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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 17:04
° DIAGONALE-DES-FOUS-2015 : les petits récits plein d'émotion de Didier Pleuchot, François Meunier, Pierre Hay et Philippe Morin

Didier Pleuchot

Quelle belle aventure ce grand Raid, participer a cette course vous donne des frissons. De l'attente au sas jusqu'au départ une tension monte, vient ensuite cette folie ou vous êtes applaudis comme des dieux car il faut savoir que le grand Raid est une institution. A 21h45 les organisateurs décident de retirer les barrières, ça sent bon, il ne reste plus que15m avant le grand rush. Nous sommes pas trop mal places quand vint le moment temps attendu. Pour passer Domaine Vidot sans bouchon il faut courir entre 9 et10 km/h chose que je fais sans difficulté tellement le public vous portent.
La première nuit est tranquille, l'euphorie me fait oublier Piton sec et Piton Textor.Au matin la réalité de la course me rattrape avec Mare a boue mais surtout Mare a Joseph dur dur heureusement le lever de soleil sur le Piton des neiges est féerique . Et me voici a Cilaos plus tôt que prévu il était 10h35 génial je vais pouvoir prendre ma petite douche ,manger et me brosser les dents le minimum syndical, je rencontre Christophe Maree quel champion 40h a l'arrivée ca se voyais il était bien dans sa course félicitation a lui. En sortant de Cilaos 45 minutes plus tard j'aperçois Catherine, Christelle Gérard et Didier leur soutiens me réjouis et me donne des ailes pour attaquer la montée du Taibit. Heureusement ,15 jours avant Kiki nous fait découvrir tout cela et je peux dire que ca aide. Et voila je rentre dans Mafate l'enfer un faux pas et c'est la chute alors je décide de dormir a Marla 35 minutes. La seconde nuit se passe pas trop mal le seul souci c'est que je ne peux plus rien avaler. A Grand place les bas un bénévole me conseil de prendre un médoc et du potage c'est le seul aliment qui passe jusqu' 'au Maido complique pour emmagasiner de jus mais je sors de Mafate cela me réconfort .Il est 7h30 je reprend un potage me fait masser et me glisse dans le maillot finischer car la une seul chose me guide ne pas passer une 3eme nuit dehors. Je repart de Maido vers 8h, dans la descente sur sans souci, je relève un peu car l'estomac me rappelle qu'il est vide j'arrive a l'école ou je peux de nouveau manger cela fait du bien, il fait très tres chaud et les dernières difficultés arrivent. A la Possession une envie de glace vanille me prend ,je décide de m'arrêter avant le chemin des Anglais ,encourager par les clients qui me laisse leur place je commande un pot avec 2 énormes boules vanille (1€80)le bonheur. Applaudis par tous je reprend la montée, objectif arriver avant 23h cela fera moins de 50h. Il me restera un grand périple c'est la descente du Colorado car il pleut depuis G Chaloupe quelle galère 2h au lieu de1h la valse des traileurs une nouvelle comédie musicale. Enfin stade la Redoute je le tiens mon ultra 48h22m. Un grand merci a mon épouse pour sa patience et son aide logistique et son amour. Ce Grand Raid je lui dédie. Un grand merci a ma petite sœur pour tous les messages de soutien cela fait du bien et je n'oublie pas mes enfants avec qui je l'espère partager des moments identiques. Mais sans Christian Baigue cette aventure n'aurai peut être pas pu etre vécue car il vous transmet sa passion aussi simplement que le rêve devient réalité .Bizous a vous tous.

° DIAGONALE-DES-FOUS-2015 : les petits récits plein d'émotion de Didier Pleuchot, François Meunier, Pierre Hay et Philippe Morin

François Meunier

Le long CR de ma longue Diago
Saint-Denis, stade de La Redoute, dimanche 25 octobre 2015, 9h 52mn 54s. Quel bonheur d’arriver au stade de La Redoute à Saint Denis, main dans la main avec les copains ! je pousse mon cri de guerre, je plaisante, je suis fier, j’ai réussi, enfin !
j’ai conjuré le sort, je suis capable de faire un ultra, et quel ultra ! la diago !
je ne savais plus, n’y croyais plus, n'espérais plus.

Flo crie aussi, elle exulte, j’aurai voulu passer la ligne d’arrivée main dans la main avec elle !
Pour l'associer pleinement, pour lui permettre d’achever elle aussi l’inachevé comme j’ai réussi à le faire, grâce à elle, pour elle.
Mais c'est trop tard, c'est déjà fini,
Cette diago 2015, ce n’est pourtant pas la mienne, c’est la nôtre, c'est la sienne.....
La suite :
http://madiagonaleduflou.blogspot.fr/…/saint-denis-de-la-re…

° DIAGONALE-DES-FOUS-2015 : les petits récits plein d'émotion de Didier Pleuchot, François Meunier, Pierre Hay et Philippe Morin

Pierre Hay

Merci à tous pour vos encouragements et soutiens. Voici mon compte rendu pour cette diago 2015.

Je l'ai dit cent fois pendant le grand raid :"c'est mon dernier ultra; j'arrête les conneries et je m'entraine une fois l'année pour les 10km de Jardres" (Y a quand même un jambon à gagner !).
Ma 3eme diago fut certainement mon plus dur ultra depuis mon 1er en 2009. Je suis arrivé avec moins d'entraînement et tout autant d'envie; l'UTMB 2 mois avant m'avait un peu fatigué et j'avais senti plus le besoin de me reposer que de m'entraîner. Mais ce fut aussi le plus intense émotionnellement. Courir en retrouvant les copains, finir avec 4 d'entre eux, que du bonheur ! La solidarité et l'amitié transpirent autant que les coureurs dans la fraîcheur du Textor ou la canicule du Maïdo.
Je ne vais pas vous raconter ma course en entier mais certains moments. Avant le départ je cherche les copains du club et je tombe sur les potes de Mayotte. Heureux de les trouver mais ils m'apprennent que Sébastien est forfait pour blessure; j'aurais aimé l'embrasser avant qu'il parte fournir les rangs du Top 100. On démarre sous une petite pluie et j'essaie d'aller assez vite car je sais qu'il y a le goulot d'étranglement après le domaine Vidot. J' y suis dans les 1000 ème (ce qui pour moi est rapide) et je ne perd que 3/4 d'heure alors que mon ami Poum y laissera 3h pour un km.
Surprise au Piton Textor où je vois arrivé Yannick qui est parti lentement; d'habitude il fait 15km quand j'en fait 10, il faisait souvent des allers retours pour me récupérer dans nos sorties longues à Mayotte. Je ne le reverrai plus et lui a été très courageux de finir quelques heures avant moi avec une jambe blessée pendant 100 km ! C'est aussi au Textor que je retrouve Benoit, Phiphi, Jacky..
Avec Benoit on ne va plus guère se quitter jusqu'au bout, comme à l'UTMB, 2 mois avant. J'arrive ensuite à Cilaos, à peine 1h de plus qu'il y a 2 ans. J'y retrouve Josian, qui s'est ménagé (lui aussi faisait les 15km et moi 10 à Mayotte) mais aussi Francesco qui hélas doit abandonner. On repart à 3 avec Benoit et Captain Jacky sous les encouragements de Vero, Béné, Flo, Patrick...
Longue, la traversée jusqu'à Marla, la montée au col des Boeufs qui dans nos souvenirs n'était qu'une formalité mais qui s'est avérée épuisante (on nous a surement changé l'itinéraire). Enfin arrivée vers Ilet à Bourse aux environs de 2h du mat où on dort un peu quand Benoit a retrouvé son coin sympa pour dormir. Et après au ravito, JP nous rejoint ! Quelle surprise et sa revanche est prête au JP car c'est là qu'il avait été éliminé bêtement il y a 2 ans. Mais on l'apprendra plus tard, c'est aussi là que Phiphi s'est fait éliminé cette année. Après ce sera une longue suite de courses (plutôt de marches) entre deux étapes et un repos qui augmente de plus en plus à chaque ravito; quand je me suis réveillé à Roche Plate, une jeune traileuse m'a dit que j'avais bien ronflé.
L'épuisement en haut du Maïdo ! Avec ses 1000m de dénivelé en plein cagnard, en haut Patrick a eu peur de mon visage pâle en me voyant. La descente de 1km vers Tête dure a été la plus longue de ma vie alors qu'il n'y a aucune difficulté. Je me suis endormi aussitôt pour me réveiller 1heure après et voir mes 3 potes se ravitailler et en prime François qui venait juste d'arriver. On repart à 4 et une heure après, un coureur me double en sifflotant; François ! En super forme, il a du mettre du houblon dans son eau..On a continué à 5 jusqu'au bout; à la Possession mon ami Laurent nous a rejoint et accompagné jusqu'à la Redoute; il a vraiment été très patient !
Et le bonheur à l'arrivée.. François a commencé des cris de joie à mi descente du Colorado, j'etais encore trop crispé pour me libérer. Et puis, cette arrivée, Fantastique ! A 5 ensemble, nos femmes, nos amis sont tous là... La bière aussi, même à 10h du matin! Elle est si méritée....
Quelques regrets, l'abandon ou la mise hors courses de mes amis Poum, Phiphi, Alain et Francesco; mais aussi de pas avoir vu mes amis finishers plus rapides, Didier, Willi et Brice avec qui j'espère un bon arrosage prochainement.
Et un grand bravo à Wilfried, qui est venu à notre arrivée alors que lui avait fini quelques heures avant dans un super temps !
Bravo aussi à Catherine et Christelle, accompagnées de Gégé et Didier pour leur magnifique Bourbon, un gros bisou à Sandrine qui a été hospitalisée suite à une chute dans ce Bourbon.
Enfin, gros merci à coach KIKI, 2eme V3 sur la Mascareigne; avec lui j'ai beaucoup appris.
J'ai fait le doublé UTMB, Diago; c'est un truc qui me paraissait complètement barré, quand j'avais appris que Xavier le faisait en 2012. On doit l'être un peu barré avec Benoit qui malgré ses 4 ans de cours de math avec moi, va finir par passer plus de temps avec moi sur les trails que le total des heures subies au lycée.
Bon, donc c'est promis, le dimanche 13 décembre, je serai à Jardres pour les 10 km; après c'est terminé....

Enfin.... peut-être en Andorre en juillet 2016.. et la Diago en 2017.... Peut-etre

° DIAGONALE-DES-FOUS-2015 : les petits récits plein d'émotion de Didier Pleuchot, François Meunier, Pierre Hay et Philippe Morin

Philippe Morin

L avantage d être hors course le premier c est que j'ai le temps de publier. Tout va bien à part des douleurs des tendons d Achille. Après un début de course jusqu'à Cilaos très rapide peut être trop rapide pour moi (3h d avance sur la barrière horaire) sous la gouverne du captain Jacky, je n avais plus envie de continuer (trop de fatigue, manque de sommeil). Lilou qui est là me conseille de me faire masser les talons qui sont très douloureux et me gênent dans les montées et de dormir un peu. Le kiné me dit que j ai les tendons d Achille enflammés mais cela est supportable pour moi. Une heure de sommeil me remet les idées en place et je décide de continuer. A ce moment là j'ai 1h d avance sur la barrière. J arrive à marla (+9km) toujours avec 1h d avance et comme mes hallucinations commencent je décide de m allonger 1/2 h. J arrive à sentier scout (+10km) à 2h30 et commets l erreur dans la lecture des barrières pour moi la prochaine est à 5h30 au lieu de 5h15 (erreur fatale d 1/4h). Il faut donc que je fasse 7,3 km en 3h tout en sachant que je m interdit de courir la nuit n étant pas trop doué avec mes pieds et que le chemin à ce moment là est souvent à flan de montagne donc très dangereux pour moi. Je mettrais exactement 2h58 pour faire la distance mais avec mon erreur de lecture je serai stoppé par l organisation pour 13', tant pis... Le plus drôle dans tout cela l organisation me dit que pour sortir de Mafate il faudra faire une marche de 4h !!! sans aucune aide et par 35 degrés. La solution aurait peut être été de me laisser continuer sur le parcours afin de bénéficier des ravitaillements. Mais bon c'est le jeu. Voilà ! Retour à la maison après 96 km et environ 30h (plus de montre). La diagonale ne figurera pas dans mon palmarès... Un grand merci à tous ceux qui ont consacré du temps à me suivre les copains, les amis et plus particulièrement Flo (elle comprendra) mes 4 enfants et leurs conjoints, mes petits enfants qui sont encore petits et qui ne comprennent pas encore qui c est ce papy à moitié fou, et surtout à mon amour Lilou qui a su me booster, me soutenir, que ferais-je sans elle ?

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 12:34

Note de Christian Baigue :  Merci Nicolas CERISIER (http://www.autourdutrail.com/) pour la mise en page et le partage de ce superbe récit de l'ami Jean-Pascal !

Bon, j’en étais où déjà ? Ah oui…

http://christian-baigue-de-l-athle-au-trail.over-blog.fr/2015/06/maxi-race-2015-ah-il-est-laaaaaaaaaa-le-jp-par-jean-pascal-bernard-herve.html

« L’avenir ? Je ne sais pas trop, j’ai quelques envies en terme de courses (La Diagonale en 2017), mais j’ai surtout l’envie fondamentale de faire désormais mes courses (en clair, à mon rythme), de me retirer ce poids et cette pression pour enfin passer sur le plaisir que j’ai aperçu sur quelques courses et surtout sur les sorties longues du dimanche matin... Je suis fait pour aller avec des gens qui sont moins forts que moi (je n’ai aucune difficulté à me mettre au service de quelqu’un par exemple, je trouve cela vraiment valorisant), ou pour courir à mon rythme.

Je n’ai finalement plus l’envie de me faire mal et de me dépasser en suivant des coureurs bien plus solides.

Ce CR m’aura servi à verbaliser tout cela. Voilà, le côté compétitif est derrière moi (là où Vincent dans son livre a manifestement réinvesti un espace de compétition avec l’ultra), je n’ai plus cette gnak, plus cette envie. C’est dit. Cela n’empêchera pas la rigueur et l’effort.

J’espère donc pouvoir mettre en pratique à l’avenir ce que j’avais dit à Christian à mon arrivée : « Les objectifs : prendre du plaisir et finir les courses, (...) j’aime juste courir en nature, si possible avec de la boue :-) ».

Oui, oui, plein de boue.»

Dois-je valider cette conclusion ?

Bon vous êtes gentils, c'est mon CR

Bon vous êtes gentils, c'est mon CR

Et comme c’est mon CR celui-ci restera sous l’égide de :

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

Donc, dois-je valider cette conclusion ? Difficile à dire, j’ai appris pas mal depuis cette course, tant à l’entrainement qu’en compétition.

Reprenons dans l’ordre s’il vous plaît...

Cela débute après la Maxi-Race avec l’envie de repartir sur les sentiers. La Maxi aurait pu mal finir, heureusement ces 5 dernières heures de course à remonter, « ramasser » ceux qui explosaient ou géraient mal leur course, m’ont relancé. Ça m’a permis d’apercevoir que sur le long je pouvais prendre du plaisir.

S'ensuit une recherche de Pierre avec Gwen, l’un comme l’autre ont une revanche à prendre, les deux contre des courses qui les ont frustrées pour des raisons différentes. Cela arrive tôt, à mi-juin nous savons déjà qu’une course nous attend en octobre. 

Ce sera la Grande Traversée, une des épreuves des 100 Miles du Sud de la France : http://100miles-suddefrance.fr/fr/

112 kilomètres, 5500 D+, 6400 D-

Départ de Vernet les Bains le 09 octobre 2015 à 17H, arrivée sous 30H (barrière horaire) à Argelès.

Bon, pour le moment, on récupère, et on se projette sur les vacances !

Le mois de juin et le mois de juillet ne seront pas studieux, quelques footings pour le plaisir, mais globalement une belle coupure ce qui sur un diesel et un physique lourd (comme un cheval mort) comme le mien n’est pas tout à fait idéal...

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

J’ai commencé, entre deux ti punch en vacances, à m’interroger sur la future prépa...

Avec un premier déclic : il faut tirer les conclusions des prépas de l’année !

Il ne m’est pas possible de suivre le rythme des coureurs du club, je ne suis pas encore prêt physiquement (le serai-je ?)... Encore trop lourd, trop fragile musculairement, et sujets aux différents pépins tendineux (tendons d’Achille en particulier), avec une capacité assez faible de récupération (pour des facteurs multiples).

Je n’arrive donc pas encore à suivre les prépas de Christian qui sont très exigeantes pour un coureur qui ne fait que rentrer dans sa deuxième année de course (et j’ai une fâcheuse tendance à faire tout ce qu’on me demande de faire en mode bon élève). Que faire ?  

- Christian est hyper engagé pour le club (au point que tout le monde pense avoir le droit de l’emmerder… ça me dépasse), chaque fois que tu lui demandes des conseils personnalisés, il est là, il m’avait déjà demandé de lever le pied à plusieurs reprises durant la prépa de la Maxi et notamment de remplacer la course par le VTT, mais lui en demander plus... Non...

- Appliquer les méthodes que l’on trouve sur le net qui ne tiendront pas compte de tes caractéristiques mais qui visent des « strates » de coureur... Non...

- Suite à l’article de Delphine, aux lectures de son blog (http://www.autourdutrail.com/) et des échanges avec Gwen, je décide de contacter Nicolas Cerisier pour qu’il m’accompagne directement dans cette aventure : 

I - La prépa :

Je contacte très simplement  Nicolas et lui expose le projet et mes questions. 

Nous échangeons par téléphone et nous mettons rapidement d’accord sur mon besoin qui est clair et dont le cahier des charges (que j’ai créé en bon administrateur scribouillard) est vaste : ce sera donc un accompagnement complet pour la  prépa après un bilan général.

Je remplis les éléments pour le bilan puis signe le contrat d’accompagnement.

Moi remettant à Nico mon coupon de remise pour le contrat de coaching. Je ne sais toujours pas si ça l’a fait rire.

Moi remettant à Nico mon coupon de remise pour le contrat de coaching. Je ne sais toujours pas si ça l’a fait rire.

Après plusieurs phases d’échanges, après lui avoir fourni mon planning complet pro/perso et de mes contraintes (respect de la vie pro très contraignante, vie de famille), après une phase d’analyse assez poussée, et l’explication de mes besoins (une prépa non traumatisante et respectant une implication maintenue avec les traileurs du club, point qu’il proposait d'emblée), et de mes objectifs (moins de 24H), je reçois de Nico via Google Drive mon plan personnalisé.

Quel confort ! Je n’ai plus qu’à me mettre sur les rails : course, muscu, VTT, WE choc; respect des mes contraintes, intégration aux sorties avec le club, tout y est !

M’y étant pris comme un manche en contactant Nico trop tard (et Nico ne trouvant rien de mieux à faire que de faire un petit trail outre-Atlantique au lieu de s’occuper de moi...), je fais mes deux premières semaines sur 12 sur la base d’un programme perso, il me reste donc 10 semaines de prépa... 

Le planning d’entrainement est bien plus lourd que mon planning réalisé sur les deux premières semaines, ok...

Ça peut impressionner mais en fait, ça va répondre pleinement à mes attentes : j’arrive à enchaîner entre chaque sortie sans difficultés.

La prépa se fera comme sur un nuage, à une période parfaite (plein été). Chaque sortie est analysée/commentée par Nico et on reprend ce qui nécessite de l’être (bon en fait Nico, est mis à contribution hyper régulièrement, j’ai toujours plein de questions ou de remarques à faire. Apparemment, à la fin de ma prépa, il aurait fait une retraite monastique de 2 semaines pour récupérer).

Pas de soucis de récupération sur le plan musculaire, une véritable découverte pour moi, et pas de problèmes majeurs sur le plan physique (un mollet qui restera sous surveillance à raison d’une séance toutes les deux semaines chez le Dr Bruneteau à Migné pour éviter que la contracture permanente ne devienne plus grave)...

Plus j’avance dans la prépa et meilleures sont mes stats et mes capacités, je suis scrupuleusement le programme sans tricher en respectant la dimension coach/élève :-)

Je suis scrupuleusement le programme sans tricher en respectant la dimension coach/élève.

Je suis scrupuleusement le programme sans tricher en respectant la dimension coach/élève.

Le seul passage de la prépa où je vais me retrouver en difficultés se situera début septembre avec un énorme coup de barre (fatigue générale) à la suite d’un bloc de 10H de course sur un vendredi/samedi/dimanche, fatigue sans impact sur l’entrainement en lui-même...

Je vais mettre deux semaines à récupérer progressivement, mais on ne prépare pas un ultra comme ça.

Au final, ce que je retiens de cette prépa c’est le confort  d’une organisation scientifique planifiée intégralement sur la base de mon planning et le fait que sur chaque entrainement je sais déjà par avance quelles vont être mes sensations car Nico l’a écrit noir sur blanc... c’est assez bluffant, ça doit être un métier non ? ;-)

Je retiens aussi tout le travail sur l’approche de la course (les entretiens téléphoniques prévus), la prépa psychologique et l’ensemble des éléments additionnels sur la nutrition, avant la course et pendant la course... n’en jetez plus !

Un exemple de petit déjeuner chez les Cerisier. Jus de Betterave, Pain des Fleurs, Thé vert.  Je suis certain qu’ils ont des toilettes sèches.

Un exemple de petit déjeuner chez les Cerisier. Jus de Betterave, Pain des Fleurs, Thé vert. Je suis certain qu’ils ont des toilettes sèches.

Mais une fois qu’on a dit ça, il faut éprouver cette super prépa le jour de la course ! Être « bien » à l’entrainement ne sert pas à grand chose...

II ­ L’avant-course 

Départ de Poitiers, 5H30 le vendredi matin, ça pique un peu et ça ne met pas dans les meilleures dispositions pour être en forme durant la course... Heureusement, j’ai fait une nuit correcte.

Pierre est avec son père, fidèle au poste pour nous soutenir comme à la SaintéLyon ;

Gwen est là mais sera un peu éteint durant la journée : cette fois, c’est lui qui subit probablement en raison d’une prépa pas aussi bonne qu’à l’habitude ;

Stéph un de nos potes aussi qui découvre le trail (oui par un 112 bornes, logique hein).

Ah j’oubliais... Gilles Chiron aussi. C’est le greffé de dernière minute.

Après sa promenade apéritive sur l’UTMB et face à la montée en puissance de la jeune garde de l’EPA (mwahaha), il s’est décidé à relancer ses vieux os pour remettre l’église au milieu du village.

Gilles Chiron et la dernière croisade - Palme d’or du montage le plus pourri des 30 dernières années, je me marre tout seul en le voyant.

Gilles Chiron et la dernière croisade - Palme d’or du montage le plus pourri des 30 dernières années, je me marre tout seul en le voyant.

Nous sommes donc 6 dans l’Espace, on s’installe à peu près confortablement et on part.

Au bout d’une heure et demie de route, énorme crampe au mollet droit ???? Je n’ai jamais eu de crampes en faisant du sport et là... La crampe a été tellement forte que j’ai du mal à marcher quand on fait une pause, la douleur restera toute la journée et sera présente durant la course. PAR-FAIT !

Nous arrivons vers 12H et nous partons déjeuner.

Le repas « envoyé », nous rentrons dans la salle pour le contrôle des sacs et la récupération des dossards, il est 14H30, la prépa commence, le stress monte un peu, quelques exercices de respiration pour supporter l’instant, allez passons à autre chose, rentrons vite dans la course.

Cette phase sera un peu pénible, impossible de siester, mais au moins tout le long de cette journée, je ne vais pas subir, je suis dans la course et assez serein.  

III- La course

Le road book :

Ma grande traversée 2015 - par JPBH
Ma grande traversée 2015 - par JPBH
Ma grande traversée 2015 - par JPBH
Possibles points de passage si je veux faire moins de 24H (estimation sur la base de l’analyse de la course de plusieurs coureurs de l’année dernière)

Possibles points de passage si je veux faire moins de 24H (estimation sur la base de l’analyse de la course de plusieurs coureurs de l’année dernière)

Recharge en Effinov ­ protocole hydratation pour la course.

Recharge en Effinov ­ protocole hydratation pour la course.

 

Ah, un point à noter...

Le WE précédent la course, j’ai pris la décision de changer les réglages de la montre : tout sera fait pour savoir où j’en suis et gérer mon alimentation mais en aucune façon pour gérer des points de passage obligatoire.

Je sais que je ne suis pas concerné par les barrières horaires donc je prends le pli de ne regarder mon road book que sur les bases de vie pour faire le point. Mais cela ne sera en aucune façon un élément obligatoire de suivi, un élément de pression en moins pour profiter.

La tactique de course : 

La tactique est assez claire et je suis enfin prêt à faire la course seul si le rythme de mes camarades me l’impose : je pars doucement, gère ma course jusqu’au 50ème et ensuite on verra. En revanche, je suis dans l’optique de faire le dernier tiers seul quoi qu’il arrive pour profiter de ce moment. C’est vraiment ce qu’on a travaillé avec Nicolas, j’ai fait ma tactique, mais il a validé mon changement d’état d’esprit et d’approche.

Néanmoins et si je peux, sans me brûler les ailes, j’essaierai de m’accrocher à Gilles ou Gwen, je sais que Pierre et Stéph partiront trop vite.

Pierre est venu pour faire une grosse course, s’est bien préparé, mais a été un peu malade dans la semaine.

La tactique de course de Gilles m’intéresse : partir doucement et remonter progressivement, je sais que cela me correspond : si je peux courir avec lui, au chaud, ce sera tout bénef’. Je suis aussi conscient qu’il ne me sera pas possible de le suivre jusqu’au bout, il me manque quelques années de trail pour que la caisse soit là.

Le protocole alimentation : 

- Effinov, 0,5L par heure, à raison de 4 gorgées par 10 minutes,

- un cacheton de BCAA par heure,

- des barres en prévision, mais seulement si j’ai faim (et je me rendrai compte que je n’en veux pas durant la course),

- deux sticks coup de fouet pur caféine pour gérer la barre des 4/5H (celle qui m’avait pourri la course durant la Maxi-Race),

- pouvoir grignoter sur les ravitos en fonction de ce que demande le corps,

Le protocole hydratation est celui d’Alain BOUTET qui après la Maxi a gentiment pris 2H au téléphone pour en échanger, je l’ai éprouvé depuis et il a été confirmé par Nicolas CERISIER dans ses fiches pratiques.

Dans le sac :

- du PQ,

- des médocs d'urgence, hors de question de me faire pourrir la course comme à la Maxi...

- des pansements,

- mes sachets de poudre effinov (toujours un de plus que de besoin),

- les points obligatoires listés par l’organisation (notamment du chaud),

Rien de franchement superflu mais j’ai toujours tendance à en prendre un peu trop, notamment de quoi me couvrir étant un peu frileux.

Point d’info : expérience confirmée, les chaussettes épaisses de BV Sport ont tendance à « pelucher » sur des courses techniques où le pied bouge, cela provoque des ampoules. A la première base de vie, je changerai pour des Salomon city-trail assez fines et «  plus sur le pied », ce qui calmera les irritations.

Je ne mets jamais de Nok sur les pieds, je trouve que cela conduit plutôt à des ampoules car le pied glisse dans la chaussette, encore plus si la nok est mise entre les orteils.

J’ai mis pas mal de nok au niveau de l’entre-jambes/fessiers, mais j’aurais dû en remettre sur les bases de vie... on en reparlera plus tard.

Nous partons pour le départ, petite marche de 10 minutes.

Sur la ligne de départ, je remarque une chose, je ne suis pas au départ d’un trail, je suis dans le métro parisien. La mode du barbu a essaimé partout, que des barbes longues... 

Et ouais les mecs, on va bien se marrer dans quelques années…

Et ouais les mecs, on va bien se marrer dans quelques années…

 

Je me demande comment ils vont faire pour la supporter dans la course (oui je suis le spécialiste des questions cons sur la ligne de départ)...

Ici, José Garcia sur la ligne de départ et se demandant s’il va longtemps supporter sa barbe.

Ici, José Garcia sur la ligne de départ et se demandant s’il va longtemps supporter sa barbe.

Gilles, JP, Pierre, Gwen et Stéph - 5 garçons dans le vent

Gilles, JP, Pierre, Gwen et Stéph - 5 garçons dans le vent

 

Là par exemple, je me demande qui est le monsieur en rouge qui s’est incrusté sur la photo.

Le départ ­ Etape 1 ­ La montée au Canigou

 

On attaque donc d’emblée par la montée du Canigou, 11 kilomètres, 1500 de D+, pas échauffés. Un RÉ-GAL ! On a beau le savoir…

On ne part pas trop trop vite, et j’essaie de suivre Pierre et Stéph.

Au bout de 2 kilomètres ça commence à marcher au bout de 3 on est dans le dur : des chemins très pierreux (ça ressemble à « la belle Aurore » en plus raide), abrupts, techniques et qui demandent de la puissance.

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

 

Globalement Pierre et Stéph’ mettent un gros rythme sur ces montées, ça va trop vite pour moi, je refuse de m’accrocher pour ne pas m’user sur cette partie, on fait donc le Yo-Yo (alors que je ne cherche pas spécialement à les rejoindre), je ne comprends pas trop ce qu’ils font, s’ils m’attendent ou pas, mais bon je fais ma course... 

Je crois comprendre que Pierre gueule parce que Stéph va trop vite, mais hé, que serait Laurel sans Hardy hein ? ;-)

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

 

Je monte donc quasi tout seul pendant une heure trente...

Comme à l’habitude, les premières heures sont douloureuses, physiquement et mentalement.

Mentalement, je suis parasité par des pensées stupides qui ne correspondent nullement à mes envies : pourquoi continuer... pourquoi souffrir...

Et ces pensées touchent un peu leur cible parfois...

Non, je déconne hein, plutôt crever que d'abandonner.

Non, je déconne hein, plutôt crever que d'abandonner.

Fait incroyable en montagne, plus on monte plus ça caille méchamment (nous sommes partis par un prompt renfort à près de 20 degrés à Vernet), on sue beaucoup sur cette première montée, un poil dangereux ça. 

Sur une transition dans cette montée, je m’arrête, et je mets un pull, pas du luxe. 

Qui vois-je arriver vaillant dans l’adversité ? Mon Gillou qui marche à un train d’enfer de manière hyper régulière. 

Gilles gravissant le Golgotha.

Gilles gravissant le Golgotha.

 

Je sens que c’est le bon wagon, je m’accroche, parfois je perds quelques mètres mais je fais en sorte de rester avec lui. 

C’est ça monter à bon rythme en marchant ? Sincèrement je découvre ce jour là ce que c’est que de monter vite mais en étant sur un vrai rythme de trail : régulier, économe, les bâtons alignés. Autant vous le dire tout de suite, je vais prendre une leçon pendant de nombreuses heures dans les côtes. 

J’ai plus appris sur cette course dans les côtes qu’en un an de trail avec le club et pour cause ! Au club, on ne peut travailler que sur des courtes séquences, là le terrain de jeu, ce sont des côtes de 10 bornes...

CP 1 – Refuge des Cortalets

Nous arrivons au premier ravito (9,7 kil sur les 11) qui est important pour moi car je dois charger en eau : 2 litres, pour pouvoir aller directement jusqu’à la base de vie d’Arles (Kil 36).

Nous sommes au Refuge des Cortalets en 2H17, j’avais prévu 2H45 car l’année dernière les temps de passage étaient moyens, un peu circonspect là haut donc.

On a récupéré Pierre et Stéph’ qui venaient à peine d’arriver on les a revus dans la fin de la montée.

Un peu de soupe chaude, je m’habille, installe la lampe (en gueulant parce que les fils sont emmêlés, logique).

Je vais y arriver quand même

Je vais y arriver quand même

 

Etape 2 ­ la descente vers Arles

Gilles me dit de prendre mon temps et on repart tous les deux, Pierre et Stéph’ n’ayant pas traîné. On voit Gwen arriver au moment où on part, je le trouve vraiment marqué, je suis inquiet pour sa course…

Petit morceau de chocolat offert par Gillou, hop, on finit la montée.

Il est krôôôômignon

Il est krôôôômignon

Fort heureusement, ça commence vite à descendre, ça y est je vais pouvoir souffler enfin.

Je vais donc suivre Gilles en restant bien planqué derrière, ça me rassure qu’il mette le rythme, c’est très technique, ça m’évite de perdre des plumes à partir trop vite et puis Gilles descend bien, je pourrais passer mais je ne suis pas encore très sûr de moi et de mes cannes sur cette course.

On alterne les montées et les descentes, on rattrape Pierre et Stéph’, ils accélèrent et repartent, leur course est quand même assez bizarre... ou un truc m’échappe à ce moment de la course ?

Je commence à être un peu moins bien vers 21H, ça y est je suis rattrapé par cette saleté de transition énergétique… 

Mouiiiiiii

Mouiiiiiii

 

Je ne parlais pas donc pas de « cette » transition énergétique, mais bien de celle qui correspond à l’épuisement du glycogène musculaire et du passage à la filière longue, cette même transition qui m’avait fait mal à la SaintéLyon, aux Piqueurs, à La Maxi ou durant le WE choc au Sancy, toujours au même moment…

J’attaque donc cet infâme gel/pâte à la caféine pour avoir un coup de fouet. Je serre les dents pendant une heure et ça passe. Je ne le sais pas encore, mais je n’aurais plus un seul vrai coup de barre de la course.

On passe finalement à Batères CP2 à 22H, c’était le temps de ma feuille de route, mais je n’ai pas cela en tête à ce moment là, je commence vraiment à rentrer dans ma course.

On s’arrête pour une petite soupe et un café, et je donne mes spasfon à Pierre qui nous apprend qu’il est vraiment mal : il ne s’alimente plus, il est rattrapé par la gastro de cette semaine et du coup la course est difficile pour lui, je comprends enfin ce qui se passe.

On prend un truc chaud rapidement avec Gilles et on repart, sur une portion de route d’un kilomètre qui fait du bien... Puis nous basculons dans les chemins assez raides et techniques, j’emmène, on rattrape à nouveau Pierre et Stéph.

Pierre vient de chuter, il a mal au genou. Quand ça veut pas...

Pendant les deux heures qui suivent, Gilles aussi est vraiment mal... somnolent, fatigué de l’absence de vraie nuit de sommeil, il est dans le dur !

Je suis passé devant et c’est moi qui emmène sur toute cette longue descente, je l’attends régulièrement, on cause beaucoup, on a le temps de se raconter nos vies. Pour moi ce sera un moment très sympa, pour lui une façon de pas trop s’endormir...

- « ça va Gilles, ça t’aide un peu de causer ? »

- « Non »

- « Ok » 

(connard)

Sur les 2 derniers kilomètres, on rattrape à nouveau Pierre et Stéph, je les double et pars seul car je souhaite arriver au ravito pour avoir le temps de préparer mes affaires : je suis très lent dans ce type de situations et je ne veux pas les ralentir.

J’envoie donc un peu plus, j’arrive dans Arles, je me dis « tiens et si j’économisais la lampe ? », je l’éteins...

Et me paume... Raaaahhhhhhhhhhhhh mais quel con !!!! 

Ma grande traversée 2015 - par JPBH

 

Je vois Pierre et Stéph qui se plantent aussi et Gilles tranquillement qui nous appelle montrant le chemin (Jésus hein...). 

On repart vite, on met du rythme et on arrive à la base de vie. 

Faisons le bilan...

La Base de vie d’Arles ­ Kilomètre 36

Pierre est au plus mal, très blanc, avec des crampes d’estomac, il part voir le médecin.

Gilles est très fatigué, s’allonge sous la table pour dormir.

Stéph a faim. Il mange.

Bon.

Du coup, je me change, prépare mon sac de manière complètement désordonnée. Je suis prêt, je vais donc manger une soupe.

Pierre est au bord de l’abandon, Gilles essaie d’émerger.

Stéph a faim. Il mange.

Je regarde les sms, installe mon téléphone de façon à voir les sms débouler sur le reste de la course d’un simple geste (et donc je les verrai tous au fur et à mesure, quel pied !).

Je reprends une soupe au vermicelle car je commence un peu à m’ennuyer.

Pierre abandonne malheureusement, c’était la seule décision à prendre, je suis vraiment triste pour lui, il ne méritait pas ça.

Gilles s’habille pour repartir, finalement ça va mieux, il n’abandonne pas.

Je crois que Stéph a faim, il mange. :-)

On sort de la base de vie avec Stéph, on attend Gilles 2 minutes interminables, c’est ça les stars.

Nous sommes restés 40 minutes, c’est trop, ça me fait penser à ce que Pierre a subi sur la base de Doussard avec moi...

Etape 3 ­ vers Montalba

Nous partons d’Arles et nous allons attaquer une patate tout à fait redoutable : 4,3 kilomètres de montée, 620 de D+.

Dans cette montée, c’est clairement hard, cette pause m’a un peu coupé les jambes et surtout j’ai un truc bizarre... J’ai mal au ventre...

Pendant 20 minutes je vais avoir envie de vomir les deux soupes au vermicelle, quel manque de lucidité !!!!!

T’avais repéré Godzilla toi ? Garde tes leçons de morale sur la lucidité...

T’avais repéré Godzilla toi ? Garde tes leçons de morale sur la lucidité...

Naturellement, nous arrêtons de suivre Stéph qui monte trop vite, avec une marche plus régulière, ça va mieux, ça passe.

Globalement dans cette montée je souffre pas mal quand même car c’est très technique, ça demande beaucoup de puissance et Gilles est clairement sur son terrain (Didier Pleuchot m’avait dit que c’était sa force !).

Je repère aussi que Gilles régulièrement m’attend à la sortie d’un virage, il ne prend pas beaucoup d’avance, ça me permet de m’accrocher. Nous arrivons au sommet de cette côte bien cramés.

Je touche du doigt mes limites sur les côtes, un manque de puissance sur ces passages : je sais aller vite et être explosif sur une montée de 100m, c’est autre chose quand cette montée fait 3 kilomètres...

Stéph, lui, a battu le record de l’épreuve sous les vivats de la foule et l’organisation lui remet une bouteille de champagne pour arroser les hôtesses à (gros) seins nus.

Mmmmmhhh, Nan !

En fait, il est accroché à un arbre assez marqué par l’effort, mais il tient à peine debout et s’effondre au sol sur le chemin en essayant de s’asseoir quand on arrive. Il bougera à peine quand des coureurs passeront sur la trace et seront obligés de le contourner.

Ici, Stéphane se tenant à un arbre... Ou une coureuse de l’EPA 86 sortant de la Tomate Blanche, je m’y perds dans ces photos...

Ici, Stéphane se tenant à un arbre... Ou une coureuse de l’EPA 86 sortant de la Tomate Blanche, je m’y perds dans ces photos...

Gilles s’assoit et change la batterie de sa Petzl, je récupère.

Tout le monde se remet en route, Gilles ouvre un peu et rapidement je passe devant pour emmener le groupe dans la descente.

Au bout de 30 minutes environ, je sens que j’ai besoin de me dégourdir les jambes et que le rythme ne me convient pas trop, donc je commence à partir pour me faire un peu plaisir et sans pour autant lâcher les chevaux je relance régulièrement et rentre sur plusieurs coureurs.

Cette petite partie sera un des meilleurs souvenirs de la course : mono-trace en forêt qui permet des relances, quel pied après 9H de course !

J’arrive finalement à Montalba, CP4, et me prends du thé chaud, je discute avec les bénévoles.

Gilles arrive sous 3/4 minutes, Stéph au bout de 5/6 minutes environ, très marqué.

Je discute avec lui, je le sens touché, il me dit qu’il ne sent plus trop ses cuisses. Il se tient sur ses bâtons et ça tangue un peu.

Ce qu’il a déjà réalisé est énorme, à la hauteur des capacités hors-normes du bonhomme :  47 bornes, avec du D+, certes il a fait la prépa avec Pierre, mais il n’a pas l’expérience de la course en montagne et attaquer par un 112 bornes...

Il est hésitant sur la suite à donner, je lui dis ce que j’en pense vraiment : je lui conseille d’arrêter car là ce qui l’attend il n’y aura pas de point d’extractions avant un bout de temps... Nous allons rentrer dans le cœur de la nuit, la période la plus dure, et de surcroit, sur un passage difficile techniquement pour la montée. Il prend la décision d’abandonner.

Un bisou et on repart.

Je suis soulagé, je dois l’avouer, je le trouvais fatigué et touché mentalement et physiquement, la suite me paraissait dangereuse en pleine montagne...

Il est 3H du matin, nous aurions dû passer là vers 2H20 si j’avais suivi la feuille de route. Je ne l’ai regardée qu’une fois depuis le départ : à Arles, grand bien me fasse... 

Courir de nuit gomme un peu les dénivelés et a un côté un peu irrél, le temps est suspendu et tu avances sans trop te poser de questions, regarder ta montre... Tu attends seulement l’étape d’après, le lever du jour...

Etape 4 ­ Vers Puits à Glace ?  Ou Las Ilias ?

On part pour 2H20 de montée, 6 kilomètres et 833 de D+.

Ça va être long... en fait je vais trouver ça plus dur que le Canigou : la fatigue et la technicité nous feront monter à un rythme vraiment lent.

Là encore Gilles ouvre la route, je m’accroche et profite de son pas. Il m’attend parfois quand l’écart est de 4 à 5 mètres (ou je me fais un film), ça fonctionne bien.

« Ça fonctionne bien » - Allégorie

« Ça fonctionne bien » - Allégorie

On arrive au sommet et nous pensons redescendre. 

En fait, nous allons rester au sommet dans un passage interminable où l’on doit sauter de rochers en rochers, contourner des blocs, quelle plaie cette partie.

Dans ces moments, on se concentre et je mets en place les techniques de mentalisation de Nico.

Technique de mentalisation, se focaliser sur des petits plaisirs. Ici, le chat d’Orianne.

Technique de mentalisation, se focaliser sur des petits plaisirs. Ici, le chat d’Orianne.

Nous arrivons enfin à Puits à Glace, deux gendarmes avec de l’eau et deux trois trucs à grignoter qui nous indiquent que Puits à Glace est à 4 kilomètres en dessous, et Las Ilias encore 4 kilomètres après. 

Nous sommes attendus par la 3ème féminine qui nous engueule parce que nous sommes pas rentrés assez vite sur elle et qui demande si on peut courir ensemble. Nous acceptons naturellement et faisons une descente vraiment rapide.

Après 10 kilomètres, en arrivant à Las Ilias on se rend compte que c’étaient eux Puits à Glace... Bravo les champions ! 

Ce sera globalement le seul couac d’une organisation exceptionnelle : des balisages parfaits, des ravitos bien organisés et des bénévoles charmants.

J’aurais dû charger en eau à Puits à Glace, je le fais finalement à Las Ilias, je n’ai pas trop mal géré la boisson jusque là donc pas de souci. 

Je bois un café, on recharge, on va rester 10 minutes au chaud.

Il est 6H20, j’aurais dû passer à 5H40 pour passer sous les 24H.

Je ne regarde toujours pas le tableau de marche, je n’en sais donc rien. Je reçois juste les sms m’indiquant qui passe avec moi, où sont les autres, etc.

Etape 5 ­ Vers le Perthus

Nous repartons tous les trois, et arrivons au sommet de la principale difficulté avec le jour qui commence à se lever. Quel bonheur ce lever de soleil : il n’est pas spécialement beau, mais je sens que mon corps s’éveille lui aussi, je me sens plein de sève. :-)

Ça s’appelle l’adolescence et ça n’est pas sale.

Ça s’appelle l’adolescence et ça n’est pas sale.

 

Nous faisons une pause en haut car Gilles commence à avoir vraiment mal aux pieds.

Les descentes techniques ont effectivement pas mal sollicité la voute plantaire.

Gilles m’a dit à plusieurs reprises dans la course de faire ma course et d’y aller si je voulais, mais je ne le sentais pas, j’avais plus à gagner et à apprendre en restant donc j’ai refusé jusque là. 

Là il nous le redit, on l’attend quand même, mais l’idée commence à faire son chemin. Nous repartons au bout de quelques minutes et dans les descentes, on accélère naturellement avec la 3ème féminine, on perd Gilles rapidement.

Enfin voir les paysages, c’est tout de même un autre plaisir, ça me pose la question de cet horaire de départ en fait… Toujours est-il qu’on peut enfin 

Oui, bon en fait des fois, les paysages de montagne, ça a ses limites…

Oui, bon en fait des fois, les paysages de montagne, ça a ses limites…

Sur cette partie, ce sont des sentiers assez propres, aisés pour la relance, c’est clairement mon terrain de jeu.

Je relance de plus en plus et au bout de quelques minutes, voyant que c’était difficile pour elle de suivre, je décide d’accélérer pour partir seul, pas envie de l’attendre.

Je vais faire 5 ou 6 kilomètres devant et j’arrive au Perthus après être passé par la citadelle.

Là, Pierre et son père sont présents, ça fait un bien fou... Pierre va mieux, et il a des cannes, il court avec moi pour arriver à la base numéro 2.

La base de vie du Perthus – Kilomètre 78 : 

Bilan :

- les jambes sont top, pas de douleurs,

- pas de fatigue,

- parfaitement lucide.

Sur la base, je m’installe, on m’aide pour mes affaires.

Je me change complètement le haut, m’allège considérablement mais ne touche pas au bas.

Les pieds semblent ok, l’entre-jambes est très échauffé, mais je ne sais pas si ça ne sera pas pire si je change de cuissard donc bon... 

Je vois mon Stéph débarquer avec une tête de déterré, il est encore marqué, il prend mon camel et gère le remplissage.

Gilles nous rejoint au bout de 10 minutes, je vais tout de même rester 28 minutes sur place à discuter (en restant debout en permanence), moment vraiment sympa.

Juste avant de partir, je demande à Gilles si je l’attends...

- «  vas-y fais ta course, de toute façon, je ne sais pas si je continue, il faut que je regarde mes pieds... et puis si je continue, tu le sauras très vite, je serai juste derrière toi :-) »  

(connard, bis, je t’en foutrai de la compassion…)

Gwen est très très loin derrière, la course est difficile pour lui. Il s’accroche, c’est chouette.

Il est 9H20 : j’ai donc 7H40 pour arriver, 34 kilomètres à faire pour réussir ce challenge. 

Ça va être compliqué de le réussir, car même si je finis en forme, la fin de course est généralement plus lente, enfin c’est ce que mon manque de confiance en mes capacités me dit...

Etape 6 ­ Vers l’infini et au delà

Dans la course, parfois on se focalise sur les mauvaises choses... Ici le départ du Perthus, j’ai failli m’arrêter pour convoquer le responsable de la voirie ou pour tuer un chat.

Fumier, va... Je te souhaite de souffrir gravement, si possible d’un truc colo-rectal.

Fumier, va... Je te souhaite de souffrir gravement, si possible d’un truc colo-rectal.

J’attaque donc la montée, avec pour objectif : finir fort, et devant Gilles. Je sais que s’il repart ce sera pour rentrer, je ferai partie de ceux qu’il « ramasse ».

Hors de question. :-)

11 kilomètres, 950 de D+, un terrain de jeu idéal pour Gilles s’il lâche les chevaux. Voilà mon nouveau challenge !

Au bout de 30 minutes, je demande à Pierre par SMS où il en est : « Il remet ses chaussures, il demande si tu es déjà là-haut. ;-) » 

Le salopard !!! L’intox continue.  :-)

Il veut remonter et reprendre du temps sur cette partie (il me le dira d’ailleurs à l’arrivée), j’accélère. Il sort avec 42 minutes de retard.

Au final au CP 7 de Col de L’Ouillat, je passerai en lui ayant pris 11 min dans cette ascension (DTC), soit 53 minutes d'avance, j’en suis informé très tôt par SMS : ça sent bon, surtout qu’il n’y a toujours aucune baisse de régime à mon niveau.

A partir de là, je ne m’occuperai plus de gérer ou non l’avance sur Gilles, je cours, point.

Pour être sincère, je crois que je vais juste « oublier » cette question et revenir dans ma bulle.

Enfin, sauf à un moment : SMS de Nico,  «… c’est le dernier tiers le plus dur sur cette course, mais je sais que tu peux assurer… ». Merci Nico, t’es un pote , vraiment.

Moi, après le SMS de Nico… J’ai failli me jeter d’une falaise.

Moi, après le SMS de Nico… J’ai failli me jeter d’une falaise.

CP8, Col des 3 Hêtres vers 12H50 après 1H40 d’une ballade sur des chemins un peu monotones et un mano à mano avec un anglais qui fera tout pour m’empêcher de rentrer sur lui. 

Je le rattrape pile sur le ravito, on discute avec les bénévoles qui nous préviennent : « attention, là vous partez pour 3 kilomètres de descente très techniques, au moins une heure, puis une petite montée de 400 D+, nouvelle descente et c’est fini vous arrivez à Argelès ».

Présenté comme ça, je me dis que ça va être du gâteau.

http://www.dailymotion.com/video/xwd6p_muppet-show-mah-nah-mah-nah_fun

3 kilomètres pour relancer et distancer mon anglais (Je l’aime pas, je ne sais pas pourquoi, mais je l’aime pas), en réalité, je vais attaquer la seule partie de la course qui sera un véritable calvaire, une descente, une falaise parfois, avec des niveaux de D- entre 20 et 35%, le tout sans aucune trace, juste des passages où l’on doit sauter de rochers en rochers, mes quadri vont lâcher ici définitivement.

Je vais mettre 1H10 sur cette descente. 

La montée qui suit ne sera pas très longue mais très technique, rien d’une monotrace sympa, et il fait de plus en plus chaud. Je me fais doubler dès le début par deux coureurs, qui débarquent sans que je comprenne... Puis, j’en reprends deux, ils s’accrochent, je décide de les lâcher au train dans la montée, ils explosent. C’est bon ça !!!!!

Arrivée au CP9 ­ Chapelle à 15H. 

C’est gagné. Pourtant, je ne vais penser qu’aux poursuivants, car je me suis fait doubler sur le ravito par un coureur qui lui, ne s’arrête pas. Quel imbécile !

Je finis la descente en roue libre et un peu moins lucide, je ne sais pas si j’ai vraiment du monde derrière moi et j’accélère dans Argelès pour éviter de me faire doubler (dans les faits, le 50ème, mon anglais, arrivera 16 minutes après moi...) et me tape 3 ou 4 kilomètres à bon rythme.

Ligne d’arrivée à 15H53, en 22H51 de course. J’ai donc mis 6H31 pour faire ce dernier tiers de 34 kilomètres au lieu des 7H40...

Pierre m’attend à 200m de l’arrivée, on avance un peu ensemble et il me laisse finir…

Je pense ne pas être bien frais sur la ligne d’arrivée, je n’exulte pas spécialement, trop fatigué.

Gwen, Gilles et moi sur la ligne de départ / sur la ligne d’arrivée.

Gwen, Gilles et moi sur la ligne de départ / sur la ligne d’arrivée.

Classement

Je n’ai pas trop le classement suivi durant la course, je voyais les messages de mes enfants qui étaient à fond et s’en chargeaient.

Je regardais ça d’un air amusé sans y attacher trop d’importance, seuls les SMS étaient importants.

Les points de passage.

Les points de passage.

Classement dans la course :

CP1 : 70ème

CP2 : 67ème

CP3 sortie : 74ème

CP5 : 63ème

CP6 sortie : 54ème

CP7 : 54ème

CP8 : 50ème

CP 9 : 48ème

Arrivée : 49ème.

La course

Au final cette course, tant décriée l’année dernière s’avérera être la même cette année ! J’étais persuadé qu’ils la rendraient plus roulante.

Il n’en fût rien : c’était le même parcours qui avait tant fait jaser sur les blogs et qui avait fait fuir les participants (la moitié de moins cette année, à tel point que nous nous demandions s’ils pourraient la maintenir).

Nous nous sommes donc retrouvés dans une course extrêmement difficile (heureusement très bien organisée et balisée) et technique, trop pour notre 1er + de 100 kil, mais quel baptême du feu...

L’après-course

Je vois des coureurs arriver au fur et à mesure bien amochés, marchant péniblement, parfois l’organisation les arrête et filme une interview.

Je trouve ça un peu dur vu leur fatigue...

La boite de com’ sur la ligne d’arrivée, en pleine interview.

La boite de com’ sur la ligne d’arrivée, en pleine interview.

La suite sera un long parcours du combattant...

- D'abord douche, assez loin et à l’eau froide, ça c’est moyen.

- Puis les soins : 

Ma grande traversée 2015 - par JPBH
  • Bilan, deux podologues à temps plein pendant 10 minutes, le talon droit qui n’est qu’une cloque, les orteils bien enflammés avec pas mal d’ampoules. Ils vont faire mumuse avec des seringues et l’éosine...

Point positif ? Je n’ai rien senti jusqu’à l’arrivée, juste une vague sensation que ma peau bougeait sous mes pieds...

C’est aussi à cela qu’on voit qu’une course est très technique, les descentes pierreuses font beaucoup de dégât.

  • Temps de kiné pour un petit massage qui ne servira pas à grand chose mais calmera le feu des cuisses et des mollets.

- Puis un petit Mac Do, et ensuite tout sera une longue descente dans un demi coma avec une lucidité de plus en plus précaire... 

J’essaie de tenir la conversation avec Pierre et Stéph, puis avec Gilles qui arrive au bout de 24H10.

Moi j’ai fait 22H51 (c’est important de le re-préciser pour ceux qui auraient déjà oublié).

Arrivée de Gwen au bout de 28H de course, je suis dans la voiture, je dors, désolé mon Gwen…

Je repense aux photos de Vincent à l’arrivée du Tor des Géants et me dis qu’à mon humble niveau de course, je ne dois plus en être très loin...

En fait, j’ai écrit ça juste parce que je voulais mettre cette photo de Vincent Hulin à l’arrivée du Tor des Géants.

En fait, j’ai écrit ça juste parce que je voulais mettre cette photo de Vincent Hulin à l’arrivée du Tor des Géants.

Moi je ressemble plutôt à ça (bien rougeaud pépère) :

Je voudrais vous y voir après 22H dehors…

Je voudrais vous y voir après 22H dehors…

 

- Arrivée à la maison vers 5H30 du matin le dimanche, on marche salement  en canard...  et là idée lumineuse : tiens si je prenais une demie-heure pour vider les sacs, madame descend et me rejoint pour discuter pendant que je fais le tri des affaires.

Madame descend et...Oh c’est quoi ce bordel ??

Madame descend et...Oh c’est quoi ce bordel ??

Donc Madame descend et s’installe à mes côtés, on papote :

Excusez sa tenue négligée, il n’est que 5H30 du matin après tout...

Excusez sa tenue négligée, il n’est que 5H30 du matin après tout...

 

- Le dimanche réveil vers 11H15, la journée se passera entre le canapé et le jardin pour essayer de se dégourdir les jambes un peu.

Le lundi matin pesée officielle, 75,8. Je pesais 78 kilos le vendredi matin de la course, j’ai donc dû perdre entre 3 et 5 kilos durant la course, je ne m’y attendais pas spécialement (et je ne le ressens pas spécialement d’ailleurs).

Le lendemain et la semaine qui suit seront tout de même bien au radar, une fatigue générale importante...

En revanche pas les petites phases de « moins bien » en terme d’humeur aperçues après la Maxi et qui sont bien connues des traileurs.

- Maintenant, on se focalise sur la récup’, et on attend le programme 2016 du club, afin d’essayer d’y coller.

Vous commencez à être sérieusement désobligeants.

Vous commencez à être sérieusement désobligeants.

Les enseignements ?

- la prépa avec Nico : validée

- le protocole hydratation : validé

- la gestion d’avant-course : validée (enfin)

- la tactique de course : ok, réflexion à poursuivre

- plus de 100 kil : ok

On peut donc commencer à regarder au dessus en 2016... A suivre !

 

Caresses et bises à l’oeil.

Jp.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 21:24
AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B
AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

A Chamonix,
C'est le départ.
Sur la place colorée,
Des milliers de regards,
Ou les yeux clos, ou l'on se targue
Dans quelques instants, après l'hélico et le vol du Pygargue,
Dans la foule bigarée, nous serons lancés.

Pour moi c'est la grande mare, c'est le grand saut.
Je l'ai rêvé tant de fois ce départ,
Mais là, c'en est trop...

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

J'entends mon nom et je vois Thierry Pintureau.
Mon cœur explose,
Ma vue se brouille,
C'est l'apothéose
et en même temps quelle trouille !

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Nous sommes partis
Pour le grand chemin.
Tant de magie, tant de petites mains,
Tous ces bravos nous font du bien.
Bientôt nous serons haut, nous serons loin...

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Au Délevret,
Je crois rêver :
Le soleil nous salut
Il offre ces derniers rayons.
Les montagnes embrasées ont alors revêtues,
Leurs habits de lumières et de feu.
Je suis si émue, j'en prends plein la vue.

Au col du Bonhomme,
Une nuit douce nous enveloppe.
Serpentin lumineux de femmes et d'hommes,
Nous ne sommes plus qu'une guirlande d'électrons.
Dans l'effort silencieux mais à l'unisson,
Les souffles chauds et le cliquetis des bâtons.

Je me retourne, c'est si beau.
J'en redemande, je regarde à nouveau.
Au-dessus, elle nous domine,
Bienveillante, elle illumine,
Car elle est en cet instant magique,
Un spot à son faît des ses possibilités électriques.
La lune ronde et pleine est la reine de tous ces lumens.

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Aux Chapieux,
C'est la surprise !
Nez à nez avec un visage familier,
Un grand gaillard fatigué
Debout mais encore à demi endormi,
Cédric les yeux hagards
« Que fais tu là ? ». Ces 4 mots suffisent,
Quelques phrases échangées, une bise,
Nous repartons ensemble,
Affronter avec lui les Pyramides Calcaires,
Je me sens soulagée car je crains un calvaire.

Nous franchissons ce passage périlleux.
Je redoutais ces cailloux blanchis,
C'est sous le regard d'un drone curieux.
Que je descend prudemment jusqu'en Italie.

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Cheminant ainsi jusqu'au matin
Vers 11h00, Courmayeur est atteint.
« La course commence ici » m'avait-on dit,
Il faut donc avoir pris soin d'en stocker de l'énergie !

Refaire le plein, dans cette salle immense,
Où s'entassent des corps endoloris
Ce n'est pas simple sans assistance.
Pour moi Jerôme est là, j'ai bien de la chance.
Manger, se laver, se changer, sont des priorités.
Repartir à neuf, comme au départ,
Dans mon esprit, c'est une stratégie,
Je suis de retour vers Chamonix !

Pas le temps de moisir, il faut repartir !
Cédric me presse, « Ici, tu ne dois pas dormir ».
C'est décidé, nous repartons, encore à l'unisson.
Direction Bertone, et là ça cogne...
Grosse ascenscion sous un soleil de plomb.
Il est déjà loin mon compagnon.
Au ravito, je fais le plein d'eau,
Je sens bien que le chemin sera long....

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Alain m'avait dit: « Si tu cours Bertone-Bonatti,
Tu en doubleras des éclopés ».
Sur cette portion, j'ai porté ma croix,
Essayant de courir ou de faire de grands pas,
La fatigue se fait de plus en plus ressentir,
Ici, la naufragée, c'est moi.
Mes jambes refusent d'avancer, la fatigue m'envahit.
Alors c'est décidé, c'est à flanc de rocher que mon corps s'assoupit.
Dix minutes et c'est reparti, me voilà requinquée.
Pourtant, à petits pas m'approchant d'Arnuva,
Elle monte en moi cette perfide voix :
« C'est ici que tu abandonneras »
J'ai beau lutter, elle me harcèle.
Mon esprit est troublé par le manque de sommeil,
Et je vois déjà J.P. sur ce parking en bas,
Il viendrait me chercher, je me sens tellement las.
Dans ma tête c'est fini, hors délai je suis...

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Arnuva : Laminée, je réalise soudain,
Que toutes ces idées noires étaient toutes illusoires !
Je suis dans les temps.
Prendre un peu de repos et puis tout ira bien.
Je m'allonge vingt minutes dans la tente des soins.
Soulagée d'avoir traversé ce mauvais moment.

Axelle, il faut y aller, après une pause bien méritée.
Une soupe avalée, quelques bouts de bananes,
Du sucré, du salé, surtout éviter la panne.
Il est là, il t'attend :
Le Grand col Ferret. J'imagine Cédric déjà là-haut.
C'est une nouvelle course pour lui, il a changé de stratégie.
Où sont les autres ? Dix minutes devant, chemine Pierre Hay,
Déjà reparti pendant que je dormais.
Je m'élance à l'assaut de ce célèbre sommet.
Qu'il est long, qu'il est haut !
Mais bon sang que c'est beau.
Sous un soleil radieux,
Nous sommes à la queue leu leu.
Je tiens le rythme de mes compagnons,
Mais c'est bien en silence que nous nous motivons.
Préserver ses forces, son souffle, il fait si chaud !

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Une étape de plus est passée,
Nous voici en Suisse, nouvelle frontière,
Sans barrière, juste un défi qui brûle les cuisses....
Pas envie de traîner là-haut,
Se faire pointer, prendre de l'eau,
Je m'engage dans la descente presque aussitôt.
Les jambes vont bien, pas de bobos,
Je repense à Jacky, « C'est devenu un boulevard ici !
Il va m'entendre Gérard ».
Pour quelques minutes, c'est la bagarre entre les deux lascars!
J'avance bien, j'en double quelques uns.
Enfin une femme à l'horizon !
Je la rejoins, nous discutons.
Pendant quelques mètres, nous échangeons
Des morceaux de vie, que nous oublierons.
C'est aussi une stratégie, la communication,
Alain me l'avait dit, parler peut t'aider aussi à avancer.

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

A la Fouly, des visages familiers,
Que c'est bon de les retrouver,
Jerôme, Wilfried, Gilles, Sophie, leur fille et JP,
Leur sourires, leurs regards, impossible de les oublier.
Après une telle montée,
Se ressourcer, est une priorité.
Sur mes besoins essentiels,
Je reste concentrée, car c'est la clé.
Je me dis : « Tu vas y arriver »
Garder le rythme, ne pas s'affoler,
Je préfère ne pas m'attarder,
Car c'est à Champex que je dormirais.

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

A Champex, début de soirée,
Dans cette salle surchauffée,
Je me sens vraiment affamée, épuisée.
Je veux dormir, Jerôme a tout prévu,
Loin, à l'abri de cette foule et du bruit,
C'est dans sa voiture, que j'ai un petit nid.
Trente minutes d'arrêt et c'est reparti.
Je la redoute cette deuxième nuit...

Je m'engage seule dans le noir,
Pour gagner la Giète, j'ai de l'espoir.
Dans cette montée, quelques ombres,
Elles avancent. De plus en plus éparpillés,
Nous ne sommes plus en surnombre.
J'essaie de les rattraper,
Ils s'éloignent, je sais qu'il faut à présent s'associer,
Mais je m'effondre...
Ma vue se brouille, que m'arrive-t-il ?
Je tente de lutter, tout devient flou.
Je sens que je vais m'échouer, tel Crusoë sur son île.
Je vacille, pourtant je ne suis pas saoul,
Du manque de sommeil je suis ivre et ne tiens plus debout.
Je me sens naufragée, au milieu de cette montée.
Contrainte et forcée, je dois m'arrêter.
C'est un besoin impérieux,
Et pourtant je ne veux pas fermer les yeux.
Même pas la force de mettre une sonnerie.
Je me dis c'est que fini, la nuit je la passerai ici...

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Dans un laps de temps mystérieux,
Deux voix me tirent de mon somme brumeux.
« Est-ce que ça va ? Me dit l'un d'eux.
« Juste envie de dormir » je réponds d'un ton vaporeux.
« Viens avec nous, ne reste pas là.
La nuit est fraîche et si tu te refroidis, c'est fini.... ».
Cette main tendue, des conseils bienvenus,
Sans eux, sans aucun doute, j'étais perdue.
J 'avale un gel à la caféïne, je mange un peu,
Nous repartons en marchant, je vais mieux.
Cheminant lentement mais régulièrement,
Avec mes nouveaux amis, je suis rassérénée,
Le rythme est régulier, nous faisons connaissance,
C'est Jean-Philippe qui donne la cadence.
Qu'il avance bien le jurassien,
De bonnes jambes et le cœur sur la main.
Avec Anne, nous discutons, ils m'entourent,
Et par chance, Jean-Phi. connaît le parcours.

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

La descente jusqu'à Trient sans encombres,
Le jour se lève, plus de pénombre.
Nous retrouvons nos accompagnateurs,
Une bonne soupe, de la chaleur,
Un repos à nouveau salvateur.
Nous nous donnons rendez-vous.
A présent, c'est Catogne qui nous attend.
Pour avaler le dénivelé,
Une seule méthode, lever les genoux !
Le rythme est bon et régulier,
Nous nous encourageons, dans cette rude montée.

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Vallorcine, les encouragements d'un cran sont montés
Dans notre esprit,c'est presque gagné.
On se le redit : plus qu'une dernière difficulté :
La Tête aux vents, dixième ascension à affronter.
C'est avec un groupe d'amis que nous crapahutons,
Jean-Phi et Anne sont très bien entourés.
Bonnes sensations, nous cheminons en bavardant,
L'humeur est joyeuse malgré un soleil ardent.
Chacun s'attend, cette solidarité me touche.
Qu'il est long ce dernier morceau,
Nous avons tous hâte de retrouver l'arche et la douche.
Après la Flégère, plus de soucis, on gère.
Dans la descente vers Chamonix, l'envie de courir,
J'attends mes amis, même en marchant, nous allons tous finir.

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Chamonix, enfin, le bitume retrouvé,
Dans ces rues survoltées ce Final tant de fois fantasmé,
Nous fait monter le cardio au sommet !
Tant de cris, tant de bravos,
Ce sera une arrivée en trio.
J'aperçois l'arche et tous les copains,
Ce scénario inespéré devient soudain une réalité.

Me voilà finisher de mon premier Ultra,
Je ne m'en remet pas, tout le monde est là,
A l'intérieur de moi c'est l'explosion de joie.

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B

Pour finir ce récit d'UTMB,
Tant de personnes que je voudrais remercie
r :

Toutes celles qui m'ont encouragées,
Tous ceux qui m'ont aidé,
Merci à Kiki pour les plans d'entraînement,
Merci à Alain pour la reco et ses conseils de pro,
Merci à Jerôme pour l'assistance,
Merci à Jacky pour son soutien,
Merci à Cédric de m'avoir fait confiance,
depuis mes premiers pas, d
epuis ma naissance.

Partager cette épopée avec tous les copains,
restera pour moi le plus beau des souvenirs.
Alors à présent je vous invite à partager mon futur désir,
En 2017, j'espère que ça sera à nouveau la fête,
Car c'est à la Réunion que j'aimerais qu'on se
délecte...

AXELLE-BARNAS  - Ode à l'U.T.M.B
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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 22:47
MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Comme je le disais à François d’Haene ; Oui je parle avec François, enfin je lui écris, donc comme je le disais, décidément cette passion est assez délirante, on se demande quelle est la limite de son corps, la limite de son mental, de son envie et bien la limite, manifestement ce n¹est pas encore aujourd’hui.

Mais, commençons par le début…

- Génèse -

Juin 2014, je sors de mon premier trail en montagne, sans Pierre qui s¹est fait opérer du genou en décembre 2013 et est trop juste pour reprendre un vrai entrainement de course.

Ce premier trail de montagne a été fait lors du Pilatrail (45K, 2200D+) sous le haut patronage de David, qui, tout obnubilé par le fait de me gérer et d¹être aux petits soins pour moi en oubliera de s¹alimenter. Il finira avec un début d¹insolation et des vomissements au ravito du 24 et sera obligé d’abandonner, c¹est un comble ! Grâce à lui, et à sa vision prudente de ma première course, je finirai alors ce trail en 6H59 avec une deuxième partie de course très agressive et en finissant très bien finalement.

Le virus étant dans la bête, les sorties forêt depuis trois mois avaient pris le dessus sur les sorties routes, il fallait désormais que l¹on se trouve un trail en montagne à faire tous les deux, un vrai challenge !

Très vite Pierre me parlera du club de trail qu¹une de ses collègues (Axelle) fréquentait et de la Maxi qu¹ils venaient de finir dans des temps allant globalement de 17 à 18H.

La Maxi vendue (je suis un garçon facile), on réserve un appart sur booking, on verra bien pour l’inscription. On va passer l’année à fantasmer sur cette Maxi…

Le club, et bien durant l¹été, l’idée s¹est installée, retrouver du collectif dans nos efforts solitaires (on se calme, je vous vois venir), une envie, mais aussi une crainte : la contrainte du groupe, des horaires, comment concilier tout cela avec la vie de famille, le taf, etc.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Au final, s’inscrire à l¹EPA a été une de mes plus belles découvertes sportives parmi la grosse dizaine de clubs (et 5 sports différents) depuis que je fais du sport. Les sorties du dimanche sont même devenues un point de repère de la semaine, le vrai moment de décompression du stress environnant, un moment de plaisir, d¹effort et de partage, dans un environnement qui me correspondait enfin. Les CR qui suivaient ces sorties dominicales étaient généralement à l’aune de nos grandes gueules, autant dire que nous étions attendus sur nos premières courses…

De surcroit, on y a rencontré des gens avec qui la promesse de quelques belles aventures se profile pour 2016.

Surtout des vieux d’ailleurs.

Cette année, on l’a donc vue filer au rythme des prépas.

une grosse prépa pour la SaintéLyon fin novembre 2014,

un mois de repos,

une prépa de 9 semaines pour le trail des Piqueurs,

une semaine de repos (qui finalement s¹est transformée en travail de vitesse tout seul pour me punir des erreurs des Piqueurs),

et à nouveau 9 semaines de prépa pour la Maxi-Race.

En clair, j¹arrivais à la Maxi, entraîné mais fatigué (ayant pourtant remplacé certaines sorties course par des sorties vélo pour soulager les articulations). Le travail était fait, ça allait passer, mais depuis l¹arrivée à l¹EPA, j’ai du mal à vraiment utiliser le niveau aperçu sur certains entrainements, la récupération se fait mal et la charge de cette première année demande une assimilation. Bon en clair, je sais que je suis dans le dur depuis plusieurs mois.

- Départ pour Annecy - L¹allégorie de la caverne -

Départ le jeudi matin de Poitiers en voiture, direction Genève, ballade autour du lac, il fait beau, ça m¹énerve (il aurait plu, ça m¹aurait énervé aussi).

On file à l’aéroport à 18H pour récupérer Manu, parrain de mon fils, qui arrivait de Madrid, et le soir : petit resto sur Annecy. Je ne mange pas ce que je veux, ça m’énerve.

Manu et Madame boiront du vin, moi non. Ça m’énerve.

Mais bon, là je triche, trempe mes lèvres dans le verre, c¹est ridicule, mais ça me fait du bien.

Le lendemain, le matin on se ballade et on profite un peu :

 L¹un de ces 2 participants finira 75ème de la Maxi, sauras-tu l¹identifier ?  (un indice, il pèse 15 kilos de moins que l¹autre)

L¹un de ces 2 participants finira 75ème de la Maxi, sauras-tu l¹identifier ? (un indice, il pèse 15 kilos de moins que l¹autre)

 Un temps sublime, temps qui nous suivra le lendemain, un motif de plus d¹être de mauvaise humeur.

Un temps sublime, temps qui nous suivra le lendemain, un motif de plus d¹être de mauvaise humeur.

Le midi on récupère Pierre à la gare,

Cette photo n¹a même pas besoin de légende, je me marre dès que je la vois.

Cette photo n¹a même pas besoin de légende, je me marre dès que je la vois.

13H30 : resto, puis on file au village pour les dossards.

Le monde du trail n¹est matérialiste que pour les vêtements techniques de course, le reste du temps, il a des goûts de chiotte, fréquente des boites gays fétichistes et porte des casquettes en cuir.

Le monde du trail n¹est matérialiste que pour les vêtements techniques de course, le reste du temps, il a des goûts de chiotte, fréquente des boites gays fétichistes et porte des casquettes en cuir.

Là, se dirigeant au village, ce sont encore des mecs avec des goûts de ch… euh non, Manu, Pierre et moi

Là, se dirigeant au village, ce sont encore des mecs avec des goûts de ch… euh non, Manu, Pierre et moi

En parlant de chiottes (habile transition isn¹t it ?) : on repère les toilettes pour le lendemain matin. Mais euh… On sera plus de 2000  et vous mettez 4 WC ? Je prédis le Vietnam dès 4H23 demain matin.

En parlant de chiottes (habile transition isn¹t it ?) : on repère les toilettes pour le lendemain matin. Mais euh… On sera plus de 2000 et vous mettez 4 WC ? Je prédis le Vietnam dès 4H23 demain matin.

 Jo-Wilfrid Tsonga pourrait tenir dans ce bermuda.  (pas toi Stéph en revanche)

Jo-Wilfrid Tsonga pourrait tenir dans ce bermuda. (pas toi Stéph en revanche)

Après la visite du village sous la fournaise, on rentre vers 17H30, on en profite pour tout installer, tout tester, le stress est là. Palpable.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Pierre est euphorique et très chiant, saute sur place, se bat avec mon fils, passe son temps à rendre hommage à Gwen : « ahhhhh il est lààààààààà le JPPPPPPP ». J¹ai un peu envie que tu meures, là tout de suite Pierre. Je te le dis pas, mais je te planterai bien le bâton dans le dos.

(nan mais vraiment, arrêtez de voir des métaphores sexuelles partout, c¹est lassant).

On reçoit des messages, des appels, je ne réponds pas, pas la tête à ça, pas l’envie.

Ne nous y trompons, tout cela montre une chose : je subis.

Je suis renfrogné : cet état un peu inhibé avant la compétition doucement léthargique, celui qui m¹empêche de profiter de l¹évènement, il me suit et je n¹arrive pas à m¹en dépêtrer, il me pourrit mes avant-courses !

Cela veut aussi dire que cet état je le fais subir à mes proches avant la course. Ce serait peut-être une bonne idée de changer un jour, notamment si j¹ai envie que Madame continue à m’accompagner sur ces épreuves ! Avoir à subir un ours en cage n¹est pas très agréable.

La dernière nuit, au lit à 21H30, je m¹endors aussitôt, fatigué de cette journée avec le stress qui monte, j’ai bouffé connement de l’énergie.

Je me réveille à 2H45 sans réveil, c¹est parti pour le petit déjeuner et l’habillage.

 La NASA  est fière de vous présenter le matériel du traileur débutant, une armure en polyurétane et polymère expansé. Rien qu’avec l'argent des 3 tenues, on pourrait résoudre le problème de la faim dans le monde…   Moi de mon temps on courait avec un jogging et un sweat et pis c’est tout, blah blah blah blah.  (ta gueule Bertrand)

La NASA est fière de vous présenter le matériel du traileur débutant, une armure en polyurétane et polymère expansé. Rien qu’avec l'argent des 3 tenues, on pourrait résoudre le problème de la faim dans le monde… Moi de mon temps on courait avec un jogging et un sweat et pis c’est tout, blah blah blah blah. (ta gueule Bertrand)

On part un poil à la bourre, mais ma chère et tendre nous emmène en voiture donc on s¹installe dans les sas assez tôt.

Nos souhaits de course :

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

La feuille de route :

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Les ravitos prévus :

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Là je sens que Pierre est en mode compétition : il est agressif avant le départ, ne supporte rien, veut aller plus devant, ne supporte pas les écarts de conduite des autres.

Quand Pierre est en mode compète, tu vas avoir un mec avec toi à fleur de peau, qui ne lâche rien, très chiant, de mauvaise foi, mais ce mec il peut aussi t’emmener au bout du monde.

Moi je lui demande seulement de m’emmener au bout du lac, maintenant, on fera un effort.

Ça veut aussi dire qu¹il a des cannes. Et plus les cannes sont bonnes, plus tu vas souffrir.

Son niveau est supérieur au mien, pas une nouveauté, je suis plus lourd que lui (10 kilos), je monte un peu moins bien mais ça se tient ; Sur plat il va vraiment beaucoup plus vite et sur les descentes, je suis nettement plus rapide parce qu¹il manque encore de technique. Il doit m’aider à me dépasser.

- Le départ, 4H59 ­ Première partie ­ "les ombres au coin du feu "

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)
MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

La délivrance. Enfin. On peut avancer, on peut courir et se focaliser sur l¹essentiel.

On arrive à la première côte après Annecy, en s¹étant faits doubler par énormément de monde sur le plat (je freine pas mal Pierre qui part vite en mode cross), et comme d¹habitude sur les grosses courses, c’est parti pour une heure d¹embouteillage où tu ne peux pas doubler et où tu avances lentement, très lentement. Pierre piaffe d¹impatience, double un peu, je le suis.

On arrive au premier passage avec 6 minutes de retard sur le passage prévu, mais avec un classement honorable.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Un peu moins de monde devant, Pierre accélère, j¹emboite le pas et le suit, ça va à peu près, je sais qu¹il me faudra 2 heures pour digérer, chauffer la machine, rentrer dans la course, on s’accroche.

Le SEMNOZ

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On arrive au Semnoz avec 5 minutes d¹avance sur l’horaire, pourtant on a perdu pas mal de places au classement ? On s¹est fait beaucoup doubler par des gens qui envoyaient sur les bordures, poussaient, autant de personnes qui se sont cramées les ailes sur cette première montée.

On fait quelques photos, on refait le plein, c¹est parti pour la descente, on doit normalement reprendre du monde dans cette partie

Le Semnoz en mode floupix.
Le Semnoz en mode floupix.

Le Semnoz en mode floupix.

Au final, on descend bien, malgré une pause d¹une minute forcée, le tuyau de mon camel s¹étant déclipsée (cela met bien les nerfs à Pierre qui m’engueule) et ce jusqu¹au 26ème kilomètre, descente très technique et pas roulante du tout, puis on remonte au col de la Cochette,

Montée très pentue et pas très agréable (boue + roches : on ne peut pas s¹installer dans un rythme), pas de belle vue, sauf à la fin.

On a repris un peu de monde, je commence à être un peu moins bien, Pierre a pris 50 mètres d¹avance.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On attaque la première descente vraiment hard puis un nouveau col avant Doussard. Là je suis mal, plus d¹énergie, je ne peux courir qu’en descente (ça ne me demande décidément que peu d¹efforts, une chance), en montée je fais le job (à peine) et sur plat, plus rien. Je ne sais pas trop ce qui m¹arrive.

Moi dans les côtes !!!

Moi dans les côtes !!!

Pierre essaie de me motiver, me parle, puis s’envole à nouveau et prend de l’avance pour Doussard.

Pierre essaie de me motiver, me parle, puis s’envole à nouveau et prend de l’avance pour Doussard.

Les deux kilomètres pour Doussard sur le plat, entre 25 et 30 degrés sur bitume sont un calvaire. Pierre au loin me fait des signes avec les bâtons, je lui fais des doigts d’honneur, fumier va.

Je marche même sur 300 mètres avant de reprendre mes esprits et de me dire que je ne peux arriver comme ça !!! Je retrouve mon fils à 600 mètres de l¹arrivée et nous courons ensemble, ça lui fait plaisir, je donne le change, ça me fait du bien finalement.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Je récupère mes affaires auprès de Madame, rentre dans la zone technique à 12H06, en avance néanmoins sur le temps prévu et avec encore des gens récupérés, mais la course fait du petit bois, déjà de nombreux abandons, des gens sous perfs dans la salle, etc.

Merci aux bénévoles de la Maxi.

Merci aux bénévoles de la Maxi.

Je suis mal en allant vers les toilettes, me passe la tête sous l’eau, respire. Ça va, ça tangue pas trop.

Je mange un peu, me pose, me change. Je regarde tous les textos de Gwen et Stéph : ça fume chez les deux !

Je sors de la zone technique à 12H32, prends encore 10 minutes pour refaire le plein d¹eau.

On discute deux minutes avec Pierre, notamment en réalisant que la barrière horaire de Doussard que l’on nous a tant vendu et bien… elle se fait assez facilement, on a pas mal forcé pour éviter tout problème. J’aurais pu me permettre de me mettre moins dans le rouge et de gérer 15 à 30 minutes de plus pour arriver cool.

Je repars après quelques minutes en suivant Pierre, j’ai vu dans le regard de Madame une inquiétude, elle sent que la course ne se passe pas bien, mais elle ne dit rien, sait que dans ces moments là on part au quart de tour.

Mon fils nous accompagne 300 mètres puis je lui dis de nous laisser. Un jour peut-être…

- La deuxième partie ­ La caverne.

Pour résumé la deuxième partie, je citerais volontiers Woody ALLEN : « la première fois que j'ai vu une femme nue, j'ai cru que c'était une erreur », je dois avouer que certains passages de la course m¹ont amené le même sentiment.

« Mais, euh, Vous êtes sûrs du parcours là, on doit vraiment escalader ce truc dans un parcours de 86 bornes ? »

On repart donc de Doussard, on s¹engueule avec Pierre, ça va pas trop entre nous deux, lui a des jambes de fou, moi je suis au fond du trou, il m¹impose un gros rythme que j¹ai du mal à suivre et il est légitiment très frustré de rester avec moi. C’est dur pour lui aussi en fait, il aimerait claquer un temps que mon corps lui refuse.

Il repart en courant, je marche, il gueule, s¹énerve, s¹attaque à mon amour propre. Tu peux gueuler mon ami, j¹ai 0 égo sur ce genre de trucs. 

On attaque vite la première montée et là c¹est le début du grand n’importe quoi

 

(oui mon ami, toi aussi mets un moule-burnes, un masque pour passer le rotofil et chante avec moi !)

On se focalise sur l’essentiel : juste mettre un pied devant l’autre en apesanteur, on avance, plus rien ne rentre, tiens les potes du club de Montamisé, tiens une marmotte qui me trouve mignon et me propose la botte.

Quoi ??? Les mecs de Montam' ????? Nan mais je veux bien délirer, mais de là à me retrouver avec Guillaume dont la dernière rencontre à l’Appart vers minuit (bar dans Poitiers) s¹est soldée par une inscription surprise au trail de la forêt de Moulières…

Bon, en fait, je vais plutôt miser sur la marmotte, c’est ce qui paraît le moins bizarre…

La Marmotte après le câlin.

La Marmotte après le câlin.

Dans la petite descente juste avant Chalet de l’Aulps, pas la tête des grands jours…

Dans la petite descente juste avant Chalet de l’Aulps, pas la tête des grands jours…

On arrrive à Chalet de l’Aulps, ça fait plus de 4h que je suis mal, je bois toujours beaucoup, m’alimente, rien à faire (mais j’ai toujours pas pris un truc de type coup de fouet, apport de sucre, etc, piste à creuser pour l’avenir…)

On a perdu beaucoup de places.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On repart, direction Pas de l¹Aulps : je monte lentement, mais sûrement, et je reprends quelques personnes, j¹arrive au sommet, m¹effondre à côté de Pierre et des deux compagnons de Montamisé arrivés depuis au moins 2 minutes.

J’ai eu un début de moins bien dans cette montée, jambes tremblantes, tête qui tourne, pas loin de faire un malaise, enfin j’imagine, je n’ai jamais eu de malaise…

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)
 Si je prends une photo, je gagne une minute de récup¹, ça se tente. Mais je crois bien que Pierre m’a grillé.

Si je prends une photo, je gagne une minute de récup¹, ça se tente. Mais je crois bien que Pierre m’a grillé.

La vue est sublime sur cette seconde partie, des paysages à couper le souffle, on en profite quand même plus que sur la première partie, malgré l’état de fatigue.

Pierre m’accorde donc 6/7 minutes au sommet, on repart au bout de 3/4 (toi tu vas décéder dans une avalanche) : résultat, je prends mon temps, Pierre gueule fort cette fois, s’énerve, tape contre les pierres, on fait les descentes en courant, je manque de m¹effondrer lors d¹un arrêt. Je repars hagard en l’envoyant bouler.

Dites le avec des fleurs, ça passera mieux.

Dites le avec des fleurs, ça passera mieux.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On s¹arrête 7/8 minutes, je lui dis de partir devant que je ne souhaite pas finir dans ces conditions. Je vais finir en marchant, mais stop… Non, je n’abandonnerai pas, bien sûr, mais je finirai à mon rythme.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Ça l’énerve, on se dit des choses pas sympas que seuls les amis peuvent se dire…

Il m’écoute, entend enfin et décide de rester, il marchera s’il faut, mais restera, ça me requinque comme jamais.

Alors je m’alimente, prend des médocs (sans ordonnance, fantasmez pas, caféine et paracétamol) pour essayer de surmonter ce coup de moins bien (pour rappel, aucune courbature ou douleur aux jambes, juste pas d'énergie), je n¹avais pas spécialement pensé à en prendre avant (lucidité quand tu nous tiens).

On repart sur d’autres bases, enfin ensemble en esprit, d'abord en descente puis vallonné, on travaille de concert jusqu’à Menthon, et là progressivement des jambes !!!!!

Mon cerveau quand il comprend que j’ai repris contact avec mes cannes

Mon cerveau quand il comprend que j’ai repris contact avec mes cannes

- La vraie deuxième partie ­- Fuck you Platon.

On va enchainer jusqu¹à Menthon en courant et même progressivement en relançant, Pierre peut enfin courir comme il veut, je passe même devant sur les descentes, Pierre ne me décroche plus sur les montées ça chambre un peu et on double ce qu¹on peut sur cette partie.

On arrive à Menthon un peu euphoriques en ayant repris une vingtaine de places.

On retrouve nos amis de Montam', on va la jouer cette bouteille finalement !!! On a un nouveau challenge pour la fin de course : gagner le challenge de la Vienne !

On fait donc un arrêt rapide et on repart sereins de Menthon : ça attaque fort dans la montée Pierre met ce qu’il a et je m’accroche, on dépasse Guillaume qui ne rentrera plus.

Sur ces deux dernières parties, quel pied ! On discute avec Pierre, avec des gens, on court, ce qu’on aurait aimé faire depuis le début.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Arrivée non loin du sommet : longue montée (très très dure), Pierre a son premier coup de moins bien, alors que je continue à être très bien, il est humain le bougre, ça me rassure.

J’en profite pour lui sortir un classieux : « ça va, tu veux que je ralentisse un peu ? ». A la base, il était vraiment plein de bonnes intentions celui-là, mais ça peut mal passer, je m’en rends compte…

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)
MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Sur cette partie, on s¹est fait doubler très peu et on a dépassé près de 80 personnes, ça a vraiment envoyé.

On nous dit qu¹on n¹arrivera pas en moins de 16H, donc on prend des photos, on boit un coup avec les bénévoles (deux fois). Pierre semble un peu déshydraté, il a très peu bu durant la course, peut-être 5 litres au mieux, je dois en être au double à minima.

Donc on reste un peu là haut : on se rendra compte dans la descente qu¹on pouvait largement passer en moins de 16H, mais bon pas grave !

La photo de près, un exercice qui ne met pas toujours en valeur.

La photo de près, un exercice qui ne met pas toujours en valeur.

On attaque la dernière descente comme des barjots sur une pente très raide, pas mono-trace du tout, on accélère fort même sur certaines parties avec des sauts dangereux, car un bénévole taquin nous dit que finalement ça passera en moins de 16H.

 Je suis un bénévole taquin, j’aime bien induire en erreur volontairement les gens qui courent.   (en fait, je souhaite que vous tombiez dans la descente, je veux entendre vos os qui se brisent, boire votre sang et profaner vos corps avec ma semence maléfique)

Je suis un bénévole taquin, j’aime bien induire en erreur volontairement les gens qui courent. (en fait, je souhaite que vous tombiez dans la descente, je veux entendre vos os qui se brisent, boire votre sang et profaner vos corps avec ma semence maléfique)

Quand on se rend compte que ça passera pas, un bénévole pas taquin nous dit que son collègue est le spécialiste des couillonnades (c’est nous les couillons), on sécurise le tout et on descend cool.

On pouvait continuer encore pas mal de bornes sur ce rythme, on est bien…

Je n’ai pas envie d’Annecy, de cette longue ligne droite sur du plat, j¹ai envie de continuer à profiter dans les sentiers : j¹ai un bon de sortie depuis quelques heures et je suis finalement frustré de n¹avoir pu vraiment courir que sur les 5 premières heures et sur les 4 dernières heures. Je sens qu’on peut nous rajouter 30 bornes, ça ne changera rien… depuis le 60ème nous sommes invincibles et sans fatigue…

Au final, arrivée sur le plat, Pierre veut finir vite, il nous met sur du 12 à l’heure, me prend la main et m’oblige à courir à son rythme (j¹avais des cannes oui, mais faut pas déconner !), on finit fort, les proches sont là, mon fils finit avec nous, la ligne d¹arrivée.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

La ligne d¹arrivée, c¹est la fin de la course. Quand t¹as dit ça, t¹as dit une connerie, et pourtant, voilà ce que ça me fait comme effet, puis on se prend dans les bras avec Pierre.

Oouuuhhhhh les enc%€0és, ils ont remis un pentu à l¹arrivée.

Oouuuhhhhh les enc%€0és, ils ont remis un pentu à l¹arrivée.

"On a tous notre Maxi un jour", c¹étaient les paroles de Gilles et Vincent à une semaine d¹intervalle, c’est pas possible, ils se concertent, c¹est un duo de comiques troupiers les mecs ou quoi ?

En attendant, ils avaient raison, cette course, elle te marque sensiblement. Elle te fait passer un cap dans la compréhension de ce que ton corps peut réaliser dans l’extrême (ça et le fist-fucking bien sûr).

J’ai bien aimé le commentaire du champion du monde : « Du début à la fin, on en a chié! C’était trop dur, ce qui rend la victoire encore plus belle. (…) C’était l’horreur, je m’en rappellerai toute ma vie. »

Dans le village, on passe quelques coups de téléphone, on regarde les derniers textos adressés, incroyable ce que ça a bipé aujourd’hui, je vous ai maudit et dans le même temps, on s¹est sentis soutenus, merci à tous et notamment à notre partenaire qui aurait dû être avec nous, M¹sieur GWEN.

Appel du Patron peu de temps après la ligne d¹arrivée, content de nous et du fait qu¹on ait réussi à passer la ligne d¹arrivée ensemble, du travail réalisé, le reste je le garde pour moi. ;-)

On traverse le village ou on aperçoit du p¹tit bois par ci par là.

 Ici, un traileur, épilé de frais, en phase de récup¹ sous une tente.

Ici, un traileur, épilé de frais, en phase de récup¹ sous une tente.

 - Au final -

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On rentre à l’appart, Manu (oui le mec qui est arrivé 16H45…) et Madame nous ont préparé un super repas, on avait même des cadeaux préparés par notre ami Stéph' au préalable, on essaiera de mettre du coeur dans ce repas, mais la fatigue l’emportera finalement assez vite…

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Le lendemain, je me suis fait un petit sauna pour récupérer, c¹est important de se faire plaisir :

J¹ai été vilaine, très vilaine.

J¹ai été vilaine, très vilaine.

Prochaine échéance, on verra, mais ce qui est sûr : la limite, manifestement ce n¹est pas encore là.

A suivre donc.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

- Remerciements -

Merci à nos femmes d¹avoir supporté cette charge d’entrainement et nos hormones, nos sorties nocturnes à la frontale dans les bois en plein hiver…

Merci à nos amis, nos partenaires du club, au COACHHHHHHHHH de nous avoir permis de réaliser ce premier ultra, le temps est honorable et on ressort en un seul morceau ! 

Merci à mon Champion, dans des bonnes conditions, je savais valoir environ dans la 15ème heure, mais Pierre pouvait passer dans la 14ème heure tellement ses jambes étaient terribles… Il a fait le choix de rester avec moi. Ce sera pour l’année prochaine mon Pierre, tu n’auras pas une caravane à tirer ;-)

- EPILOGUE - 

Débrief de la course avec mon psy le mardi matin (M’sieur P.) qui relit le premier jet de mon CR, et le met en perspective de l’analyse de la SaintéLyon. Il en ressort du sentiment mitigé de la SaintéLyon et de la Maxi un point essentiel et similaire (qui me trotte dans la tête depuis un bout de temps) : «  il serait temps de faire TES courses et non de caler ta course sur les autres, voire de vouloir courir avec les autres. Ton problème c’est que la course des autres ne te convient pas en terme de rythme, te met notamment une pression trop forte (…).

Tu me dois 200 euros ».

 

L’avenir ? Je ne sais pas trop, j’ai quelques envies en terme de courses (La Diagonale en 2017), mais j’ai surtout l’envie fondamentale de faire désormais mes courses (en clair, à mon rythme),  de me retirer ce poids et cette pression pour enfin passer sur le plaisir que j’ai aperçu sur quelques courses et surtout sur les sorties longues du dimanche matin… Je suis fait pour aller avec des gens qui sont moins forts que moi (je n’ai aucune difficulté à me mettre au service de quelqu’un par exemple, je trouve cela  vraiment valorisant), ou pour courir à mon rythme. 

Je n’ai finalement plus l’envie de me faire mal et de me dépasser en suivant des coureurs bien plus solides. 

Ce CR m’aura servi à verbaliser tout cela. 

Voilà, le côté compétitif est derrière moi (là où Vincent dans son livre a manifestement réinvesti un espace de compétition avec l’ultra), je n’ai plus cette gnak, plus cette envie. C’est dit. Cela n’empêchera pas la rigueur et l’effort.

J’espère donc pouvoir mettre en pratique à l’avenir ce que j’avais dit à Christian à mon arrivée : « Les objectifs : prendre du plaisir et finir les courses, (…) j’aime juste courir en nature, si possible avec de la boue :-) ». 

Oui, oui, plein de boue.

JP

 

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 14:27
GWEN-PESTEL- EUSKAL-TRAIL- "CHRONIQUE-D'UN-TRAIL-AVORTE...."

Mon histoire avec le trail débute en l'an de grâce 2014. Depuis Janvier, je suis les séances à la minute près sur le blog de Coach Ki pour préparer les 1000 Marches. Je découvre les charmes des escaliers, mais surtout l'enchaînement de 5 séances hebdomadaires. C'est décidé je veux rejoindre l'EPA. Le club a l'air sympa, les récits des "Tauliers" me fascinent et Nico finit de me convaincre.

 J'envoie alors un message à Coach Ki via son blog: " Monsieur Christian, je souhaiterais rejoindre votre écurie d'entraînement, je suis un cheval sérieux, docile et appliqué... " et il me propose de le recontacter à la rentrée des classes pour quelques séances d'essai, celles-ci se déroulent à Givray. L'accueil est des plus chaleureux, Coach Ki est déjà aux petits soins sur son VTT grinçant. J'attend son verdict, c'est bon. Voyant en moi un diamant brut de la course à pied aux multiples facettes , il me fait signer 2+1 ( 2 ans de contrat et une année reconductible ) mon agent négocie les droits d'image et c'est parti mon kiki...

GWEN-PESTEL- EUSKAL-TRAIL- "CHRONIQUE-D'UN-TRAIL-AVORTE...."

Saintélyon 72 km : c'est le premier grand format de ma carrière. Je n'ai jamais couru plus de 42,195 km... Ça tombe bien nous sommes 5 du club à participer à cette course nocturne : Cédric, le fantasque Régis , l'enfant du Marais Pierre et enfin "l'irrévérencieux" et irremplaçable JPBH. Coach Ki nous concocte une "prépa" aux petits oignons, c'est la découverte du Bois de Saint-Pierre en long en large, des "copains" (qu'il faut toujours aller chercher quand on finit dans les premiers) et des récits dominicaux de JPBH, la saison est lancée. Globalement, cette première expérience sera une réussite malgré un petit coup de mou sur la fin, je boucle la distance en 10h02, je peux enfin troquer mon tee-shirt de Starter contre celui d'un Finisher.
C'est ici que je découvre que je suis atteint de la maladie du trailer. Le fameux : "ça, c'est fait , maintenant que vais-je pouvoir faire ???". Y'a pas de traitement, faut simplement le faire. Je regarde donc attentivement la programmation officielle du club destinée à préparer la Diagonale des fous en Octobre 2015. En ce qui me concerne, le Grand Raid, ça sera pour plus tard, en revanche l'Euskal trail retient mon attention. J'adore cette région, les paysages sont magnifiques et puis surtout, 40 coureurs EPA sont initialement prévus pour conquérir les crêtes du Pays Basque. Alors je me jette à l'eau, j'appelle Coach ki et Nico. Ils ne sont pas surpris, me donnent déjà les premiers conseils et me conforte dans mon projet. A partir de ce jour, le 23 Janvier 2015, je suis déterminé, les sages ont validé mon ambition.

Ma préparation va prendre forme et passera par la case "Trail des Piqueurs" et là j'avoue que c'est la désillusion. Me sentant pousser des ailes, je passe la seconde puis la troisième et là c'est la sanction... Les conditions météo ne sont pas au rendez-vous ( un avant goût de l'Euskal... ), je n'avance plus, je crampe souvent, "ça me gave ... et dire que je vais devoir parcourir 133 km dans 2 mois avec 8000 m de d+" Heureusement Olivier et Wilfrid me prennent sous leurs ailes, me réconfortent "On va finir tous les trois!!! me répètent-ils inlassablement, je découvre la solidarité du trailer et la gestion de course :" Qui veut aller loin doit ménager sa monture ". L'heure est au bilan, comme un match de poule perdu avant la finale...il faut tirer les enseignements de cette déconvenue pour rebondir.
Règle 1 : suivre le plan d'entraînement... Ne surtout pas en rajouter sauf si c'est bénéfique (gainage, musculation...)
Règle 2 : anticiper et préparer les incontournables : la tenue, l'hydratation et l'alimentation.
Règle 3 : adopter la stratégie du Dauphin et non celle du requin...Si vous pouvez être un Dauquin, tant mieux.
Règle 4 : écouter son corps pour ne pas forcer et savoir parler à la douleur ou à ces petites voix qui vous somment d'arrêter.
Règle 5 : prendre du plaisir.
Enfin quitte à passer pour un âne, poser les questions les plus simples à qui bon vous semble et être à l'écoute.
Après 15 jours de récupération, la prépa Euskal peut enfin commencer : Je suis prêt, j'ai reçu le plan d'entraînement, c'est du costaud, mais plus rien ne m'effraie maintenant. A chaque séance passée avec le groupe, j'apprend des choses aussi bien sur le plan "teque nique que que sur le plan taque tique ". Je reçois une leçon particulière de Didier sur l'utilisation des bâtons, une sur l'hydratation par Maître Gilles et Cédric. Enfin, un cours personnalisé sur le "fameux bâchage" par Coach Ki et Vincent : ne jamais rendre son dossard dans l'urgence. Il faut se poser, se requinquer et le plus souvent la machine repart. Ce seront aussi les derniers mots de Cédric dans la montée des escaliers du centre aéré : "surtout ne rends pas ton dossard". Ça sera ma dernière séance avant l'ultra, je coupe dix jours avant le départ de notre épopée. Je suis gonflé à bloc mais quelque chose m'obsède et laisse place au doute : ces fameuses barrières horaires. Elles sont soi disant faites pour être franchies par le plus grand nombre, mais pour moi c'est l'inconnue.
 

GWEN-PESTEL- EUSKAL-TRAIL- "CHRONIQUE-D'UN-TRAIL-AVORTE...."

Euskal trail 133 km.
Jeudi 14 mai, c'est le grand départ. Je suis à 9h30 pétantes chez Gilles. Gillou c'est le couteau suisse, il a tout prévu, même de conduire. De la bouteille de pif et du bon en plus, au gatosport et à la seringue eosinée pour ampoules, c'est l'épicerie fine du trailer dans ses sacs. Le compex dernier cri trône au milieu des 7 paires de chaussettes et des paires de semelle. Il a même penser à la musique de l'UTMB, histoire de faire monter la pression dans la voiture mais surtout, il a toujours avec lui sa bonne humeur. Brice alias "Rantaplan" et Xavier prennent place dans le carrosse. A côté de ces trois finishers au kilométrage illimité , je me sens tout petit et ils ne vont pas tarder à me le faire comprendre. Celui qui angoisse aurait demandé à sortir de la voiture. Gilles et Xavier s'acharnent et tentent de me déstabiliser, ils me promettent l'enfer. Mais cet humour je l'adore et plus ils me charrient plus je me dis que le jour de la course, ils vont voir de quel bois je me chauffe.

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Vers 16h30 la délégation EPA se retrouve à Saint Etienne de Baïgorry pour le retrait des dossards. Je laisse mon sac de rechange avec les petites lingettes (merci Cedric) pour la base de vie d'UREPEL, puis c'est le contrôle de la puce. Arrivés au gîte à Saint Jean Pied de Port, nous prenons place dans une petite chambre de 13, c'est sûr ça va sentir le poney et philou nous annonce déjà que la nuit il coupe du bois... M'en fou j'ai prévu les boules Quies. Après un "excellent dîner" local, nous rejoignons nos appartements. Le bataillon prépare son paquetage. A chacun son rituel, les sacs sont préparés avec minutie...je suis déjà dans la course et j'ai hâte d'en découdre avec ces collines Basques. Le lendemain matin, après le Gatosport aux amandes, je quitte le gîte à 05h20 en compagnie de Pakal, Philippe et Stéphane, direction la ligne de départ. Fidèle aux prévisions, il pleut comme Pottok qui pisse, nous sommes déjà trempés, ça promet. Après une vérification sommaire du matériel obligatoire, l'organisation nous invite à rejoindre la ligne de départ...notre heure est arrivée. Désolé Gilles, mais la musique ne me fait pas hérisser le poil, c'est du local et je suis déjà mouillé.

GWEN-PESTEL- EUSKAL-TRAIL- "CHRONIQUE-D'UN-TRAIL-AVORTE...."

La course:
6h00, nous sommes 257 partants sur 289 inscrits. Coup de pétard, les fusées illuminent le ciel, c'est parti... Nous croisons le convoi de bus des binômes, Je suis déjà sur mon rythme et très concentré. Ne pas se laisser griser, adopter une foulée économique...la route est longue.
Nous abordons la montée vers JARA, il pleut toujours et encore, ça sera comme ça jusqu'au dénouement. Je passe bien cette première difficulté, les jambes vont bien...je m'hydrate toutes les dix minutes et je n'oublie surtout pas de m'alimenter toutes les heures ( c'est ça Axelle hein !!! ) en haut de l'ascension un gentil monsieur poinçonne mon dossard en décomposition. Des vents violents s'invitent, je vacille de temps en temps mais je suis "solide sur les appuis". La descente se fait dans la joie et l'allégresse...les voyants sont aux verts, direction Larla mais surtout Iparla.
Après 3h11 de course et 19 km, c'est le 1er ravito, je pointe à la 194 ème place. Très franchement je ne prête aucune attention au classement, j'ai choisi d'aborder la course étape par étape. Avant d'attaquer le fameux goulet d'IPARLA, je prends mon coca, mon eau gazeuse et les fameux TUC...tout ceci me prendra 6'. La montée d'IPARLA se fait sans encombre, en revanche je suis tendu dans la descente. Les rochers sont glissants et certains concurrents chutent devant moi.
Après 5h49 de course et 31 km parcourus c'est le 2ème ravito, je pointe à la 198ème place, mais surtout je passe la 1ère barrière horaire avec 1h30 d'avance. Je suis enfin libéré, je n'ai pas forcé et les messages de JP ne font que conforter mon ressenti.

GWEN-PESTEL- EUSKAL-TRAIL- "CHRONIQUE-D'UN-TRAIL-AVORTE...."

Je poursuis ma quête du graal. Malgré "le temps pourri", je savoure, je suis heureux d'être là...la tête et les jambes vont bien. Ces dernières ont envie d'aller plus vite mais les voix intérieures me ramènent à la raison. Je fais la connaissance d'un local, il va bien "le bougre", je lui emboîte le pas et nous discutons de tout et de rien. Finisher l'année passée, il me confirme qu'arriver à la base de vie en bonne forme, c'est s'assurer une fin de course sereine. Ça me booste, il est quand même du coin et sur ses terrains de jeu, je lui fais confiance.
Après 9h06 de course et 44 km parcourus, j'arrive aux Aldudes, je pointe à la 213ème place, c'est la 2ème barrière horaire, j'ai 2h15 d'avance. Encore une fois, je ne m'attarde pas trop dans ce gymnase bruyant. Coca, eau gazeuse, bouillon chaud puis sandwich au pâté, le tout en 6'... La machine est prête à repartir, il me tarde d'arriver à la base de vie UREPEL pour me changer complètement.
Très franchement, cette étape vers UREPEL est galère. Brouillard, pluie, grêle, les conditions climatiques ne s'arrangent pas et la luminosité s'estompe. Je chute plusieurs fois sur les flancs de collines et dans les descentes. Même si vous évitez les monotraces boueuses, l'herbe est glissante...il faut être bon descendeur voire même bon skieur!!! J'aperçois enfin cette fameuse base de vie.

GWEN-PESTEL- EUSKAL-TRAIL- "CHRONIQUE-D'UN-TRAIL-AVORTE...."

Après 15h09 de course et 72 km parcourus, je pointe à la 154ème place, j'ai 4h15 d'avance sur la fameuse barrière horaire. L'accueil des bénévoles est réconfortant et bienveillant. On m'apporte mon sac, je me change intégralement et je me pose sur un lit de camp pour me faire masser. Le masseur est épaté par la fraîcheur de mes cuisses. En revanche j'ai un peu mal sous le pied droit qui a bien macéré . Une charmante podologue m'ausculte : c'est une ampoule sous cutanée. Seringue, éosine puis Nok, le tour est joué . Autour de moi, les visages sont marqués, les couvertures de survie fleurissent, certains ne repartiront pas. A cet instant, je reçois un sms de Nico: "Prends le temps de te requinquer sans te laisser griser par toutes ces places gagnées. La nuit va être longue! N'oublie pas que c'est un combat qui t'attend...On parle de conditions dantesques..." Tous ces messages font du bien, on se sent moins seul. Après m'être fait dorloté, je me dirige au ravito. J'aperçois Philippe et Pakal attablés, ils ont l'air bien. Les bénévoles sont aux petits soins. Je commande une soupe et des pâtes puis je me gave de saucisson...que c'est bon ces plaisirs simples. Maintenant, il ne faut pas traîner, une base de vie peut être un piège qui se referme sans le savoir sur un mental défaillant. Frontale vissée sur la tête, je quitte UREPEL à la 125ème place après un arrêt de 1h30. Philippe, Pakal et moi-même mettons le cap sur Roncevaux.
En tout honnêteté, je suis frais comme un gardon, les jambes et la tête vont bien...mais c'est une autre course qui commence et surtout il fait nuit. La pénombre des sentiers n'altère en rien notre motivation et notre bonne humeur...le trio rigole, on raconte sa vie, on parle de nos enfants et Pakal nous conte sa Diagonale des fous...
Après 1h49 d'ascension, c'est la stupeur, la consternation, l'organisation a neutralisé la course, les conditions météos sont apocalyptiques selon leurs dires, nous sommes stoppés dans notre élan, nous ne repartirons plus. Ma montre indique 18h25 de course, 5500 m de D+ et 87 km parcourus, je suis abattu...eh oui "tout ça pour ça" je ne passerai même pas les 100km. En consultant mon portable, je déroule le film des sms d'encouragements, j'ai Wilfrid puis JP au téléphone, ça me fait du bien de parler. Un 4x4 nous ramène à UREPEL, nous nous restaurons une nouvelle fois en attendant que l'on nous rapatrie sur Saint Etienne de Baïgorri. Stephane nous attend, il est dépité, on l'a arrêté à 11 km de l'arrivée, il était dans le top 10.
Le rideau d'une journée pourtant bien commencée tombe à 3h30.
En début d'après midi nous rejoignons les "copains " à l'arrivée. Nous récupérons notre sac de vie et cette fameuse veste de finisher...ou plutôt de demi-finisher. Notre Stéphane ne s'en remet pas, il espère encore être classé par l'organisation. Il erre comme une âme en peine en claudiquant sur la place du village. Le soleil se montre enfin, les terrasses bondées applaudissent les arrivées des relais. Quant à nous, nous éclusons quelques bières pour retrouver un peu d'ivresse.
A l'heure où j'écris ces lignes, je suis encore sous le coup de la déception, aurais-je passé la ligne??? On ne le saura jamais. Une chose est sûre, j'étais prêt !!! "ce qui ne tue pas rend plus fort"
Merci à ma femme, mes enfant et ma belle maman de m'avoir donné la force de réussir en partie mon objectif. Merci à toi Coach ki pour tes entraînements et ton management. Merci à Nico et JP pour leur suivi live. Merci aux copains de l'EPA, ne changez rien...

GWEN-PESTEL- EUSKAL-TRAIL- "CHRONIQUE-D'UN-TRAIL-AVORTE...."
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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 15:59

TRANSGRANDCANARIA -"EN-TRAIL-TU-ES-"FINISHER"-OU-"PLEURNICHEUR" -PAR-VINCENT-HULINEn Trail tu es ou" Finisher " ou " pleurnicheur" ...

Depuis le week end dernier j appartiens dorénavant aussi à cette famille là.
3 mois de préparation 3 heures d avion et seulement 3 heures de course.

Je savais qu il ne fallait pas prendre la Transgrancanaria à la légère. Que 125 km pour 8.500 m de D+. J en avais vu d autres. Mais la réputation de cet ultra Trail parle d exigence et de chemin technique (tu m étonnes !)

TRANSGRANDCANARIA -"EN-TRAIL-TU-ES-"FINISHER"-OU-"PLEURNICHEUR" -PAR-VINCENT-HULIN

Départ au chaud dans le peloton avec Gilles et Cedric. Pas spécialement de stratégie de course mais avec mon binôme historique on sait qu on a une énorme envie de vivre cette nouvelle aventure ensemble et le plus longtemps possible. Gilles impose le tempo je me cale dans son pas, Cédric lui a déjà filé devant. On a un peu de mal à doubler et à s extirper des groupes qui se forment. Que c'est beau ce chapelet de frontales dans la nuit. Lumières blanches devant et rouges derrière. Parfois dans les lacets de cette première ascension (1200m D+ en 10km) il faut savoir ronger son frein, patienter. Parfois on arrive à passer la surmultipliée et au train sans faire monter le cœur on arrive enfin à doubler. Passage en sous bois 1er ravito assez light et nous voilà reparti.

Les sensations sont bonnes, les jambes sont là. On attaque la descente. Je passe devant et là aussi sans chercher à forcer on ramasse encore des concurrents un peu moins véloces ou à l aise dans la nuit. La pente s accentue les pierres roulantes s invitent et je préviens Gilles derrière moi :"attention ça devient piegeux".

TRANSGRANDCANARIA -"EN-TRAIL-TU-ES-"FINISHER"-OU-"PLEURNICHEUR" -PAR-VINCENT-HULIN

Quelques instants plus tard, dans un virage en lacet de la gauche vers la droite mon pied gauche prend appui sur une grosse pierre qui s échappe. Je me sens happé par le vide. Pas le temps de comprendre tout se fait à l instinct. Le 1er choc c est pour le genou, puis reflex de l ancien judoka poser le coude gauche. Emporté par la pente je me retrouve carrément en arrière, roulade arrière et c est la tête qui cette fois touche la première le sol. Je glisse et pivote de nouveau. Je suis assis et enfin stoppé ouf! J ai eu la peur de ma vie. J aurais pu basculer la tête la première ou encore dévaler encore plus bas. Autour les coureurs s inquiètent pour moi dans toutes les langues, Gilles me crie dessus et me demande des nouvelles, calé derrière moi il n a pas raté une miette de la cascade. C est bon ça va.....je porte la main à ma tête. Ça coule et c est chaud. Je pisse le sang. A la ça craint. Même si je sais qu une plaie au cuir chevelu est toujours impressionnante. N empêche je perds du sang, les derniers secours sont déjà loin et les prochains pas tout près. Je demande à Gilles de jeter un œil à ma plaie et d appuyer au Max mon buff avec la sangle de la frontale. La blessure se situe à l'arrière de la tête dans la partie haute.

TRANSGRANDCANARIA -"EN-TRAIL-TU-ES-"FINISHER"-OU-"PLEURNICHEUR" -PAR-VINCENT-HULIN

On repart on court on arrive même à doubler. Je suis obligé de courir quasiment une heure avec la main en point de compression. Je ne tourne pas de l œil je pense à boire, manger. Bien sûr je jongle un peu. Je serre les dents. On arrive au ravito je fonce vers la croix rouge locale. Pas de temps à perdre il faut nettoyer la plaie recoudre si besoin et reprendre la course. Les sauveteurs me nettoient le cuir chevelu. Ils grimacent. Il faut recoudre. Pas de problème pour moi. Mais un détail de taille: ils ne peuvent pas me le faire sur place, la blessure est trop importante....

En espagnol le chef des secouristes m explique : "vous pouvez continuer à courir mais c est à vos risques et périls....mais je vous le déconseille la blessure est trop importante ". Alors que faire ? Je me sens capable de courir mais pour combien de temps encore ? La mort dans l âme ayant une pensée pour ma femme et mes enfants à qui j ai promis de ne pas prendre de risque, je me résous à monter dans le 4x4 des secours. Durant les 3/4 d heure de trajet je cogite j ai les larmes aux yeux, pour la première fois de ma vie je viens d abandonner une course. Je rejoins une ambulance qui 1h et demie plus tard me dépose à la clinique de Las Palmas. Arrivée cocace d un coureur aux urgences et le tout en espagnol por favor (et là t'es content de pas avoir trop séché les cours dans ta jeunesse). 7 agrafes plus tard le doc m explique que j ai pris la bonne décision. Des agrafes dans le cuir chevelu qui font bien moins mal que d avoir du abandonner la course.

Peut être pas Finisher ce coup là mais pas résolu à être pleurnicheur !

TRANSGRANDCANARIA -"EN-TRAIL-TU-ES-"FINISHER"-OU-"PLEURNICHEUR" -PAR-VINCENT-HULIN
TRANSGRANDCANARIA -"EN-TRAIL-TU-ES-"FINISHER"-OU-"PLEURNICHEUR" -PAR-VINCENT-HULIN
TRANSGRANDCANARIA -"EN-TRAIL-TU-ES-"FINISHER"-OU-"PLEURNICHEUR" -PAR-VINCENT-HULIN
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 22:06
TRANSGRANDCANARIA -"LA TRAVERSEE"-PAR- CEDRIC-DUPUICH

La traversée

Après avoir vécu la formidable aventure du marathon des sables en 2014,
Gilles Vincent et moi sommes de nouveau réunis pour le départ d'un trail exigeant:
la Transgrandcanaria : 125 km pour 8500 d+ annoncé, traversée de l île du Nord au Sud. Les Îles Canaries appartiennent à l Espagne située dans l océan atlantique à 150 km à l ouest du Maroc.
Ce trail fait parti de l' Ultra Trail Word Tour avec plus de 70 nationalités, dont de nombreux élites prestigieux.

Mardi à minuit William nous emmène sur Paris Orly, il fera l aller retour, super sympa.

Après une nuit difficile le cul entre deux strapontins ,on a connu plus confortable...et 4 h d'avion nous voilà arrivés à Maspalomas : 25 degrés !
On range les pulls : le short et lunettes sont de rigueur.

Après deux jours de repos,entre visite de la ville et ses recoins affriolants,
(On ne vous racontera pas tout JP Bernard a déjà publié quelques photos de nos fêtes d intronisations)

TRANSGRANDCANARIA -"LA TRAVERSEE"-PAR- CEDRIC-DUPUICH

On commence la préparation du sac : 125 km, ça demande de l'organisation....et là dessus, je suis au top :-)
Cette distance peut paraître longue mais elle permet pourtant de ne pas avoir à puiser trop loin, à garder sa lucidité ,au delà de cette limite c'est un autre monde,où habitent nos démons ;en comparaison avec un 160 qui est beaucoup exigeant

Dossard en poche ,vérification du matos obligatoire je limite le poids voulant partir léger.
Je pense aux barrières qui me semblent juste, mon entrainement concentré sur les fins de semaines uniquement, sera-t-il suffisant pour affronter cette course ?

Départ de la course à 23 heures, ça nécessite une sieste obligatoire, au final ce sera juste du repos...le sommeil n'étant pas au rendez-vous, pas facile de dormir à 15 heures avec 28° et toute cette excitation...

Il semblerait que les bus pour nous emmener à Agaete soit pleins cependant nous oseront user de notre charme légendaire pour obtenir trois places !

1h40 de bus et nous voilà sur le petit port d Agaete fort sympathique :
Le vent souffle très fort, la température chute mais nous nous abritons dans un café où nous croisons moult trailers et traileuses ( on note que de plus en plus de femmes sont au rendez-vous....)
Chinois américains anglais ..être multilingue nous sauve la vie :-)
La course faisant partie du UTWT attire beaucoup de monde près de 700 inscrits.

Nous voilà sur le départ, rap espagnol dans les enceintes, 5 minutes avant le départ pour une belle ascension 1300 D+, je m'aperçois qu'un de mes bâtons ne reste pas serré ( vérification du matos trop rapide sans doute...)
À la MacGyver je sors ma bande de Strap et répare mon bâton en moins de trois minutes !!!
Fin prêt pour le départ.

Départ lancé, je prendrai un pas rapide pour me sortir du peloton.
La première ascension est belle sous la pleine lune, ce serpentin de frontales est superbe ,ça rappelle la saintéLyon.
Je grimpe à 800 mH je me sens bien, j'amorce la descente technique et vertigineuse
J'attaque, je m'amuse sur ses singles ,les jambes et l'envie sont là.

TRANSGRANDCANARIA -"LA TRAVERSEE"-PAR- CEDRIC-DUPUICH

Au bout de six heures de courses, environ 35 km ,la fatigue arrive presque à dormir sur mes bâtons, râlant un peu car je trouve que ce ressenti arrive trop tôt dans la course,
mais déjà presque 24 heures sans dormir ça laisse quelques traces...patience, je vais me ressaisir...Une heure après l'énergie est de retour
Toujours rester patient un coup dur ça passe et...ça revient...

Je retrouve mes jambes du tonus et me remets dans la course.
Les difficultés s'enchaînent, je double sans relâche c'est boostant ,euphorisant.

Surprise...à un ravitaillement Vincent est là, il me relate sa mésaventure, le 100% finisher du trio n'est plus possible :-(
Je compatis à sa peine, mais quel plaisir de le retrouver sur les ravitaillements
(comme quoi la course à pied est égoïste)

TRANSGRANDCANARIA -"LA TRAVERSEE"-PAR- CEDRIC-DUPUICH

Dans l'ascension de garanon au 82e km je manque terriblement d'eau, il fait chaud, le vent nous assèche, je souffre , le paysage est aride, le relief est abrupte, je n'ai qu'une hâte, c'est d'arriver au ravito...j y suis ...
Désséché je trouve une bouteille d'eau pétillante, j ingurgite les trois quarts ,le reste me servira à me laver les pieds : le luxe !! :-)
Deux bols de pâtes engloutis plus tard ,une tenue fraîche, et je repars déterminé, nous sommes à la traversée d une forêt, le sol est soudainement souple ce qui soulage agréablement les articulations.

Vient ensuite une belle ascension, nous sommes au point culminant de la course 1938 m Pico de las Nieves au km 84/85, la pente est raide, pas de végétation pas d âme qui vive, j amorce alors la terrible descente vers Tunte au 94 eme, celle-ci est splendide très technique on zigzague le long de la paroi rocheuse, il est alors indispensable d'être un bon descendeur et d avoir de bonnes cuisses ça tombe bien... :-)
Je m'amuse, j'accélère ,je double, sensation stimulante, arrêt au ravito où je retrouve Vincent qui me donne des News de Gilles toujours en course, c est cool, il est à ma poursuite... :-)

TRANSGRANDCANARIA -"LA TRAVERSEE"-PAR- CEDRIC-DUPUICH

S'en suit une succession de montées puis la descente vers Arteara ,d'abord une piste de 4x4 roulante où je me permets d'accélérer puis survient la descente pentue, caillouteuse, au relief escarpé où chaque pas est réfléchi, posé ,pour éviter toutes lésions, mes jambes répondent bien je suis emporté par un shoot d'endomorphines Arrêt furtif de deux minutes au Ravito
Quelques bonbons Haribo en poches et je repars...
plus que 18 km la nuit va bientôt arriver...

Les premiers sont déjà arrivés douchés et rasés !
Moi après 20 heures de courses pour 110 km ( j'en espérais pas autant ) je me surprends à imaginer passer sous 24 heures de courses :-)
La descente dans le canyon vers MachaCadora au 117 eme km est paisible, je prends connaissance de mon chrono...chemin large sans cailloux plus besoin de réfléchir où poser les pieds, je dois ressortir ma frontale pour affronter les 15 derniers avec finalement la détermination de passer sous 23 heures de courses :-))

TRANSGRANDCANARIA -"LA TRAVERSEE"-PAR- CEDRIC-DUPUICH

Pour chaque concurrent doublé, je regarde la couleur du dossard qui nous indique le choix de notre course, à chaque dossard bleu, j'exulte.
Dernier ravitaillement mes jambes sont alors raides, douloureuses, à trop vouloir jouer avec elles, elles me rappellent à l'ordre :-(
Mais j ´aperçois enfin les lumières de Maspalomas : l'arrivée ...
J'alterne marche course dans ce canal trop long ,trop ennuyeux pour une fin de course...
L'organisation nous fait le plaisir de nous faire passer le long de la plage 500 m de sable pourquoi pas ! Ca ne me dérange pas , les souvenirs du marathon des sables sont encore frais .

TRANSGRANDCANARIA -"LA TRAVERSEE"-PAR- CEDRIC-DUPUICH

Les spectateurs sont là nombreux à nous encourager chaleureusement puis les lumières de l'arche... La délivrance ,mon journaliste préféré appareil photo en main, immortalise la scène.
Je jubile, derniers 100 m et j'aperçois le chrono 22h32 !!! le triomphe :-)
( Mon hygiène de vie irréprochable a été efficace :-) )
Je partage ce bonheur avec Vincent, douche froide et massage douloureux.
Tout va très vite , je fais revivre ma course à Vincent en attendant Gilles.

Le lendemain et les jours suivants seront consacrés au repos, visites et farniente au bord de la piscine.

Cette course restera pour moi encore une fois, une très belle aventure, j ai eu la chance de me sentir bien quasiment du début à la fin et par conséquent de pouvoir savourer chaque moment.
Je suis finisher d une course sous le soleil et 4 points en poche

TRANSGRANDCANARIA -"LA TRAVERSEE"-PAR- CEDRIC-DUPUICH
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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 21:51

Saintelyon.jpgEn premier lieu, Pierre Florek, Gwen Pestel, Régis Lebarbier, Cedric Marsen et moi-même tenons à remercier le Coach ( Christian Baigue ) pour l'accompagnement et l'accueil qui nous a été réservé (Bon, Cédric n'est pas à proprement parler un "nouveau").
Nous tenons à remercier les vieux... enfin ceux qui sont là depuis très longtemps au club (et dans les anciens clubs ou guildes de coureurs) pour leur accueil et leur compréhension, il est vrai que nous sommes quelque peu arrivés avec nos gros sabots, et que ça va continuer, faudra vous y faire.

La SaintéLyon pour résumer : "Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur" et pour le coup, je peux vous assurer qu'aucun des ingrédients ne manque...

Au final, un joli WE entre amis partageant la même passion, des phrases mythiques qui seraient censurées si je les publiais, des images, des moments, des douleurs, qui nous donnent hâte d'être au Trail des Piqueurs pour profiter d'une sortie club digne de ce nom.

Les Résultats :
- Pierre Florek : 09:54:54
- Gwen Pestel : 10:02:31
- Cédric Marsen : 10:02:55
- Jean-Pascal Bernard-Hervé : 11:20:27
- Régis Lebarbier : 11:20:28 (lol, il est dernier le gros nul hé)

Le déroulé de la course :
Avant de me lancer, petite anecdote, Régis ne devait pas prendre le départ, au lit avec 39 de fièvre, le jeudi et vendredi... SMS le samedi soir "hé je suis là, on se retrouve où ?". Notre seule réponse "collégiale" : le gros débile...

Ligne de départ, un peu d'attente, mais il fait bon, peu de tensions apparentes, l'envie de se lancer. Les premiers kil se feront à bonne allure, un peu rapides, tout comme les premières heures de montée. Globalement nous restons bien ensemble, passons le premier ravito au 15ème sans nous arrêter, puis filons au ravito du 28ème.
Arrêt sur ce ravito, un peu long pour certains, pas assez pour d'autres, l'histoire de la course en somme. Entre ce deuxième ravito et le 3ème, les premiers écarts se creusent, Cédric décide de partir seul, nous restons globalement ensemble juqu'au 3ème, puis on ne se trouve plus avec Pierre et Gwen, Régis et moi décidons de rester ensemble jusqu'à la fin.
Là où les 5 devants décident de ne pas rester sur les ravitos, Régis et moi prenons notre temps : 40 minutes et 30 minutes sur le 4ème et 5ème), on souffle, on cause avec les gens, on s'étire mollement, pour tout dire on glande pas mal, notre seul objectif étant de finir sous les 12H, voyant qu'on avait beaucoup de marge, on cherche pas à repartir plus vite ! (ce serait mentir de dire en revanche qu'on aurait pu réellement accélérer en course, même si globalement en terme de vitesse pure, on n'est pas si loin que ça des 3ers, ça se joue sur une grosse 1/2H probablement).
La fin de course : Cédric poursuit seul son bonhomme de chemin, il sera repris par Pierre, ayant un ticket de sortie car Gwen était cramé, puis par Gwen, lui même devait être bien fatigué... Il faut dire que la dernière côte dans Lyon donne juste envie de crever les pneus des organisateurs (et autres plaisirs de torture que Régis et moi avons allègrement développé durant la montée pour le plus grand plaisir des gens nous entourant, sur ce coup là je crois qu'on a redonné du moral aux coureurs...)
Un GRAND merci à mon Régis qui après sa grosse défaillance entre 5H et 7H du mat' m'a littéralement porté et boosté sur les 2 dernières heures.
Le Trail, c'est une aventure collective, c'est penser aux autres, pas à soi.

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 22:14

135 km en 4 étapes

Une course d'extreme !

Une semaine que nous sommes à Alter Do Chao, ce magnifique village au cœur de l'Amazonie qui offre ses belles plages de sable fin aux touristes lorsque le fleuve Tapajos s'assèche. Un village ou l'on a envie de venir vivre tant les habitants sont accueillants. Pourtant le climat y est rude par sa chaleur et son taux d'humidité. Le thermomètre avoisine les 40 degrés et la peau est humide en permanence.

J-4 : les premiers concurrents commencent à arriver. Des Anglais, des Américains de l'Arizona , un Coréen, des Japonais, des Belges, des Suisses, Irlandais, Suédois, Portugais, Polonais, Russes,Australien ... Et bien sur les Brésiliens qui arrivent des grandes villes .
Nous sommes trois français seulement : Widy, Lucien et moi.
La pression commence à m’envahir. Il se dit que nous allons tous connaître l'enfer alors que je viens de passer une semaine au paradis !
Finalement c'était le bon ordre, car je ne suis pas sûre d'en ressortir vivante !

J-3 : Lucien, notre ami Guadeloupéen est arrivé lui aussi. Nous décidons de faire une petite balade en guise d'entraînement : grimper un petit morne que l’on aperçoit tout près. Pour cela, il faut traverser un bras de fleuve, environ 30 mètres. Un service de barques est organisé. Avec Widy , nous avons déjà fait cette traversée .

Là ce matin, nous y retrouvons Jen ,Amy et le Coréen qui ont eu la même idée que nous mais en plus les filles souhaitent expérimenter leurs sacs à dos chargés et étanches, c’est donc à la nage qu’elles franchissent le fleuve pour atteindre l’autre rive. En condition de course quoi !

Je les vois traverser tranquillement. Leur technique: pousser tranquillement le sac qui flotte devant elles !

 

Vous connaissez tous Widy ? Il aime les choses simples ! Pour la compétition, il nous a prévu des sacs poubelles en guise de sacs étanches !

Ça paraît simple bien sur, mais pour moi qui ne sait nager qu’en piscine ou dans le lagon de Sainte Anne en Guadeloupe, ça ne va pas être une mince à affaire ! La pression commence sérieusement à monter mais je me tais. ...

j-2- 18h, il fait déjà nuit, le petit square d'Alter Do Choa est très animé. Nous allons prendre le bateau qui nous conduira sur le point de départ de la course : Ituapama, un petit village perdu au fond de l’Amazonie. C’est un bateau à trois niveaux semblable à tous ceux que nous avons vu depuis notre arrivée à Santarem ou à Alter Do Chao. Ce sont les principaux moyens de locomotion que les Indiens ont pour se déplacer ou pour transporter les denrées alimentaires, l’eau Etc…
Tous les concurrents sont là et nous attendons tous les informations. Des voitures viennent nous chercher avec nos bagages (valises, sacs à dos) par petits groupes et nous débarquent un peu plus loin sur la jetée. Là, nous sommes carrément dans le noir et chacun doit se débrouiller ! Un petit pont en bois, une barricade à enjamber, 50 mètres de plage ... et embarquer.

 Nous, nous installons nos hamacs au niveau deux pour une traversée qui durera une dizaine d’heures.

 

 

Je m'allonge dans mon lit de fortune et curieusement je m'endors malgré l'agitation qui règne sur le bateau. Surtout les Brésiliens qui sont très bruyants ! Le départ du bateau est prévu pour 2h du matin. C'est à ce moment là que je me réveille car mon hamac se met à se balancer sérieusement, allant même cogner un poteau tout près ! Je me dis alors que si toute la traversée est ainsi, cela va être terrible ! Mais non, tout rentre dans l'ordre quand le bateau prend sa vitesse de croisière et je me rendors comme un bébé bercée par le ronronnement du moteur!
Le soleil se lève, c'est magnifique ! Nous sommes sur le fleuve Tapajos, une mer d'eau douce ! Je n'avais jamais imaginé une telle immensité ! Ce fleuve qui après les crues s'assèche dégageant une multitude de bras de fleuves et de plages de sable blanc. Vers 9h, tout le monde est déjà debout, le capitaine du bateau se dirige vers une belle plage et nous débarque là pour une petite escale d'une heure afin que nous puissions profiter de cette belle eau en guise de baignoire.

En début d'après midi, le voyage prend fin et nous débarquons sur une autre plage sur laquelle Shirley, l'organisatrice, est là pour nous accueillir. Nous acheminons nos bagages, environ 300/400 mètres plus loin.
Là une habitation, comme sortie de nulle part au bord de la
forêt ! Une maison en briques recouverte de tôles et tout autour quelques payottes.
Pas de route, ni chemin, seul l’accès par le fleuve est possible. Un groupe électrogène leur fournit l’électricité.
C'est là que Julio et sa famille vivent en autarcie.
Pas de meubles. Des hamacs pour dormir, un coin cuisine rudimentaire mais la joie de vivre règne là ! Des gens accueillants et souriants .
Julio a aménagé un coin avec des poteaux. C'est là que nous allons installer nos hamacs, tous serrés les uns contre les autres pour deux nuits avant le départ fatidique.
Je remarque que tous ont apporté des toiles imperméables qu'ils tendent au dessus de leur hamac en prévision d'une éventuelle pluie. Lucien nous dit que ça faisait parti du matériel obligatoire.

Nous, je vais me répéter mais vous connaissez Widy ! Voyager léger et encore plus lorsqu'il s'agit de compétition! En 2007, lors de sa première participation, il avait plu une seule fois et il y avait une solution de repli. Et puis le règlement était écrit en anglais, nous n’avons pas fait l’effort de le traduire.
- "Ne te tracasse pas Jackye" m'a-t-il dit avant de partir.

 







Pour les repas d’avant course, la femme de Julio fera cuire, riz, haricots, farine de manioc, poisson, poulet. Et Inutile de vous dire que ce ne sont pas des poulets d'élevage !!!
Les concurrents qui désirent acheter, peuvent le faire moyennant quelques réals (environ 3euros par repas).
S'en suit le contrôle des sacs et la "consultation" avec médecins pour vérification du matériel médical obligatoire, l'électrocardiogramme .... puis la remise des dossards.


Les sacs et valises sont ouverts à terre, et chacun de nous trie son matériel. Et voilà quelques gouttes de pluie commencent à tomber, se transformant rapidement en petite averse ! Tous replient à la hâte leurs affaires et les mettent à l'abri sous les toiles....
Compliqué pour nous qui n'en avons pas ! Heureusement l'averse n'est pas trop méchante et tout rentre dans l'ordre. Le soir, nous nous glissons dans notre hamac et duvet humide. Je crois que c'est la chaleur de notre corps qui aura séché le tout !
Pour nous l'aventure est déjà commencée !

J-1 – C’est la préparation des sacs de course. Surtout penser à tout et ne surtout rien oublier car dans la soirée nos valises seront prises en charge par l'organisation et nous ne les retrouverons qu’à l’issue des six étapes.
C’est aussi la journée briefing. Un peu compliqué, quand on ne parle ni anglais, ni portugais ! Heureusement Haround, le cameraman belge nous traduira l’essentiel. Là nous apprenons que pour la 10 ième édition, l'organisation a changé le parcours qui passe à 275 km et l'a renforcé en difficultés !
À chaque étape, nous aurons plusieurs traversées de fleuves, dont certaines 200 m de long. Cette année, les pluies ayant tardées, l’assèchement a pris du retard donc elles seront plus nombreuses et plus abondantes.
Deux étapes nouvelles dites de montagne ! Aie, aie ! Heureusement à l'issue des quatre premières étapes qui constituent le parcours de 135 km, chacun de nous pourra opter pour l'étape longue ou pas .... Moi, sans rien dire, j'ai dans l'idée que mon choix est déjà fait ! Une étape longue de 140 km , c’est fou
non ? 

On nous parle aussi des dangers : arbres à grosses épines, plantes coupantes et bien sûr la faune en passant par les jaguars, les serpents, les piranhas, les anacondas, les mygales sans oublier les fourmis dont certaines ont un venin très
douloureux !! Ils racontent que Shirley , l’organisatrice serait restée douze heures sous morphine suite à une piqure de fourmis .

Trois serpents devaient nous être présentés, mais surprise, en ouvrant la boîte en carton, ils constatent que deux ont déjà pris le large !! Seul un cobra de plus d’un mètre de long va circuler d’épaules en épaules. Enfin pour les plus courageux !
En cas de morsure, on nous donne les consignes à suivre, mais je comprends bien que le mieux, c’est de ne pas se faire mordre.
Ce soir là, je suis contente de me coucher dans mon hamac même humide plutôt qu'au ras du sol !!

On nous parle aussi de l'orientation à la boussole au cas où l'on se perdrait. Moi qui ne sais même pas m'en servir ! Un repère, le matin nous marcherons le soleil dans le dos et le soir face au soleil. Aussi toujours se rapprocher du fleuve.
Aujourd’hui ça me fait un peu rire car les trois quarts de la course s’effectuent dans la forêt où l’on aperçoit à peine le soleil ! Mais le balisage était vraiment au top !
Puis c’est un médecin qui prend la parole pour nous parler des problèmes d’ampoules aux pieds. Quasi inévitable de ne pas en avoir puisque nous avons les pieds mouillés voir trempés en permanence. Mieux prévenir que guérir, dit-il !
Il nous donne quelques conseils.
Pour clôturer la réunion, Shirley remercie Julio qui a bien voulu mettre à disposition de l’événement toutes ses ressources humaines et matérielles.

Il prend la parole, en portugais bien sûr. Je ne comprends rien à ce qu’il dit mais dans la vibration de sa voix, dans l’expression de son visage et de ses yeux, je devine toute l’émotion qui l’habite et le plaisir qu’il partage avec sa famille à nous accueillir. Pour eux, habitués à ne voir jamais personne, c’est une fête.
Il est intarissable !
L’après midi, nous faisons connaissance avec les autres concurrents et échangeons avec les enfants des villages voisins qui sont venus en barques avec leurs parents participer à la fête car c’est un véritable événement pour eux et une nouveauté.
Le soir, nous nous couchons de bonne heure et je me persuade que tout ira bien. J'essaie de chasser toute appréhension. J'ai même hâte que nous commencions.

Julio, à droite de la photo

 

1ère Étape de 27km avec un départ à 7h
Dès 5 heures, à la lueur de la lampe frontale, chaque concurrent s'affaire à ranger ses affaires, plier le hamac, le sac de couchage, prendre son petit déjeuner. C'est fini les bonnes crêpes de tapioca faites par l'épouse à Julio !!
Julio a allumé un feu de bois qu’il entretient pour chauffer de l’eau dans un gros chaudron. Chacun vient s’approvisionner pour réhydrater les lyophilisés et aussi constituer sa réserve d'eau froide : 2,5 litre, c’est obligatoire sous peine de
pénalités !

Nous sommes sur la ligne de départ. Petit briefing rapide de Shirley : aujourd'hui 4 CP (check point), un quart d'heure de pose obligatoire à chaque CP.
En quittant le 4ème CP, nous entrons dans une zone dite niche des jaguars ! Elle nous explique qu’en raison de nombreux arbres couchés par le vent, les jaguars se sont installés là et reproduisent.
Elle nous conseille de ne pas nous isoler car le jaguar ne s'attaque jamais à un groupe. Brrrr!

5-4-3-2-1 c'est parti !!

Les 70 concurrents sont sur la ligne de départ.
Pour les médias qui vont filmer la course, nous sommes tous fiers de trottiner, mais rapidement la réalité nous ramène à la raison ! Pour moi, c’est un sac qui pèse au moins 10kg à sec ! D’ailleurs, ce n’est qu’à l’issue de la 6ème étape lorsqu’il ne contiendra plus que le sac de couchage et le duvet, que je parviendrai à l’oublier ! Sinon, il me lacérera les épaules et le dos en permanence ! Pourtant pas de superflu ! Juste un short et un maillot pour passer la nuit au sec, une paire de chaussette, un mini , vraiment minimum de toilette et une mini pharmacie en plus du matériel obligatoire et de la nourriture, hamac et duvet.
Nous sommes à peine sortis du campement que nous avons déjà une traversée d'un petit cours d'eau ! Au rien, 3/4 mètres peut être et 30 cm d'eau claire ! Un tronc d'arbre peut servir de passerelle. Si on a l’équilibre, il permet ainsi de garder au sec ses pieds un peu plus longtemps. Je tente le coup ! J'ai bien tenu 3 secondes en équilibre sur un fil, lors d’une animation quelques jours auparavant sur la place d'Alter do Chao. Pourquoi pas un peu plus sur un tronc d'arbre ! Je me lance ! Mon sac est bien calé sur mon dos, ça a marché !!
À peine je suis passée, j'entends un plouf ! Tout le monde n'a pas eu ma chance ! Le cameraman a déjà fait sa première prise d’images, mais ce n'est qu'un début !
La forêt nous a déjà happés ! Cette forêt dense que nous ne quitterons pratiquement plus. Cette forêt qui me rappelle la forêt de Guadeloupe très humide, mais aussi des zones plus sèches telle la forêt de Givray en beaucoup plus drue ! Elle apporte une moiteur permanente à notre corps. Les quelques rares fois ou nous la quitterons sur les dernières étapes, ce sera pour longer des belles plages de sable fin et les pistes. Et là , la température atteindra plus de 40° !
Une petite montée et une petite descente facile, nous abordons une autre montée qui s’annonce plus raide et là déjà un bouchon, comme s’il se passait quelque chose d'inattendu ! Je ne comprends rien de ce qui se dit car c'est en portugais.
Je vois un coureur couché à terre. Malaise? J’apprends très vite que nous avons dérangé un essaim d'abeilles et que le coureur en question était allergique.
Le soir, Widy me racontera avoir été piqué 4 ou 5 fois. Normal, passant le premier, c'est lui qui a dérangé les abeilles ! Mais, il a la peau dure, je crois que le venin n'a même pas atteint le derme !
Montées, descentes, montées, descentes, peu de répit ! Bien sûr ce n'est pas de la haute montagne, les montées sont courtes mais raides même !
Pour moi qui n’utilise pas de bâtons, je dois m'accrocher aux arbres qui sont nombreux, sinon je gravis à quatre pattes. Et attention aux arbres, comme on nous avait prévenus, il y a une espèce qu'il vaut mieux éviter ! Des épines dures de 2 à 4 cm. Une fois, par inadvertance, je me suis fais avoir. Heureusement mes gants ont atténué la casse mais j’ai encore quelques marques!
Les rares parties plates de sentiers, j'essaie de trottiner mais elles sont parsemées d'obstacles ! Et ce sac à dos qui m’encombre toujours !
Des troncs d'arbres couchés là parfois depuis de nombreuses années. Des petits troncs, des troncs énormes, quelques fois un amoncellement de troncs ! Contourner l'obstacle ? La forêt est dense et avec tous les dangers annoncés, ah non, ne même pas y penser !
Il arrive qu'il soit plus simple de passer dessous à quatre pattes ! Avec mes courtes jambes et mon gros sac à dos, vraiment des fois c'est compliqué pour moi !
Pour les descentes, bien sûr elles sont à l'identique, semblables à des toboggans et comme dans les montées, je cherche les arbrisseaux ou les lianes auxquelles je peux m’accrocher pour freiner.


Les premiers kms, je suis un petit groupe de concurrents. J'entends encore des échanges devant moi comme si il se passait quelque chose d'anormal ! J'essaie de questionner celui qui me précède. Il me répond quelque chose comme "baracado" !
Je ne comprends pas de quoi il s'agit et j'image que peut être ils ont vu un serpent ! Comme l'homme voit que je n'ai rien compris, il me montre. Un trou dans le sol ! Je rigole rassurée !
Petit à petit le groupe se désagrège car chacun avance à son rythme. Je suis donc rapidement toute seule mais je prends confiance en moi. Après 2 heures de marche environ, j'atteins le 1 er CP.

Je respecte la pose obligatoire et je repars avec un japonais. Je me souviens encore du démarrage difficile : un talus abrupt à escalader ! Je n’y arrive pas, le poids du sac me renvoie en arrière ! Il doit me pousser en soutenant le sac ! Nous rions ensemble. Au 2ème CP, j'arrive encore seule. Alors que je refais les réserves d'eau et mon plein d'énergie en mangeant un peu, j'aperçois ce qui m'attend 50 m plus loin : ma 1 ère traversée de rivière !!!
Je sors mon grand sac poubelle et un jeune brésilien qui fait parti de l'organisation m'aide à y glisser mon sac à dos sans que le sac poubelle ne se déchire, et le fermer avec une longue ficelle. Il fait au moins 4 / 5 nœuds pour tenir le sac bien serré. J'ai envie de lui dire de faire moins car je sais qu'après la traversée ce sera difficile à défaire mais c'est important que mes affaires ne se mouillent pas.

Maintenant, je dois porter mon sac jusqu'au bord de la rivière. Je le prends à bras le corps. Je n’ai pas de prise pour bien le tenir !
Pff, compliqué ! Mais je revois dans ma tête tous ces clichés d'hommes à Santarem qui chargent les bateaux ! Des centaines de kg sur les épaules ou la tête ! Je ne vais pas me plaindre avec mes 10 malheureux kg !
J'arrive au bord de la rivière à traverser : maxi 15 mètres. Ce n'est pas beaucoup, je questionne à l'aide de gestes le brésilien qui surveille et je comprends à sa réponse que j'ai pied. Il me fait voir la corde tendue et je comprends que je dois me débrouiller. La ficelle du sac entoure mon corps. C'est parti ! J'avance pas à pas, je m'accroche à la corde, mon sac flotte derrière moi et me suit, tel un petit chien que je promène en laisse. J'essaie de sourire devant cette situation. Arrivée au milieu, je me souviens que l'eau est à hauteur de ma poitrine. Je me tiens bien fermement à la corde et j’avance. Même pas le temps d'imaginer que je ne suis pas toute seule dans l'eau ! Pourtant, ce sont la souvent que les anacondas viennent dormir ! Le mieux, c'est de ne pas y penser !
Ça y est, je suis passée. Ouf !
Comme je l'avais imaginé, les nœuds sont bien serrés et la ficelle enchevêtrée. Je prends le temps de ranger tout ça et c'est reparti.
Toujours la même chose : un petit sentier étroit jonché de feuilles mortes, des montées , des descentes, des troncs d'arbres à escalader , le tout bordé d'une végétation intense, des lianes qui s'entrelacent.
Je suis seule sans l'être vraiment, je ne les vois pas mais leurs cris m'accompagnent : Les oiseaux de la jungle et les petits singes sont bien là !
Quelques fois, c'est comme si ils m'encourageaient et me disaient :
- "Allez Jackye, fais ton chemin, la route est encore longue! ".
C'est ce que je fais. Montées, descentes ..... Ça manque un peu de variété !
Au CP3, pour le quitter c’est encore une traversée d’eau, mais là, ça me paraît plus costaud. Je dois me débrouiller toute seule pour en saucissonner mon sac dans la poche poubelle, fermer le tout, et m'approcher du bord.
Deux hommes sont là sur le bord pour surveiller les opérations. À mes interrogations toujours par gestes, je comprends que je n'ai pas pied et pourtant je dois y aller ! C'est parti pour une quinzaine de mètres. Rapidement mes pieds ne touchent pas le fond. Pas de panique, je suis cramponnée à la corde et j'avance par la force des bras. Je sens la ficelle qui tire le sac et je me dis pourvu que j’aie bien attaché le tout, n'osant même pas me retourner !
J'arrive au bout et là, un gros talus abrupt pour atteindre la terre ferme, une super belle plage de sable blanc. Et ce sac, à extirper de l'eau ! Comment vais-je faire ?
Je panique un peu, toujours cramponnée à la corde, je me retourne et tout à coup, je vois qu'un des deux hommes m'a accompagnée sur toute la traversée.
Il me tend le sac et m'aide à le hisser. Nous constatons que la poche est percée, je m’en débarrasse.
Je le congratule de "obrigado" . (Merci)
Je longe la plage sur un petit kilomètre, en plein "cagna", mais heureusement les balises me ramènent vers la forêt. Là, pas de marquage indiquant le nombre de km parcourus. Avancer, c'est ce qui compte.
Peu avant l'arrivée au CP4 je me souviens de cette longue descente tellement pentue que sur une vingtaine de mètres, une corde a été installée pour que l'on puisse se ralentir. Mais pire encore, un peu loin, c'est carrément une descente en rappel !
Un brésilien est là et me fait voir la technique.
Le choix je ne l'ai pas, il faut y aller et finalement je me débrouille bien! Seulement sur les deux derniers mètres, c'est vraiment le vide. Aucune accroche pour les pieds et je ne sais toujours pas comment j'ai atterri ! Je crois, un pompier chargé de la sécurité m'a récupérée au vol !
Le CP 4 se trouve sur une petite crique au bord du fleuve. Je me rappelle qu'au briefing, ils avaient indiqué que la niche aux jaguars se trouvait juste après dans les cinq premiers kilomètres avant la ligne d’arrivée et qu'après 15 h, les bénévoles seraient chargés de bloquer les coureurs. Les pompiers « serre file » les accompagneraient.
Il est 14h, j'ai de la marge. Je prends mon quart d’heure de pose et j'en profite pour me restaurer avec un peu de taboulé. Je me rafraîchis un peu dans le fleuve. Les quinze minutes sont écoulées, je pourrais repartir mais je suis seule. Les bénévoles me laissent le choix, me laissant imaginer que peut être, le danger n’est pas si terrible que ça !
Entre temps, un coureur suédois est arrivé. Il doit respecter aussi sa pause. Je suis sage et je décide donc de l'attendre pour repartir, ce sera plus rassurant même si l'homme n'est pas très costaud. On dirait même qu'il est malade ! Les jaguars s'attaquant au plus faible, j'ai donc une chance d'être épargnée !!
J'en profite pour me faire un petit brossage de dents. Le docteur et Charlotte qui sont là, écarquillent les yeux. Je crois que je suis la première à leur faire le coup !
J'ai une grosse pensée pour Brice de l’EPA. Il est coutumier du fait et j’avais trouvé son idée très bonne. Charlotte immortalise le moment avec une photo.
14h 25, le suédois est prêt, nous décidons de repartir. Dès le départ, c'est une grosse montée. Je suis loin d'être rapide mais là franchement le suédois n'avance pas et doit s'arrêter tous les 10 mètres pour reprendre son souffle. La montée se fait progressivement, une descente et encore, encore montée, descentes…. Un coureur brésilien nous rattrape et fait un petit bout de chemin avec nous mais il finira par nous lâcher car il perd du temps. Vraiment, notre petit suédois ne va pas bien. Il me fait comprendre qu’il a des nausées.
Je me souviens à Alter do Chao, quelqu’un racontait qu'un coureur suédois avait prévu de se nourrir essentiellement d'huiles d'olives et de coco. Une nouvelle technique qui permet d'absorber beaucoup de calories pour une petite quantité, allégeant ainsi la charge.
J'image que c'est lui le coureur en question. Franchement, sa technique, elle n’a pas l’air très efficace, je n'essaierai
pas !!!!
À ma montre, il va être bientôt 17 h. Mon seul objectif, c'est de finir l'étape avant la nuit. Je décide donc, moi aussi, de l'abandonner à son triste destin : être la proie des jaguars !!! Non je plaisante !
Bientôt je commence à voir la lumière à travers les arbres, je pense que je ne suis pas loin du prochain bivouac. Je débouche enfin de la forêt pour atteindre la plage et qui dit plage dit fleuve ! Là, le fleuve est immense. Un bateau à moteur attend avec un homme aux commandes.
La fatigue aidant, je panique intérieurement et je me dis : "Shirley, cette femme est folle, elle ne va me faire traverser
ça !!"
L'homme me fait signe que je dois monter à bord. Ouf ! Il enclenche les manettes et telle une princesse, il m'emmène sur l'autre rive. La première étape est terminée.
C'est là le premier bivouac ! Comme la fois dernière, une plage, quelques maisons en paille et la forêt qui cerne le tout. Là aussi, des poteaux ont été installés par les indiens, pour accueillir nos hamacs.
Widy et Lucien sont là pour la photo d'arrivée.
Widy me racontera, avoir interrogé Lucien : " tu crois que Jackye va arriver à franchir tous ces obstacles ? " .
Il était un peu inquiet pour moi quand même !

La nuit ne va pas tarder. Widy prend en charge l'installation de mon hamac pendant que je vais au fleuve prendre le bain.
Rinçage des vêtements, des chaussures, chaussettes, inspection des pieds ! Compte tenu de ma mauvaise expérience au marathon des sables, j'en avais tiré des leçons. Tous les points de frottements, je les avais protégés avec des pansements double peau.
Aucun dégât ! Super ! Je laisse les protections en place.
Un short et un maillot sec sur le corps, il ne me reste plus qu'à me restaurer. Les indiens du village entretiennent un feu de bois qui chauffe l'eau pour la-ré hydratation des repas.
La nuit est maintenant bien présente, nous nous rendons compte que le ciel est devenu très chargé, quelques éclairs apparaissent même tout près.
À peine, ai- je fini de manger que les premières gouttes commencent à tomber.
Ça y est, l'orage est sur nous. Comment protéger nos couchages ?? Avec un malheureux poncho non réutilisable jeté à la hâte dans mon sac à dos, Widy improvise une bâche !
Mais la pluie s’intensifie, le tonnerre gronde. Mes uniques vêtements secs sont désormais trempés, et je commence à grelotter. Heureusement, la pluie cesse rapidement, laissant le hamac et le duvet dans un état d'humidité avancé.
Plus rien de sec à me mettre sur le dos; j’ai froid et la fatigue aidant, mon moral est au plus bas.
J’ai du mal à m'imaginer repartir le lendemain : devoir enfiler vêtements de course et chaussures trempées pour attaquer la deuxième étape qui nous a été annoncée comme étant la plus difficile.
J’aperçois Shirley qui vient de terminer le briefing. Je m’avance vers elle et lui fais part de mon état d’âme. Je lui dis même que j’ai envie d’abandonner ! Gentiment elle me rassure, me disant que ce serait dommage car passé les deux premières étapes, les autres sont plus faciles.
- " Fais ta nuit, et demain tu décideras quand tu seras reposée me dit-elle. Tu es bonne, tu peux le faire ".
Elle m'assure aussi qu’il n’y aura qu'une traversée d’eau et que j’aurai pied car l’eau, c’est vraiment ma hantise. Franchement Shirley est adorable mais je crois qu’elle n’a pas fait les parcours !!!!
Je m’engouffre dans mon duvet, la mort dans l’âme et j’attends que le sommeil me gagne. Il se fait un peu tarder. Plusieurs fois, j’entends des applaudissements. Ce sont les coureurs retardataires qui arrivent. Les derniers arrivèrent vers 22 heures. Je me suis dit que je n’étais pas la plus à plaindre, ni la plus mauvaise ! Et c’est ainsi que je me suis endormie bercée par le chant des animaux de la forêt.

2ème Étape de 28km avec un départ à 7h
Même rituel : Réveil dans le noir, préparation du sac, petit déjeuner et briefing avant le départ !
C’est l’agitation autour de moi qui me fait ouvrir l’œil. J’ai bien dormi et j’en suis toute étonnée. Pendant mon sommeil, les batteries se sont rechargées. Vraiment le corps est surprenant.
Je me mets debout et je m’active pour être bien à l’heure. Normal, mes chaussures et mes vêtements de course (legging et maillot EPA) sont trempés !
Je garde donc pour le dernier moment la contrainte de les enfiler. J’ai une bonne paire de chaussettes neuves et sèches dans mon sac, ce sera mon seul petit plaisir de départ !
Ca y est, le départ est donné. Quelques foulées sur la plage et la forêt nous engouffre déjà dans une montée.
Des montées abruptes, et des descentes qui font bien mal aux orteils. Souvent je descends en crabe pour les soulager. Notre ami Lucien, a lui aussi bien mal dans les descentes. A un moment, je me retrouve derrière lui. Il les descend sur les fesses pour économiser ses orteils. Je lui demande en riant s’il fait de la luge. !
A un moment, il y a une petite rivière dont le lit est creusé. Pas très profond mais suffisamment pour bien se mouiller. Un gros arbre est couché en travers et doit nous servir de passerelle sur 6/7 mètres. Un brésilien est là pour superviser les opérations. Il me propose de me soutenir en me prenant la main mais franchement je ne sens pas en mesure de traverser sans tomber même avec son aide. En plus la chute peut faire mal, car l’arbre est bien au dessus du niveau de l’eau. Et je n’ai pas de sac poubelle pour protéger mon sac !
Rapidement je sais que la seule façon pour moi de traverser, c’est de m’asseoir à califourchon sur l’arbre et d’avancer en me soulevant par la force des bras. C’est parti ! Mission réussie !
Comme annoncé, l’étape est très exigeante. Lors d’une longue montée, je rencontre Jen et Amy. Jen est assisse et Amy la ventile. Vraisemblablement, Jen ne va pas très bien. Dans un mauvais anglais, je demande si je peux être utile. Nous nous faisons des signes. Je comprends qu’elles gèrent et que je ne leur servirai à rien, aussi je continue mon chemin.
Le règne animal est toujours présent mais seuls leurs cris me le rappellent. Pour oublier la douleur de l’effort, je laisse vagabonder mon esprit et je pense aux personnes que j’aime. Je pense à ma fille Christèle, à qui j’essaie de transmettre cette force de guerrière qui m’anime. Comme j’aimerai partager ces aventures avec elle. Ces épreuves qui malmènent le corps mais qui le rendent, oh combien plus fort !
Le dépassement de soi ! Pour certaines personnes, ça doit paraitre fou mais moi, ça m’aide à prendre confiance en moi.
C’est déjà le début d’après midi. L’étape est très rude mais aujourd’hui, il semblerait qu’il y ait moins de traversées d’eau. A peine, ai-je fini cette constatation que je croise quelques jeunes brésiliens de l’organisation. Nous nous saluons d’un signe de tête. Quelques centaines de mètres plus loin, stupeur ! Une bonne quinzaine de mètres de rivière. J’entends des voix, sans voir les personnes. J’imagine un point de contrôle de l’autre côté. Personne à qui demander quelle est la hauteur de l’eau. Me rappelant que Shirley m’avait dit que j’aurai pied, j’y crois !
Le sac collé au dos, les mains accrochées à la corde, j’avance pas à pas jusqu’au moment ou je sens bien que le bas du sac est carrément dans l’eau. Un faux pas et je suis déséquilibrée par la lourdeur du sac qui m’emporte en arrière et mes pieds se décollent du sol. Je me retrouve en position comme si je faisais la planche ! C’est bien involontaire ! J’essaie de me remettre debout, arque boutée et crispée sans lâcher la corde, je vais même paniquer en appelant au secours. Mais je pressens que personne ne va m’entendre donc je m’applique à reprendre mes esprits et surtout me remettre en position bien debout. J’y arrive. Je continue ma progression, j’atteins le rivage ! Je suis sauvée !! Je ressors de l’eau. Mon sac ne pèse plus 10 kg mais une tonne ! Il s’est gorgé d’eau. Je pense à mes affaires mal protégées ! Encore une nuit qui s’annonce dans l’humidité ! Ca casse le mental ! Et l’appareil photo ? Je ne donne pas cher de sa peau !
Comme imaginé, quelques centaines de mètres plus loin, c’est le point de contrôle.
J’y retrouve les deux jeunes Belges qui m’avaient doublée. Quel plaisir de pouvoir parler la même langue ! Je leur raconte ma mésaventure. Ils ont bien entendu une voix, mais ils pensaient au contraire que c’était quelqu’un qui prenait plaisir dans l’eau.
Comme quoi, dès fois on pourrait mourir sous l’œil de son voisin qui ne comprend pas ce qui se passe !
Je m’hydrate bien et avant de repartir ; je demande combien de km il y a, avant le prochain CP : 6 km me dit-on.
Et c’est reparti, le parcours, toujours noyé dans cette même végétation étouffante est relativement facile. J’en profite pour trottiner un peu, malgré que les lanières du sac me lacèrent les épaules. Je vais mettre plus de deux heures avant le dernier CP.
Je pense que le kilométrage indiqué n’était pas bon ! A l’arrivée, avec Lucien, nous échangeons sur ce sujet. Il est bien d’accord avec moi pour dire que nous avons fait beaucoup plus !
Ce jour là, une petite pente rapide et nous arrivons dans un village plus imposant. Plusieurs familles vivent là dans des maisons en bois et paille. Pour nous, c’est même l’hôtel avec étoiles ! Nous pouvons installer nos hamacs sur une grande plateforme en bois, face à la mer, qui a un toit en paille. Il peut pleuvoir cette nuit, nous serons à l’ abri ! Et bien non, c’est sous un beau ciel étoilé et une grosse lune toute ronde que nos rêves vont germés …
Même rituel, baignade dans le fleuve, lavage (enfin rinçage !) des vêtements, inspection des pieds … Ce soir là, les premiers désagréments aux pieds apparaissent : quelques ampoules et les ongles des gros orteils sont touchés. Mais j’ai connu pire !
Quelques petites tiques se sont accrochées à mes jambes. Gary, un des médecins de l’équipe va s’occuper avec une pince à épiler à me débarrasser de ces intrus et soignera mes pieds.
Les enfants du village sont là, s’approchent de nous. Nous sommes une curiosité, je crois, à leurs yeux. Ils sont très gentils et ne quémandent pas. Pas grand-chose à leur offrir, juste prendre quelques MMS sur notre réserve de course. Même, un si petit cadeau les rend joyeux.
Comment ils ont l’air heureux, loin de notre civilisation moderne, qui nous happe et nous rend addictes de choses inutiles.

3ème Étape de 38km avec un départ à 6h 30
Le rituel est toujours le même, je vais donc faire court.
Que retenir de particulier de cette étape plus roulante ? Les quelques montées sont plus faciles, et les descentes aussi. Je peux courir un peu même si régulièrement il y a des obstacles : troncs d’arbres à escalader. Quelques traversées de rivières mais la particularité de l’étape, ce sera les marécages et les remontées de cours d’eau sur plusieurs centaines de mètres ! Et de la boue encore et encore !
Les derniers kilomètres se font sur les plages, le fleuve à gauche et des habitations à main droite. Les Indiens m’applaudissent, certains m’offrent de l’eau pour me rafraichir, ce qui me permet de ne pas relâcher mon effort malgré la température qui doit avoisiner les 40 degrés ! Je suis obligée de refroidir le moteur en me mouillant la tête souvent. Ce jour là, les traversées d’eau sont les bienvenues ! Et puis je commence à m’y habituer ! Le matin ; j’avais bien protégé mes affaires dans des petits sacs poubelles à l’intérieur du sac; l’appareil photo est HS, donc plus de craintes de ce côté-là ! Le seul regret, ne pouvoir immortaliser certaines vues, certaines scènes. C’est la première étape ou nous commençons à rencontrer les autochtones.
Pas très loin de l’arrivée, je me souviens d’une traversée ou j’aurai pu passer sur un grand pont en bois très haut perché qui sert aux villageois aux moments des crus. Je vois d’autres concurrents qui l’empruntent mais il manque quelques planches et il parait bancal. Il ne me m’inspire pas. Les femmes du village sont en train de laver le linge à la rivière. Il fait si chaud que la traversée me rafraichit. Au plus profond, l’eau m’arrive à la taille et mouille juste le bas du sac.
Quelques kilomètres encore et c’est l’arrivée de l’étape dans un village ….
Le rêve, les indiens nous ont installé des douches. Installation de fortune entre quatre tôles, mais oh combien rafraichissantes !
Un petit passage chez les docs pour les pieds. Ce sont surtout les ongles des gros orteils qui vont mal.

4ème Étape marathon avec un départ à 6h
Ce matin, je me sens bien sereine. Dès la première étape, je m'étais programmée pour le 135 km je crois ! Rien que de penser que l'étape 5 est annoncée pour 147 km , voir plus, je ne suis pas plus vaillante que ça ! Que les plus fous aillent ! Il y en aura 25 je crois !!! Pour ma part, je me suis débarrassée de la nourriture inutile. Histoire de gagner quelques grammes dans le sac pour cette 4me étape.
5,4,3,2,1 c'est parti !!
Là aussi un rituel, toujours commencer l'étape par une bonne montée. Comme ça tu es tout de suite dans l’ambiance. Cette étape marathon, se découpera en deux parties : une plutôt dénivelée avec deux ou trois grosses montées et passé la rivière, du plat ou presque.
A un moment, avant le 1e r CP, je me sentais bien en forme et je profitais d'un tronçon relativement plat pour courir un peu. Aucun danger en vue, juste un tronc d'arbre à escalader !
A un mètre du tronc, mon pied gauche se prend dans une racine et c'est parti pour une belle chute ! C'est tellement inattendu que j'y vais de bon cœur !! La tête en avant, mon nez s'écrase contre lui !
Là j'entends franchement un craquement! Je me relève un peu sonnée et j'imagine que je viens de me casser le nez. Une vision très fugitive me
traverse : Philippe de l’EPA, que j'ai vu sur Facebook quelques jours auparavant, avec le visage bien écorché suite à une belle chute ! Bienvenu au club !
Je me masse un peu et finalement pas de douleur particulière ! J'ai juste l'impression que la peau est un peu égratignée et un bon hématome. Le craquement, j'imagine que c'est l'arbre qui a émis ce bruit et en fait mon nez était plus solide que lui et surtout moins vieux !
C’est quand même trop bête de tomber à un endroit qui ne présente aucun
danger !
Quelques petites traversées mais c'est surtout celle du milieu de course qui me laisse le plus de souvenirs ! En effet j'arrive au CP, main dans la main avec un petit garçon indien, qui a fait un petit kilomètre avec moi. Oui, le fleuve est bien aussi large que Shirley l'avait annoncé ! Un bon 200 mètres avec un peu de courant. Une corde bien sûr me permettra de m’y accrocher mais malgré tout je ne suis pas rassurée ! Charlotte, une anglaise qui fait partie de l’organisation, qui connaît désormais mes appréhensions de l'eau me fait comprendre qu'elle va m'accompagner. Elle enfile son maillot de bain et m'explique comment attacher mon sac à la corde et c'est parti. J'avance par la force des bras en poussant en même temps mon sac et avec les jambes, je fais les mouvements de la brasse. J'avance bien ! A mi chemin, un pompier est aussi à mes côtés et me parle pour me mettre en confiance. Il me parle de Charles de Gaulle. Je rigole et lui dis " non François Hollande!!».
Quand on ne sait parler que le français, ça limite drôlement les échanges ! Nous rions tous ensemble et c'est ainsi que j'atteins l'autre rive presque décontractée! Alex le photographe est là, il est même impressionné. Plus tard il dira à Widy " your wife is strong! " .
Je vais aborder la partie plate de l’étape, pourtant cette partie je vais la trouver bien longue. En effet mon repas du jour " le taboulé' ne m'inspire pas. Au cours de la traversée, les amandes et le gingembre confit qui devait constituer mes encas ont pris l’eau. C'est quand même eux qui me conduiront péniblement sur la ligne d'arrivée car je n'arrive à avaler rien d’autre. J'arrive peu avant la tombée de la nuit. Ce soir là, à l'arrivée comme à la 2 ième étape, un jus de fruit frais confectionné par les indiens nous est offert. Hum ! Excellent ! Une douche aussi est installée ! Trop bien.

Lucien a opté lui aussi pour les quatre étapes Ensemble, nous allons donc nous restaurer. Les femmes du village ont préparé du riz, haricots, tapioca, poulet, poisson comme les premiers jours à Ituapama. Oh le choix est limité, mais ce sont des aliments sains et ayant mangé quatre jours que des repas lyophilisés, franchement ce n’est que du bonheur. Nous ferons même un petit km à pied pour trouver une bouteille de coca à acheter. Nous le consommons sur place, pour éviter toute ambigüité car Widy est toujours au régime lyophilisé et eau. Toute incartade lui vaudrait une pénalité puisque le règlement l’interdit bien sûr.

5ème Étape longue avec un départ à 4h
L’étape initialement prévue à 147 km (il se disait même 160) a finalement été ramenée à 120 km selon un plan B. Mais même 120, c’est déjà beaucoup et vous pouvez tous comprendre qu’avec des températures à 40° et une hydrométrie de 99% , que mon choix était très sage et raisonnable.
Pourtant au moment où j’écris, j’ai quelques regrets car c’est vraiment à cette étape là que se manifestent toutes les émotions ! Se dépasser, se surpasser, survivre ! Quelle joie de franchir la ligne d’arrivée même si le corps est cassé, malmené.
Sur les quatre étapes que j’ai faites, je suis restée dans les limites de mon corps et je n’ai pas ressenti ce dépassement.
Le choix d’arrêter, était beaucoup motivé par les nombreuses traversées de rivière. Vraiment pour moi, c’était ma « bête noire ». Pas spécialement la peur de l’eau, car les traversées sont bien sécurisées et je m’y étais habituée. Mais n’étant pas équipée de sacs étanches, j’avais peur d’arriver le soir avec mes affaires trempées. C’est mon côté matériel qui ressort !
Le départ se fait à 4 H du matin. Je suis debout pour y assister.
Shirley adore surprendre ! C’est donc dans le noir et par une traversée dans l’eau, que les 25 courageux concurrents commenceront l’étape.
Le groupe qui ne prend pas le départ, est acheminé en bateau sur le village d’arrivée de la longue étape. Là, nous passerons deux jours de rêves sur une belle plage en attendant les premières arrivées. C’est Widy et Régis un brésilien qui arriveront presque main dans la main, vers minuit. Widy avait du temps d’avance pour garder la première place, alors il a bien géré sa course et du coup il est arrivé presque frais comme un gardon !
Pourtant quand il arrive, il me raconte qu’il y a un passage difficile et dangereux même sur plusieurs kms.
- Une rivière encombrée d’arbres couchés à remonter : des arbres au fond de l’eau, au niveau ou au dessus de l’eau. Tu dois toujours te faufiler dessus, dessous, tes jambes s’enfoncent dans l’eau sur un lit de feuilles mortes jusqu’à la taille. Pas question de passer sur les bords, c’est impossible, la végétation est trop dense. Et ne surtout pas penser car on peut imaginer que c'est le refuge de beaucoup de bêtes qu' il vaut mieux voir en photos qu'en réel !
Moi-même j’ai mis plus de 2 heures avant de sortir de là et c’était de jour !
Ah oui ! Tous vont abandonner ! me dit-il.
Pourtant tous franchiront la ligne d’arrivée ! Les derniers, les japonais arriveront après 60 heures de galères, deux heures avant le départ de la dernière étape. Mais tous arrivent, transcendés, avec le sourire même ! Ou des pleurs ! Mais des pleurs de satisfaction, de joie ! Le bonheur d’avoir survécu ! Beaucoup se souviendront du brésilien Elcio qui se met à pleurer, comme un enfant, à gros sanglots.
Avec Lucien et Widy , nous nous interrogeons sur les motivations des participants . Viennent-ils exorciser leur corps ? Ont-ils des choses à se faire pardonner et de ce fait ils s’imposent des tortures pour se punir ??
Non, tout juste se dépasser, sortir de la vie quotidienne qui nous happe et nous fait oublier notre nature humaine.
Vivre une aventure, à grandeur réelle : le Jungle marathon, une course d'extrême !.

6ème Étape : 15 km – départ à 9 heures
Pour le fun, puisque ça ne compte pas dans le classement du 135 km, tous les concurrents, quelques bénévoles de l’équipe médicale, nous prenons le départ.
Pour une fois, je sens à peine le poids de mon sac à dos car il ne contient plus que le hamac, le sac de couchage et la réserve d’eau.
C’est un parcours sur une huitaine de km de piste et le reste de plage, sous une température bien élevée, avec une traversée de fleuve de plus de 200 m identique à celle de la quatrième étape.
Juste quelques petites crampes en plein milieu de la traversée, viendront me perturber sans doute dues au changement de température.
Ce sera la seule étape où je vais pouvoir trottiner tranquillement et non marcher mais qui me prendra quand même plus de deux heures !
Enfin le jungle marathon ne reste qu’une aventure !

Vous pouvez retrouver les aventures de Jackye sur son site :

Courir pour un dépassement et une découverte de soi : ICI


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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 21:17

PIERRE-1.jpgArrivée jeudi 21 août à Grenoble avec Didier et William, excellent chauffeur qui avait déjà l'habitude de conduire des hautes personnalités. Sur une aire d'autoroute j'ai rencontré mon fournisseur de vin de Chinon qui a 3 caisses qui m'attendent chez lui. Ce petit périple s'annonce sous les meilleures auspices.

A Grenoble, on retrouve Cédric, Nico, Pascal et Baptiste le fils de Didier qui nous suivra pendant la course avant de rejoindre les bénévoles de l'UTMB. Nous sommes arrivés juste pour le briefing. On voit tout de suite la différence avec les ultras plus célèbres, l'assemblée est plus restreinte. Malgré tout, la remise des dossards est longue, nos sacs sont vérifiés en détail pour tout le matériel obligatoire. Le temps devrait être clément, le pantalon et les gants imperméables ne sont plus exigés. On rentre à l'appart, préparer les 2 sacs de base de vie, avant de revenir les déposer.photo 1-copie-1

Soirée pâtes et potes à l'appart; ça ronfle et ça sent l'homme au petit matin. Chacun ses habitudes alimentaires au petit déj avant la course, mais la grosse brioche apportée par William est bienvenue.

Départ à 8h. A 8h-5 je m'aperçois que j'ai oublié ma casquette à l'appart. William me la ramènera au ravito du 20è km. On part quelques km tranquilles dans les rues de Grenoble; je suis avec Didier et Cédric est déjà devant. Très rapidement Didier disparait, surement derrière et c'est parti en solitaire.

La 1ère partie dans le Vercors est assez facile et roulante. Au 20è je retrouve William qui me donne ma casquette et je lui donne un bâton que j'ai cassé vers le 10è. Je continuerai la course avec un seul bâton mais cela ne mUt4M-2014-B_Audige-207.jpg'a pas gêné. Cédric est reparti depuis 3 mn, me dit William; je pense que j'ai du partir un peu trop vite. 

Au ravito de Vif (46è km) je me sens en pleine forme. Baptiste est là. Je le retrouve au lac Poursoulet  (78è), il m'apprend que Didier et Pascal sont ensemble à 1h derrière environ. J'ai encore cette impression d'être parti trop vite. Et les ennuis commencent à 4km de la base de vie, La Salignière (km 87). Là une descente de 4km avec un dénivelé de 1300m; 30% en moyenne ! Je ne suis vraiment pas un bon descendeur, encore moins sur ce type de descente technique et de plus en pleine nuit. Beaucoup me doublent et j'arrive très fatigué. Plat chaud ! Ben ... des nouilles tiédasses, pour le reste toujours la même chose, jambon, saucisson pour le salé. Je commence à rêver d'un boeuf Ut4M-2014-B_Audige-208.jpgcarottes accompagné d'une bonne bière.. Je reste 3/4 heure, repars tout propre mais pas assez ravitaillé. 8 km de montée avec 2100m de dénivelé+. Dur !!!  Surtout la fin; à 1km du ravito à Croix de Chamrousse, il y a un épais brouillard, on ne voit pas à 5m. Je retrouve des coureurs aussi perdus que moi ; on ne voit pas les balises, le chemin est mal tracé. On finit par tomber sur un bénévole parti à la recherche de coureurs égarés et qui nous accompagne jusqu'à la station.  5 heures pour faire ces 8,7km ! Je reprends des forces, ingurgite tout ce qui me tombe sous la main. Une dame me dit qu'on ne peut pas repartir avec ce brouillard et d'attendre un peu. "Mais pas de problème !" Je préviens Marylène et je m'allonge sur une banquette et prends 3 heures de sommeil ! Je repars alors avec deux camarades toujours dans un épais brouillard, mais l'un d'eux est du coin et connait très bien le chemin et on arrive au Pra vers 10h du matin. En arrUt4mVercors1-700x500.pngivant à Freydières (km 112) vers midi, je consulte ma messagerie (merci Benoit pour tous tes SMS) et vois les messages de Kiki qui se demande ce que je fais à Chamrousse depuis 5h du mat ! Le pointage du Pra n'a pas été signalé sur Internet. Je rassure d'abord Marylène avant d'appeler Coach Kiki. J'ai du mal à le couper, il veut tout savoir. Quel grand bavard celui-là, mais ça me fait très plaisir de l'entendre et de sentir son intérêt. Il m'apprend que Nico a du abandonner. Dommage j'aurais bien aimé fêter une bonne place de sa part à mon arrivée. Dans l'après midi, je finis par arriver à St Nazaire (km 126) où je retrouve Baptiste qui me donne des nouvelles de Didier et Pascal. Ils restent ensemble. Je me dis que c'est bien pour Pascal , néophyte sur cette distance, d'être accompagné d'un "vieux briscard".  Un peu jaloux aussi, j'aurais bien aimé courir avec Didier, même à supporter ses blagues carambar toute la course. J'ai Cédric au téléphone, il a bien récupéré UT4M_TV_327.jpgà St Nazaire après un coup de mou. Il est au moins 4h devant. Je pars avec des vêtements tout propres. La nuit tombe et il reste encore 42 km de montées, descentes, de ravitos avec un accueil toujours sympa des bénévoles mais trop uniformes sur l'alimentation. Sauf au Sapey (km 149) où une bénévole a fait un gâteau aux mirabelles, délicieux ! En plus devant un feu de cheminée. L'endroit nous a tous marqués, tous les copains s'en rappelaient le lendemain. Ma lampe frontale a commencé à dysfonctionner, heureusement j'ai la 2ème, prêtée par Coach adjoint Phiphi. Et elle éclaire 3 fois mieux que la mienne ! Du col de Vence (157) dernier ravito, j'entame la longue descente jusqu'à Grenoble, doublant quelques coureurs fatigués et en étant doublé par quelques coureurs du 90. Les 3 derniers km dans Grenoble désert, le long de l'Isère, sont longs.. Pas un chat.. Jusqu'à l'arrivée à 6h15 le dimanche devant 3 personnes en toute confidentialité. Je garde mon plaisir au fond de moi, mais je pense à l'arrivée de mes copains à l'UTMB devant un public enthousiaste et une animation d'enfer.

Je prends mon tee-shirt finisher, (la dame me donnera le finisher 90 au lieu de 160 mais Cédric m'en a récupéré un le lendemain, qu'il m'apportera à mon retour en octobre) et je rentre à pied à l'appart en 1/4 heure tranquille. William est là, il m'apprend qu'il a abandonné sur le 90. Une bonne douche, au lit à 8h.. 8h07, le téléphone ! C'est Kiki ! Il ne comprend pas que je sois déjà couché et me conseille de faire un peu de récup en trottinant un peu. Il peut se reconvertir dans le comique en attendant de récupérer ses genoux celui-là. Pas le temps de se rendormir, Baptiste arrive avec Didier et Pascal, tous deux finishers moins de deux heures après moi. Bon on prend plutôt le petit déj au lieu de dormir et on se raconte nos exploits. Puis une bonne bière (sans boeuf carottes) avant midi et on repart de Grenoble, William en forme a bien récupéré de son indisposition intestinale de la veille. Il conduit une bonne partie, puis Didier. J'en profite pour gagner 2-3 heures de sommeil. Arrivée à Poitiers vers 20h30... Et départ le lendemain à 13h pour Roissy puis l'avion . Arrivée à Mayotte à midi le mardi et 1ere réunion au lycée dès 14h.

Après la 6000D en juillet et avec le Bourbon fin octobre, je sens que ma préparation va être optimale pour l'objectif de la saison ,la course des Pères Noël à St Benoit en décembre (Avec JP bien sur).

Je remercie tous ceux qui m'ont soutenu sur FaceBook, par SMS, au tel ...  Baptiste et William rencontrés au bord des chemins.. Une mention très particulière pour Benoit qui m'a envoyé plusieurs SMS d'encouragement le samedi jusqu'au dimanche matin alors qu'il était au mariage de son cousin; au fur et à mesure de ses SMS, il me semblait que je pouvais mesurer son taux d'alcoolémie croissant, inversement proportionnel à ma vitesse sur le parcours !

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Profil

  • Kiki 86
  • FINISHER  : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012  ou je me classe 1er V3 , 2017 et 2021
UTMB : 2008 et 2011 
Marathon des Sables 2010
Objectif : 2022 : TRAIL DES CITADELLES, UTPMA avec les copains de l'EPA86et  TRAIL BOURBON 2022 
Date de naissance : 28/08/1952
  • FINISHER : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012 ou je me classe 1er V3 , 2017 et 2021 UTMB : 2008 et 2011 Marathon des Sables 2010 Objectif : 2022 : TRAIL DES CITADELLES, UTPMA avec les copains de l'EPA86et TRAIL BOURBON 2022 Date de naissance : 28/08/1952

L'ULTRA POUR HORIZON

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PALMARES

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DERNIERS RECITS D'ULTRA-TRAILS

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L'ÎLE INTENSE "LA REUNION"

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 REUN---602-.JPG

 

° RANDOS ET RANDOS-TRAILS SUR L'ÎLE DE LA REUNION    ....."ENTREZ et DECOUVREZ"

 

° L'ÎLE DE LA REUNION EN PHOTOS CHAQUE SEMAINE : C'EST  ICI

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"PASSION JARDIN" NATURE

CULTURE BIO "COMPOST AGE"

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OBJECTIFS 2021

° TRAI DES CITADELLES 70KM (AVRIL) Annulé Covid

° UTPMA 105KM (Juin) Annulé Covid

TOUR DE LA GRANDE CASSE 66 KM (AOUT)

° LA DIAGONALE DES FOUS 167KM (Ile de la Réunion, Octobre

 

      

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WIDY GREGO "SPORTIF DE L'HUMANITAIRE"

Mes Entraineurs

Roger PASSARD : Professeur d'Education Physique et Responsable de l'ALERTE GRAYLOISE, qui de cancre en sport m' a propulsé en deux ans "Champion Départemental Minime de Cross" à PORT SUR SAÔNE

Jean-Pierre GORGEON : Co-équipier et Entraineur à l'ASPTT POITIERS m'a permis de réaliser :

  • 15'48"70 sur 5000m, le 14/06/1997 lors des Championnats Régionaux à NIORT (45ème Perf Nationale V1et 5ème M45)
  • 33'42"60 sur 10 000m le 31/05/1998 lors des Championnats de France Vétérans sur Piste à LYON PARILLY ( 21ème Perf Nationale V1 et 6ème M45)
  • 2h40'46" au Marathon le 12/10/1997 lors des Championnats de France de Marathon à REIMS (95èm Perf Nationale V1 et 31ème M45)

Jean-Claude FARINEAU : avec qui j'ai partagé depuis 1984, les charges, parfois lourdes de Dirigeant à l'ASPTT POITIERS, puis au PEC à partir de 1999. Grâce à ses entrainements judicieux, je n'ai jamais raté une qualification aux Championnats de France de 10 km

Jean-Paul GOMEZ :
Finaliste Olympique du 10 000m à MONTREAL en 1976 : Bien que ne m'ayant jamais entrainé m'a toujours apporté des conseils éclairés, notamment lorsqu'il entrainait  à mes côtés l'école d'Athlétisme de L'ASPTT