'est usant . En 50' nous arrivons au "Sentier Scout". La descente jusqu'à "la Plaque, souvent sur un sentier boueux dans la 1ère partie sera interminable. Des coureurs dorment un peu partout, enveloppés dans leur couverture de survie. Avant de remonter sur "Ilet à Bourse", nous nous reposons 10' puis nous repartons rapidement par la courte mais très rude montée jusqu'à l'Ilet.  Nous aurions aimé dormir une seconde fois, mais pas de place et vu le froid, nous n'avons pas envie de dormir comme beaucoup en plein air , nous poursuivons donc jusqu'à "Grand Place" et grand bien nous a pris car 2 places se libèrent au tivoli dortoir. Nous avons droit à 25' , mais c'est le grand luxe, nous avons droit à un lit de camp avec couverture. De plus le bénévole nous réveille lui même ! Cette fois, je m'endors rapidement, tout comme Céline. C'est difficile de quitter ce petit nid douillet et nous allons aussitôt au ravitaillement, bol de soupe et quelques petites bricoles. Céline n'en peut plus de la soupe contrairement à moi. Au moment de repartir, j'ai le plaisir de croiser "Manu" qui vient d'arriver, nous échangeons quelques mots et je lui conseille de dormir un peu avant la longue et rude montée de la "Roche Ancrée" jusqu'à "Roche Plate". Comme nous ne nous recroiserons pas, je ne sais pas s'ils ont pu dormir avec Benoit. Pour nous , ce repos s'avérera salvateur.

Bassin de la Roche Ancrée

Bassin de la Roche Ancrée

C'est parti pour un gros morceau ; Descente très abrupte et très raide vers la 'Roche Ancrée", le sentier déjà très étroit est très humide, la moindre chute serait fatale . Néanmoins, nous progressons régulièrement mais en bas, nouvelle surprise. Contrairement à la reco d'il y a 15 jours, la traversée de la rivière est épique, il faut  trouver son passage et vraiment sauter de rocher en rocher avec de l'élan et à la moindre réception, c'est le bain de pied assuré. Heureusement nous sommes seuls à ce moment et c'est plus facile.  Derrière nous une longue file de coureurs approche, ce sera un peu la cohue pour eux.

Le jour pointe alors que nous débutons la montée et çà devient plus agréable malgré la succession de marches plus ou moins hautes  qui se succèdent par centaines. Le soleil éclaire tous les remparts qui nous entourent, dont le Maïdo en face de nous,  c'est splendide . Nous progressons régulièrement et à son tour Céline m'attend comme dans toutes les côtes , contrairement aux  descentes où c'est l'inverse. Un juste équilibre ;  Sauf que dans ces côtes à marches très hautes, je m'épuise plus vite.

Arrivés à Roche Plate, il reste 40' pour monter au Plateau de Serres pour le ravitaillement, comme l'année dernière, celui ci ne pouvant se passer à l"école, fermée à cause des risque d'éboulement depuis l'incendie du Maïdo en  2020. Cette dernière partie très rocheuse est exigeante, mais nous ne sommes plus à çà prêt. Comme nous ne sommes plus sous la pression de notre tableau de marche, nous prenons le temps, sans traîner bien sûr, de grignoter quelques petits remontants, fromage, saucisson, fruits secs.... et refaire le plein d'eau afin de tenir jusqu'à Deux-Bras.

Nous redescendons à Roche-Plate pour reprendre le sentier de "La Brêche" . La vue à 360° sur le

Ecole de "l'Îlet aux Orangers"

Cirque de Mafate est tout simplement fabuleuse et exceptionnelle sous le soleil matinal  ! Après "La Brêche", descente de la"Ravine Grand-Mère" avant de remonter sur" l'Ilet aux Orangers". Îlet cher au coeur de Céline, car c'est ici que Clément a enseigné lors de sa 1ère année à la Réunion. Le pointage se passe d'ailleurs devant l'école !

Ce sera ensuite une très longue descente, d'abord jusqu'à la bifurcation de la "Canalisation des Orangers", J’adore ce sentier où la rivière joue à cache- cache  avec les rochers  jusqu’à former de magnifiques bassins bordés de végétation luxuriante, c'est de toute beauté .

Descente ensuite vers "l'Îlet des Lataniers" par une longue succession de marches d'où le panorama est toujours aussi beau ,le sentier serpente ensuite jusqu'à La "Rivière des Galets". Toute cette partie me convient parfaitement, un peu moins à Céline qui commence à ressentir un problème de releveur et quelques tensions dans les genoux. Pour traverser la rivière, nous préférons, comme beaucoup nous déchausser et passer pieds nus ; Ca évitera de repartir avec du sable abrasif dans les chaussures, comme ce fut le cas pour moi l'an passé. Nous remontons ensuite par le sentier de"Cayenne" avant de rejoindre celui qui arrive d"Aurère" ; Succession de montagnes russes montantes  sur plusieurs km avant de redescendre à nouveau sur la "Rivière des Galets" que nous traversons plusieurs fois sur d'énormes blocs de rochers, c'est assez confortable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est enfin l'arrivée à "DEUX -BRAS", la 2ème base de vie. 126km et 8000mD+ de parcourus à 11h55 et 38h30 de course. Nous sommes malgré tout assez réguliers dans notre progression. Nous récupérons notre 2ème sac d'assistance et refaisons notre sac de course. Comme nous n'avons pas spécialement faim, nous ne prenons pas le repas offert mais nous contentons de grignoter quelques bricoles comme aux postes précédents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière traversée de rivière avant de s'engager dans la rude montée du "mur de Dos d'Ane" qui nous fera sortir de "Mafate" . C'est l'avant dernière ascension, mais c'est un sacré morceau avec plusieurs passages d'escalade avec des câbles ancrés à la paroi ; C'est assez critique et il faut

Mur de DOS D'ANE ; Dur Dur !!! "Crédit photo Serge Pothin"

êtrelucide. Le moindre incident et c'est une chute assurée de plusieurs centaines de mètres. Céline , à l'aise comme toujours en côte, me laisse passer devant pour s'adapter à ma cadence . Nous montons régulièrement, mais je suis obligé de faire 2 ou 3 pauses pour reprendre mon souffle.  Malgré tout, nous ne perdons pas de temps sur cette partie. La superbe touffe de bambous géants bleus annonce la fin de l'ascension toute proche.  Un robinet nous attend au sommet et comme tous les coureurs, nous remplissons une flasque d'eau fraîche. Descente sur "Ratineau". J'équipe Céline d'une genouillère et d'une chevillère pour son souci de releveur. Ce n'est pas la panacée, mais çà lui permettra de franchir plus aisément la descente rocheuse de la "Kalla". Le début de ce sentier est épique avec des rochers énormes que l'on descend comme on peut en se raccrochant aux branches et aux lianes. Pas un exercice facile pour moi ! La suite est relativement plus facile et nous  courons par intermittence jusqu'à La Possession où nous retrouvons toute la famille ainsi que mon pote et ex beau frère Gérard, qui a emporté la "Mascareigne" en M6. Nous poursuivons jusqu'au pointage, puis nous retrouvons toute la famille au "Stand Club" de Céline, soit la "DSA" "Dimitile-Sports-Action". Super organisée, cette équipe! tivoli, lits de camp, ravitaillement. Tout le monde est aux petits soins pour nous. Tandis que Céline est prise en charge par une kiné du club pour des massages adaptés, je dors une trentaine de minutes. A mon réveil,  les bénévoles du club me gavent de bonnes choses dont un "gâteau patate" moelleux et succulent. Par contre, comme je m'y attendais, cet intermède nous fait reperdre un peu de temps ! Bon qu'importe ; c'était bien agréable et çà permet de repartir d'un bon pied pour affronter le "Chemin des Anglais", redouté par beaucoup. Pour nous, tout se passe bien et comme la nuit est tombée, la température est agréable. Seul petit bémol ; Avec la frontale , les jeux de lumière faussent un peu la perspective, il faut s'y habituer. La dernière portion pour arriver à "La Grande Chaloupe" est plus critique, avec les pavés souvent saillants et dans tous les sens ;  Ce n'est pas le moment de se faire une entorse.

A Grande Chaloupe, nous retrouvons à nouveau toute la famille, mais nous ne nous arrétons que 5' , juste le temps de reprendre ce qu'il faut pour la dernière portion. Nous repartons donc sur la fin du Chemin des Anglais, très raide au début avant de s'adoucir pour un long chemin en pente douce jusqu'à Saint-Bernard. Après la traversée de ce village, c'est l'ultime montée vers le "Colorado" par un sentier de terre rouge.  La montée  se fait surtout dans une saignée étroite de terre très raide ; C'est un peu long, mais  pas très dur. Arrivés au poste de contrôle et ravitaillement, Céline se rend au poste médical car elle sent que la dernière descente sera très compliquée avec ses genoux et surtout son releveur qui lui fait mal. Pendant sa prise en charge, j'avale 2 verres de soupe  et grignote un peu. Je discute avec les bénévoles super sympas ; Elles apprécient de discuter un peu car la nuit s'annonce longue pour elles.Soudain, une momie apparaît ! C'est Céline et je ne peux  m'empêcher de rire un peu ! la pauvre ! Nous repartons donc pour cette dernière descente très rocheuse et compliquée . Au début, avec les muscles refroidis, c'est un peu compliqué pour Céline, mais rapidement, sanglée dans ses bandages, elle retrouve une certaine souplesse. Je suis même obligé de la freiner un peu car je crains qu'elle ne chute ; C'en serait fini, si près de l'arrivée. Alors qu'il ne reste plus qu'une quinzaine de minutes, nous subissons  une violente averse. A partir de ce moment, chaque rocher devient une savonnette et les appuis très difficiles ; A chaque moment nous risquons la chute. Ceux qui tentent de nous doubler en font d'ailleurs l'expérience, les chutes se multiplient. Nous restons prudents et arrivons enfin au pont Vinh San, point finale de la descente. Nous passons sous le pont , enlevons nos coupe-vent pour effectuer le dernier km qui nous conduit au stade. En effet le règlement stipule que nous devons arriver avec le maillot de l'organisation et comme il ne pleut plus, ce n'est pas un souci.

 

70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE  70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE

Nous courrons allègrement les derniers hectomètres et entrons sur le stade où les enfants nous attendent avec impatience. Loumëne, Gabin et Zélie se ruent sur nous  et nous prennent par les mains pour ce dernier tour de piste euphorique !

Nous franchissons la ligne à  3h11 en 53h52' ; Nous sommes FINISHERS, ensembles de cette 30ème éditions de la DIAGONALE DES FOUS ! Quelle émotion ! On nous remet la belle médaille, le célèbre tee-shirt " J'ai survécu" Cette aventure où nous avons tout partagé s'achève enfin, mais finalement, Que c'est passé vite , c'est déjà terminé ! Les sentiments se bousculent, les embrassades avec toute la famille, les petites larmes involontaires, et cet immense bonheur ! J'en suis à la 7ème mais l'émotion est encore plus intense, je l'ai faite avec ma fille Céline ! Quelle belle sortie pour moi et j'espère une bonne entrée en matière pour elle ! Le flambeau est transmis et je pense que dans les années à venir, il n'est pas près de s'éteindre. Céline va sans doute repartir sur des distances plus courtes dans l'immédiat, mais je suis certain que son aventure sur la Diagonale ne fait que commencer ! Pour le moment "Bienvenue dans le monde des "Fous"!!!

Cette aventure, malgré quelques appréhensions, je n'ai jamais douté qu'elle s'achèverait avec cette émotion sur la ligne d'arrivée du stade de  "La redoute "

Un petit détail ; je me classe 2ème M7 . Enfin, sur 13 au départ , nous ne sommes que 2 à avoir

"survécu". Une petite pensée pour ceux qui n'ont pu mener l'aventure à son terme !

Credit photo Gil Victoire

REMERCIEMENTS :

  • Tout d'abord, un grand merci à l'équipe d'organisation, qui nous a offert une belle édition 2022
  • Un très grand merci à tous les bénévoles pour leur gentillesse, leur disponibilité et leurs encouragements, ils ont été vraiment formidables
  • Merci à tous les membres de ma famille, mes enfants  et mes amis qui m'ont beaucoup encouragé , apporté leur soutien ou suivi à distance, notamment tous les copains de l'EPA  !
  • Merci à mes petits enfants, Loumëne, Gabin et zélie  qui ont vécu cette course avec nous de bout en bout et ont absolument tenu à venir franchir la ligne d'arrivée avec nous ! 😍Et bien sûr Clément, l'époux de Céline qui lui a apporté beaucoup de soutien dans sa préparation et tout au long de la course.
  • Merci à Maryvonne mon épouse qui m'a supporté avec mes bobos tout au long de la préparation et bien sûr  suivi toute la course avec Clément et les petits enfants.
  • Merci à mes amis Greg, Armelle, Gérard pour leur bonne humeur générale pendant les 3 jours de reconnaissance sur place ; Vous avez été formidables !
70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE
70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE
70-40-30 - UNE 7ème DIAGONALE DES FOUS  AVEC MA FILLE - MERVEILLEUSE AVENTURE ET DES SOUVENIRS GRAVES POUR L'ETERNITE
Partager cet article
Repost0
27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 21:27
 UT4M - BELLEDONNE   ; PETIT CR D'UN RETOUR AU TRAIL PAR  THIMOTHEE ROY !
     UT4M - BELLEDONNE    :  48KM ET   2930m D+  : Quel  ratio Kilomètres/dénivelé   !              
Après deux nuits passées dans Grenoble à 26°C et un vendredi à 41°C, je mets mon premier dossard depuis longtemps, sans repère sur ce que je peux faire et ne connaissant que très peu le Massif de Belledonne.
Départ 8h20, au frais après une petite pluie...mais comme la veille sur les autres courses comme le 40km du Taillefer réduit à 25 pour canicule, l'hydratation va devoir être très suivie .
Petit tour du village de Riouperoux d'un km pour se chauffer et hop...on attaque le km
vertical et demi...3h de montée presque non stop... excepté le ravito liquide sur le plateau de L'arcelle...
Arrivée à Chamrousse, le soutien des proches montés pour moi me remotive ! Je sens tout de même que ça va être long...
J'avance normalement jusqu'au refuge de Pra (ravito liquide) et là.....genou qui coince, mollets en feu, ischios qui chauffent mais il reste encore 600m de D+ dans le pierrier du col de Freydane (2600m) .
La suite? 2200m de D- presque non stop à surveiller la barrière horaire pour arriver à temps, gérer les douleurs et prendre des lacs en photos (☺️ bah oui tout de même, on est pas venus pour rien) La dernière heure a été un combat de chaque instant pour finir dans les temps, les derniers encouragements et les derniers mètres avec les proches permettant d'y arriver ! 309ème en 12h28 !
 
 

 

 
 
 
 
 UT4M - BELLEDONNE   ; PETIT CR D'UN RETOUR AU TRAIL PAR  THIMOTHEE ROY ! UT4M - BELLEDONNE   ; PETIT CR D'UN RETOUR AU TRAIL PAR  THIMOTHEE ROY !
Partager cet article
Repost0
3 juillet 2022 7 03 /07 /juillet /2022 22:02
  • Photo : Laurent Baheux ; Photographe Poitevin
    Groupe Entretien -

1.L : 45' footing facile ou 1h00 vélo  

2.Ma : 1h20 vallonné dont 12 côtes du Centre aèré (30’’ de chaise avant chaque côte) Séance avec bâtons à 17h45 et 18h15 à  Givray (Séance avec bâtons)

3. M: Footing 30’  +  2 séries de 6 x 2’ (rec1’ et 2’30 entre séries) à 18h30 à GIVRAY

4.V :  1h30 dont 3 Parcours : Bas de la voie Romaine;  Montée Grippé très raide  et à droite descente sentier abrupte , montée sentier parallèle à la Voie Romaine (côte 500m) retour sentier des ânes, descente à nouveau  sentier abrupte et remonter grippé très raide 1,000km et 100mD+ à 17h45 et 18h30 à  Givray

5.D : Sortie  2h00  parcours vallonné  à 9h30 à GIVRAY

  • Trail des 6 BURONS

1.L : 45' footing facile ou 1h00 vélo  

2.Ma : 1h40 vallonné dont 15 côtes du Centre aèré (30’’ de chaise avant chaque côte) Séance avec bâtons  à 17h45 et 18h15 à  Givray (Séance avec bâtons)

3. M: Footing 30’  +  2 séries de 6 x 2’ (rec1’ et 2’30 entre séries) à 18h30 à GIVRAY

4.V :  1h45 dont 5 Parcours : Bas de la voie Romaine;  Montée Grippé très raide  et à droite descente sentier abrupte , montée sentier parallèle à la Voie Romaine (côte 500m) retour sentier des ânes, descente à nouveau  sentier abrupte et remonter grippé très raide 1,000km et 100mD+   à 17h45 et 18h30 à  Givray

5.D : Sortie  2h00  parcours vallonné  à 9h30 à GIVRAY 

  •  Trails - Aneto , Trail du Bout du monde , Trail de Confolens

1.L :30' Footing

2. M: 30' Footing

3. S et D :  Trails

 

Partager cet article
Repost0
15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 22:08

391 coureurs partant (108 abandons) – classé 281 unième

Départ de Saugues à 21h le vendredi 10 juin (pour les coureurs ayant un index UTMB inférieur à 600). Phiphi au moment de partir me dit : « Sur le site du Trail de Saint Jacques, ils indiquent que pour être finisher il faut être au-delà de l’index UTMB 410 ». Il regarde sur le site UTMB et lis Philippe MORIN 412, Franck BROCHAIN 413. Cela va être compliqué ! Le début de course se passe bien.

 

J’allume ma frontale vers 22h15 et j’arrive facilement à Prades (1er ravito).

Vers le 30ème km, aux alentours de 2h le samedi, je commence à avoir un petit coup de mou. Lever 6h la veille, 5h de route en tant que chauffeur et pas de sieste réparatrice commence à attaquer le bonhomme. De plus les élites partis à 23h nous dépassent comme des fusées et tu en prends un 2ème coup sur le casque. Je parviens au 2ème ravito au 38ème km– toujours à Prades. Tiens je reconnais cet endroit. En effet, nous avons fait une boucle de 23km. Phiphi m’y rejoins et nous serons alors ensemble jusqu’à la fin de la course. Nous repartons vers le prochain ravito qui est au 51ème km. Des montées très ardues et des descentes très techniques sur lesquelles je ne suis pas du tout à l’aise. Il est 5h30, le jour commence à poindre et j’éteins ma frontale. Elle aura tenu 7h sans recharge – c’est pas mal ! Nous arrivons sur le pont Eiffel à Monestrol au km 51. 1ère barrière horaire passée aisément avec 2h30 d’avance. Je suis toujours avec Phiphi. Je repars en éclaireur et entreprend seul une  montée longue et très raide avec un sol de terre ocre poussiéreuse. Au ¾ de la pente, superbe vue. Il fait déjà très chaud, je m’attarde à un abreuvoir et m’asperge d’eau froide. Phiphi me rejoint et nous finissons la montée ensemble. La chaleur n’est pas mon amie et nous ne sommes qu’au 55ème km.

 

Nous passons le ravito suivant à St Privat d’Allier (58ème km). Les élites du 72km nous dépassent comme des bombes. Mais comment font-ils pour courir si vite dans des descentes très techniques et piégeuses ? Nous enchainons à répétition plusieurs montées très difficiles suivies de descentes compliquées. Il fait très chaud. Sur la dernière montée avant le prochain ravito, dans une pente approximative de 45%, les premiers participants du 43 km nous doublent en courant. Des chamois, les gars. Ils doivent avoir des dispositions anatomiques exceptionnelles. Nous arrivons à St Jean Lachalm au 67ème km, lessivés. Il s’agit de la seconde barrière horaire. Nous sommes justes mais néanmoins on s’alimente, on fait le plein d’eau, on se repose 10mn et on repart. Au passage de la barrière horaire, nous sommes en retard de 2mn30s. Les commissaires nous bloquent le parcours du 123 km et nous déroutent vers le parcours du 43 km qui vient juste de partir. Nous sommes déçus de ce détournement mais intérieurement, au vu de la chaleur, satisfaits de pouvoir finir néanmoins cet ultra sur un parcours de délestage. Phiphi me relance, je suis au plus

bas et faire encore 34km sous cette chaleur me semble impossible. Nous ne sommes plus abrités, en plein soleil vers 11h30 et il fait déjà plus de 30°. Les coureurs du 43 km nous doublent et nous encouragent. Nous passons le sommet Mont Devès à 1 400m d’altitude. Les 200m de fin d’ascension sont très très compliqués. Ceux qui n’ont pas de bâtons perdent leurs appuis dans la pente poussiéreuse et reculent. Les concurrents cherchent des points d’ombre pour faire des haltes dans l’ascension. C’est le carnage ! En fin de montée, les gens s’arrêtent pour la vue et encouragent les autres participants dans les derniers mètres. Je me poste au sommet et prend une photo de mon Phiphi en plein effort.   

 

Tout le monde est désormais sur le même parcours final 123 ,72 et 43 km. Nous descendons alors vers le prochain ravito qui se situe à Saint Christophe. Nous sommes alors à nos montres au 84ème km. Plus de barrière horaire pour nous. Nous nous encourageons mutuellement. La chaleur atteint nos organismes. Sentiment de lassitude et là c’est le mental qui joue son rôle primordial. Ne rien lâcher, finir coute que coute. Cela fait déjà un moment que l’on ne court plus afin de conserver un maximum d’énergie pour finir. A 10 km de l’arrivée en montant sur une partie route, je ressens une grosse brulure à l’avant du pied droit. Une ampoule vient d’éclater. Je mets le clignotant à droite, me fais un pansement réparateur et reprend difficilement la marche. Phiphi, mon cher binôme m’a attendu et nous poursuivons notre chemin de croix.  En descendant vers le ravito suivant, de loin sur le parcours on voit une voiture de pompier en plein champ. On y arrive et les secours sont en intervention auprès d’un concurrent ayant fait une insolation. Notre angoisse jusqu’à la fin sera de subir les mêmes effets que ce traileur. Passage de la dernière ascension à la Garde d’Eycenac. Grimpette courte mais très pentue. Avec Phiphi, on est en surchauffe et on fait une halte de 2-3mn à l’ombre à moitié d’ascension. On arrive juste avant le dernier ravito dans un village où un de ses résidents a laissé à disposition des traileurs un tuyau d’arrosage ouvert. Avec mon acolyte on remplit nos réserves d’eau, et on asperge nos casquettes et manchons (remis pour éviter les coups de soleil sur les bras). Durant 1km la sensation de fraicheur est bien présente mais le soleil reprend le dessus juste avant d’arriver au dernier ravito à Les Chibottes. Nous avons parcouru à nos montres 96 km et les bénévoles nous informent qu’il ne nous reste que 5 km à parcourir. C’est gagné nous y sommes, mais à nos dépens nous allons déchanter quant au final.

Nous partons et nous débutons par la montée d’une quinzaine de marches de 70 cm chacune (style Réunion la Diagonale), enchainement avec un passage de pierriers d’une centaine de mètres (gros blocs de pierres style L’Echappée Belle), puis descente très technique et pentue. Seulement 1 km de parcouru. Ok, les traceurs sont très vicieux ! Nous avons désormais en vue le Puy en Velay. Nous contournons toute la ville afin d’entamer la descente. Plus que 2 km. Nous y arrivons, un panneau nous avertit « attention- descente très dangereuse ». T’inquiète, nous allons faire attention. Au vu des efforts fournis depuis plus de 22h, on ne va pas se « crasher »

lamentablement à 2km de l’arrivée. Avec Phiphi, on prend notre temps en sécurisant tous nos appuis. Nous entrons alors dans le Puy et pénétrons dans la vieille ville pavée. Les barrières UTMB sont en vue, l’arrivée est proche.

Dernier effort à fournir, l’ultime montée vers le pied de la cathédrale. Ereintés, nous ne faisons même pas l’effort de courir. Un check avec Phiphi, un sourire complice et nous passons la ligne d’arrivée ensemble.

101 km en 22h27 avec 3 896 m de D+ 4 161 D- et des températures avoisinant en fin de parcours 35 degrés.

Un grand merci à Phiphi, qui m’a permis par sa présence de terminer mon plus gros challenge trail de l’année 2022. J’ai eu la confirmation ce weekend, qu’en trail la chaleur n’est pas mon amie.

Franck

 

FRANCK BROCHAIN : Compte rendu Trail Saint Jacques (Puy en Velay)10-11 juin 2022 123 km ; 5 150 m D+
Partager cet article
Repost0
5 novembre 2021 5 05 /11 /novembre /2021 09:33
 6ème ET ULTIME DIAGONALE DES FOUS  : RECU 6/6 - MISSION ACCOMPLIE

935ème sur  2420 partants et 6ème M6 sur les 15 Finishers en 48h33' malgré la blessure au genou !

Epilogue d’une aventure prévue depuis 2 ans  et balayée en 2020, comme la plupart des courses par la crise sanitaire. Le départ de la 32e édition de la  Diagonale des fous était enfin donné ce  jeudi 21 octobre à 21 heures, par une succession de 5 vagues pour respecter les conditions sanitaires. Pour moi, affecté dans la 3ème vague ce fut à 21h20 !

 

ACCLIMATATION :

Mais revenons quelques semaines en arrière ; 2 mois plus tôt rien n’était encore garanti avec la situation encore précaire à la Réunion ; Couvre feu partiel, piques-niques interdits , rassemblements interdits ! Seuls quelques légers signes d’amélioration nous permettaient d’entrevoir une issue favorable. Rapidement les indicateurs s’amélioraient et avec des accords drastiques entre le Préfet et l’Organisation du Grand Raid, le feu vert était enfin accordé.

Arrivé un mois avant le Jour J,  je devais en profiter pour parfaire ma préparation sur

place ; Plusieurs sorties sur les sentiers d’Entre-Deux, dont  deux montées au " Dimitile ", via le Sentier du Zèbre d’abord, puis celui du Bayonne ensuite me permettaient de constater une certaine forme.

L’arrivée précoce des copains, Nicolas et Dominique Guillout, Pierre Chansigaud et mon beau frère Gérard Racinne, sonnait l’heure de la traditionnelle sortie de 3 jours pour une reconnaissance d’une  partie du circuit. Cela leur permettait également de s’adapter à la spécificité unique  des sentiers Réunionnais, escarpés et abrupts à souhait.  Cela nous a permis également de reconnaître la nouvelle variante " Roche Plate à Dos d’Âne " en remplacement du Maïdo, jugé dangereux.  Très belle sortie à laquelle se sont greffés des trailers à la recherche de compagnons de route ‘’Bernard et Manon’’  ainsi que mon gendre ‘’Clément’’ et des amis de longue date  ‘’Thierry et Laurence’’ pour la dernière étape.  Malgré une météo capricieuse en début, ce joyeux petit groupe devait bien apprécier l’aventure qui permettait à   chacun de se mettre en confiance.  

 6ème ET ULTIME DIAGONALE DES FOUS  : RECU 6/6 - MISSION ACCOMPLIE
 6ème ET ULTIME DIAGONALE DES FOUS  : RECU 6/6 - MISSION ACCOMPLIE

JOUR J ; PREPARATION  ;  ENTREE EN SAS        

Après une nuit légèrement agitée, sans doute comme beaucoup de monde, réveil vers 7h00 . Petit déjeuner puis préparation du sac, méthodiquement et tranquillement. Tout est noté sur une fiche sur l’ordinateur. Le travail est déjà mâché puisque le contrôle a eu lieu lors de la remise des dossards la veille. Il ‘y a plus qu’à répartir le matériel obligatoire et les articles complémentaires indispensables dans les différentes poches ainsi que dans les sacs d’assistance à déposer à l’entrée du sas. Le plus important, savoir exactement dans quelle poche se trouve chaque chose. Rien n’est plus stressant que de chercher en course, ce dont on a besoin.

Petite mise à jour des N° de dossards sur facebook pour le suivi de tout le groupe par les copains, amis , famille, etc ….

L’après midi, petite sieste où l’on a du mal à s’assoupir, mais au moins, le corps se repose.

A 18h30, c’est l’heure . Nicolas et Dominique me récupèrent juste au bout de la rue et c’est parti !

Nous roulons sans encombre, trouvons une place de stationnement rapidement et nous voici à la porte du site de départ.  Nous restons quelques minutes, assis sur le trottoir. Dominique et Nico veulent profiter

encore un petit moment de leurs compagnes. Pour eux, c’est la 1ère grande aventure !

Nous entrons ; Prise de température, pass sanitaire, dépos des sacs d’assistance aux différents camions et direction  les tivolis, où nous pouvons nous poser sur un banc avant le départ.  Nous retrouvons Pierre puis Manon, notre compagne des 3 jours nous rejoint à son tour.  Gérard dort dans un coin ! Didier nous rejoint enfin.

JOUR J ; LA COURSE 

L’heure du départ a sonné .  21h00, Nicolas s’élance avec la 1ère vague ; Ce sera ensuite au tour de Gérard, Dominique et Pierre à 21h10.

Didier est parti aux toilettes et tarde  alors qu’on nous demande de rejoindre notre sas. Manon et moi nous précipitons de justesse , juste au moment où on avance sur la ligne de départ.

Avec l’expérience, je me faufile du bon côté des 500 concurrents pour être bien placé. Manon  à mes côtés.

Le speaker chauffe le peloton ; c’est l’heure de la  " Hola " et des bras levés ; la musique de départ  ajoute à la pression  qui monte à son paroxysme ! 10, 9,8,7,6,5,4,3,2,1 C’EST PARTI !!!

Nous nous élançons sur le front de mer dans une ambiance incandescente  extraordinaire où  la crise sanitaire est oubliée  ; Des dizaines de milliers de spectateurs exultent, vocifèrent , acclament au son des percussions et des djumbés  sur plus de 3 km.   Tout le long, les enfants tendent les mains pour recevoir une petite tape des coureurs. Il faut sacrifier à la tradition par ci par là ! Avec  les coureurs répartis sur les vagues, l’allure est supérieure à d’habitude et il faut temporiser pour ne pas se mettre dans le rouge.

Une fois, passés  ‘’Terre-Sainte’’ la route commence à s’élever et le rythme  à baisser. Avec Manon à mes côtés depuis le départ, nous commençons à doubler  ceux qui se sont laissés emballer. Nous passons ‘’Bassin Plat’’ avant de prendre les chemins dans les champs de cannes que nous quittons avant d’entrer à  " Ilet à Vidot " où la foule  en liesse se déchaine à nouveau . A ce moment là, je m’aperçois que Manon a décroché .

Je passe "Ilet à Vidot " 14,7km et 660mD+ en 1h39’ soit 10’ d’avance sur mon tableau de marche.  A partir de là, changement de décor ; Le silence est revenu et  place aux sentiers tortueux qui s’élèvent dans la forêt dans une procession de frontales.

Pas de bouchons pour notre vague, seuls quelques ralentissements lors de passages un peu critiques. J’arrive à " Notre Dame de la Paix " 1565m de D+ à 1h20 du matin, soit 4h00 de course, soit 33’ d’avance sur mon programme.

Je continue de monter une  portion  de route avant de reprendre, chemin et sentiers , sous bois, alpages. 

Soudain, alors que les premières lueurs de  l’aube pointent à l’horizon, je me coince le pied dans un trou de passage de vaches et mon genou tourne . Petite douleur, mais à priori, rien de grave. Je continue à monter à travers les cryptomérias avant de déboucher au ravitaillement  "du Nez de Boeuf " à 4h20, soit 7h00 de course.  Que cette montée a été longue !!! J’ai toujours 30’ d’avance mais je marque le pas et mon genou commence à me titiller.

Je poursuis sur une partie que j’aime bien sur un sentier basaltique où il ne faut surtout pas

accrocher les chaussures sous peine de chute assurée sur la lave effilée.  Passage vers  "Piton textor "puis c’est la longue descente vers "Mare à Boue " d’abord sur les sentiers de lave, puis dans les sentiers d’alpages souvent bordés d'arums.  La douleur est plus présente en sautant de rochers en  rochers. Le paysage est magnifique avec le Piton des Neige qui émerge des nuages avec le soleil levant .

J’arrive à  " Mare à Boue " vers 6h04 du matin en 8h44’ de course. Plus que 25’ d’avance que je vais perdre sur place. Petit ravitaillement avec une assiette de pâte et un petit morceau de poulet . Ca fait du bien ! Je fais le plein d’eau et me dirige vers la tente médicale . Je patiente 15’ avant de voir un médecin qui après palpation ne trouve rien à mon genou, sinon un petit étirement d’un tendon . Il me donne un doliprane en m’assurant que ce n’est pas grand-chose ! Du temps de perdu pour rien, d’autant que la douleur reviendra vite en descendant  "  Kérveguen " Pour l’heure, je repars  en profitant du sentier toujours bordé d’arums et de genêts  . C’est toujours aussi

beau par ici. Rapidement, le sentier s’élève en sous bois et çà devient marécageux ! Ca change de 2017 où c’était sec  !  " Mare à Boue  " porte bien son nom ; mais j’ai connu pire, surtout en 2012 ! Il faut sauter sur les branches  placées au sol pour éviter de s’enfoncer jusqu’aux chevilles. Pour la 1ère fois en 6 participations, çà bouchonne  sans cesse . l’effet des vagues où les coureurs se sont rejoints entre eux et avec ceux du  " Zembrocal  "  Quelle galère ! Nous alternerons passages boueux et rocheux jusqu’au sommet de Kérveguen .

 6ème ET ULTIME DIAGONALE DES FOUS  : RECU 6/6 - MISSION ACCOMPLIE  6ème ET ULTIME DIAGONALE DES FOUS  : RECU 6/6 - MISSION ACCOMPLIE

Surprise, une fois n’est pas coutume , la vue sur le  " Cirque de Cilaos "  est imprenable, complètement dégagée ! Le  " Piton des neiges " qui surplombe  à droite, Le  " Bonnet de prêtre à gauche "  et  la vue à 360° sur le Cirque en face ! Que c’est beau ! 

La descente commence sur un sentier humide à souhait ; Pire que la semaine précédente ! Cà re bouchonne

à nouveau.  Entre cette descente hyper abrupte et technique à fort pourcentage sur la roche humide et les bouchons, c’est l’apothéose en terme de dangerosité ! 3 trailers chutent devant moi , dont un bousculé par un coureur impatient . Il sera rattrapé de justesse par ce dernier et un autre, par les poignets évitant une chute de plusieurs centaines de mètres ; Ca refroidit !

Néanmoins, j’arrive en bas sans problème, hormis la douleur au genou bien réveillée.  Sur la route qui rejoint le  "Bras de Benjoin " j’entends  " Christian, Christian "  par l’arrière , C’est Manon qui est à mes trousses ! Nous faisons un petit bout de chemin ensembles, mais elle est plus fraîche que moi et je l’enjoins de ne pas m’attendre, nous nous retrouverons peut être à  " Cilaos " En fait non, ce sera beaucoup plus tard .

Arrivée à  " Cilaos " sous les acclamations du public (surtout que je suis un des rares à courir).  65km et 3336mde D+  de fait . J’ai repris 40’ sur mon tableau de prévision  et j’en profite pour aller voir les kinés où je dois patienter encore 15’.  L’un d’eux m’ausculte  pour m’annoncer que c’est juste un petit os déplacé . Il me

le remets sois disant en place en m’assurant que ce n’est rien. La bonne blague. Déjà 2 avis différents !!!   je m’empresse de récupérer mon sac d’assistance . Je me change au soleil , c’est bien agréable.  Je passe ensuite à la salle de restauration où je prends quelques pâtes avec un peu de tomate écrasée car  Je n’ai envie de rien d’autre. Je constate que là encore, comme partout, les bénévoles sont aux petits soins pour les coureurs que ce soit aux pointages, comme à la restauration ou aux postes de commissaires.

J’ai dû perdre beaucoup de temps  entre les soins, le sac d’assistance et le petit repas mais pas trop le choix. Ma 2ème place actuelle en M6 me booste un peu  et je repars en pleine chaleur.

La montée de  "Cascade Bras rouge  " sous un soleil implacable est un calvaire, surtout que j’ai mal de plus belle au genou.  Je me demande si je vais pouvoir m’engager sur la montée du  " Col du Taîbit  " C’est l’entrée dans  "Mafate " et pas de retour possible avant  "Dos d’Âne  " je doute, je doute , mais non, ce n’est pas possible de jeter l’éponge ! Rien que d’y penser est une aberration !

Pourtant, derrière moi, un gugus n’arrête pas de geindre au téléphone avec son épouse, son frère et je ne sais qui. Il veut se faire récupèrer au Pied du Taïbit, jurant qu’il ne fera plus de p… d’Ultras de sa vie ! Il me colle le bourdon, mais je ne peux pas le lâcher, il me colle aux basques.  J’arrive au  " Pied du Taïbit  "  et j’ai repris malgré tout 20’ sur mon tableau de marche. Je ne me pose même plus la question et je repars au plus

vite.

Je monte doucement à mon rythme, mais régulièrement . J’appuie sur mes genoux pour limiter la douleur et çà passe assez bien. Arrivé à l’ "Ilet aux Salazes ", je ne m’arrête même pas prendre la fameuse  " tisane ascenseur " qui est offerte .  Sacrilège !

J’arrive au sommet du col et bascule aussitôt sur  " Mafate  " J’arrive à Marla à 18h45 . Plus que 15’ d’avance

et je vais les perdre à attendre mon tour au service médical. Il me faut absolument un strap pour me

soulager.  Enfin un médecin, sans cesse dérangé arrive à m’ausculter. Re verdict du tendon avec cette fois une proposition de strap pour me soulager. Enfin ! D’autre part, je suis toujours 2ème .

Après une petite soupe de pâtes, je repars. J’aurais bien fait une petite sieste au soleil, mais la musique est vraiment trop forte à cet endroit.

Je repars donc  pour la montée jusqu’à la  " Plaine des Tamarins "  où ces arbres moussus , couchés, tordus,

entremêlés  vous feraient penser à un décor fantasmagorique d’halloween ! Bref, la montée se passe bien, je suis à mi course et j’enchaîne par  " le Col des Bœufs . Ca va vraiment mieux.

La descente sur  " la Plaine des merles " où la nuit me prend  se passe bien, celle du  " Sentier Scout  " également, mais je la trouve longue surtout que la douleur me reprend. 

Je trouve quelques compagnons de course pour la rude montée à  "Ilet à Bourse " où j’arrive avec 1h15 d’avance sur mon tableau, mais j’ai besoin de dormir depuis un moment. Partout des coureurs dorment sur le bord du sentier. A côte du pointage, plusieurs coureurs dorment, allongés dans leur couverture de survie. Il fait très froid, mais j’ai vraiment besoin de dormir. Je mets un vêtement  chaud et m’allonge à même le sol sous ma couverture de survie également. Une bénévole me propose de me réveiller 30’ plus tard. J’accepte et essaie de dormir malgré le bruit. J’ai dû finit par dormir une vingtaine de minutes et me réveille 2’ avant que l’on me réveille. La bénévole m’aide à me rhabiller car je suis gelé et frissonne. Je repars au pas de course pour me réchauffer

Arrivé à Grand Place, 98km,  j’ai rétrogradé à la 6ème place M6. Peu importe,  je repars pour la partie que je juge la plus difficile du parcours , la descente de la  " Roche Ancrée "  et remontée sur  "Roche Plate " . Des centaines et des centaines de marches à monter. Alors que je commence la montée , je sens l’eau couler sur mon short, tee-shirt ! J’ai vite compris : Ma poche à eau Salomon, toute neuve pour l’occasion vient de percer. Heureusement il me reste une flasque de 500ml , c’est peu mais j’économiserai l’eau . je change juste de tee-shirt  . A ce moment, " hello Christian " C’est à nouveau Manon ! Elle a dormi aussi et nous repartons pour la rude montée de  " Roche Plate " On en voit jamais le bout. Le Comble , en y arrivant, on nous annonce 45’ de plus dans les rochers  pour rejoindre le poste de ravitaillement déplacé plus haut. En effet l’école, menacée par les risques  de chutes de pierres liées à l’incendie du Maîdo est fermée.

Dépités, comme tous, nous repartons pour la grimpette jusqu’au ravitaillement.  J’ai toujours 1 heure d’avance ; Un bénévole me donne une bouteille de coca remplie d’eau à mettre dans mon sac pour me dépanner et c’est reparti pour les "Orangers " où le poste se situe dans l’ancienne école de mon gendre  "Clément ". Manon s’est arrêtée à l’entrée de l’Ilet pour dormir à nouveau. Je ne la reverrai plus avant mon arrivée.

Je m’arrête à peine et je me lance dans la descente jusqu’au " Captage des Orangers "! J’adore ce sentier où

la rivière joue à cache- cache  avec les rochers  jusqu’à former de magnifiques bassins . Au captage, je me lance dans une nouvelle descente jusqu’aux "lataniers" et la "Rivière des galets" . je m’attendais à passer sur la passerelle "Bras Doussy" mais le passage se fait dans l’eau !

En remontant, j’ai du sable dans la chaussette droite.  Je la change au lieu de changer les deux , ce qui me causera quelques petits désagréments plus tard !

Pour l’heure,  je poursuis mon chemin  vers "Deux Bras".  Plusieurs traversées de rivière, sur des rochers , c’est plus confortable. Dans la vallée, j’arrive à courir plusieurs km, c’est assez rassurant, mais c’est long.

Arrivée à "DEUX-BRAS" 120km et 7200mD+ . Seconde base de vie sous un soleil brûlant. On nous annonce 40°.  J’ai perdu 52’ sur mon tableau, mais ce qui m’importe désormais est de terminer le mieux possible,  après cette difficile montée de Dos d’Âne qui nous attend   Contrairement à d’autres coureurs, je ne

suis pas confronté au manque d’eau. Je mange une assiette de pâtes toujours servie par de charmants bénévoles. Je fais refaire  mon strapping avant de récupèrer mon sac d’assistance et je pars à l’assaut de " Dos d’Âne ". La montée sera vraiment très dure sous la chaleur écrasante et je monte tranquillement et régulièrement. Enfin la grosse touffe de bambous géants qui annonce le sommet. Le robinet d’eau en face du sentier est pris d’assaut. J’ai la bonne surprise de retrouver  mon ami et ancien entraîneur de l’époque où je courrais le marathon, Jean-Pierre Gorgeon. Nous

échangeons quelques mots et je repars vers " Chemin Ratineau " J’ai du mal à reprendre la course et j’adopte la marche active. Après le poste, c’est partie pour la descente de la "Kalla" l’enfer redouté de tous les coureurs. Le début est épique car les rochers sont énormes et il faut s’aider des arbustes, lianes et tout ce que l’on trouve pour desccendre.  Courte mais rude  remontée jusqu’à la grotte de la "sorcière Kalla" avant de redescendre jusqu’à "La Possession" par un chemin rocheux à souhait. Curieusement,  alors que je suis épuisé, cuit   par la chaleur ,  cette partie se passe assez bien pour moi et je peux alterner course et marche comme à chaque fois. Par contre mon dessous de pied gauche est échauffé ; J’aurais dû changer mes 2 chaussettes lors de la traversée de rivière. J’arrive à la Possession et j’ai repris  mon

heure normale de passage. Je file au poste médical où je perds encore 15’ pour soigner mon pied , mais ce sera efficace ! Je me ravitaille et repars assez vite. Alors que je viens de quitter le poste, j’ai le plaisir de

retrouver Anne, sa fille Jeanne et Christelle. Ca fait du bien de discuter un peu avec des amies, mais je ne peux m’attarder trop longtemps car mon fils Stéphane vient de me renseigner sur le classement M6 et j’ai retrouvé la 3ème place  M6, et nous sommes 5 dans un mouchoir de poche. Je repars donc en direction du " Chemin des Anglais". En chemin, je m’arrête dans un bar acheter une bouteille de 50 cl d’eau pour complèter ma flasque ; c’est plus pratique que ma bouteille d’1 litre  dans le sac à dos que je traîne depuis le matin. Finalement la boisson m’est offerte par le patron "Sympa".

 6ème ET ULTIME DIAGONALE DES FOUS  : RECU 6/6 - MISSION ACCOMPLIE

J’attaque donc les pavés du   Chemin des Anglais, toujours sous la chaleur implacable. Les pierres du bas côté sont brûlantes !!! Les premiers lacets sont très raides et éprouvants ; Les successions de ravines à descendre et remonter le sont également, mais j’avance à un rythme correct , enfin je pense ! la dernière descente sur " Grande Chaloupe " est complexe avec les pierres dans tous les sens, il faut être très prudent. A Grande Chaloupe, j’ai perdu 46’ et sans doute mon espoir de podium, mais seule compte à présent la certitude d’aller au bout ! Je

repars pour l’ultime montée qui débute par une nouvelle portion de "Chemin des Anglais jusqu’à St Bernard , puis jusqu’au "Colorado " La nuit me prend à la sortie de St Bernard . La montée dans la terre rouge se fait surtout dans une saignée étroite de terre très raide, un goulet interminable. Néanmoins j’arrive assez vite au sommet et je rejoins le poste de contrôle et de ravitaillement. J’enfile le débardeur de l’organisation obligatoire, j’avale un peu de soupe et je repars pour la dernière descente sur "La redoute"

Ce  sera un enfer ! Mon genou me fait à nouveau souffrir et j’ai vraiment  du mal sur ce sentier très rocheux. Je m’accroche aux branches, aux rochers de côté , enfin, où je peux pour limiter la douleur à chaque effort ! Alors que les autres fois, je descends en 45’, je mettrai 1heure de plus !

Néanmoins, j’arrive en bas et il reste un petit km pour rejoindre l’arrivée ;  Je mets un point d’honneur à courir cette portion et l’arrivée sur le stade donne des ailes. Au dernier virage, mes petits enfants m’attendent, depuis longtemps d’ailleurs ! Ils s’élancent à mes côtés pour le dernier hectomètre ; Quelle émotion ! Rien que pour ce moment inoubliable, je n’aurais jamais pu renoncer ! Nous passons la ligne sous les acclamations et j’ai du mal à refouler une petite larme de bonheur !

Le bonheur de passer la ligne avec eux a effacé en un instant des heures de galère !

C’est fait , ma 6ème Diagonale des Fous est bouclée  en 48h33’!!!

Au final, à 30 'près j ai malgré tout tenu ma prévision horaire de 48h et de me classer 935ème sur les 2420 partants et 6ème M6 sur les 15 qui terminent

L'Aventure "Diagonale des Fous" s'achève avec cette 6ème édition ; Place à ma 1ère participation au "Trail Bourbon" en 2022 pour mes 70 ans !

Résultats des copains de la délégation :
Diagonale : 160km et 9400m D+
Nicolas Guillout : 214ème et 58ème senior en 38:12:16
Dominique Guillout 444ème et 14ème M4 en 42:24:29
Pierre Chansigaud 549ème et 98ème M2 en 43:46:17
Christian Baigue 935ème et 6ème M6 en 48:33:14
Pierre Hay 1723ème et 59ème M5 en 61:32:22
Didier Maitre 1734ème et 125ème M4 en 61:42:24
Trail Bourbon : 105km et 6140m D+
Rico Ma (Eric Marcenne) 257ème et 32ème M2 en 28:52:23
Patrick Leger 334ème et 10ème M4 en 30:50:44
Hors club :
Michael Maurin 230ème et 32ème M2 en 38:24:26
Gérard Racinne 445ème et 1er M6 en 42:25:15
Manon B. Frantz 983ème et 19ème Senior F en 49:10:51

REMERCIEMENTS :

66A

 

  • Tout d'abord, un grand merci à l'équipe d'organisation, qui s'est battue toute l'année pour maintenir cette magnifique édition 2021!
  • Un grand merci à tous les bénévoles pour leur gentillesse et leur disponibilité et leurs encouragements !
  • Merci à tous les membres de ma famille et mes amis qui m'ont beaucoup encouragé , apporté leur soutien ou suivi à distance !
  • Merci à mes petits enfants qui ont absolument tenu à venir franchir la ligne d'arrivée avec moi ! 😍Et bien sûr ma fille, mon fils et mon épouse qui les ont accompagné
  • Merci à mes amis EPA ou proches pour leur bonne humeur générale pendant les 3 jours de reconnaissance sur place ; Vous avez été formidables !
  • Toutes mes félicitations à  l'équipe EPA , Finisher à 100/100 que ce soit sur la Diagonale des Fous ou le trail Bourbon et bien sûr à tous mes amis également engagés et tous Finishers !
  • Une grosse pensée pour mes compagnes de club qui, malheureusement n'ont pu prendre le départ de cette édition !

 

 6ème ET ULTIME DIAGONALE DES FOUS  : RECU 6/6 - MISSION ACCOMPLIE

 

Partager cet article
Repost0
25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 11:05

 

Nous avons souvent croisé les doigts pour que ces épreuves soient maintenues, sans jamais baisser  les bras afin d'être prêts le Jour J et nos espoirs ont été récompensés.  Ce 2ème gros week-end de trails collectifs EPA  depuis la reprise  de nos épreuves de prédilection  mi juillet sera  globalement  signe d’une belle réussite !

 

 

 

 

 

TOUR DES CIRQUES : à Vieille Aure ;   120km et 7000mD+

Pierre Bourry , pour une 1ère expérience  sur un Ultra Trail  et particulièrement de ce format et de plus sans bâtons de Trail, s’ en sort très  honorablement  . Très à l’aise et  en  bonne position les 2/3 de la course, son  final  sera beaucoup plus  difficile avec des quadris en feu  !  

Néanmoins,  il s’accrochera pour terminer largement dans le 1/5ème de la course , 74ème et 44ème senior en 29:23:34  💪   Un grand bravo et de bon augure pour la suite !

 

TOUR DE LA GRANDE CASSE à Pralognan La Vanoise ; 66km et 3950mD+

Une belle délégation EPA avec 6 Finishers sur  7 trailers au départ  d’une épreuve vraiment très difficile et exigeante où malheureusement 1/3 des participants ne franchit pas la ligne d'arrivée, dont une bonne partie mis hors course par les barrières horaires.

Dans ce contexte , superbe course de Pierre Chansigaud , qui faisant parler ses talents de montagnard  se hisse à la 43ème place (6ème M2) en 11:13:39   ! Bravo,  une bonne étape avant La Diagonale des Fous en octobre !

Ensuite, belle course en duo  pour moi-même et Didier Gaudefroy  dont c’était la 1ère épreuve en haute montagne  et qui s’en sort très honorablement.  Nous franchissons donc la ligne en 13:17:14  à la 84 et 85ème place  et 1er M6 pour moi (mais seul arrivant dans cette catégorie)

Arrivée ensuite du duo Patrick Léger et Stéphanie Chansigaud dont c’était également la 1ère expérience sur une épreuve de cette distance avec une  très belle réussite . Ils terminent en 13:31:00 à la 90 et 91ème place dont 7ème F et 2ème M1F pour Stéphanie ! Un grand bravo à tous les deux !

Rénald Hervé, victime d’un petit coup de moins bien arrive néanmoins à le surpasser

pour se classer  à la 95ème place (13ème M2) en 13:43:57 . Un bel exemple de courage !

Par contre, manque de chance pour notre ami Didier Maitre, victime de problèmes digestifs et qui malheureusement ne pourra franchir la barrière horaire du 54ème km pour quelques minutes.

ECHAPPEE  BELLE : à Vizile : 149 km et 11 400 m D+ . Sans doute l’Ultra réputé comme le plus dur de France métropole

Sans doute une grande désillusion pour nos 3 représentants qui malgré une grosse préparation en vue de cette échéance  ont dû jeter l’éponge. Sur l’épreuve en duo, Philippe Morin et Pascal Cougnon, après plus de 16h de course  ont pris l’option de renoncer au 41ème km.  N’ayant plus que  30’ d’avance sur la barrière horaire, ils ont jugé plus prudent et c’est tout à leur honneur, de renoncer à continuer dans la nuit au risque presque certain  de ne pas passer la suivante . 

De son côté, Pierre Hay, pourtant à l’aise jusquà une cinquantaine de km eut lui aussi des problèmes gastriques l’empéchant  de s’alimenter. Manquant de carburant, il ne put passer la barrière du 60ème km .

Nos 3 compères auront sans doute l’occasion de rebondir bientôt, puisque Philippe  et Pierre sont déjà engagés pour le Trail de Belle Île en mer fin septembre ainsi que la Diagonale pour Pierre, Pascal se donnant le temps de la réflexion.

RESULTATS :

 

TOUR DES CIRQUES :

PIERRE BOURRY : 74ème et 44ème senior en 29:23:34

TOUR DE LA GRANDE CASSE :

PIERRE CHANSIGAUD  : 43ème  et 6ème M2 en 11:13:39

CHRISTIAN BAIGUE :  84ème et 1er M6  en 13:17:14  

 

DIDIER GAUDEFROY : 85ème  5ème M4 en  13:17:14  

STEPHANIE CHANSIGAUD : 90 et 7ème F et 2ème M1F  en 13:31:00

PATRICK LEGER : 91ème et 6ème M4 en 13:31:00

RENALD HERVE : 95ème et 13ème M2 en 13:43:57

Partager cet article
Repost0
12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 18:15

 

Après plus d’une année très compliquée avec l’annulation en série des grosses épreuves, c'était  enfin le retour des grands trails ce week-end pour une quinzaine de trailers de l'EPA répartis sur plusieurs  épreuves," Luchon Aneto Trail", la montée du Kao dans le Limousin, Le Higt Trail Vanoise à Val d’Isère et la PDA ( Peades d’aigua ; Course de la franchise Utmb Val d'Aran en Espagne ) Très belle réussite d’ensemble des trailers du club.

(Résultats en bas de page)

 

  • MONTEE DU KAO

Course vraiment éprouvante sur le 54km où l’on alterne de longues périodes courues et de nombreux raidillons de 150 à 200m de D+  à fort pourcentages .

Vraiment une très belle course pour toute la délégation de 7 au départ et 6 podiums à la clef  dont 2 Top 10 , Pierre Bourry 4ème pour sa 1ère course longue sur 54km et Greg Gras, 10ème sur le 22km en prépa de la 6000D.  Mésaventure pour Didier Gaudefroy qui avait réussi à déposer notre ami

Jonathan Vitet et  qui mal orienté par un commissaire fera 3km de plus !

Sur 22km, belle prestation également de la famille Morisseau dont une belle

1ère place M4 pour Danielle

A titre personnel, sur 54km,  très bonnes sensations et très à l'aise sur cette épreuve éprouvante ! Un bon résultat à mon niveau qui confirme une bonne forme à l entraînement ces derniers temps.

  • LUCHON ANETO TRAIL

Sur la Route 3404 ; (65km) Sur un parcours hyper technique, très belle prestation d’Alexandre Billaud qui se blesse à mi course et qui néanmoins réussi à terminer à une belle 43ème place  avec un genou qui a doublé de volume ! A noter  que 50% des concurrents ne terminent pas l’épreuve !

Sur le LAT Challenge, (42 +45km) très belles courses également pour Pierre Chansigaud et Patrick Léger qui ont dû enchainer 2 épreuves très éprouvantes de plus de 40km sous une grosse chaleur. Sur la 1ère étape, long faux plat de 15km avant une très longue ascension  de 2000m D+ suivi d’une très longue descente en continu et bien sûr  profil identique sur la 2ème étape ! Un régal pour les quadris !

  • HIGT TRAIL VANOISE (trail des 6 cols 47Km et 3500D+)

Olivier Duport en reprise de blessure partait à l’aventure avec l’objectif d’être Finisher, ce qu’il réussi brillamment

  • VAL D’ ARAN ; PEADES D’AIGUA 55 kms 3100 de D+ et 4000 de D-

Grosse mésaventure pour la délégation au complet qui a dû essuyer les plâtres d’une  nouvelle organisation. De ce fait, barrières très sévères établies par  les organisateurs dont c’était une première édition et élimination hors délai pour tous nos amis !  RESULTATS :

  • MONTEE DU KAO

Trail des Puys : 54km et 2350mD+

Pierre Bourry :  4ème et 1er Senior en 06:15:51

Christian Baigue :  26ème et 1er M6 en 07:36:29

Jonathan Vitet :  29ème et 6ème M1 en 07:54:17

Didier Gaudefroy : 34ème et 2ème M4 en 08:09:37 (avec 3km de plus !!!)

Trail des kaoliniers :  22km et 800m D+

Greg Gras : 10ème et 2ème M2 en 02:06:42

Pascal Morisseau : 36ème et 3ème M4 en 02:23:43

Danielle Morisseau : 91ème et 1ère FM4 en 02:48:05

  • LUCHON ANETO TRAIL

La Route 3404 : 65km  et 4400mD+

Alexandre Billaud : 43ème en 12h20’20’’

Challenge (42km et 2600mD+) et (45km et 2800 D)

Pierre Chansigaud : 66ème et 9ème M2 en 14:43:01 (06:37:28) et (08:05:33)

Patrick Léger : 114ème et 8ème M4 en 16:15:33 (07:30:58) et (08:44:35)

  • HIGT TRAIL VANOISE (trail des 6 cols 47Km et 3500D+)

Olivier Duport : 172ème et 15ème M2 en 11:09:11

 

MONTEE DU KAO - LUCHON ANETO TRAIL - HIGT TRAIL VANOISE - VAL D’ ARAN ; PEADES D’AIGUA - BELLE REUSSITE D'ENSEMBLE  POUR LES TRAILERS DE L'EPAMONTEE DU KAO - LUCHON ANETO TRAIL - HIGT TRAIL VANOISE - VAL D’ ARAN ; PEADES D’AIGUA - BELLE REUSSITE D'ENSEMBLE  POUR LES TRAILERS DE L'EPA
Partager cet article
Repost0
11 juillet 2021 7 11 /07 /juillet /2021 21:21

MONTÉE DU KAO ; TRAIL DES PUYS : 54 Km et 2350mD+ 26eme et 1er M6 (Seul M6 🤣)

Après une année 2020 réduite à sa plus simple expression et limitée à 2 courses , suite aux confinements et restrictions liées à la pandémie, 2021 commence à repartir avec déjà 3 courses , un 5000m sur piste où je réalise 19'45 et un 10km en  41' .

Cette fois c'est enfin le retour sur un grand trail avec cette montée du KAO.

Course vraiment éprouvante sur cette distance où j'ai éprouvé de bonnes sensations. Très  à l'aise sur cette épreuve alternant de longues périodes courues et de nombreux raidillons à fort pourcentages !

Un bon résultat à mon niveau qui confirme une bonne forme à l entraînement ces derniers temps.

 

MONTÉE DU KAO - TRAIL DES PUYS - DE BONNES SENSATIONSMONTÉE DU KAO - TRAIL DES PUYS - DE BONNES SENSATIONS
Partager cet article
Repost0
9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 00:00

Encore un programme très fourni lors de ces deux premiers mois de la saison  2019 / 2020 pour un groupe trail EPA très dynamique et toujours avide de nouvelles aventures !

Afin de permettre à tous ceux qui n'ont pu suivre en direct les périples des uns et des autres dans une actualité très chargée  , en voici  un petit résumé en quelques lignes . Un grand bravo à tous nos vaillants Trailers et Ultras Trailers !!!

 

  • 30/08 au 1/09 

CCC (COURMAYEUR-CHAMPEX-CHAMONIX)  101km et 6100m

Un très grand bravo à notre sympathique duo Christelle Coutand et Didier Maitre,  Finishers en 26:13:54 Christelle termine 1472 et 221ème fille  et Didier  1474 et 195 M

  • 15/ 09 

INFERNAL TRAIL DES VOSGES : 69km et D+2900m

Ludovic Gagner, Finisher, classé 404ème en 13:39:42

BILAN NATURE ET TRAIL SEPTEMBRE ET OCTOBRE 2019

 

  • 21/09

TRAIL LAUZANNE- GENEVE : 120km et 4000mD+

Bravo à Rénald Herve qui termine brillamment 72ème et 24ème M1 en 20:39:55

  • 22/09

X TRAIL CORREZE–DORDOGNE : 103km et 4 200m de D+ .  Superbe performance de Nicolas Guillout qui se classe 12ème au classement général et 8ème senior en en 14 h 24

Et une grosse pensée pour nos amis William Beaumont et Dominique Guillout qui n’ont pu boucler cette épreuve

 

GRAND TRAIL DES TOURS : 48km et 4 200m de D+

Très belle course d’ Éric Marcenne  qui  se classe à une très belle 46ème place en 6h32

Bravo également à Lucie Gauvin et Agnès Gauvin qui ont bouclé cette épreuve en Marche Nordique·

  • 22/09

GRAND TRAIL DU SANCY : 60km et 3350mD+

2ème marche du podium M3 avec une belle performance pour Christian Baigue , 197ème sur 750 en 9h26’58’’

TRAIL DU SANCY : 33km et 2020m de D+

Bravo à Axelle Barnas  54ème  F et 25ème  M1 et Jérôme Michalczac 551ème  (sur 1000) arrivés en Duo sur le 33km en 5h46'30

CHEMIN DE CRÊTES : 19,6km et 1170mD+

2ème marche du podium M3 également pour Daniel Gauchet avec une belle 162ème  place sur 800 en 02:27:50

Lucien Sanchez réalise également une belle course : 8ème M3 et 317ème  en 02 :45 :02

Et un grand bravo à Audrey Skwara, toute nouvelle adhérente qui pour sa 1ère course en montagne se classe 121ème  F et 58ème  S F en 03:16:53

  • 16 au 21 /09 : GR20 EN CORSE

Félicitations à nos vaillants aventuriers Corses, Stéphanie Chansigaud, Pierre Chansigaud , Emmanuel Inguenault, Greg Gras qui ont réussi leur challenge de boucler le GR20 en 6 jours en triplant les étapes  ! Un bel exploit !!!

 

BILAN NATURE ET TRAIL SEPTEMBRE ET OCTOBRE 2019BILAN NATURE ET TRAIL SEPTEMBRE ET OCTOBRE 2019
  • 29/09

TRAIL DES GORGES DU CHAMBON :

28km

Manu Martin; 29ème en 3h05'22''

Marcheurs nordiques :

Valérie Payen Clément 223ème en 4h37'47''

Annabelle Guillemin 224ème en 4h37'47''

Bénédicte Savatier Lachal 237ème en 5h16'12''

42km

Thierry Clément 30ème en 4h51'51''

Marcheurs nordiques

Bernard Dervaux 118ème en 6h35'37''

Sébastien Navarro 123ème en 6h41'44'

Ivan Meguerditchian 124ème en 6h41'45''

42km Duo

Pascal Cougnon et Mélissa Grignard  réalisent un joli podium  ''2ème Duo Mixte en 5h40'13''

  • 6/10

TRAIL DU PETIT SAINT-BERNARD :

Un grand Bravo à Patrick Leger ; Finisher en 148ème position et 11ème V2 en 11h09'38" !!!

  • 11/10

ULTRA DU BEAUJOLAIS /110KM et 5200mD+ Cublize  (Rhône)  

Après une superbe remontée de bout en bout , Pierre Hay est arrivé après 110km parcourus 239ème et au pied du podium 4ème en 20:49:08 !

  • 12/10

COURSE DES ETOILES : à Bagnères de Bigorre. 70km et 4800mD+.

 Un grand bravo également à  Alexandre Billaud qui a bouclé son épreuve .Classé 94ème et 27ème M1 en 12:55:48 !

  • 20/10

TRAIL LES ETOILES DE LAPCHA : 8km

Félicitations à Margaux et  Olivier Gilardin pour leur belle course au trail nocturne et très humide  . Margaux termine 2ème féminine et 13ème au scratch alors qu' Olivier termine 14ème sur 98 ! Bravo à tous les deux

  • 17au 20/10

DIAGONALE DES FOUS à La Réunion : 165km et 9600m D+  ; Grosse malchance pour notre valeureux  Franck Brochain qui après

un superbe parcours sur 130km a du jeter l’éponge  à 35km de l'arrivée , suite à une luxation du genou ! Une année de préparation particulièrement rigoureuse anéantie ! Quelle frustration !

Voir son récit de course sur :  FRANCK BROCHAIN- DOSSARD 2319 - MA DIAGONALE DES FOUS

  • 27/10

GRAND RAID DES CATHARES  : RAID DES HERETIQUES :  62km et 2727m D+.

Un très gros bravo à Eric  Marcenne qui a réalisé un bel exploit en se classant 37ème et 12ème M1 sur 370 inscrits dont un

grand nombre de spécialistes locaux  en 07h47'52

TRAIL DES COLOMBES 41km et 1300mD+

 Dans la famille Marcenne,  Anne n'est pas en reste ! Partie tranquillement en milieu de peloton pour une simple sortie longue  et après une superbe remontée elle se classe 101ème et 9ème M1 sur 550 participants en 05h09'19

  • 27/10

FESTIVAL DES HOSPITALIERS : 75 km et 3500MD+

Thierry Clément, après avoir parcouru cet été l'intégral du GR20 en Corse avec l'ami Gilles Chiron et quelques autres a terminé ce bel ultra trail en 12h16'

  • 31/10 au  3 /11 

ULTRA RUN RAJASTAN : 250 km et 5000m D+

Encore un superbe exploit en Ultra Trail très longue distance pour Vincent Hulin  qui se classe  3ème exæquo en  57h24 et une pensée pour William Beaumont , obligé de jeter l’éponge suite à un gros coup de chaud !

 

SOLUKHUMBUTRAIL : 325km et 16  000 mD+ NEPAL en 15 étapes à partir du 29 septembre

 

Bravo à Rémi Bessemoulin qui participe actuellement à cette épreuve hors du commun comme  coureur / kiné


 

BILAN NATURE ET TRAIL SEPTEMBRE ET OCTOBRE 2019BILAN NATURE ET TRAIL SEPTEMBRE ET OCTOBRE 2019BILAN NATURE ET TRAIL SEPTEMBRE ET OCTOBRE 2019

Marche Nordique :

N’oublions pas nos amis Marcheurs Nordiques, toujours très discrets et qui sous la houlette  de Gilles Chiron ont réalisé  également de trés belles épopées cet été  tels le GR20 en Corse et plus récemment le Tour du Mont Blanc , sans compter leur participation au tral des Gorges du Chambon (résultats ci-dessus) !

Et pendant ce temps là , le dimanche à Givray ....

 

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 23:28

Depuis le dimanche 13 octobre, je suis sur l’ile de la Réunion. Après, 3 jours de travail, le jour J du départ est arrivé. Vers 15h, je m’habille pour la course et finalise mes derniers sacs à déposer aux 3 bases de vie – Cilaos – Ilet Savannah et La Redoute. Je descends vers le lieu de départ de la navette St Denis - St Pierre, sur le bord de l’océan - arrêt Barachois. Nous sommes une centaine de trailers à attendre les bus. A 16h15 - l’heure annoncée, les bus arrivent mais ils ne s’arrêtent pas et nous font signe d’aller plus loin. Nous prenons tous nos sacs et marchons jusqu’au début de la route du littoral soit 500m plus loin – 1er couac.

Nous nous installons pour 2h00 de voyage au gré des différents coureurs à récupérer sur le trajet. Arrivé à St Pierre vers 18h30, je prends la direction du dépôt des sacs des bases de vie. Cela bouchonne, c’est un peu l’anarchie et l’organisation est un peu dépassée – 2ème couac. J’attends facilement 45mn et j’en profite pour me restaurer. Je dépose mes 3 sacs, et je récupère auprès des bénévoles un bracelet de course jaune oublié la veille lors de la remise des dossards. Je passe ensuite assez rapidement le contrôle des sacs de course et accède alors à ce grand parking de graviers d’avant départ – il est  19h30, je suis impatient d’être sur la ligne de départ. Je vais prendre un café, une compote et une banane à un stand et je tombe nez à nez avec une connaissance avec qui je jouais au foot au stade poitevin il y a 30 ans. C’est dans ce genre de situation que l’expression  « le monde est petit » prend tout son sens. Je m’approche ensuite le plus près possible des barrières à 50m de la scène d’animation. Je m’installe à peu près 1h45 avant la course. Et c’est là que me revient ce que m’avait conseillé Sandrine : « Prends un carton – tu pourras ainsi t’y allonger avant le début de la course »  – 3ème couac j’ai oublié le carton.

Je me pose, mets mon coupe-vent et fais une petite sieste de 30 mn. Nous sommes à 1h du départ, l’animateur commence à chauffer les spectateurs et les trailers.

A l’arrivée des élites, d’un seul homme tout le monde se lève et se presse vers les barrières. Des sacs, des lunettes, des dossards, des clés de voiture sont égarés et de multiples annonces de recherche sont passées par le speaker. 15mn avant le départ, les bénévoles forment une chaine humaine main dans la main et accompagnent les élites vers l’arche de départ. Les grilles s’ouvrent et les anonymes suivent les élites. Il est 21h55 et je me prends en photo avant le départ.

FRANCK BROCHAIN- DOSSARD  2319 - MA DIAGONALE DES FOUS -

 22h02 le départ de la course est donné.

D’abord au pas pendant 100m, je commence à courir. La foule est amassée tout au long du début du parcours. Les encouragements fusent, les enfants tendent leur main. Cette avenue de départ est noire de monde. Une sensation à la fois d’oppression et de liesse. C’est énorme. Et cela dure, c’est magique, je n’ai jamais vécu un truc pareil et je profite, je profite comme un môme. Un feu d’artifice est tiré et des groupes jouent de la musique sur notre passage. Je suis grisé, je souhaiterai partager ces instants, communier mon bonheur de vivre ces moments, mais je suis seul. Nous sortons de Saint Pierre au bout de 30 mn et commençons à traverser les champs de cannes à sucre. Les frontales sont allumées et une ligne de lumière s’étire dans la nuit. Nous montons toujours et le sentier se rétrécit. Nous sommes les uns derrière les autres et cela bouchonne au franchissement des multiples échelles qui se succèdent. Après 15km, je passe le 1er ravito assez rapidement. J’enchaine vers le second au 25ème km où la température a baissé de manière significative. Il fait froid, je mets mon coupe-vent et mes gants. Heureusement que l’on m’avait prévenu, je n’aurai sinon jamais pensé à les mettre dans mon sac ainsi que mon bonnet. Les nuits seront très fraiches au niveau des sommets. J’arrive au petit matin au parking Aire Nez de Bœuf 2040m – 38 km de fait. Il fait très très froid, le sol est blanc, il a gelé dans la nuit – le thermomètre est descendu à – 4°. Je prends une soupe chaude, un café et quelques fruits secs. Je descends vers Mare à Boue par des singles à travers des prairies puis arrive à un panneau indiquant Piton des Neiges.

Dans ma mémoire, je ne pensais pas  y passer mais bon c’est le chemin fléché donc j’y vais. Du parcours je n’ai retenu que les bases de vie et leur kilométrage. Heureusement il est matérialisé sur mon dossard. Je suis sur une partie bitumée, je cours pendant 2 km pour rejoindre le ravito Mare à Boue.
Il est un peu moins de 8h, il fait déjà chaud et j’ai faim. Je m’attarde un peu pour prendre des pâtes et du poulet massalé, je fais le plein d’eau et de coca quelques fruits et c’est reparti. L’arrêt a duré moins de 20mn. Je pars pour 8-9 km de montée dans des chemins humides et boueux à travers des rondins de bois plus ou moins gros et glissants.

Je prends l’allure d’une  locale accompagnée d’un ami breton et pendant toute la montée, elle parle de son île – de sa faune, sa flore, ses coutumes et de sa gastronomie. Je bois ses paroles. Je suis captivé par ses récits

 

 

J’en oublie que je suis dans une partie montante dans la boue et qu’à tout moment je peux glisser. Je grimpe vers coteau Kerveguen 2200m. Je descends ensuite vers Mare à Joseph ;  partie technique et périlleuse pour enfin arriver à Cilaos ; 1ère base de vie.

Il est à peu près 13h soit 65 km en 15h. Je récupère mon sac et me dirige vers les vestiaires du stade. Je ne fais pas l’erreur du GRP. Je me douche (à l’eau froide) et me change entièrement. Je me passe de la crème sur les pieds – pas une ampoule – je laisse une recharge de frontale et prends une deuxième lampe, je refais le plein de barres de céréales, recharge mes flasques et m’alimente un peu. Je repars. J’ai dû m’arrêter 30 à 40 mn et possède plus de 4h d’avance sur la barrière horaire. Tous les voyants sont au vert. La reprise est difficile avec la chaleur, heureusement le parcours est descendant. Je récupère le sentier Taibit après une raide montée. J’ai alors une superbe vue sur le cirque de Cilaos.

Je prends une photo et je repars.

 

L’ascension du Col du Taibit 2080m est compliquée avec des pourcentages importants. A mi-chemin, je m’accorde une petite pause, le temps de prendre une tisane « ascenseur », comme me l’avait conseillé Axelle. .J’arrive en haut au-dessus des nuages et m’arrête quelques instants pour contempler le spectacle d’un superbe coucher de soleil. C’est si beau, que je suis ému d’une telle vue et à la limite de pleurer. La fatigue commence à se faire sentir.

 

Je reprends la course et descends jusqu’à Marla. Il fait nuit, il est 19h. Je prends de la soupe, du salé et du café, je mets mon coupe-vent et mes gants et je repars. Je poursuis par l’ascension vers la Plaine des Tamarins puis le col des bœufs  et m’engage ensuite vers la plaine des Merles à 1805m où je me restaure d’aliments chauds.

 Le départ a été donné il y a 24h, j’ai parcouru 85km, il fait froid. J’appelle alors ma compagne pour l’informer de ma situation en course (ce sera le seul appel). Elle me dit que beaucoup de monde me suit sur le lien du Grand Raid. Cela fait du bien de l’entendre et de se sentir soutenu. Je raccroche et m’accorde une sieste de 20 mn emmitouflé dans ma couverture de survie. Je me réveille et me rappelle les conseils de Jacky « Ne t’arrête pas avant le 100ème km ». Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? Je repars et regarde mon avance sur la barrière horaire +4h  - c’est encore bon !

 Je descends vers sentier Scout. J’ai l’impression d’être revenu à Mare à Boue – mêmes conditions boueuses sauf que cela descend. Depuis 500m, je ne vois plus de rubalises, personne devant moi, personne derrière. Je m’inquiète, je ralentis puis m’arrêtes. Ouf, je vois une lampe allumée dans ma direction - un local – il s’arrête et me demande : « ça va ? ». Je lui réponds  « tout va bien, mais je ne vois plus de balisages depuis 500m ». Il me dit en créole : « t’inquiètes, il n’y a qu’un seul chemin et c’est le bon. ». Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre. Il ne s’arrête pas et relance. Je repars dans son sillage, j’essaie de le suivre mais son rythme est trop rapide. Je 

le laisse partir et me concentre sur le chemin très glissant. . Une fois passé le lieu dit ‘’ La Plaque’’ j’arrive sur un pont de bois. Il y a 4-5 personnes devant moi qui attendent. Je ne comprends pas cet arrêt. Le passage du pont n’est en fait autorisé que pour une personne sur une distance de 20m. Je m’y engage, le pont balance. Heureusement il fait nuit, je ne vois pas si le vide dessous est important . Après une rude montée, j’arrive à Ilet à Bourse où je prends quelques fruits et fais le plein de mes flasques.

Arrêt 5mn, je repars. Je continue de descendre puis attaque un raidillon escarpé. J’arrive en haut fatigué et dans la descente vers le prochain ravito Grand Place les Bas, je recherche un endroit pour me reposer. Je m’écarte du chemin pour ne pas être gêné par les lumières des frontales et je m’installe sur un parterre de mousse (Merci Sandrine). J’ai suivi également les conseils de Jacky, je regarde ma montre j’ai parcouru 96km.Il ne fait pas froid, pas besoin de sortir la couverture de survie. Je m’allonge et m’endors rapidement. Je me réveille – mon sommeil n’a duré que 30mn  mais je me sens déjà beaucoup mieux. Je repars, fringant, jusqu’à Grand Place où je m’attarde très peu de temps. A peine 5mn pour prendre des fruits et du coca. Je descends ensuite à la queue leu leu une partie périlleuse où tout dépassement est risqué voire impossible. Je me cale dans la foulée de la personne devant moi et je le suis jusqu’en bas. A l’issue mes cuisses sont en feu et je m’accorde une petite halte avant d’entamer la montée vers le prochain ravito. Les montées sont de plus en plus sèches et très pentues, pas de lacets, direct dans le dur. J’arrive en haut de cette partie et entame une descente périlleuse vers le prochain ravito. Il fait encore nuit, je me restaure en aliments chauds et prends un café. Je fais également le plein de mes flasques. Je m’assieds et entends un groupe discutant sur la suite du parcours – 5h encore pour atteindre le sommet du Maido. Je regarde ma montre et repars afin d’être là-haut vers 10h30. Je monte vers Roche Plate et j’ai bien fait dans ma préparation de suivre à la lettre les conseils de mon coach Kiki – « entraine-toi à monter des marches plus ou moins hautes. Tu vas en bouffer jusqu’à en avoir une aversion ». Pendant 1h30 je ne fais que gravir des marches de rondins et c’est interminable.. J’arrive au sommet de Roche Plate - un cimetière à ma gauche et une vue splendide.

Le soleil vient de se lever et je ne m’attarde pas car je crains la chaleur dans la montée du Maido. Je descends 2-3 km et arrive au ravito de l’école de Roche Plate. Je me restaure et fais le plein de mes flasques. J’ôte mes chaussures et me fais un soin des pieds. Impressionné,  toujours aucune ampoule (un p’tit clin d’œil à Greg).

 

  Je repars après 15mn d’arrêt vers la montée du Maido qui se dresse devant moi. Ce n’est pas possible, nous n’allons pas monter tout en haut de cette masse rocheuse ! Un concurrent me dit : « Ne regarde pas en haut cela va te plomber le moral ». Pendant plus de 2h je vais me rappeler cette phrase. Je pars prudemment vers La Brèche - début de l’ascension. Il est 7h30 et la chaleur commence à monter. Je continue, toujours plus haut, toujours plus chaud.

 J’entends des encouragements au loin mais ne perçois rien. Je n’ose regarder vers le haut pour ne pas me décourager. Pas à pas, je me rapproche du sommet, mais que c’est long. Je fais une première halte et en profite pour mettre ma casquette saharienne. Je repars et continue à gravir ces rochers imposants. Je double de nombreux concurrents arrêtés sur les côtés du chemin. Merci Kiki pour tes conseils précieux.

A moitié d’ascension j’entends de mieux en mieux ces encouragements. Je ne lève pas la tête et continue de grimper. C’est alors que devant moi un local me dit : « un tang ? ». Pourquoi me propose-t-il un jus d’orange d’il y a 30 ans ! Eh non, il s’agit d’un tangue, un petit rongeur ressemblant à un hérisson à poil blanc. Il vient de traverser le chemin et s’est posté juste à côté. Non craintif, il se tient visible de tous. Je reste concentré sur mon ascension et ne prends pas le temps de sortir mon téléphone pour prendre une photo de cet animal rare. Il fait chaud, j’ai hâte d’arriver en haut. Je continue, les clameurs se font de plus en plus audibles. Je relève la tête et aperçois des points de couleur tout en haut de cette masse rocheuse qui se dresse devant moi. Cela me paraît encore très loin. J’ai l’impression de ne pas avancer. Allez continues, mais ne relève plus la tête. C’est là que les bâtons m’auraient été utiles.

 Je continue à gravir ces marches naturelles qui me semblent de plus en plus hautes. Je progresse moins rapidement que je le souhaiterai mais j’avance. Je m’autorise un second stop dans une des dernières portions ombragées avant l’ascension finale. Je prends une barre énergétique et quelques fruits secs, je mets mes lunettes de soleil et je repars. Je croise de plus en plus de supporters ou de randonneurs qui descendent. C’est bon signe, le sommet est proche. Il fait chaud et je souhaite en terminer rapidement avec cette ascension. J’arrive sur un replat cela fait du bien d’avancer un peu plus vite. Les clameurs sont là toutes proches. Je relève la tête et je les vois, ils sont nombreux et ils encouragent les coureurs quels qu’ils soient.

Encore 500m à gravir - 400m continue ! – 300m tu y es presque – 200m je vois le sommet – 100m que c’est bon ces encouragements – 0 J’y suis – Yes ! Là-haut, je m’autorise un arrêt pour prendre une photo du cirque de Mafate. C’est somptueux !

FRANCK BROCHAIN- DOSSARD  2319 - MA DIAGONALE DES FOUS -

Je m’attends à voir le ravitaillement au sommet mais non encore 1 à 2km et j’y suis - Maido Tête Dure. Il est 10h passé, je suis en avance sur mes prévisions. J’ai désormais 5h30 d’avance sur la barrière horaire. Je suis bien – pas de crampes, ni d’ampoules, ni de douleurs traumatisantes. Je me restaure en salé – saucisson, tuc, jambon – du coca coupé avec de l’eau. Je fais le plein de mes flasques. Il fait très chaud. Je regarde le profil du parcours – 15km de descente jusqu’à la seconde base de vie. Je reprends la marche en finissant de manger quelques fruits et un verre de coca. Le début de la descente vers ilet Savannah est une succession de montagnes russes pendant 2-3km. Un vrai casse-pattes.

FRANCK BROCHAIN- DOSSARD  2319 - MA DIAGONALE DES FOUS - FRANCK BROCHAIN- DOSSARD  2319 - MA DIAGONALE DES FOUS -

J’attends avec impatience la vraie descente. Elle arrive, le chemin est propre, sableux avec des marches formées par des rondins de bois. Je reprends la course doucement. Cela fait plusieurs heures que je n’ai pas emmené une telle allure. Je suis confiant sur ma résistance physique. Si la descente est ainsi jusqu’en bas j’y suis dans 2h.

Je continue, l’allure est bonne. Je n’en fais pas plus, je reste sur un rythme de 8-9 km/h. Je traverse une partie ombragée rocheuse, je perds l’équilibre. Mon corps part en avant et par reflexe je me bloque en arrière afin d’éviter la chute. Je sens mon genou gauche se tendre et être à la limite de la rupture. Je réussis à éviter la chute et continue sur mon élan 4 ou 5 enjambées. J’ai alors une vive douleur au genou. Je marche un peu afin de voir si  la douleur est moindre. La douleur est bien présente. Cela ne va pas, cela ne doit pas s’arrêter maintenant, c’est impossible après tous ces efforts consentis. Je me pose à l’écart du chemin et sors une bande d’élastoplaste.

Je me surprends, j’ai prévu dans mon sac une paire de ciseaux. Tous ces signes positifs me font du bien et me rassurent. Pas d’ampoules, pas de crampes, en avance sur mes prévisions…Ce n’est qu’une péripétie que je vais et dois gérer au mieux. Je coupe des bandes de 15-20 cm et je me strappe le genou. Je vais descendre ainsi jusqu’à la seconde base de vie. Je reprends la marche, la douleur est moins vive. Il me reste encore 10km à descendre. Et pendant ce trajet, je vais cogiter. Pourvu que cela tienne jusqu’en bas et là je me ferai soigner par des professionnels. L’arrêt définitif est à cet instant non envisageable et non envisagé. Je marche – j’évite toute reprise de course. Que c’est long 10km de descente en claudiquant. Je perçois les premières habitations ainsi que l’océan. Cette vue est accueillie avec empressement. Je m’interroge sur la suite mais mon but 1er est d’atteindre ilet Savannah. J’y suis presque et la douleur se fait de plus en plus vive. A chaque pas, elle est désormais plus que présente. Mon strapping de fortune ne fait plus l’effet escompté. Cela pue ! Mais je continue sans faire paraître mon chemin de croix aux nombreux supporters présents, qui attendent leurs amis, compagnes et compagnons respectifs.

 Je suis désormais à Ilet Savannah, il est 14h30 et je vais récupérer mon 2ème sac. Je prends une douche (toujours froide), arrache mon strapping  et je me change. J’arbore maintenant le second maillot sans manche de la Diagonale. Je compte à cet instant le porter jusqu’à la Redoute. Je vais à la tente des kinés et podologues pour me faire soigner. Je souffre mais je serre les dents. Deux jeunes praticiens m’auscultent et diagnostiquent une luxation du genou. Et alors, que faire maintenant ! Ils me posent un strapping mais me préviennent que c’est uniquement pour le maintenir dans l’axe. Sur la table, mes pensées se bousculent. Je repars ou pas ? Je souhaite prendre cette décision seul, pas d’appel à ma compagne ou à Kiki. Cette décision m’appartient, je la souhaite la plus réfléchie possible sans pression d’aucune sorte.

Je remets mes chaussures et essaient de trottiner jusqu’aux tentes de ravitaillement. Impossible, cela me lance au sein de la partie externe de mon genou gauche. Je réfléchis, il me reste 35 à 40 km avec quelques parties encore bien compliquées. Tout allait bien, il y a 3h ce n’est pas possible de m’arrêter là. Allez un essai en marche rapide – même douleur. Je me rappelle les paroles de JPP lors de la MaxiRace à Annecy : « Ne rend jamais ton dossard, tu le regretteras plus tard ». Je m’interroge, je regarde le profil du parcours. Prochain ravito dans 8km et 4h30 prévu pour y parvenir. Dans mon état, je me dis, je pars pour 5h de souffrance. Je veux continuer mais est-ce raisonnable ? Ne vais-je pas aggraver ma blessure ? Je suis à la Réunion, le relief n’est pas celui de Givray ou du Bois de Saint Pierre. Mes pensées se bousculent, ma tête me dit de continuer et mon corps souhaite se préserver de blessures plus graves. Je me restaure et vois plusieurs coureurs doublés repartir. Malgré la difficulté de ce raid, je me dis : « ils ont de la chance ». Je me rends à la table de chronométrage et je leur dis « je m’arrête  là »…Je ne peux prononcer le mot « abandon », c’est trop dur de s’arrêter si près du but. J’en suis persuadé, j’avais tout fait bien : la longue préparation, l’alimentation, la gestion de ma course et j’y étais, oui j’y étais presque …Une personne me retire la puce de mon dossard ainsi que ma plaque d’identification attachée à mon sac. Je suis vidé. J’ai pris, j’essaye de m’en persuader encore aujourd’hui, la décision la plus sage dans un souci d’intégrité physique. Mais que c’est dur à accepter ! Que c’est dur d’être si près du Graal et d’échouer. Dossard 2319 – ma diagonale est terminée mais non aboutie. Peut-être une prochaine fois !

FRANCK BROCHAIN- DOSSARD  2319 - MA DIAGONALE DES FOUS -
FRANCK BROCHAIN- DOSSARD  2319 - MA DIAGONALE DES FOUS -
FRANCK BROCHAIN- DOSSARD  2319 - MA DIAGONALE DES FOUS -
Partager cet article
Repost0

Profil

  • Kiki 86
  • FINISHER  : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012  ou je me classe 1er V3 , 2017, 2021 et 2022 avec ma fille Céline
UTMB : 2008 et 2011 
Marathon des Sables 2010
Objectif : 2022 : TRAIL DES CITADELLES, UTPMA avec les copains de l'EPA86et  TRAIL BOURBON 2022 
Date de naissance : 28/08/1952
  • FINISHER : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012 ou je me classe 1er V3 , 2017, 2021 et 2022 avec ma fille Céline UTMB : 2008 et 2011 Marathon des Sables 2010 Objectif : 2022 : TRAIL DES CITADELLES, UTPMA avec les copains de l'EPA86et TRAIL BOURBON 2022 Date de naissance : 28/08/1952

L'ULTRA POUR HORIZON

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

PALMARES

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
DERNIERS RECITS D'ULTRA-TRAILS

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

L'ÎLE INTENSE "LA REUNION"

REUN---1036-.JPG

 REUN---602-.JPG

 

° RANDOS ET RANDOS-TRAILS SUR L'ÎLE DE LA REUNION    ....."ENTREZ et DECOUVREZ"

 

° L'ÎLE DE LA REUNION EN PHOTOS CHAQUE SEMAINE : C'EST  ICI

°°°°°°°°°°°°°°

"PASSION JARDIN" NATURE

CULTURE BIO "COMPOST AGE"

ARTICLES : C'EST ICI

Profil

VISITES

compteur de visite site web

OBJECTIFS 2021

° TRAI DES CITADELLES 70KM (AVRIL) Annulé Covid

° UTPMA 105KM (Juin) Annulé Covid

TOUR DE LA GRANDE CASSE 66 KM (AOUT)

° LA DIAGONALE DES FOUS 167KM (Ile de la Réunion, Octobre

 

      

Pages

WIDY GREGO "SPORTIF DE L'HUMANITAIRE"

Mes Entraineurs

Roger PASSARD : Professeur d'Education Physique et Responsable de l'ALERTE GRAYLOISE, qui de cancre en sport m' a propulsé en deux ans "Champion Départemental Minime de Cross" à PORT SUR SAÔNE

Jean-Pierre GORGEON : Co-équipier et Entraineur à l'ASPTT POITIERS m'a permis de réaliser :

  • 15'48"70 sur 5000m, le 14/06/1997 lors des Championnats Régionaux à NIORT (45ème Perf Nationale V1et 5ème M45)
  • 33'42"60 sur 10 000m le 31/05/1998 lors des Championnats de France Vétérans sur Piste à LYON PARILLY ( 21ème Perf Nationale V1 et 6ème M45)
  • 2h40'46" au Marathon le 12/10/1997 lors des Championnats de France de Marathon à REIMS (95èm Perf Nationale V1 et 31ème M45)

Jean-Claude FARINEAU : avec qui j'ai partagé depuis 1984, les charges, parfois lourdes de Dirigeant à l'ASPTT POITIERS, puis au PEC à partir de 1999. Grâce à ses entrainements judicieux, je n'ai jamais raté une qualification aux Championnats de France de 10 km

Jean-Paul GOMEZ :
Finaliste Olympique du 10 000m à MONTREAL en 1976 : Bien que ne m'ayant jamais entrainé m'a toujours apporté des conseils éclairés, notamment lorsqu'il entrainait  à mes côtés l'école d'Athlétisme de L'ASPTT