Départ de Saugues à 21h le vendredi 10 juin (pour les coureurs ayant un index UTMB inférieur à 600). Phiphi au moment de partir me dit : « Sur le site du Trail de Saint Jacques, ils indiquent que pour être finisher il faut être au-delà de l’index UTMB 410 ». Il regarde sur le site UTMB et lis Philippe MORIN 412, Franck BROCHAIN 413. Cela va être compliqué ! Le début de course se passe bien.
J’allume ma frontale vers 22h15 et j’arrive facilement à Prades (1er ravito).
Vers le 30ème km, aux alentours de 2h le samedi, je commence à avoir un petit coup de mou. Lever 6h la veille, 5h de route en tant que chauffeur et pas de sieste réparatrice commence à attaquer le bonhomme. De plus les élites partis à 23h nous dépassent comme des fusées et tu en prends un 2ème coup sur le casque. Je parviens au 2ème ravito au 38ème km– toujours à Prades. Tiens je reconnais cet endroit. En effet, nous avons fait une boucle de 23km. Phiphi m’y rejoins et nous serons alors ensemble jusqu’à la fin de la course. Nous repartons vers le prochain ravito qui est au 51ème km. Des montées très ardues et des descentes très techniques sur lesquelles je ne suis pas du tout à l’aise. Il est 5h30, le jour commence à poindre et j’éteins ma frontale. Elle aura tenu 7h sans recharge – c’est pas mal ! Nous arrivons sur le pont Eiffel à Monestrol au km 51. 1ère barrière horaire passée aisément avec 2h30 d’avance. Je suis toujours avec Phiphi. Je repars en éclaireur et entreprend seul une montée longue et très raide avec un sol de terre ocre poussiéreuse. Au ¾ de la pente, superbe vue. Il fait déjà très chaud, je m’attarde à un abreuvoir et m’asperge d’eau froide. Phiphi me rejoint et nous finissons la montée ensemble. La chaleur n’est pas mon amie et nous ne sommes qu’au 55ème km.
Nous passons le ravito suivant à St Privat d’Allier (58ème km). Les élites du 72km nous dépassent comme des bombes. Mais comment font-ils pour courir si vite dans des descentes très techniques et piégeuses ? Nous enchainons à répétition plusieurs montées très difficiles suivies de descentes compliquées. Il fait très chaud. Sur la dernière montée avant le prochain ravito, dans une pente approximative de 45%, les premiers participants du 43 km nous doublent en courant. Des chamois, les gars. Ils doivent avoir des dispositions anatomiques exceptionnelles. Nous arrivons à St Jean Lachalm au 67ème km, lessivés. Il s’agit de la seconde barrière horaire. Nous sommes justes mais néanmoins on s’alimente, on fait le plein d’eau, on se repose 10mn et on repart. Au passage de la barrière horaire, nous sommes en retard de 2mn30s. Les commissaires nous bloquent le parcours du 123 km et nous déroutent vers le parcours du 43 km qui vient juste de partir. Nous sommes déçus de ce détournement mais intérieurement, au vu de la chaleur, satisfaits de pouvoir finir néanmoins cet ultra sur un parcours de délestage. Phiphi me relance, je suis au plus
bas et faire encore 34km sous cette chaleur me semble impossible. Nous ne sommes plus abrités, en plein soleil vers 11h30 et il fait déjà plus de 30°. Les coureurs du 43 km nous doublent et nous encouragent. Nous passons le sommet Mont Devès à 1 400m d’altitude. Les 200m de fin d’ascension sont très très compliqués. Ceux qui n’ont pas de bâtons perdent leurs appuis dans la pente poussiéreuse et reculent. Les concurrents cherchent des points d’ombre pour faire des haltes dans l’ascension. C’est le carnage ! En fin de montée, les gens s’arrêtent pour la vue et encouragent les autres participants dans les derniers mètres. Je me poste au sommet et prend une photo de mon Phiphi en plein effort.
Tout le monde est désormais sur le même parcours final 123 ,72 et 43 km. Nous descendons alors vers le prochain ravito qui se situe à Saint Christophe. Nous sommes alors à nos montres au 84ème km. Plus de barrière horaire pour nous. Nous nous encourageons mutuellement. La chaleur atteint nos organismes. Sentiment de lassitude et là c’est le mental qui joue son rôle primordial. Ne rien lâcher, finir coute que coute. Cela fait déjà un moment que l’on ne court plus afin de conserver un maximum d’énergie pour finir. A 10 km de l’arrivée en montant sur une partie route, je ressens une grosse brulure à l’avant du pied droit. Une ampoule vient d’éclater. Je mets le clignotant à droite, me fais un pansement réparateur et reprend difficilement la marche. Phiphi, mon cher binôme m’a attendu et nous poursuivons notre chemin de croix. En descendant vers le ravito suivant, de loin sur le parcours on voit une voiture de pompier en plein champ. On y arrive et les secours sont en intervention auprès d’un concurrent ayant fait une insolation. Notre angoisse jusqu’à la fin sera de subir les mêmes effets que ce traileur. Passage de la dernière ascension à la Garde d’Eycenac. Grimpette courte mais très pentue. Avec Phiphi, on est en surchauffe et on fait une halte de 2-3mn à l’ombre à moitié d’ascension. On arrive juste avant le dernier ravito dans un village où un de ses résidents a laissé à disposition des traileurs un tuyau d’arrosage ouvert. Avec mon acolyte on remplit nos réserves d’eau, et on asperge nos casquettes et manchons (remis pour éviter les coups de soleil sur les bras). Durant 1km la sensation de fraicheur est bien présente mais le soleil reprend le dessus juste avant d’arriver au dernier ravito à Les Chibottes. Nous avons parcouru à nos montres 96 km et les bénévoles nous informent qu’il ne nous reste que 5 km à parcourir. C’est gagné nous y sommes, mais à nos dépens nous allons déchanter quant au final.
Nous partons et nous débutons par la montée d’une quinzaine de marches de 70 cm chacune (style Réunion la Diagonale), enchainement avec un passage de pierriers d’une centaine de mètres (gros blocs de pierres style L’Echappée Belle), puis descente très technique et pentue. Seulement 1 km de parcouru. Ok, les traceurs sont très vicieux ! Nous avons désormais en vue le Puy en Velay. Nous contournons toute la ville afin d’entamer la descente. Plus que 2 km. Nous y arrivons, un panneau nous avertit « attention- descente très dangereuse ». T’inquiète, nous allons faire attention. Au vu des efforts fournis depuis plus de 22h, on ne va pas se « crasher »
lamentablement à 2km de l’arrivée. Avec Phiphi, on prend notre temps en sécurisant tous nos appuis. Nous entrons alors dans le Puy et pénétrons dans la vieille ville pavée. Les barrières UTMB sont en vue, l’arrivée est proche.
Dernier effort à fournir, l’ultime montée vers le pied de la cathédrale. Ereintés, nous ne faisons même pas l’effort de courir. Un check avec Phiphi, un sourire complice et nous passons la ligne d’arrivée ensemble.
101 km en 22h27 avec 3 896 m de D+ 4 161 D- et des températures avoisinant en fin de parcours 35 degrés.
Un grand merci à Phiphi, qui m’a permis par sa présence de terminer mon plus gros challenge trail de l’année 2022. J’ai eu la confirmation ce weekend, qu’en trail la chaleur n’est pas mon amie.
935ème sur 2420 partants et 6ème M6 sur les 15 Finishers en 48h33' malgré la blessure au genou !
Epilogue d’une aventure prévue depuis 2 ans et balayée en 2020, comme la plupart des courses par la crise sanitaire. Le départ de la 32e édition de la Diagonale des fous était enfin donné ce jeudi 21 octobre à 21 heures, par une succession de 5 vagues pour respecter les conditions sanitaires. Pour moi, affecté dans la 3ème vague ce fut à 21h20 !
ACCLIMATATION :
Mais revenons quelques semaines en arrière ; 2 mois plus tôt rien n’était encore garanti avec la situation encore précaire à la Réunion ; Couvre feu partiel, piques-niques interdits , rassemblements interdits ! Seuls quelques légers signes d’amélioration nous permettaient d’entrevoir une issue favorable. Rapidement les indicateurs s’amélioraient et avec des accords drastiques entre le Préfet et l’Organisation du Grand Raid, le feu vert était enfin accordé.
Arrivé un mois avant le Jour J, je devais en profiter pour parfaire ma préparation sur
place ; Plusieurs sorties sur les sentiers d’Entre-Deux, dont deux montées au " Dimitile ", via le Sentier du Zèbre d’abord, puis celui du Bayonne ensuite me permettaient de constater une certaine forme.
L’arrivée précoce des copains, Nicolas et Dominique Guillout, Pierre Chansigaud et mon beau frère Gérard Racinne, sonnait l’heure de la traditionnelle sortie de 3 jours pour une reconnaissance d’une partie du circuit. Cela leur permettait également de s’adapter à la spécificité unique des sentiers Réunionnais, escarpés et abrupts à souhait. Cela nous a permis également de reconnaître la nouvelle variante " Roche Plate à Dos d’Âne " en remplacement du Maïdo, jugé dangereux. Très belle sortie à laquelle se sont greffés des trailers à la recherche de compagnons de route ‘’Bernard et Manon’’ ainsi que mon gendre ‘’Clément’’ et des amis de longue date ‘’Thierry et Laurence’’ pour la dernière étape. Malgré une météo capricieuse en début, ce joyeux petit groupe devait bien apprécier l’aventure qui permettait à chacun de se mettre en confiance.
JOUR J ; PREPARATION ; ENTREE EN SAS
Après une nuit légèrement agitée, sans doute comme beaucoup de monde, réveil vers 7h00 . Petit déjeuner puis préparation du sac, méthodiquement et tranquillement. Tout est noté sur une fiche sur l’ordinateur. Le travail est déjà mâché puisque le contrôle a eu lieu lors de la remise des dossards la veille. Il ‘y a plus qu’à répartir le matériel obligatoire et les articles complémentaires indispensables dans les différentes poches ainsi que dans les sacs d’assistance à déposer à l’entrée du sas. Le plus important, savoir exactement dans quelle poche se trouve chaque chose. Rien n’est plus stressant que de chercher en course, ce dont on a besoin.
Petite mise à jour des N° de dossards sur facebook pour le suivi de tout le groupe par les copains, amis , famille, etc ….
L’après midi, petite sieste où l’on a du mal à s’assoupir, mais au moins, le corps se repose.
A 18h30, c’est l’heure . Nicolas et Dominique me récupèrent juste au bout de la rue et c’est parti !
Nous roulons sans encombre, trouvons une place de stationnement rapidement et nous voici à la porte du site de départ. Nous restons quelques minutes, assis sur le trottoir. Dominique et Nico veulent profiter
encore un petit moment de leurs compagnes. Pour eux, c’est la 1ère grande aventure !
Nous entrons ; Prise de température, pass sanitaire, dépos des sacs d’assistance aux différents camions et direction les tivolis, où nous pouvons nous poser sur un banc avant le départ. Nous retrouvons Pierre puis Manon, notre compagne des 3 jours nous rejoint à son tour. Gérard dort dans un coin ! Didier nous rejoint enfin.
JOUR J ; LA COURSE
L’heure du départ a sonné . 21h00, Nicolas s’élance avec la 1ère vague ; Ce sera ensuite au tour de Gérard, Dominique et Pierre à 21h10.
Didier est parti aux toilettes et tarde alors qu’on nous demande de rejoindre notre sas. Manon et moi nous précipitons de justesse , juste au moment où on avance sur la ligne de départ.
Avec l’expérience, je me faufile du bon côté des 500 concurrents pour être bien placé. Manon à mes côtés.
Le speaker chauffe le peloton ; c’est l’heure de la " Hola " et des bras levés ; la musique de départ ajoute à la pression qui monte à son paroxysme ! 10, 9,8,7,6,5,4,3,2,1 C’EST PARTI !!!
Nous nous élançons sur le front de mer dans une ambiance incandescente extraordinaire où la crise sanitaire est oubliée ; Des dizaines de milliers de spectateurs exultent, vocifèrent , acclament au son des percussions et des djumbés sur plus de 3 km. Tout le long, les enfants tendent les mains pour recevoir une petite tape des coureurs. Il faut sacrifier à la tradition par ci par là ! Avec les coureurs répartis sur les vagues, l’allure est supérieure à d’habitude et il faut temporiser pour ne pas se mettre dans le rouge.
Une fois, passés ‘’Terre-Sainte’’ la route commence à s’élever et le rythme à baisser. Avec Manon à mes côtés depuis le départ, nous commençons à doubler ceux qui se sont laissés emballer. Nous passons ‘’Bassin Plat’’ avant de prendre les chemins dans les champs de cannes que nous quittons avant d’entrer à " Ilet à Vidot " où la foule en liesse se déchaine à nouveau . A ce moment là, je m’aperçois que Manon a décroché .
Je passe "Ilet à Vidot " 14,7km et 660mD+ en 1h39’ soit 10’ d’avance sur mon tableau de marche. A partir de là, changement de décor ; Le silence est revenu et place aux sentiers tortueux qui s’élèvent dans la forêt dans une procession de frontales.
Pas de bouchons pour notre vague, seuls quelques ralentissements lors de passages un peu critiques. J’arrive à " Notre Dame de la Paix " 1565m de D+ à 1h20 du matin, soit 4h00 de course, soit 33’ d’avance sur mon programme.
Je continue de monter une portion de route avant de reprendre, chemin et sentiers , sous bois, alpages.
Soudain, alors que les premières lueurs de l’aube pointent à l’horizon, je me coince le pied dans un trou de passage de vaches et mon genou tourne . Petite douleur, mais à priori, rien de grave. Je continue à monter à travers les cryptomérias avant de déboucher au ravitaillement "du Nez de Boeuf " à 4h20, soit 7h00 de course. Que cette montée a été longue !!! J’ai toujours 30’ d’avance mais je marque le pas et mon genou commence à me titiller.
Je poursuis sur une partie que j’aime bien sur un sentier basaltique où il ne faut surtout pas
accrocher les chaussures sous peine de chute assurée sur la lave effilée. Passage vers "Piton textor "puis c’est la longue descente vers "Mare à Boue " d’abord sur les sentiers de lave, puis dans les sentiers d’alpages souvent bordés d'arums. La douleur est plus présente en sautant de rochers en rochers. Le paysage est magnifique avec le Piton des Neige qui émerge des nuages avec le soleil levant .
J’arrive à " Mare à Boue " vers 6h04 du matin en 8h44’ de course. Plus que 25’ d’avance que je vais perdre sur place. Petit ravitaillement avec une assiette de pâte et un petit morceau de poulet . Ca fait du bien ! Je fais le plein d’eau et me dirige vers la tente médicale . Je patiente 15’ avant de voir un médecin qui après palpation ne trouve rien à mon genou, sinon un petit étirement d’un tendon . Il me donne un doliprane en m’assurant que ce n’est pas grand-chose ! Du temps de perdu pour rien, d’autant que la douleur reviendra vite en descendant " Kérveguen " Pour l’heure, je repars en profitant du sentier toujours bordé d’arums et de genêts . C’est toujours aussi
beau par ici. Rapidement, le sentier s’élève en sous bois et çà devient marécageux ! Ca change de 2017 où c’était sec ! " Mare à Boue " porte bien son nom ; mais j’ai connu pire, surtout en 2012 ! Il faut sauter sur les branches placées au sol pour éviter de s’enfoncer jusqu’aux chevilles. Pour la 1ère fois en 6 participations, çà bouchonne sans cesse . l’effet des vagues où les coureurs se sont rejoints entre eux et avec ceux du " Zembrocal " Quelle galère ! Nous alternerons passages boueux et rocheux jusqu’au sommet de Kérveguen .
Surprise, une fois n’est pas coutume , la vue sur le " Cirque de Cilaos " est imprenable, complètement dégagée ! Le " Piton des neiges " qui surplombe à droite, Le " Bonnet de prêtre à gauche " et la vue à 360° sur le Cirque en face ! Que c’est beau !
La descente commence sur un sentier humide à souhait ; Pire que la semaine précédente ! Cà re bouchonne
à nouveau. Entre cette descente hyper abrupte et technique à fort pourcentage sur la roche humide et les bouchons, c’est l’apothéose en terme de dangerosité ! 3 trailers chutent devant moi , dont un bousculé par un coureur impatient . Il sera rattrapé de justesse par ce dernier et un autre, par les poignets évitant une chute de plusieurs centaines de mètres ; Ca refroidit !
Néanmoins, j’arrive en bas sans problème, hormis la douleur au genou bien réveillée. Sur la route qui rejoint le "Bras de Benjoin " j’entends " Christian, Christian " par l’arrière , C’est Manon qui est à mes trousses ! Nous faisons un petit bout de chemin ensembles, mais elle est plus fraîche que moi et je l’enjoins de ne pas m’attendre, nous nous retrouverons peut être à " Cilaos " En fait non, ce sera beaucoup plus tard .
Arrivée à " Cilaos " sous les acclamations du public (surtout que je suis un des rares à courir). 65km et 3336mde D+ de fait . J’ai repris 40’ sur mon tableau de prévision et j’en profite pour aller voir les kinés où je dois patienter encore 15’. L’un d’eux m’ausculte pour m’annoncer que c’est juste un petit os déplacé . Il me
le remets sois disant en place en m’assurant que ce n’est rien. La bonne blague. Déjà 2 avis différents !!! je m’empresse de récupérer mon sac d’assistance . Je me change au soleil , c’est bien agréable. Je passe ensuite à la salle de restauration où je prends quelques pâtes avec un peu de tomate écrasée car Je n’ai envie de rien d’autre. Je constate que là encore, comme partout, les bénévoles sont aux petits soins pour les coureurs que ce soit aux pointages, comme à la restauration ou aux postes de commissaires.
J’ai dû perdre beaucoup de temps entre les soins, le sac d’assistance et le petit repas mais pas trop le choix. Ma 2ème place actuelle en M6 me booste un peu et je repars en pleine chaleur.
La montée de "Cascade Bras rouge " sous un soleil implacable est un calvaire, surtout que j’ai mal de plus belle au genou. Je me demande si je vais pouvoir m’engager sur la montée du " Col du Taîbit " C’est l’entrée dans "Mafate " et pas de retour possible avant "Dos d’Âne " je doute, je doute , mais non, ce n’est pas possible de jeter l’éponge ! Rien que d’y penser est une aberration !
Pourtant, derrière moi, un gugus n’arrête pas de geindre au téléphone avec son épouse, son frère et je ne sais qui. Il veut se faire récupèrer au Pied du Taïbit, jurant qu’il ne fera plus de p… d’Ultras de sa vie ! Il me colle le bourdon, mais je ne peux pas le lâcher, il me colle aux basques. J’arrive au " Pied du Taïbit " et j’ai repris malgré tout 20’ sur mon tableau de marche. Je ne me pose même plus la question et je repars au plus
vite.
Je monte doucement à mon rythme, mais régulièrement . J’appuie sur mes genoux pour limiter la douleur et çà passe assez bien. Arrivé à l’ "Ilet aux Salazes ", je ne m’arrête même pas prendre la fameuse " tisane ascenseur " qui est offerte . Sacrilège !
J’arrive au sommet du col et bascule aussitôt sur " Mafate " J’arrive à Marla à 18h45 . Plus que 15’ d’avance
et je vais les perdre à attendre mon tour au service médical. Il me faut absolument un strap pour me
soulager. Enfin un médecin, sans cesse dérangé arrive à m’ausculter. Re verdict du tendon avec cette fois une proposition de strap pour me soulager. Enfin ! D’autre part, je suis toujours 2ème .
Après une petite soupe de pâtes, je repars. J’aurais bien fait une petite sieste au soleil, mais la musique est vraiment trop forte à cet endroit.
Je repars donc pour la montée jusqu’à la " Plaine des Tamarins " où ces arbres moussus , couchés, tordus,
entremêlés vous feraient penser à un décor fantasmagorique d’halloween ! Bref, la montée se passe bien, je suis à mi course et j’enchaîne par " le Col des Bœufs . Ca va vraiment mieux.
La descente sur " la Plaine des merles " où la nuit me prend se passe bien, celle du " Sentier Scout " également, mais je la trouve longue surtout que la douleur me reprend.
Je trouve quelques compagnons de course pour la rude montée à "Ilet à Bourse " où j’arrive avec 1h15 d’avance sur mon tableau, mais j’ai besoin de dormir depuis un moment. Partout des coureurs dorment sur le bord du sentier. A côte du pointage, plusieurs coureurs dorment, allongés dans leur couverture de survie. Il fait très froid, mais j’ai vraiment besoin de dormir. Je mets un vêtement chaud et m’allonge à même le sol sous ma couverture de survie également. Une bénévole me propose de me réveiller 30’ plus tard. J’accepte et essaie de dormir malgré le bruit. J’ai dû finit par dormir une vingtaine de minutes et me réveille 2’ avant que l’on me réveille. La bénévole m’aide à me rhabiller car je suis gelé et frissonne. Je repars au pas de course pour me réchauffer
Arrivé à Grand Place, 98km, j’ai rétrogradé à la 6ème place M6. Peu importe, je repars pour la partie que je juge la plus difficile du parcours , la descente de la " Roche Ancrée " et remontée sur "Roche Plate " . Des centaines et des centaines de marches à monter. Alors que je commence la montée , je sens l’eau couler sur mon short, tee-shirt ! J’ai vite compris : Ma poche à eau Salomon, toute neuve pour l’occasion vient de percer. Heureusement il me reste une flasque de 500ml , c’est peu mais j’économiserai l’eau . je change juste de tee-shirt . A ce moment, " hello Christian " C’est à nouveau Manon ! Elle a dormi aussi et nous repartons pour la rude montée de " Roche Plate " On en voit jamais le bout. Le Comble , en y arrivant, on nous annonce 45’ de plus dans les rochers pour rejoindre le poste de ravitaillement déplacé plus haut. En effet l’école, menacée par les risques de chutes de pierres liées à l’incendie du Maîdo est fermée.
Dépités, comme tous, nous repartons pour la grimpette jusqu’au ravitaillement. J’ai toujours 1 heure d’avance ; Un bénévole me donne une bouteille de coca remplie d’eau à mettre dans mon sac pour me dépanner et c’est reparti pour les "Orangers " où le poste se situe dans l’ancienne école de mon gendre "Clément ". Manon s’est arrêtée à l’entrée de l’Ilet pour dormir à nouveau. Je ne la reverrai plus avant mon arrivée.
Je m’arrête à peine et je me lance dans la descente jusqu’au " Captage des Orangers "! J’adore ce sentier où
la rivière joue à cache- cache avec les rochers jusqu’à former de magnifiques bassins . Au captage, je me lance dans une nouvelle descente jusqu’aux "lataniers" et la "Rivière des galets" . je m’attendais à passer sur la passerelle "Bras Doussy" mais le passage se fait dans l’eau !
En remontant, j’ai du sable dans la chaussette droite. Je la change au lieu de changer les deux , ce qui me causera quelques petits désagréments plus tard !
Pour l’heure, je poursuis mon chemin vers "Deux Bras". Plusieurs traversées de rivière, sur des rochers , c’est plus confortable. Dans la vallée, j’arrive à courir plusieurs km, c’est assez rassurant, mais c’est long.
Arrivée à "DEUX-BRAS" 120km et 7200mD+ . Seconde base de vie sous un soleil brûlant. On nous annonce 40°. J’ai perdu 52’ sur mon tableau, mais ce qui m’importe désormais est de terminer le mieux possible, après cette difficile montée de Dos d’Âne qui nous attend Contrairement à d’autres coureurs, je ne
suis pas confronté au manque d’eau. Je mange une assiette de pâtes toujours servie par de charmants bénévoles. Je fais refaire mon strapping avant de récupèrer mon sac d’assistance et je pars à l’assaut de " Dos d’Âne ". La montée sera vraiment très dure sous la chaleur écrasante et je monte tranquillement et régulièrement. Enfin la grosse touffe de bambous géants qui annonce le sommet. Le robinet d’eau en face du sentier est pris d’assaut. J’ai la bonne surprise de retrouver mon ami et ancien entraîneur de l’époque où je courrais le marathon, Jean-Pierre Gorgeon. Nous
échangeons quelques mots et je repars vers " Chemin Ratineau " J’ai du mal à reprendre la course et j’adopte la marche active. Après le poste, c’est partie pour la descente de la "Kalla" l’enfer redouté de tous les coureurs. Le début est épique car les rochers sont énormes et il faut s’aider des arbustes, lianes et tout ce que l’on trouve pour desccendre. Courte mais rude remontée jusqu’à la grotte de la "sorcière Kalla" avant de redescendre jusqu’à "La Possession" par un chemin rocheux à souhait. Curieusement, alors que je suis épuisé, cuit par la chaleur , cette partie se passe assez bien pour moi et je peux alterner course et marche comme à chaque fois. Par contre mon dessous de pied gauche est échauffé ; J’aurais dû changer mes 2 chaussettes lors de la traversée de rivière. J’arrive à la Possession et j’ai repris mon
heure normale de passage. Je file au poste médical où je perds encore 15’ pour soigner mon pied , mais ce sera efficace ! Je me ravitaille et repars assez vite. Alors que je viens de quitter le poste, j’ai le plaisir de
retrouver Anne, sa fille Jeanne et Christelle. Ca fait du bien de discuter un peu avec des amies, mais je ne peux m’attarder trop longtemps car mon fils Stéphane vient de me renseigner sur le classement M6 et j’ai retrouvé la 3ème place M6, et nous sommes 5 dans un mouchoir de poche. Je repars donc en direction du " Chemin des Anglais". En chemin, je m’arrête dans un bar acheter une bouteille de 50 cl d’eau pour complèter ma flasque ; c’est plus pratique que ma bouteille d’1 litre dans le sac à dos que je traîne depuis le matin. Finalement la boisson m’est offerte par le patron "Sympa".
J’attaque donc les pavés du Chemin des Anglais, toujours sous la chaleur implacable. Les pierres du bas côté sont brûlantes !!! Les premiers lacets sont très raides et éprouvants ; Les successions de ravines à descendre et remonter le sont également, mais j’avance à un rythme correct , enfin je pense ! la dernière descente sur " Grande Chaloupe " est complexe avec les pierres dans tous les sens, il faut être très prudent. A Grande Chaloupe, j’ai perdu 46’ et sans doute mon espoir de podium, mais seule compte à présent la certitude d’aller au bout ! Je
repars pour l’ultime montée qui débute par une nouvelle portion de "Chemin des Anglais jusqu’à St Bernard , puis jusqu’au "Colorado " La nuit me prend à la sortie de St Bernard . La montée dans la terre rouge se fait surtout dans une saignée étroite de terre très raide, un goulet interminable. Néanmoins j’arrive assez vite au sommet et je rejoins le poste de contrôle et de ravitaillement. J’enfile le débardeur de l’organisation obligatoire, j’avale un peu de soupe et je repars pour la dernière descente sur "La redoute"
Ce sera un enfer ! Mon genou me fait à nouveau souffrir et j’ai vraiment du mal sur ce sentier très rocheux. Je m’accroche aux branches, aux rochers de côté , enfin, où je peux pour limiter la douleur à chaque effort ! Alors que les autres fois, je descends en 45’, je mettrai 1heure de plus !
Néanmoins, j’arrive en bas et il reste un petit km pour rejoindre l’arrivée ; Je mets un point d’honneur à courir cette portion et l’arrivée sur le stade donne des ailes. Au dernier virage, mes petits enfants m’attendent, depuis longtemps d’ailleurs ! Ils s’élancent à mes côtés pour le dernier hectomètre ; Quelle émotion ! Rien que pour ce moment inoubliable, je n’aurais jamais pu renoncer ! Nous passons la ligne sous les acclamations et j’ai du mal à refouler une petite larme de bonheur !
Le bonheur de passer la ligne avec eux a effacé en un instant des heures de galère !
C’est fait , ma 6ème Diagonale des Fous est bouclée en 48h33’!!!
Au final, à 30 'près j ai malgré tout tenu ma prévision horaire de 48h et de me classer 935ème sur les 2420 partants et 6ème M6 sur les 15 qui terminent
L'Aventure "Diagonale des Fous" s'achève avec cette 6ème édition ; Place à ma 1ère participation au "Trail Bourbon" en 2022 pour mes 70 ans !
Tout d'abord, un grand merci à l'équipe d'organisation, qui s'est battue toute l'année pour maintenir cette magnifique édition 2021!
Un grand merci à tous les bénévoles pour leur gentillesse et leur disponibilité et leurs encouragements !
Merci à tous les membres de ma famille et mes amis qui m'ont beaucoup encouragé , apporté leur soutien ou suivi à distance !
Merci à mes petits enfants qui ont absolument tenu à venir franchir la ligne d'arrivée avec moi ! 😍Et bien sûr ma fille, mon fils et mon épouse qui les ont accompagné
Merci à mes amis EPA ou proches pour leur bonne humeur générale pendant les 3 jours de reconnaissance sur place ; Vous avez été formidables !
Toutes mes félicitations à l'équipe EPA , Finisher à 100/100 que ce soit sur la Diagonale des Fous ou le trail Bourbon et bien sûr à tous mes amis également engagés et tous Finishers !
Une grosse pensée pour mes compagnes de club qui, malheureusement n'ont pu prendre le départ de cette édition !
Nous avons souvent croisé les doigts pour que ces épreuves soient maintenues, sans jamais baisser les bras afin d'être prêts le Jour J et nos espoirs ont été récompensés. Ce 2ème gros week-end de trails collectifs EPA depuis la reprise de nos épreuves de prédilection mi juillet sera globalement signe d’une belle réussite !
TOUR DES CIRQUES : à Vieille Aure ; 120km et 7000mD+
Pierre Bourry , pour une 1ère expérience sur un Ultra Trail et particulièrement de ce format et de plus sans bâtons de Trail, s’ en sort très honorablement . Très à l’aise et en bonne position les 2/3 de la course, son final sera beaucoup plus difficile avec des quadris en feu !
Néanmoins, il s’accrochera pour terminer largement dans le 1/5ème de la course , 74ème et 44ème senior en 29:23:34 Un grand bravo et de bon augure pour la suite !
TOUR DE LA GRANDE CASSE à Pralognan La Vanoise ; 66km et 3950mD+
Une belle délégation EPA avec 6 Finishers sur 7 trailers au départ d’une épreuve vraiment très difficile et exigeante où malheureusement 1/3 des participants ne franchit pas la ligne d'arrivée, dont une bonne partie mis hors course par les barrières horaires.
Dans ce contexte , superbe course de Pierre Chansigaud , qui faisant parler ses talents de montagnard se hisse à la 43ème place (6ème M2) en 11:13:39 ! Bravo, une bonne étape avant La Diagonale des Fous en octobre !
Ensuite, belle course en duo pour moi-même et Didier Gaudefroy dont c’était la 1ère épreuve en haute montagne et qui s’en sort très honorablement. Nous franchissons donc la ligne en 13:17:14 à la 84 et 85ème place et 1er M6 pour moi (mais seul arrivant dans cette catégorie)
Arrivée ensuite du duo Patrick Léger et Stéphanie Chansigaud dont c’était également la 1ère expérience sur une épreuve de cette distance avec une très belle réussite . Ils terminent en 13:31:00 à la 90 et 91ème place dont 7ème F et 2ème M1F pour Stéphanie ! Un grand bravo à tous les deux !
Rénald Hervé, victime d’un petit coup de moins bien arrive néanmoins à le surpasser
pour se classer à la 95ème place (13ème M2) en 13:43:57 . Un bel exemple de courage !
Par contre, manque de chance pour notre ami Didier Maitre, victime de problèmes digestifs et qui malheureusement ne pourra franchir la barrière horaire du 54ème km pour quelques minutes.
ECHAPPEE BELLE : à Vizile : 149 km et 11 400 m D+ . Sans doute l’Ultra réputé comme le plus dur de France métropole
Sans doute une grande désillusion pour nos 3 représentants qui malgré une grosse préparation en vue de cette échéance ont dû jeter l’éponge. Sur l’épreuve en duo, Philippe Morin et Pascal Cougnon, après plus de 16h de course ont pris l’option de renoncer au 41ème km. N’ayant plus que 30’ d’avance sur la barrière horaire, ils ont jugé plus prudent et c’est tout à leur honneur, de renoncer à continuer dans la nuit au risque presque certain de ne pas passer la suivante .
De son côté, Pierre Hay, pourtant à l’aise jusquà une cinquantaine de km eut lui aussi des problèmes gastriques l’empéchant de s’alimenter. Manquant de carburant, il ne put passer la barrière du 60ème km .
Nos 3 compères auront sans doute l’occasion de rebondir bientôt, puisque Philippe et Pierre sont déjà engagés pour le Trail de Belle Île en mer fin septembre ainsi que la Diagonale pour Pierre, Pascal se donnant le temps de la réflexion.
RESULTATS :
TOUR DES CIRQUES :
PIERRE BOURRY : 74ème et 44ème senior en 29:23:34
TOUR DE LA GRANDE CASSE :
PIERRE CHANSIGAUD : 43ème et 6ème M2 en 11:13:39
CHRISTIAN BAIGUE : 84ème et 1er M6 en 13:17:14
DIDIER GAUDEFROY : 85ème 5ème M4 en 13:17:14
STEPHANIE CHANSIGAUD : 90 et 7ème F et 2ème M1F en 13:31:00
Après plus d’une année très compliquée avec l’annulation en série des grosses épreuves, c'était enfin le retour des grands trails ce week-end pour une quinzaine de trailers de l'EPA répartis sur plusieurs épreuves," Luchon Aneto Trail", la montée du Kao dans le Limousin, Le Higt Trail Vanoise à Val d’Isère et la PDA ( Peades d’aigua ; Course de la franchise Utmb Val d'Aran en Espagne ) Très belle réussite d’ensemble des trailers du club.
(Résultats en bas de page)
MONTEE DU KAO
Course vraiment éprouvante sur le 54km où l’on alterne de longues périodes courues et de nombreux raidillons de 150 à 200m de D+ à fort pourcentages .
Vraiment une très belle course pour toute la délégation de 7 au départ et 6 podiums à la clef dont 2 Top 10 , Pierre Bourry 4ème pour sa 1ère course longue sur 54km et Greg Gras, 10ème sur le 22km en prépa de la 6000D. Mésaventure pour Didier Gaudefroy qui avait réussi à déposer notre ami
Jonathan Vitet et qui mal orienté par un commissaire fera 3km de plus !
Sur 22km, belle prestation également de la famille Morisseau dont une belle
1ère place M4 pour Danielle
A titre personnel, sur 54km, très bonnes sensations et très à l'aise sur cette épreuve éprouvante ! Un bon résultat à mon niveau qui confirme une bonne forme à l entraînement ces derniers temps.
LUCHON ANETO TRAIL
Sur la Route 3404 ; (65km) Sur un parcours hyper technique, très belle prestation d’Alexandre Billaud qui se blesse à mi course et qui néanmoins réussi à terminer à une belle 43ème place avec un genou qui a doublé de volume ! A noter que 50% des concurrents ne terminent pas l’épreuve !
Sur le LAT Challenge, (42 +45km) très belles courses également pour Pierre Chansigaud et Patrick Léger qui ont dû enchainer 2 épreuves très éprouvantes de plus de 40km sous une grosse chaleur. Sur la 1ère étape, long faux plat de 15km avant une très longue ascension de 2000m D+ suivi d’une très longue descente en continu et bien sûr profil identique sur la 2ème étape ! Un régal pour les quadris !
HIGT TRAIL VANOISE (trail des 6 cols 47Km et 3500D+)
Olivier Duport en reprise de blessure partait à l’aventure avec l’objectif d’être Finisher, ce qu’il réussi brillamment
VAL D’ ARAN ; PEADES D’AIGUA 55 kms 3100 de D+ et 4000 de D-
Grosse mésaventure pour la délégation au complet qui a dû essuyer les plâtres d’une nouvelle organisation.De ce fait, barrières très sévères établies par les organisateurs dont c’était une première édition et élimination hors délai pour tous nos amis ! RESULTATS :
MONTEE DU KAO
Trail des Puys : 54km et 2350mD+
Pierre Bourry : 4ème et 1er Senior en 06:15:51
Christian Baigue : 26ème et 1er M6 en 07:36:29
Jonathan Vitet : 29ème et 6ème M1 en 07:54:17
Didier Gaudefroy : 34ème et 2ème M4 en 08:09:37 (avec 3km de plus !!!)
Trail des kaoliniers :22km et 800m D+
Greg Gras : 10ème et 2ème M2 en 02:06:42
Pascal Morisseau : 36ème et 3ème M4 en 02:23:43
Danielle Morisseau : 91ème et 1ère FM4 en 02:48:05
LUCHON ANETO TRAIL
La Route 3404 : 65km et 4400mD+
Alexandre Billaud : 43ème en 12h20’20’’
Challenge (42km et 2600mD+) et (45km et2800 D)
Pierre Chansigaud : 66ème et 9ème M2 en 14:43:01 (06:37:28) et (08:05:33)
Patrick Léger : 114ème et 8ème M4 en 16:15:33 (07:30:58) et (08:44:35)
HIGT TRAIL VANOISE (trail des 6 cols 47Km et 3500D+)
MONTÉE DU KAO ; TRAIL DES PUYS : 54 Km et 2350mD+ 26eme et 1er M6 (Seul M6 )
Après une année 2020 réduite à sa plus simple expression et limitée à 2 courses , suite aux confinements et restrictions liées à la pandémie, 2021 commence à repartir avec déjà 3 courses , un 5000m sur piste où je réalise 19'45 et un 10km en 41' .
Cette fois c'est enfin le retour sur un grand trail avec cette montée du KAO.
Course vraiment éprouvante sur cette distance où j'ai éprouvé de bonnes sensations. Très à l'aise sur cette épreuve alternant de longues périodes courues et de nombreux raidillons à fort pourcentages !
Un bon résultat à mon niveau qui confirme une bonne forme à l entraînement ces derniers temps.
Encore un programme très fourni lors de ces deux premiers mois de la saison 2019 / 2020 pour un groupe trail EPA très dynamique et toujours avide de nouvelles aventures !
Afin de permettre à tous ceux qui n'ont pu suivre en direct les périples des uns et des autres dans une actualité très chargée , en voici un petit résumé en quelques lignes . Un grand bravo à tous nos vaillants Trailers et Ultras Trailers !!!
30/08 au 1/09
CCC (COURMAYEUR-CHAMPEX-CHAMONIX)101km et 6100m
Un très grand bravo à notre sympathique duo Christelle Coutand et Didier Maitre, Finishers en 26:13:54 Christelle termine 1472 et 221ème fille et Didier 1474 et 195 M
15/ 09
INFERNAL TRAIL DES VOSGES: 69km et D+2900m
Ludovic Gagner, Finisher, classé 404ème en 13:39:42
21/09
TRAIL LAUZANNE- GENEVE : 120km et 4000mD+
Bravo à Rénald Hervequi termine brillamment 72ème et 24ème M1 en 20:39:55
22/09
X TRAIL CORREZE–DORDOGNE : 103km et 4 200m de D+ . Superbe performance de Nicolas Guillout qui se classe 12ème au classement général et 8ème senior en en 14 h 24
Et une grosse pensée pour nos amis William Beaumont et Dominique Guillout qui n’ont pu boucler cette épreuve
GRAND TRAIL DES TOURS : 48km et 4 200m de D+
Très belle course d’ Éric Marcenne qui se classe à une très belle 46ème place en 6h32
Bravo également à Lucie Gauvin et Agnès Gauvin qui ont bouclé cette épreuve en Marche Nordique·
22/09
GRAND TRAIL DU SANCY : 60km et 3350mD+
2ème marche du podium M3 avec une belle performance pour Christian Baigue , 197ème sur 750 en 9h26’58’’
TRAIL DU SANCY : 33km et 2020m de D+
Bravo à Axelle Barnas 54ème F et 25ème M1 et Jérôme Michalczac 551ème (sur 1000) arrivés en Duo sur le 33km en 5h46'30
CHEMIN DE CRÊTES : 19,6km et 1170mD+
2ème marche du podium M3 également pour Daniel Gauchet avec une belle 162ème place sur 800 en 02:27:50
Lucien Sanchez réalise également une belle course : 8ème M3 et 317ème en 02 :45 :02
Et un grand bravo à Audrey Skwara, toute nouvelle adhérente qui pour sa 1ère course en montagne se classe 121ème F et 58ème S F en 03:16:53
16 au 21 /09 : GR20 EN CORSE
Félicitations à nos vaillants aventuriers Corses, Stéphanie Chansigaud, Pierre Chansigaud , Emmanuel Inguenault, Greg Gras qui ont réussi leur challenge de boucler le GR20 en 6 jours en triplant les étapes ! Un bel exploit !!!
Un grand Bravo à Patrick Leger ; Finisher en 148ème position et 11ème V2 en 11h09'38" !!!
11/10
ULTRA DU BEAUJOLAIS /110KM et 5200mD+ Cublize (Rhône)
Après une superbe remontée de bout en bout , Pierre Hay est arrivé après 110km parcourus 239ème et au pied du podium 4ème en 20:49:08 !
12/10
COURSE DES ETOILES :à Bagnères de Bigorre. 70km et 4800mD+.
Un grand bravo également à Alexandre Billaud qui a bouclé son épreuve .Classé 94ème et 27ème M1 en 12:55:48 !
20/10
TRAIL LES ETOILES DE LAPCHA : 8km
Félicitations à Margaux et Olivier Gilardin pour leur belle course au trail nocturne et très humide . Margaux termine 2ème féminine et 13ème au scratch alors qu' Olivier termine 14ème sur 98 ! Bravo à tous les deux
17au 20/10
DIAGONALE DES FOUSà La Réunion : 165km et 9600m D+ ; Grosse malchance pour notre valeureux Franck Brochain qui après
un superbe parcours sur 130km a du jeter l’éponge à 35km de l'arrivée , suite à une luxation du genou ! Une année de préparation particulièrement rigoureuse anéantie ! Quelle frustration !
GRAND RAID DES CATHARES : RAID DES HERETIQUES : 62km et 2727m D+.
Un très gros bravo à Eric Marcenne qui a réalisé un bel exploit en se classant 37ème et 12ème M1 sur 370 inscrits dont un
grand nombre de spécialistes locaux en 07h47'52
TRAIL DES COLOMBES 41km et 1300mD+
Dans la famille Marcenne, Anne n'est pas en reste ! Partie tranquillement en milieu de peloton pour une simple sortie longue et après une superbe remontée elle se classe 101ème et 9ème M1 sur 550 participants en 05h09'19
27/10
FESTIVAL DES HOSPITALIERS : 75 km et 3500MD+
Thierry Clément, après avoir parcouru cet été l'intégral du GR20 en Corse avec l'ami Gilles Chiron et quelques autres a terminé ce bel ultra trail en 12h16'
31/10 au 3 /11
ULTRA RUN RAJASTAN : 250 km et 5000m D+
Encore un superbe exploit en Ultra Trail très longue distance pour Vincent Hulin qui se classe 3ème exæquo en 57h24 et une pensée pour William Beaumont , obligé de jeter l’éponge suite à un gros coup de chaud !
SOLUKHUMBUTRAIL : 325km et 16 000 mD+ NEPAL en 15 étapes à partir du 29 septembre
Bravo à Rémi Bessemoulin qui participe actuellement à cette épreuve hors du commun comme coureur / kiné
Marche Nordique :
N’oublions pas nos amis Marcheurs Nordiques, toujours très discrets et qui sous la houlette de Gilles Chiron ont réalisé également de trés belles épopées cet été tels le GR20 en Corse et plus récemment le Tour du Mont Blanc , sans compter leur participation au tral des Gorges du Chambon (résultats ci-dessus) !
Et pendant ce temps là , le dimanche à Givray ....
Depuis le dimanche 13 octobre, je suis sur l’ile de la Réunion. Après, 3 jours de travail, le jour J du départ est arrivé. Vers 15h, je m’habille pour la course et finalise mes derniers sacs à déposer aux 3 bases de vie – Cilaos – Ilet Savannah et La Redoute. Je descends vers le lieu de départ de la navette St Denis - St Pierre, sur le bord de l’océan - arrêt Barachois. Nous sommes une centaine de trailers à attendre les bus. A 16h15 - l’heure annoncée, les bus arrivent mais ils ne s’arrêtent pas et nous font signe d’aller plus loin. Nous prenons tous nos sacs et marchons jusqu’au début de la route du littoral soit 500m plus loin – 1er couac.
Nous nous installons pour 2h00 de voyage au gré des différents coureurs à récupérer sur le trajet. Arrivé à St Pierre vers 18h30, je prends la direction du dépôt des sacs des bases de vie. Cela bouchonne, c’est un peu l’anarchie et l’organisation est un peu dépassée – 2ème couac. J’attends facilement 45mn et j’en profite pour me restaurer. Je dépose mes 3 sacs, et je récupère auprès des bénévoles un bracelet de course jaune oublié la veille lors de la remise des dossards. Je passe ensuite assez rapidement le contrôle des sacs de course et accède alors à ce grand parking de graviers d’avant départ – il est 19h30, je suis impatient d’être sur la ligne de départ. Je vais prendre un café, une compote et une banane à un stand et je tombe nez à nez avec une connaissance avec qui je jouais au foot au stade poitevin il y a 30 ans. C’est dans ce genre de situation que l’expression « le monde est petit » prend tout son sens. Je m’approche ensuite le plus près possible des barrières à 50m de la scène d’animation. Je m’installe à peu près 1h45 avant la course. Et c’est là que me revient ce que m’avait conseillé Sandrine : « Prends un carton – tu pourras ainsi t’y allonger avant le début de la course » – 3ème couac j’ai oublié le carton.
Je me pose, mets mon coupe-vent et fais une petite sieste de 30 mn. Nous sommes à 1h du départ, l’animateur commence à chauffer les spectateurs et les trailers.
A l’arrivée des élites, d’un seul homme tout le monde se lève et se presse vers les barrières. Des sacs, des lunettes, des dossards, des clés de voiture sont égarés et de multiples annonces de recherche sont passées par le speaker. 15mn avant le départ, les bénévoles forment une chaine humaine main dans la main et accompagnent les élites vers l’arche de départ. Les grilles s’ouvrent et les anonymes suivent les élites. Il est 21h55 et je me prends en photo avant le départ.
22h02 le départ de la course est donné.
D’abord au pas pendant 100m, je commence à courir. La foule est amassée tout au long du début du parcours. Les encouragements fusent, les enfants tendent leur main. Cette avenue de départ est noire de monde. Une sensation à la fois d’oppression et de liesse. C’est énorme. Et cela dure, c’est magique, je n’ai jamais vécu un truc pareil et je profite, je profite comme un môme. Un feu d’artifice est tiré et des groupes jouent de la musique sur notre passage. Je suis grisé, je souhaiterai partager ces instants, communier mon bonheur de vivre ces moments, mais je suis seul. Nous sortons de Saint Pierre au bout de 30 mn et commençons à traverser les champs de cannes à sucre. Les frontales sont allumées et une ligne de lumière s’étire dans la nuit. Nous montons toujours et le sentier se rétrécit. Nous sommes les uns derrière les autres et cela bouchonne au franchissement des multiples échelles qui se succèdent. Après 15km, je passe le 1er ravito assez rapidement. J’enchaine vers le second au 25ème km où la température a baissé de manière significative. Il fait froid, je mets mon coupe-vent et mes gants. Heureusement que l’on m’avait prévenu, je n’aurai sinon jamais pensé à les mettre dans mon sac ainsi que mon bonnet. Les nuits seront très fraiches au niveau des sommets. J’arrive au petit matin au parking Aire Nez de Bœuf 2040m – 38 km de fait. Il fait très très froid, le sol est blanc, il a gelé dans la nuit – le thermomètre est descendu à – 4°. Je prends une soupe chaude, un café et quelques fruits secs. Je descends vers Mare à Boue par des singles à travers des prairies puis arrive à un panneau indiquant Piton des Neiges.
Dans ma mémoire, je ne pensais pas y passer mais bon c’est le chemin fléché donc j’y vais. Du parcours je n’ai retenu que les bases de vie et leur kilométrage. Heureusement il est matérialisé sur mon dossard. Je suis sur une partie bitumée, je cours pendant 2 km pour rejoindre le ravito Mare à Boue. Il est un peu moins de 8h, il fait déjà chaud et j’ai faim. Je m’attarde un peu pour prendre des pâtes et du poulet massalé, je fais le plein d’eau et de coca quelques fruits et c’est reparti. L’arrêt a duré moins de 20mn. Je pars pour 8-9 km de montée dans des chemins humides et boueux à travers des rondins de bois plus ou moins gros et glissants.
Je prends l’allure d’une locale accompagnée d’un ami breton et pendant toute la montée, elle parle de son île – de sa faune, sa flore, ses coutumes et de sa gastronomie. Je bois ses paroles. Je suis captivé par ses récits
J’en oublie que je suis dans une partie montante dans la boue et qu’à tout moment je peux glisser. Je grimpe vers coteau Kerveguen 2200m. Je descends ensuite vers Mare à Joseph ; partie technique et périlleuse pour enfin arriver à Cilaos ; 1ère base de vie.
Il est à peu près 13h soit 65 km en 15h. Je récupère mon sac et me dirige vers les vestiaires du stade. Je ne fais pas l’erreur du GRP. Je me douche (à l’eau froide) et me change entièrement. Je me passe de la crème sur les pieds – pas une ampoule – je laisse une recharge de frontale et prends une deuxième lampe, je refais le plein de barres de céréales, recharge mes flasques et m’alimente un peu. Je repars. J’ai dû m’arrêter 30 à 40 mn et possède plus de 4h d’avance sur la barrière horaire. Tous les voyants sont au vert. La reprise est difficile avec la chaleur, heureusement le parcours est descendant. Je récupère le sentier Taibit après une raide montée. J’ai alors une superbe vue sur le cirque de Cilaos.
Je prends une photo et je repars.
L’ascension du Col du Taibit 2080m est compliquée avec des pourcentages importants. A mi-chemin, je m’accorde une petite pause, le temps de prendre une tisane « ascenseur », comme me l’avait conseillé Axelle. .J’arrive en haut au-dessus des nuages et m’arrête quelques instants pour contempler le spectacle d’un superbe coucher de soleil. C’est si beau, que je suis ému d’une telle vue et à la limite de pleurer. La fatigue commence à se faire sentir.
Je reprends la course et descends jusqu’à Marla. Il fait nuit, il est 19h. Je prends de la soupe, du salé et du café, je mets mon coupe-vent et mes gants et je repars. Je poursuis par l’ascension vers la Plaine des Tamarins puis le col des bœufs et m’engage ensuite vers la plaine des Merles à 1805m où je me restaure d’aliments chauds.
Le départ a été donné il y a 24h, j’ai parcouru 85km, il fait froid. J’appelle alors ma compagne pour l’informer de ma situation en course (ce sera le seul appel). Elle me dit que beaucoup de monde me suit sur le lien du Grand Raid. Cela fait du bien de l’entendre et de se sentir soutenu. Je raccroche et m’accorde une sieste de 20 mn emmitouflé dans ma couverture de survie. Je me réveille et me rappelle les conseils de Jacky « Ne t’arrête pas avant le 100ème km ». Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? Je repars et regarde mon avance sur la barrière horaire +4h - c’est encore bon !
Je descends vers sentier Scout. J’ai l’impression d’être revenu à Mare à Boue – mêmes conditions boueuses sauf que cela descend. Depuis 500m, je ne vois plus de rubalises, personne devant moi, personne derrière. Je m’inquiète, je ralentis puis m’arrêtes. Ouf, je vois une lampe allumée dans ma direction - un local – il s’arrête et me demande : « ça va ? ». Je lui réponds « tout va bien, mais je ne vois plus de balisages depuis 500m ». Il me dit en créole : « t’inquiètes, il n’y a qu’un seul chemin et c’est le bon. ». Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre. Il ne s’arrête pas et relance. Je repars dans son sillage, j’essaie de le suivre mais son rythme est trop rapide. Je
le laisse partir et me concentre sur le chemin très glissant. . Une fois passé le lieu dit ‘’ La Plaque’’ j’arrive sur un pont de bois. Il y a 4-5 personnes devant moi qui attendent. Je ne comprends pas cet arrêt. Le passage du pont n’est en fait autorisé que pour une personne sur une distance de 20m. Je m’y engage, le pont balance. Heureusement il fait nuit, je ne vois pas si le vide dessous est important . Après une rude montée, j’arrive à Ilet à Bourse où je prends quelques fruits et fais le plein de mes flasques.
Arrêt 5mn, je repars. Je continue de descendre puis attaque un raidillon escarpé. J’arrive en haut fatigué et dans la descente vers le prochain ravito Grand Place les Bas, je recherche un endroit pour me reposer. Je m’écarte du chemin pour ne pas être gêné par les lumières des frontales et je m’installe sur un parterre de mousse (Merci Sandrine). J’ai suivi également les conseils de Jacky, je regarde ma montre j’ai parcouru 96km.Il ne fait pas froid, pas besoin de sortir la couverture de survie. Je m’allonge et m’endors rapidement. Je me réveille – mon sommeil n’a duré que 30mn mais je me sens déjà beaucoup mieux. Je repars, fringant, jusqu’à Grand Place où je m’attarde très peu de temps. A peine 5mn pour prendre des fruits et du coca. Je descends ensuite à la queue leu leu une partie périlleuse où tout dépassement est risqué voire impossible. Je me cale dans la foulée de la personne devant moi et je le suis jusqu’en bas. A l’issue mes cuisses sont en feu et je m’accorde une petite halte avant d’entamer la montée vers le prochain ravito. Les montées sont de plus en plus sèches et très pentues, pas de lacets, direct dans le dur. J’arrive en haut de cette partie et entame une descente périlleuse vers le prochain ravito. Il fait encore nuit, je me restaure en aliments chauds et prends un café. Je fais également le plein de mes flasques. Je m’assieds et entends un groupe discutant sur la suite du parcours – 5h encore pour atteindre le sommet du Maido. Je regarde ma montre et repars afin d’être là-haut vers 10h30. Je monte vers Roche Plate et j’ai bien fait dans ma préparation de suivre à la lettre les conseils de mon coach Kiki – « entraine-toi à monter des marches plus ou moins hautes. Tu vas en bouffer jusqu’à en avoir une aversion ». Pendant 1h30 je ne fais que gravir des marches de rondins et c’est interminable.. J’arrive au sommet de Roche Plate - un cimetière à ma gauche et une vue splendide.
Le soleil vient de se lever et je ne m’attarde pas car je crains la chaleur dans la montée du Maido. Je descends 2-3 km et arrive au ravito de l’école de Roche Plate. Je me restaure et fais le plein de mes flasques. J’ôte mes chaussures et me fais un soin des pieds. Impressionné, toujours aucune ampoule (un p’tit clin d’œil à Greg).
Je repars après 15mn d’arrêt vers la montée du Maido qui se dresse devant moi. Ce n’est pas possible, nous n’allons pas monter tout en haut de cette masse rocheuse ! Un concurrent me dit : « Ne regarde pas en haut cela va te plomber le moral ». Pendant plus de 2h je vais me rappeler cette phrase. Je pars prudemment vers La Brèche - début de l’ascension. Il est 7h30 et la chaleur commence à monter. Je continue, toujours plus haut, toujours plus chaud.
J’entends des encouragements au loin mais ne perçois rien. Je n’ose regarder vers le haut pour ne pas me décourager. Pas à pas, je me rapproche du sommet, mais que c’est long. Je fais une première halte et en profite pour mettre ma casquette saharienne. Je repars et continue à gravir ces rochers imposants. Je double de nombreux concurrents arrêtés sur les côtés du chemin. Merci Kiki pour tes conseils précieux.
A moitié d’ascension j’entends de mieux en mieux ces encouragements. Je ne lève pas la tête et continue de grimper. C’est alors que devant moi un local me dit : « un tang ? ». Pourquoi me propose-t-il un jus d’orange d’il y a 30 ans ! Eh non, il s’agit d’un tangue, un petit rongeur ressemblant à un hérisson à poil blanc. Il vient de traverser le chemin et s’est posté juste à côté. Non craintif, il se tient visible de tous. Je reste concentré sur mon ascension et ne prends pas le temps de sortir mon téléphone pour prendre une photo de cet animal rare. Il fait chaud, j’ai hâte d’arriver en haut. Je continue, les clameurs se font de plus en plus audibles. Je relève la tête et aperçois des points de couleur tout en haut de cette masse rocheuse qui se dresse devant moi. Cela me paraît encore très loin. J’ai l’impression de ne pas avancer. Allez continues, mais ne relève plus la tête. C’est là que les bâtons m’auraient été utiles.
Je continue à gravir ces marches naturelles qui me semblent de plus en plus hautes. Je progresse moins rapidement que je le souhaiterai mais j’avance. Je m’autorise un second stop dans une des dernières portions ombragées avant l’ascension finale. Je prends une barre énergétique et quelques fruits secs, je mets mes lunettes de soleil et je repars. Je croise de plus en plus de supporters ou de randonneurs qui descendent. C’est bon signe, le sommet est proche. Il fait chaud et je souhaite en terminer rapidement avec cette ascension. J’arrive sur un replat cela fait du bien d’avancer un peu plus vite. Les clameurs sont là toutes proches. Je relève la tête et je les vois, ils sont nombreux et ils encouragent les coureurs quels qu’ils soient.
Encore 500m à gravir - 400m continue ! – 300m tu y es presque – 200m je vois le sommet – 100m que c’est bon ces encouragements – 0 J’y suis – Yes ! Là-haut, je m’autorise un arrêt pour prendre une photo du cirque de Mafate. C’est somptueux !
Je m’attends à voir le ravitaillement au sommet mais non encore 1 à 2km et j’y suis - Maido Tête Dure. Il est 10h passé, je suis en avance sur mes prévisions. J’ai désormais 5h30 d’avance sur la barrière horaire. Je suis bien – pas de crampes, ni d’ampoules, ni de douleurs traumatisantes. Je me restaure en salé – saucisson, tuc, jambon – du coca coupé avec de l’eau. Je fais le plein de mes flasques. Il fait très chaud. Je regarde le profil du parcours – 15km de descente jusqu’à la seconde base de vie. Je reprends la marche en finissant de manger quelques fruits et un verre de coca. Le début de la descente vers ilet Savannah est une succession de montagnes russes pendant 2-3km. Un vrai casse-pattes.
J’attends avec impatience la vraie descente. Elle arrive, le chemin est propre, sableux avec des marches formées par des rondins de bois. Je reprends la course doucement. Cela fait plusieurs heures que je n’ai pas emmené une telle allure. Je suis confiant sur ma résistance physique. Si la descente est ainsi jusqu’en bas j’y suis dans 2h.
Je continue, l’allure est bonne. Je n’en fais pas plus, je reste sur un rythme de 8-9 km/h. Je traverse une partie ombragée rocheuse, je perds l’équilibre. Mon corps part en avant et par reflexe je me bloque en arrière afin d’éviter la chute. Je sens mon genou gauche se tendre et être à la limite de la rupture. Je réussis à éviter la chute et continue sur mon élan 4 ou 5 enjambées. J’ai alors une vive douleur au genou. Je marche un peu afin de voir si la douleur est moindre. La douleur est bien présente. Cela ne va pas, cela ne doit pas s’arrêter maintenant, c’est impossible après tous ces efforts consentis. Je me pose à l’écart du chemin et sors une bande d’élastoplaste.
Je me surprends, j’ai prévu dans mon sac une paire de ciseaux. Tous ces signes positifs me font du bien et me rassurent. Pas d’ampoules, pas de crampes, en avance sur mes prévisions…Ce n’est qu’une péripétie que je vais et dois gérer au mieux. Je coupe des bandes de 15-20 cm et je me strappe le genou. Je vais descendre ainsi jusqu’à la seconde base de vie. Je reprends la marche, la douleur est moins vive. Il me reste encore 10km à descendre. Et pendant ce trajet, je vais cogiter. Pourvu que cela tienne jusqu’en bas et là je me ferai soigner par des professionnels. L’arrêt définitif est à cet instant non envisageable et non envisagé. Je marche – j’évite toute reprise de course. Que c’est long 10km de descente en claudiquant. Je perçois les premières habitations ainsi que l’océan. Cette vue est accueillie avec empressement. Je m’interroge sur la suite mais mon but 1er est d’atteindre ilet Savannah. J’y suis presque et la douleur se fait de plus en plus vive. A chaque pas, elle est désormais plus que présente. Mon strapping de fortune ne fait plus l’effet escompté. Cela pue ! Mais je continue sans faire paraître mon chemin de croix aux nombreux supporters présents, qui attendent leurs amis, compagnes et compagnons respectifs.
Je suis désormais à Ilet Savannah, il est 14h30 et je vais récupérer mon 2ème sac. Je prends une douche (toujours froide), arrache mon strapping et je me change. J’arbore maintenant le second maillot sans manche de la Diagonale. Je compte à cet instant le porter jusqu’à la Redoute. Je vais à la tente des kinés et podologues pour me faire soigner. Je souffre mais je serre les dents. Deux jeunes praticiens m’auscultent et diagnostiquent une luxation du genou. Et alors, que faire maintenant ! Ils me posent un strapping mais me préviennent que c’est uniquement pour le maintenir dans l’axe. Sur la table, mes pensées se bousculent. Je repars ou pas ? Je souhaite prendre cette décision seul, pas d’appel à ma compagne ou à Kiki. Cette décision m’appartient, je la souhaite la plus réfléchie possible sans pression d’aucune sorte.
Je remets mes chaussures et essaient de trottiner jusqu’aux tentes de ravitaillement. Impossible, cela me lance au sein de la partie externe de mon genou gauche. Je réfléchis, il me reste 35 à 40 km avec quelques parties encore bien compliquées. Tout allait bien, il y a 3h ce n’est pas possible de m’arrêter là. Allez un essai en marche rapide – même douleur. Je me rappelle les paroles de JPP lors de la MaxiRace à Annecy : « Ne rend jamais ton dossard, tu le regretteras plus tard ». Je m’interroge, je regarde le profil du parcours. Prochain ravito dans 8km et 4h30 prévu pour y parvenir. Dans mon état, je me dis, je pars pour 5h de souffrance. Je veux continuer mais est-ce raisonnable ? Ne vais-je pas aggraver ma blessure ? Je suis à la Réunion, le relief n’est pas celui de Givray ou du Bois de Saint Pierre. Mes pensées se bousculent, ma tête me dit de continuer et mon corps souhaite se préserver de blessures plus graves. Je me restaure et vois plusieurs coureurs doublés repartir. Malgré la difficulté de ce raid, je me dis : « ils ont de la chance ». Je me rends à la table de chronométrage et je leur dis « je m’arrête là »…Je ne peux prononcer le mot « abandon », c’est trop dur de s’arrêter si près du but. J’en suis persuadé, j’avais tout fait bien : la longue préparation, l’alimentation, la gestion de ma course et j’y étais, oui j’y étais presque …Une personne me retire la puce de mon dossard ainsi que ma plaque d’identification attachée à mon sac. Je suis vidé. J’ai pris, j’essaye de m’en persuader encore aujourd’hui, la décision la plus sage dans un souci d’intégrité physique. Mais que c’est dur à accepter ! Que c’est dur d’être si près du Graal et d’échouer. Dossard 2319 – ma diagonale est terminée mais non aboutie. Peut-être une prochaine fois !
196ème et 2ème M3 en 9h28'58" sur 750 partants et 544 arrivants
PREAMBULE :
Photo Axelle Barnas
En repos forcé mais prévu, pour 2 ou 3 mois, çà m’est l’occasion de revenir par un petit CR sur ‘’LE GRAND TRAIL DU SANCY’’ ma dernière épreuve en catégorie V3
En effet, bien que 8ème année dans cette catégorie, je devrais me retrouver M6 (V6) au 1er novembre avec les nouveaux règlements de la FFA ….. Quel coup derrière les oreilles !!!
Quoiqu’il en soit, pour un retour sur cette épreuve où j’avais terminé 1er M3 et 56ème au scratch en 8h56 en 2012 je suis très satisfait de n’avoir perdu qu’une trentaine de minutes en 7 ans, malgré quelques soucis de santé .
Je m’étais inscrit à cette course dans le but d’obtenir
mon 2ème trail de 85 points, nécessaire pour pouvoir m’inscrire à la Diagonale en 2020. Après le trail de Guérlédan en juin qui s’était relativement bien passé, j’ai senti la forme revenir durant tout l’été. Une assez belle course au trail de Chauvigny fin août confortait cette sensation. C’est donc rassuré et confiant que je prenais la route du Mont Dore en compagnie des copains Daniel et Lulu qui participaient au 19km ! D’autres copains du club devaient également participer ; Audrey sur 19 km, Axelle et Jérôme sur 33km .
Installation à l’auberge de Jeunesse ’’Chalet Le Grand Volcan’’ où nous logeons à chaque séjour au Sancy lors de nos week-ends choc ; Repas traditionnel du samedi , ‘’ une succulente truffade’’ . Pas vraiment dietétique une veille de course , mais en étant raisonnable sur la quantité , çà passe bien !
La course :
Ayant préparé mon sac et tenue de course le soir même , je me levais dimanche à 4h00 sans aucune pression. Petit déjeuner rapide avec mon gâteau sport traditionnel et direction le Mont Dore à 4km !
Vers 5h15, je suis sur la ligne de départ . La veille aux dosssards, on nous avait annoncé très froid en altitude , rafales de vent et grosses intempéries, mais pour l’instant la météo est clémente. Je mets juste un petit coupe vent sans manches et l’imper dans le sac.
Le speacker nous confirme cette météo capricieuses et un point noir , une barrière horaire de déviation pour cause d’orages sera mise à l’intersection de la vallée de Chaudefour (47km) à 12h30 (alors que la barrière du col de la Croix St Robert (40km) est déjà à 12h30 !!! Ce qui durcit considérablement les délais !
A 5h30 , c’est parti pour 5km en côte douce , d’abord sur la route puis sur un large chemin à la sortie du Mont Dores . Dès le 2ème km , je sens que j’ai du mal à me mettre en jambes et l’on me double de tous les côtés. Je temporise, ne voulant pas partir en surrégime et suis tant bien que mal le rythme du peloton . Ensuite la pente se durcit et je me sens mieux jusqu’au 1er sommet ” aux Plaines Brulées à 1480 m d’altitude‘’. Il faut être très prudent car nous sommes sur des sentes à vaches et les appuis sont très instables. Heureusement j’ai une bonne lampe frontale !
Nous redescendons ensuite jusque à Chamalblanc 16ème km. Beaucoup de monde au ravitaillement ; je ne m’arrête pas ayant suffisamment sur moi et c’est la remontée au rocher de l’aigle avant de redescendre vers La Bourboule . Le sentier est hyper raide et nous descendons en rappel à l’aide de cordes qui se succèdent les unes après les autres ! C’est abrupte mais très sympa !
Nous entamons ensuite l’ascension du Puy Gros, 600m de D+ pour à peine 3km, c’est costaud et c’est long , mais quel panorama sur Le Mont Dore et le Sancy . Pas de problèmes particulier si ce n’est que je me sens un peu juste en montée. Redescente rapide sur ‘’Prends toi Garde ‘ où se situe le 2ème ravito et le pointage au 29ème km. Prévu à 10h30, j’y suis à 9h18, donc tout va bien . Cette fois, je refais le plein d’eau et repars avec 2 tucs et 2 morceaux de St Nectaire que je mange en marchant car nous repartons en côte.
A partir de là, je suis en circuit bien connu, car c’est un parcours que nous utilisons régulièrement lors de nos week-ends ; C’est un avantage !
Longue remontée vers le ‘’col de la Croix Morand ‘’ à 1400m
Photo prise en week-end choc
d’altitude. Le chemin est très agréable, mais je pioche toujours en montée. Je sens que depuis ma reprise au début de l’été, même si la forme est revenue, les séances de montées/descentes du mardi que j’ai évité pour préserver mon aponévrose plantaire, me manquent dans la préparation. Néanmoins je m’accroche en perdant régulièrement des places, que je regagnerai largement dans la partie finale, mais je ne le sais pas encore ! Après le col, çà
Photo prise en week-end choc
remonte au ‘’Puy de la Tache’’ à 1629m, puis au ‘’Rocher de l’angle’’ à 1729m. En connaissant le parcours, je sais à chaque fois que l’ascension repart à nouveau, mais pour ceux qui découvrent, çà casse le moral et je les entends pester !
Je réalise une belle descente jusqu’au ‘’Col de la Croix St Robert’’. C’est mon point fort et je me lâche en choisissant malgré tout mes appuis pour mon souci de pied.
Arrivé au ravitaillement j’accuse le coup, je me suis peut-être un peu trop lâché et j’ai un petit coup de mou. Au pointage 11h17 pour la barrière initiale à 12h30. Ca irait, sauf, qu il ne va pas falloir chômer pour atteindre la barrière non prévue
Axelle et Jérôme
au Puy des Crebasses ! Heureusement Axelle et Jérôme qui ont couru le 33km la veille sont là . C’est une bonne surprise ! Ils me remplissent mes flasques d’eau, je prends 2 tucs et 2 morceaux de St Nectaire. Pas le temps pour des effusions !
J’attaque la montée du ‘’Roc de Cuzeau’’ d’un bon rythme et là encore, je sais que l’on redescends un peu avant de remonter au ‘’Puy des Crebasses’’ . Grosse pression de ne pas passer et je ne peux me permettre d’échouer, je n’aurais pas mes points pour la Diago ! A cause de la météo, quelle frustration ! Finalement je passe la bifurcation avec 2’ d’avance.
Et cette vallée de Chaudefour, c’est le clou du spectacle !
Dans la vallée de Chaudefour , photo week-end choc !
Quel panorama, j’aurais eu de la peine d’en être privé. Longue descente jusqu’au fond de la vallée. J’ai des ailes et malgré la technicité je remonte quelques concurrents. En bas, il y a un point d’eau et j’en suis fort aise car mes flasques sont presque vides. Je n’ai pas le temps de m’attarder sur le paysage somptueux, d’ailleurs les premières gouttes de pluie arrivent et une remontée de 5km et 650mD+ m’attend. Je sais qu’il me faudra au moins 1h30 de montée pour arriver au Sancy
Vallée de Chaudefour ; Photo prise en week-end cho
Les premiers lacets sont difficiles avec de grosses pierres glissantes sur lesquelles il est impossible de courir. Il faut sauter de l’une à l’autre ! Ensuite cà serpente régulièrement en sous bois et je maîtrise parfaitement cette montée. En haut, en sortant du bois, çà se corse et là, il faut du mental, on aperçoit au loin, mais très loin le sommet du téléphérique du Puy de la perdrix vers le col du Fer
rand où l’on va passer. La pluie se met à tomber, le vent s’intensifie. J’ai une bonne allure et je retarde le moment de m’arrêter pour mettre ma veste imperméable, mais finalement j’y suis obligé. Heureusement car ensuite, c’est le déluge. Néanmoins j’avance toujours de mieux en mieux. Je passe au ‘’Col de la Cabane’’ avec près de 2 heures d’avance sur la barrière.
A peine le temps de reprendre un peu d’eau et je repars pour la dernière portion. Le Sancy est dans une brume totale, une vraie purée de pois! le vent et la pluie sont glacials. Nous redescendons par la piste de ski et ce n’est pas le pied. Cette piste est affreuse, plein de petits cailloux qui roulent sous les pieds. Je préfère la descente technique du Val de Cours ! Mais avec la pluie battante, pas le temps de s’apitoyer, je dévale en doublant les concurrents de la fin du 19km et beaucoup du 60km. Il est vrai que la descente c’est mon point fort et je ne m’en prive pas, je double, je double. J’en oublie mon aponévrose ! Les derniers km se courent dans un ruisseau de pluie, mais l’arrivée est proche.
Arrivé au Mont Dores, je retrouve Axelle et Jérôme qui attendent sous la pluie. Merci pour la photo d’arrivée !!!
Je rejoins ma voiture et transi de froid, j’ai du mal à me changer. Mes vêtements collent au corps et j’ai les mains gelées. Un bon thé au bar avec Maryvonne et les copains finira par me réchauffer ! Par contre, impossible d’aller prendre le repas d’après course ; Rien ne passerait ! Il faudra attendre un bon petit resto le soir !
Au final, alors que dans un 1er temps je me trouvais classé 220ème et 2ème M3, je me retrouve 197ème et toujours 2ème M3 après la réactualisation des coureurs déviés et classés à tord ! Ca ne change pas le temps 9h26’58 ‘’ mais entrer dans les 200 premiers, c’est mieux, avec en outre la satisfaction d’avoir doublé 60 concurrents en 7km !
Ca y est , j’ai mon passeport pour m’inscrire à La Diagonale des Fous 2020 avec les copains et copines de l’EPA !
Maintenant, repos jusqu’à la fin de l’année après une petite intervention par PRP pour tenter de résoudre ce problème d’aponévrose qui me gène dans la vie quotidienne depuis 18 mois et j’espère une belle année 2020 si tout rentre dans l’ordre
Photos Axelle Barnas
Je rejoins ma voiture et transi de froid, j’ai du mal à me changer. Mes vêtements collent au corps et j’ai les mains gelées. Un bon thé au bar avec Maryvonne et les copains finira par me réchauffer ! Par contre, impossible d’aller prendre le repas d’après course ; Rien ne passerait ! Il faudra attendre un bon petit resto le soir !
Au final, alors que dans un 1er temps je me trouvais classé 220ème et 2ème M3, je me retrouve 197ème et toujours 2ème M3 après la réactualisation des coureurs déviés et classés à tord ! Ca ne change pas le temps 9h26’58 ‘’ mais entrer dans les 200 premiers, c’est mieux, avec en outre la satisfaction d’avoir doublé 60 concurrents en 7km !
Ca y est , j’ai mon passeport pour m’inscrire à La Diagonale des Fous 2020 avec les copains et copines de l’EPA !
Maintenant, repos jusqu’à la fin de l’année après une petite intervention par PRP pour tenter de résoudre ce problème d’aponévrose qui me gène dans la vie quotidienne depuis 18 mois et j’espère une belle année 2020 si tout rentre dans l’ordre .
Gros et beau week-end Trail de fin d'été pour tous les amateurs de nature et de grands espaces de l'EPA !
ECHAPPEE BELLE à AIGUEBELLE , MASSIF DE BELLEDONNE
Après de longues semaines de préparation, nos amis Pierre Chansigaud, Jonathan Vitet , Philippe Morin et Franck Brochain s'attaquaient à un des Ultras les plus difficiles sur 85 et 57 km à travers le Massif de Belledonne , soit une traversée de ce massif qui se caractérise par sa haute technicité, son engagement sur des sentiers difficiles d’accès, et l’altitude à laquelle elle se déroule.
Sur 85km et 6000m D+
Superbe performance pour Pierre Chansigaud qui entre dans le top 100 en se classant 89ème en 20h10 après avoir remonté régulièrement au classement pendant toute l'épreuve .
Jonathan Vitet est Finisher 272ème à 10h10 en 27:55:58 malgré un gros souci de dos qui l'a obligé à couper sa préparation 15 jours plus tôt ! Un exemple de Gros mental indispensable pour être Finisher d'un tel Ultra .
Manque de chance pour notre ami Philippe Morin, victime d'un gros coup de chaud qui lui a provoqué de gros problèmes intestinaux et qui a dû quitter l'épreuve à mi course. Nul doute qu'il prendra rapidemment sa revanche, lui qui nous a habitué à boucler de très belles épreuves.
Sur 57km et 4000m D+
Encore une belle réussite pour Franck Brochain pour son 3ème trail de préparation en vue de la Diagonale des Fous à La réunion en octobre prochain. Il boucle lacourse 258ème en 15:19:03
TRAIL DU BELIER 42km LA CLUSAZ
Bravo à Olivier Duport ; Finisher des 42km de ce Trail du Bélier à La Clusaz . Classé 166ème en 05:26:17
TRAIL DES CHÂTEAUX à CHAUVIGNY : 22 participants de l'EPA et 7 podiums
Très bonne ambiance avec les copains de club , tant amateurs de course sur routes que trailers
Très belle épreuve pour la découverte du Trail dans le département avec 4 épreuves proposées.
A titre personnel, engagé sur le 25 km en préparation du Trail du Sancy sur 60km dans un mois, j'ai pu constater un bon retour en forme en me classant 38ème sur 237 classés et 2ème M3 . Très bonnes sensations tout le long de la course sur ce superbe parcours très vallonné où j'ai pu relancer chaque fois qu'il le fallait. Grand plaisir d'avoir partagé les 10 premiers km avec un de mes compagnons d'entraînement, Emmanuel Inguenault qui a dû lâcher un peu , puis par moments , Manu Martin également de l'EPA avec lequel je termine (à 10") par la redoutable côte du Château des aigles !
RESULTATS COMPLETS DES COPAINS DE L'EPA
8 km (132 coureurs(es) classés):
5 Stéphane BUJON 00:40:34.89 ; 2ème SE
11 Bruno LIEGE 00:45:19.47 ; 1er V2
16 Maryne GUILBOT 00:46:42.83 ; 1er ES
18 Mickael ALFRED 00:47:15.42 ; 4ème V1
20 François CHAINE 00:49:10.68 ; 5ème V1
27 Lucien SANCHEZ 00:51:02.57 ; 2ème V3
40 Claire CRAOUYEUR 00:54:09.95 ; 6ème SE
41 Xavier MARTIN 00:54:10.20 ; 14ème SE
102 Nadège ARNAULT 01:15:51.97 ; 15ème V1
12 km (302 coureurs(es) classés) :
89 Maxime ENEAU 01:17:13.95 ; 4ème CA
180 Eric MARCENNE 01:27:36.94 ; 55ème V1 (en accompagnement)
591ème et 5ème M3 en 9h28'03" sur 1250 partants (1300 inscrits) et 250 abandons !
Le contexte : Un combat et revanche sur l'adversité
Après 18 mois de galère, ponctués de 2 opérations , (non liées à la course à pied) avec arrêts nécessaires le temps de cicatrisation ; une aponévrosite plantaire tenace dès la reprise à laquelle j'ai tenté en vain de résister avant de me résoudre à un nouvel arrêt total de 5 mois, il fallait tenter une hypothétique reprise préconisée par le kiné et médecin du sport .
Reprise donc en douceur en janvier par des séries de minutes alternées en course et marche jusque fin mars en allongeant progressivement les séquences. Parallélement sorties de VTT et vélo de route pour se remettre en bonne condition physique et séances de 30 à 40 minutes chaque soir d'étirement de la voute plantaire, massage à la balle de golf..... et accessoirement séances d'ondes de choc .
Petite amélioration sensible mais il faut persévérer en allongeant les distances ! Pour celà rien de mieux
qu'un bon objectif et çà tombe bien, une 6ème Diagonale des Fous à La Réunion en 2020 me tente bien ! Problème ; 18 mois sans courses, je n'ai plus les points nécessaires et il me faut refaire mes 2 trails de qualification de 85 points pour m'inscrire en début d'année prochaine .
Pas facile à trouver , soit trop courts , soit trop long ou trop de dénivelé pour le pied encore sensible.
J'opte finalement pour les 64 km du Trail de Guérlédan et ses 2600m de D+ début juin et Trail du Sancy, 60 km et 3350m D+ en septembre.
Reprise progressive de l'entraînement trail en avril et mai avec en point d'orgue un très bon test fin mai ;
Un gros week-end choc au Sancy avec les copains de l'EPA . Soit 2 jours et demi de Rando Trail en montagne ; 80km et 5000m de D+ .
Tout se passe relativement bien et çà me rassure , je peux tenter Guérlédan en sortie longue afin de ménager ce pied ! Néanmoins il faut juste veiller aux barrières horaires et je suis conscient que c'est une épreuve très difficile et qu'il ne va pas falloir trop traîner malgré tout.
Arrivé à l'abbaye de Mont Repos à Saint-Guelven, je retrouve mon vieux compère Gérard Racinne avec qui j'ai partagé nombre d'aventures . Retrait des dossards et installation de fortune en tente de camping ! Inscrits de dernières minutes nous n'avions guère le choix et celà présentait l'avantage d'être près de la ligne de départ ! Et puis, nous avons l'habitude des situations spartiates !
La course :
5h45 , réveil , petit déjeuner rapide (gâteau sport) pliage des tentes et en route pour le départ .
Départ ; 2ème photo organisation
7h00 ; C'est le départ aux pieds de l’abbaye de Bonrepos fondée par les moines Cisterciens au 12ème siècle et aujourd'hui en ruines; Je suis prudent eT ne me laisse pas emporter . Ca monte d'emblée pendant 5km ; D'abord 1,5km de montées en lacets sur route (Ca me rappelle la Mascareigne à la Réunion) , puis 3,5km de sentiers. Au sommet le sentier passe entre des gros rochers ce qui occasionne un bouchon car on passe un par un entre ces gros blocs .
Le parcours est ensuite très accidenté, fait de succession de montées et de descentes ; De vraies montagnes russes ponctuées de grimpettes abruptes à pic où çà bouchonne à chaque fois . Sur cette première section nous courrons sur les singles d'une grande forêt très agréable . Après une douzaine de km , je me sens bien et me laisse emporter par le naturel qui revient au galop. Je pars à la chasse derrière les concurrents qui me précèdent, ce que je paye rapidement par un coup de moins bien après le ravito de "l'anse de Sordan" au 26ème km . Ce coup de mou dure une dizaine de km puis l'énergie revient.
Photo organisation
Nous avons quitté la forêt pour longer le lac, souvent sur un sentier tortueux , ponctué de roches et de racines . Soudain, le pied accroche et c'est un beau roulé boulé, heureusement sans conséquences . Vers le 34ème , gros tumulte en bord de sentier , c'est le team "Foulées de Poitiers" qui m'encourage généreusement , çà fait du bien de voir des têtes connues et çà rebooste !
Alternances de remontées sur les hauteurs et redescentes le long du lac, le paysage est magnifique. Je retrouve le groupe "Foulées" vers le ravito-pointage de "Beau-Rivage" au 44ème km ; Nouveaux encouragements nourris . Je suis passé en 5h55, soit 2 heures d'avance sur la barrière horaire ' !
Ensuite le paysage change un peu avec l'apparition de zones sèches, de landes et d'ardoises , mais toujours très techniques. Vu mon heure de passage à Beaux Rivage Je me reprends au jeu avec l envie de faire moins de 10h et je reprends du rythme .
Après le 53ème km, à "l'écluse de Bellevue" tout va bien malgré quelques courbatures, aux hanches notamment . Rien d'étonnant après une préparation relativement courte . Je sens bien le pied par moments et recherche les passages les plus souples quand c'est possible , mais rien de grave . Je songe même qu'il est maintenant possible de réaliser moins de 9h30 , mais il ne faut pas chômer !
Photo organisation
Nous repassons tout près de l'abbaye de Mont-Repos pour repartir sur une boucle de 10km ! Pour certains coureurs épuisés, c'est le piège et la tentation d'arrêter. Néanmoins les premiers km de cette boucle sont roulants et çà me donne des ailes jusqu'à ce que , à quelques km de l'arrivée , on aperçoit le village en contrebas, mais le sentier remonte . La poisse ! Je suis bien mais je crains de rater mes 9 h30 , mais je m'accroche ! Finalement le sentier redescend enfin directement sur cette arrivée que l'on croit atteindre avant de la contourner par un petite boucle de plusieurs centaines de mètres ! Très joueurs les organisateurs ! J'accélère encore et je passe cette ligne en 9h28' !
A noter une très belle organisation, un balisage excellent et une très bonne ambiance ! Un Trail à recommander si l'on est bien préparé physiquement et mentalement car très exigeant !
Félicitations à mon pote ex beau frère ; Gérard Racinne qui emporte à nouveau cette épreuve en catégorie M3 . Un vrai Champion !!!
Pour moi contre toute attente , mission accomplie , mon 1er trail de 85 point de qualification est obtenu avec la satisfaction, sans grande préparation et tout en me ménageant , de me hisser dans la 1ère partie du classement et 5ème M3 sur les 22 classés.
Comme quoi, malgré l'adversité et les problèmes physiques , il faut toujours se battre et ne rien lâcher, dans la mesure du possible bien sûr, pour toujours aller de l'avant !
FINISHER : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012 ou je me classe 1er V3 , 2017 et 2021
UTMB : 2008 et 2011
Marathon des Sables 2010
Objectif : 2022 : TRAIL DES CITADELLES, UTPMA avec les copains de l'EPA86et TRAIL BOURBON 2022
Date de naissance : 28/08/1952
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Mes Entraineurs
Roger PASSARD:Professeur d'Education Physique et Responsable de l'ALERTE GRAYLOISE, qui de cancre en sport m' a propulsé
en deux ans "Champion Départemental Minime de Cross" à PORT SUR SAÔNE
Jean-Pierre GORGEON :Co-équipier et Entraineur à l'ASPTT
POITIERS m'a permis de réaliser :
15'48"70 sur 5000m, le 14/06/1997 lors des Championnats Régionaux à NIORT (45ème Perf Nationale V1et
5ème M45)
33'42"60 sur 10 000m le 31/05/1998 lors des Championnats de France Vétérans sur Piste à LYON PARILLY
( 21ème Perf Nationale V1 et 6ème M45)
2h40'46" au Marathon le 12/10/1997 lors des Championnats de France de Marathon à REIMS (95èm Perf
Nationale V1 et 31ème M45)
Jean-Claude
FARINEAU:avec qui j'ai partagé depuis 1984, les charges, parfois lourdes de Dirigeant
à l'ASPTT POITIERS, puis au PEC à partir de 1999. Grâce à ses entrainements judicieux, je n'ai jamais raté une qualification aux Championnats de France de 10
km Jean-Paul GOMEZ :Finaliste Olympique du 10 000m à MONTREAL en 1976 : Bien que ne m'ayant jamais
entrainé m'a toujours apporté des conseils éclairés, notamment lorsqu'il entrainait à mes côtés l'école d'Athlétisme de L'ASPTT