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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 21:47
MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Comme je le disais à François d’Haene ; Oui je parle avec François, enfin je lui écris, donc comme je le disais, décidément cette passion est assez délirante, on se demande quelle est la limite de son corps, la limite de son mental, de son envie et bien la limite, manifestement ce n¹est pas encore aujourd’hui.

Mais, commençons par le début…

- Génèse -

Juin 2014, je sors de mon premier trail en montagne, sans Pierre qui s¹est fait opérer du genou en décembre 2013 et est trop juste pour reprendre un vrai entrainement de course.

Ce premier trail de montagne a été fait lors du Pilatrail (45K, 2200D+) sous le haut patronage de David, qui, tout obnubilé par le fait de me gérer et d¹être aux petits soins pour moi en oubliera de s¹alimenter. Il finira avec un début d¹insolation et des vomissements au ravito du 24 et sera obligé d’abandonner, c¹est un comble ! Grâce à lui, et à sa vision prudente de ma première course, je finirai alors ce trail en 6H59 avec une deuxième partie de course très agressive et en finissant très bien finalement.

Le virus étant dans la bête, les sorties forêt depuis trois mois avaient pris le dessus sur les sorties routes, il fallait désormais que l¹on se trouve un trail en montagne à faire tous les deux, un vrai challenge !

Très vite Pierre me parlera du club de trail qu¹une de ses collègues (Axelle) fréquentait et de la Maxi qu¹ils venaient de finir dans des temps allant globalement de 17 à 18H.

La Maxi vendue (je suis un garçon facile), on réserve un appart sur booking, on verra bien pour l’inscription. On va passer l’année à fantasmer sur cette Maxi…

Le club, et bien durant l¹été, l’idée s¹est installée, retrouver du collectif dans nos efforts solitaires (on se calme, je vous vois venir), une envie, mais aussi une crainte : la contrainte du groupe, des horaires, comment concilier tout cela avec la vie de famille, le taf, etc.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Au final, s’inscrire à l¹EPA a été une de mes plus belles découvertes sportives parmi la grosse dizaine de clubs (et 5 sports différents) depuis que je fais du sport. Les sorties du dimanche sont même devenues un point de repère de la semaine, le vrai moment de décompression du stress environnant, un moment de plaisir, d¹effort et de partage, dans un environnement qui me correspondait enfin. Les CR qui suivaient ces sorties dominicales étaient généralement à l’aune de nos grandes gueules, autant dire que nous étions attendus sur nos premières courses…

De surcroit, on y a rencontré des gens avec qui la promesse de quelques belles aventures se profile pour 2016.

Surtout des vieux d’ailleurs.

Cette année, on l’a donc vue filer au rythme des prépas.

une grosse prépa pour la SaintéLyon fin novembre 2014,

un mois de repos,

une prépa de 9 semaines pour le trail des Piqueurs,

une semaine de repos (qui finalement s¹est transformée en travail de vitesse tout seul pour me punir des erreurs des Piqueurs),

et à nouveau 9 semaines de prépa pour la Maxi-Race.

En clair, j¹arrivais à la Maxi, entraîné mais fatigué (ayant pourtant remplacé certaines sorties course par des sorties vélo pour soulager les articulations). Le travail était fait, ça allait passer, mais depuis l¹arrivée à l¹EPA, j’ai du mal à vraiment utiliser le niveau aperçu sur certains entrainements, la récupération se fait mal et la charge de cette première année demande une assimilation. Bon en clair, je sais que je suis dans le dur depuis plusieurs mois.

- Départ pour Annecy - L¹allégorie de la caverne -

Départ le jeudi matin de Poitiers en voiture, direction Genève, ballade autour du lac, il fait beau, ça m¹énerve (il aurait plu, ça m¹aurait énervé aussi).

On file à l’aéroport à 18H pour récupérer Manu, parrain de mon fils, qui arrivait de Madrid, et le soir : petit resto sur Annecy. Je ne mange pas ce que je veux, ça m’énerve.

Manu et Madame boiront du vin, moi non. Ça m’énerve.

Mais bon, là je triche, trempe mes lèvres dans le verre, c¹est ridicule, mais ça me fait du bien.

Le lendemain, le matin on se ballade et on profite un peu :

 L¹un de ces 2 participants finira 75ème de la Maxi, sauras-tu l¹identifier ?  (un indice, il pèse 15 kilos de moins que l¹autre)

L¹un de ces 2 participants finira 75ème de la Maxi, sauras-tu l¹identifier ? (un indice, il pèse 15 kilos de moins que l¹autre)

 Un temps sublime, temps qui nous suivra le lendemain, un motif de plus d¹être de mauvaise humeur.

Un temps sublime, temps qui nous suivra le lendemain, un motif de plus d¹être de mauvaise humeur.

Le midi on récupère Pierre à la gare,

Cette photo n¹a même pas besoin de légende, je me marre dès que je la vois.

Cette photo n¹a même pas besoin de légende, je me marre dès que je la vois.

13H30 : resto, puis on file au village pour les dossards.

Le monde du trail n¹est matérialiste que pour les vêtements techniques de course, le reste du temps, il a des goûts de chiotte, fréquente des boites gays fétichistes et porte des casquettes en cuir.

Le monde du trail n¹est matérialiste que pour les vêtements techniques de course, le reste du temps, il a des goûts de chiotte, fréquente des boites gays fétichistes et porte des casquettes en cuir.

Là, se dirigeant au village, ce sont encore des mecs avec des goûts de ch… euh non, Manu, Pierre et moi

Là, se dirigeant au village, ce sont encore des mecs avec des goûts de ch… euh non, Manu, Pierre et moi

En parlant de chiottes (habile transition isn¹t it ?) : on repère les toilettes pour le lendemain matin. Mais euh… On sera plus de 2000  et vous mettez 4 WC ? Je prédis le Vietnam dès 4H23 demain matin.

En parlant de chiottes (habile transition isn¹t it ?) : on repère les toilettes pour le lendemain matin. Mais euh… On sera plus de 2000 et vous mettez 4 WC ? Je prédis le Vietnam dès 4H23 demain matin.

 Jo-Wilfrid Tsonga pourrait tenir dans ce bermuda.  (pas toi Stéph en revanche)

Jo-Wilfrid Tsonga pourrait tenir dans ce bermuda. (pas toi Stéph en revanche)

Après la visite du village sous la fournaise, on rentre vers 17H30, on en profite pour tout installer, tout tester, le stress est là. Palpable.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Pierre est euphorique et très chiant, saute sur place, se bat avec mon fils, passe son temps à rendre hommage à Gwen : « ahhhhh il est lààààààààà le JPPPPPPP ». J¹ai un peu envie que tu meures, là tout de suite Pierre. Je te le dis pas, mais je te planterai bien le bâton dans le dos.

(nan mais vraiment, arrêtez de voir des métaphores sexuelles partout, c¹est lassant).

On reçoit des messages, des appels, je ne réponds pas, pas la tête à ça, pas l’envie.

Ne nous y trompons, tout cela montre une chose : je subis.

Je suis renfrogné : cet état un peu inhibé avant la compétition doucement léthargique, celui qui m¹empêche de profiter de l¹évènement, il me suit et je n¹arrive pas à m¹en dépêtrer, il me pourrit mes avant-courses !

Cela veut aussi dire que cet état je le fais subir à mes proches avant la course. Ce serait peut-être une bonne idée de changer un jour, notamment si j¹ai envie que Madame continue à m’accompagner sur ces épreuves ! Avoir à subir un ours en cage n¹est pas très agréable.

La dernière nuit, au lit à 21H30, je m¹endors aussitôt, fatigué de cette journée avec le stress qui monte, j’ai bouffé connement de l’énergie.

Je me réveille à 2H45 sans réveil, c¹est parti pour le petit déjeuner et l’habillage.

 La NASA  est fière de vous présenter le matériel du traileur débutant, une armure en polyurétane et polymère expansé. Rien qu’avec l'argent des 3 tenues, on pourrait résoudre le problème de la faim dans le monde…   Moi de mon temps on courait avec un jogging et un sweat et pis c’est tout, blah blah blah blah.  (ta gueule Bertrand)

La NASA est fière de vous présenter le matériel du traileur débutant, une armure en polyurétane et polymère expansé. Rien qu’avec l'argent des 3 tenues, on pourrait résoudre le problème de la faim dans le monde… Moi de mon temps on courait avec un jogging et un sweat et pis c’est tout, blah blah blah blah. (ta gueule Bertrand)

On part un poil à la bourre, mais ma chère et tendre nous emmène en voiture donc on s¹installe dans les sas assez tôt.

Nos souhaits de course :

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

La feuille de route :

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Les ravitos prévus :

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Là je sens que Pierre est en mode compétition : il est agressif avant le départ, ne supporte rien, veut aller plus devant, ne supporte pas les écarts de conduite des autres.

Quand Pierre est en mode compète, tu vas avoir un mec avec toi à fleur de peau, qui ne lâche rien, très chiant, de mauvaise foi, mais ce mec il peut aussi t’emmener au bout du monde.

Moi je lui demande seulement de m’emmener au bout du lac, maintenant, on fera un effort.

Ça veut aussi dire qu¹il a des cannes. Et plus les cannes sont bonnes, plus tu vas souffrir.

Son niveau est supérieur au mien, pas une nouveauté, je suis plus lourd que lui (10 kilos), je monte un peu moins bien mais ça se tient ; Sur plat il va vraiment beaucoup plus vite et sur les descentes, je suis nettement plus rapide parce qu¹il manque encore de technique. Il doit m’aider à me dépasser.

- Le départ, 4H59 ­ Première partie ­ "les ombres au coin du feu "

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)
MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

La délivrance. Enfin. On peut avancer, on peut courir et se focaliser sur l¹essentiel.

On arrive à la première côte après Annecy, en s¹étant faits doubler par énormément de monde sur le plat (je freine pas mal Pierre qui part vite en mode cross), et comme d¹habitude sur les grosses courses, c’est parti pour une heure d¹embouteillage où tu ne peux pas doubler et où tu avances lentement, très lentement. Pierre piaffe d¹impatience, double un peu, je le suis.

On arrive au premier passage avec 6 minutes de retard sur le passage prévu, mais avec un classement honorable.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Un peu moins de monde devant, Pierre accélère, j¹emboite le pas et le suit, ça va à peu près, je sais qu¹il me faudra 2 heures pour digérer, chauffer la machine, rentrer dans la course, on s’accroche.

Le SEMNOZ

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On arrive au Semnoz avec 5 minutes d¹avance sur l’horaire, pourtant on a perdu pas mal de places au classement ? On s¹est fait beaucoup doubler par des gens qui envoyaient sur les bordures, poussaient, autant de personnes qui se sont cramées les ailes sur cette première montée.

On fait quelques photos, on refait le plein, c¹est parti pour la descente, on doit normalement reprendre du monde dans cette partie

Le Semnoz en mode floupix.
Le Semnoz en mode floupix.

Le Semnoz en mode floupix.

Au final, on descend bien, malgré une pause d¹une minute forcée, le tuyau de mon camel s¹étant déclipsée (cela met bien les nerfs à Pierre qui m’engueule) et ce jusqu¹au 26ème kilomètre, descente très technique et pas roulante du tout, puis on remonte au col de la Cochette,

Montée très pentue et pas très agréable (boue + roches : on ne peut pas s¹installer dans un rythme), pas de belle vue, sauf à la fin.

On a repris un peu de monde, je commence à être un peu moins bien, Pierre a pris 50 mètres d¹avance.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On attaque la première descente vraiment hard puis un nouveau col avant Doussard. Là je suis mal, plus d¹énergie, je ne peux courir qu’en descente (ça ne me demande décidément que peu d¹efforts, une chance), en montée je fais le job (à peine) et sur plat, plus rien. Je ne sais pas trop ce qui m¹arrive.

Moi dans les côtes !!!

Moi dans les côtes !!!

Pierre essaie de me motiver, me parle, puis s’envole à nouveau et prend de l’avance pour Doussard.

Pierre essaie de me motiver, me parle, puis s’envole à nouveau et prend de l’avance pour Doussard.

Les deux kilomètres pour Doussard sur le plat, entre 25 et 30 degrés sur bitume sont un calvaire. Pierre au loin me fait des signes avec les bâtons, je lui fais des doigts d’honneur, fumier va.

Je marche même sur 300 mètres avant de reprendre mes esprits et de me dire que je ne peux arriver comme ça !!! Je retrouve mon fils à 600 mètres de l¹arrivée et nous courons ensemble, ça lui fait plaisir, je donne le change, ça me fait du bien finalement.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Je récupère mes affaires auprès de Madame, rentre dans la zone technique à 12H06, en avance néanmoins sur le temps prévu et avec encore des gens récupérés, mais la course fait du petit bois, déjà de nombreux abandons, des gens sous perfs dans la salle, etc.

Merci aux bénévoles de la Maxi.

Merci aux bénévoles de la Maxi.

Je suis mal en allant vers les toilettes, me passe la tête sous l’eau, respire. Ça va, ça tangue pas trop.

Je mange un peu, me pose, me change. Je regarde tous les textos de Gwen et Stéph : ça fume chez les deux !

Je sors de la zone technique à 12H32, prends encore 10 minutes pour refaire le plein d¹eau.

On discute deux minutes avec Pierre, notamment en réalisant que la barrière horaire de Doussard que l’on nous a tant vendu et bien… elle se fait assez facilement, on a pas mal forcé pour éviter tout problème. J’aurais pu me permettre de me mettre moins dans le rouge et de gérer 15 à 30 minutes de plus pour arriver cool.

Je repars après quelques minutes en suivant Pierre, j’ai vu dans le regard de Madame une inquiétude, elle sent que la course ne se passe pas bien, mais elle ne dit rien, sait que dans ces moments là on part au quart de tour.

Mon fils nous accompagne 300 mètres puis je lui dis de nous laisser. Un jour peut-être…

- La deuxième partie ­ La caverne.

Pour résumé la deuxième partie, je citerais volontiers Woody ALLEN : « la première fois que j'ai vu une femme nue, j'ai cru que c'était une erreur », je dois avouer que certains passages de la course m¹ont amené le même sentiment.

« Mais, euh, Vous êtes sûrs du parcours là, on doit vraiment escalader ce truc dans un parcours de 86 bornes ? »

On repart donc de Doussard, on s¹engueule avec Pierre, ça va pas trop entre nous deux, lui a des jambes de fou, moi je suis au fond du trou, il m¹impose un gros rythme que j¹ai du mal à suivre et il est légitiment très frustré de rester avec moi. C’est dur pour lui aussi en fait, il aimerait claquer un temps que mon corps lui refuse.

Il repart en courant, je marche, il gueule, s¹énerve, s¹attaque à mon amour propre. Tu peux gueuler mon ami, j¹ai 0 égo sur ce genre de trucs. 

On attaque vite la première montée et là c¹est le début du grand n’importe quoi

 

(oui mon ami, toi aussi mets un moule-burnes, un masque pour passer le rotofil et chante avec moi !)

On se focalise sur l’essentiel : juste mettre un pied devant l’autre en apesanteur, on avance, plus rien ne rentre, tiens les potes du club de Montamisé, tiens une marmotte qui me trouve mignon et me propose la botte.

Quoi ??? Les mecs de Montam' ????? Nan mais je veux bien délirer, mais de là à me retrouver avec Guillaume dont la dernière rencontre à l’Appart vers minuit (bar dans Poitiers) s¹est soldée par une inscription surprise au trail de la forêt de Moulières…

Bon, en fait, je vais plutôt miser sur la marmotte, c’est ce qui paraît le moins bizarre…

La Marmotte après le câlin.

La Marmotte après le câlin.

Dans la petite descente juste avant Chalet de l’Aulps, pas la tête des grands jours…

Dans la petite descente juste avant Chalet de l’Aulps, pas la tête des grands jours…

On arrrive à Chalet de l’Aulps, ça fait plus de 4h que je suis mal, je bois toujours beaucoup, m’alimente, rien à faire (mais j’ai toujours pas pris un truc de type coup de fouet, apport de sucre, etc, piste à creuser pour l’avenir…)

On a perdu beaucoup de places.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On repart, direction Pas de l¹Aulps : je monte lentement, mais sûrement, et je reprends quelques personnes, j¹arrive au sommet, m¹effondre à côté de Pierre et des deux compagnons de Montamisé arrivés depuis au moins 2 minutes.

J’ai eu un début de moins bien dans cette montée, jambes tremblantes, tête qui tourne, pas loin de faire un malaise, enfin j’imagine, je n’ai jamais eu de malaise…

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)
 Si je prends une photo, je gagne une minute de récup¹, ça se tente. Mais je crois bien que Pierre m’a grillé.

Si je prends une photo, je gagne une minute de récup¹, ça se tente. Mais je crois bien que Pierre m’a grillé.

La vue est sublime sur cette seconde partie, des paysages à couper le souffle, on en profite quand même plus que sur la première partie, malgré l’état de fatigue.

Pierre m’accorde donc 6/7 minutes au sommet, on repart au bout de 3/4 (toi tu vas décéder dans une avalanche) : résultat, je prends mon temps, Pierre gueule fort cette fois, s’énerve, tape contre les pierres, on fait les descentes en courant, je manque de m¹effondrer lors d¹un arrêt. Je repars hagard en l’envoyant bouler.

Dites le avec des fleurs, ça passera mieux.

Dites le avec des fleurs, ça passera mieux.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On s¹arrête 7/8 minutes, je lui dis de partir devant que je ne souhaite pas finir dans ces conditions. Je vais finir en marchant, mais stop… Non, je n’abandonnerai pas, bien sûr, mais je finirai à mon rythme.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Ça l’énerve, on se dit des choses pas sympas que seuls les amis peuvent se dire…

Il m’écoute, entend enfin et décide de rester, il marchera s’il faut, mais restera, ça me requinque comme jamais.

Alors je m’alimente, prend des médocs (sans ordonnance, fantasmez pas, caféine et paracétamol) pour essayer de surmonter ce coup de moins bien (pour rappel, aucune courbature ou douleur aux jambes, juste pas d'énergie), je n¹avais pas spécialement pensé à en prendre avant (lucidité quand tu nous tiens).

On repart sur d’autres bases, enfin ensemble en esprit, d'abord en descente puis vallonné, on travaille de concert jusqu’à Menthon, et là progressivement des jambes !!!!!

Mon cerveau quand il comprend que j’ai repris contact avec mes cannes

Mon cerveau quand il comprend que j’ai repris contact avec mes cannes

- La vraie deuxième partie ­- Fuck you Platon.

On va enchainer jusqu¹à Menthon en courant et même progressivement en relançant, Pierre peut enfin courir comme il veut, je passe même devant sur les descentes, Pierre ne me décroche plus sur les montées ça chambre un peu et on double ce qu¹on peut sur cette partie.

On arrive à Menthon un peu euphoriques en ayant repris une vingtaine de places.

On retrouve nos amis de Montam', on va la jouer cette bouteille finalement !!! On a un nouveau challenge pour la fin de course : gagner le challenge de la Vienne !

On fait donc un arrêt rapide et on repart sereins de Menthon : ça attaque fort dans la montée Pierre met ce qu’il a et je m’accroche, on dépasse Guillaume qui ne rentrera plus.

Sur ces deux dernières parties, quel pied ! On discute avec Pierre, avec des gens, on court, ce qu’on aurait aimé faire depuis le début.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Arrivée non loin du sommet : longue montée (très très dure), Pierre a son premier coup de moins bien, alors que je continue à être très bien, il est humain le bougre, ça me rassure.

J’en profite pour lui sortir un classieux : « ça va, tu veux que je ralentisse un peu ? ». A la base, il était vraiment plein de bonnes intentions celui-là, mais ça peut mal passer, je m’en rends compte…

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)
MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Sur cette partie, on s¹est fait doubler très peu et on a dépassé près de 80 personnes, ça a vraiment envoyé.

On nous dit qu¹on n¹arrivera pas en moins de 16H, donc on prend des photos, on boit un coup avec les bénévoles (deux fois). Pierre semble un peu déshydraté, il a très peu bu durant la course, peut-être 5 litres au mieux, je dois en être au double à minima.

Donc on reste un peu là haut : on se rendra compte dans la descente qu¹on pouvait largement passer en moins de 16H, mais bon pas grave !

La photo de près, un exercice qui ne met pas toujours en valeur.

La photo de près, un exercice qui ne met pas toujours en valeur.

On attaque la dernière descente comme des barjots sur une pente très raide, pas mono-trace du tout, on accélère fort même sur certaines parties avec des sauts dangereux, car un bénévole taquin nous dit que finalement ça passera en moins de 16H.

 Je suis un bénévole taquin, j’aime bien induire en erreur volontairement les gens qui courent.   (en fait, je souhaite que vous tombiez dans la descente, je veux entendre vos os qui se brisent, boire votre sang et profaner vos corps avec ma semence maléfique)

Je suis un bénévole taquin, j’aime bien induire en erreur volontairement les gens qui courent. (en fait, je souhaite que vous tombiez dans la descente, je veux entendre vos os qui se brisent, boire votre sang et profaner vos corps avec ma semence maléfique)

Quand on se rend compte que ça passera pas, un bénévole pas taquin nous dit que son collègue est le spécialiste des couillonnades (c’est nous les couillons), on sécurise le tout et on descend cool.

On pouvait continuer encore pas mal de bornes sur ce rythme, on est bien…

Je n’ai pas envie d’Annecy, de cette longue ligne droite sur du plat, j¹ai envie de continuer à profiter dans les sentiers : j¹ai un bon de sortie depuis quelques heures et je suis finalement frustré de n¹avoir pu vraiment courir que sur les 5 premières heures et sur les 4 dernières heures. Je sens qu’on peut nous rajouter 30 bornes, ça ne changera rien… depuis le 60ème nous sommes invincibles et sans fatigue…

Au final, arrivée sur le plat, Pierre veut finir vite, il nous met sur du 12 à l’heure, me prend la main et m’oblige à courir à son rythme (j¹avais des cannes oui, mais faut pas déconner !), on finit fort, les proches sont là, mon fils finit avec nous, la ligne d¹arrivée.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

La ligne d¹arrivée, c¹est la fin de la course. Quand t¹as dit ça, t¹as dit une connerie, et pourtant, voilà ce que ça me fait comme effet, puis on se prend dans les bras avec Pierre.

Oouuuhhhhh les enc%€0és, ils ont remis un pentu à l¹arrivée.

Oouuuhhhhh les enc%€0és, ils ont remis un pentu à l¹arrivée.

"On a tous notre Maxi un jour", c¹étaient les paroles de Gilles et Vincent à une semaine d¹intervalle, c’est pas possible, ils se concertent, c¹est un duo de comiques troupiers les mecs ou quoi ?

En attendant, ils avaient raison, cette course, elle te marque sensiblement. Elle te fait passer un cap dans la compréhension de ce que ton corps peut réaliser dans l’extrême (ça et le fist-fucking bien sûr).

J’ai bien aimé le commentaire du champion du monde : « Du début à la fin, on en a chié! C’était trop dur, ce qui rend la victoire encore plus belle. (…) C’était l’horreur, je m’en rappellerai toute ma vie. »

Dans le village, on passe quelques coups de téléphone, on regarde les derniers textos adressés, incroyable ce que ça a bipé aujourd’hui, je vous ai maudit et dans le même temps, on s¹est sentis soutenus, merci à tous et notamment à notre partenaire qui aurait dû être avec nous, M¹sieur GWEN.

Appel du Patron peu de temps après la ligne d¹arrivée, content de nous et du fait qu¹on ait réussi à passer la ligne d¹arrivée ensemble, du travail réalisé, le reste je le garde pour moi. ;-)

On traverse le village ou on aperçoit du p¹tit bois par ci par là.

 Ici, un traileur, épilé de frais, en phase de récup¹ sous une tente.

Ici, un traileur, épilé de frais, en phase de récup¹ sous une tente.

 - Au final -

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

On rentre à l’appart, Manu (oui le mec qui est arrivé 16H45…) et Madame nous ont préparé un super repas, on avait même des cadeaux préparés par notre ami Stéph' au préalable, on essaiera de mettre du coeur dans ce repas, mais la fatigue l’emportera finalement assez vite…

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

Le lendemain, je me suis fait un petit sauna pour récupérer, c¹est important de se faire plaisir :

J¹ai été vilaine, très vilaine.

J¹ai été vilaine, très vilaine.

Prochaine échéance, on verra, mais ce qui est sûr : la limite, manifestement ce n¹est pas encore là.

A suivre donc.

MAXI-RACE 2015 ­ - "Ah, il est làààààààààà le JP" (Par Jean-Pascal-Bernard-Hervé)

- Remerciements -

Merci à nos femmes d¹avoir supporté cette charge d’entrainement et nos hormones, nos sorties nocturnes à la frontale dans les bois en plein hiver…

Merci à nos amis, nos partenaires du club, au COACHHHHHHHHH de nous avoir permis de réaliser ce premier ultra, le temps est honorable et on ressort en un seul morceau ! 

Merci à mon Champion, dans des bonnes conditions, je savais valoir environ dans la 15ème heure, mais Pierre pouvait passer dans la 14ème heure tellement ses jambes étaient terribles… Il a fait le choix de rester avec moi. Ce sera pour l’année prochaine mon Pierre, tu n’auras pas une caravane à tirer ;-)

- EPILOGUE - 

Débrief de la course avec mon psy le mardi matin (M’sieur P.) qui relit le premier jet de mon CR, et le met en perspective de l’analyse de la SaintéLyon. Il en ressort du sentiment mitigé de la SaintéLyon et de la Maxi un point essentiel et similaire (qui me trotte dans la tête depuis un bout de temps) : «  il serait temps de faire TES courses et non de caler ta course sur les autres, voire de vouloir courir avec les autres. Ton problème c’est que la course des autres ne te convient pas en terme de rythme, te met notamment une pression trop forte (…).

Tu me dois 200 euros ».

 

L’avenir ? Je ne sais pas trop, j’ai quelques envies en terme de courses (La Diagonale en 2017), mais j’ai surtout l’envie fondamentale de faire désormais mes courses (en clair, à mon rythme),  de me retirer ce poids et cette pression pour enfin passer sur le plaisir que j’ai aperçu sur quelques courses et surtout sur les sorties longues du dimanche matin… Je suis fait pour aller avec des gens qui sont moins forts que moi (je n’ai aucune difficulté à me mettre au service de quelqu’un par exemple, je trouve cela  vraiment valorisant), ou pour courir à mon rythme. 

Je n’ai finalement plus l’envie de me faire mal et de me dépasser en suivant des coureurs bien plus solides. 

Ce CR m’aura servi à verbaliser tout cela. 

Voilà, le côté compétitif est derrière moi (là où Vincent dans son livre a manifestement réinvesti un espace de compétition avec l’ultra), je n’ai plus cette gnak, plus cette envie. C’est dit. Cela n’empêchera pas la rigueur et l’effort.

J’espère donc pouvoir mettre en pratique à l’avenir ce que j’avais dit à Christian à mon arrivée : « Les objectifs : prendre du plaisir et finir les courses, (…) j’aime juste courir en nature, si possible avec de la boue :-) ». 

Oui, oui, plein de boue.

JP

 

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commentaires

Ludo Lhuissier 30/12/2015 18:55

Le hasard du net ?
Très émouvant cher JP ! Assez drôle aussi je dois le reconnaître (et c'est pas de gaité de cœur ;)
Félicitations pour cette belle course.
Je t'en raconterai quelques unes à l'occasion...
A+
Ludo

Présentation

  • : Christian Baigue : De L'Athlé au Trail
  •  Christian Baigue : De L'Athlé au Trail
  • : Ce blog est destiné à faire partager ma passion de l'Athlétisme, mais surtout, celle du Trail que j'ai découvert à 50 ans en 2002, lors de ma 1ère participation au Grand Raid de La Réunion "la Diagonale des Fous". Ce fut le 1er Trail de ma carrière d'Athlète bien modeste, débutée à 14 ans en Haute-Saône et qui se poursuit à Poitiers dans la Vienne. Dirigeant à l'EPA86, je m'occupe d'un groupe Hors Stade et Loisirs, dans le but de faire partager cette passion à des coureurs de tous niveaux
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Profil

  • Kiki 86
  • Finisher : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012  ou je me classe 1er V3
UTMB : 2008 et 2011 
Marathon des Sables 2010
Objectif :  Célestrail 2017 (Andorre) et Diagonale des fous 2017 avec les Amazones de l'EPA86
Date de naissance : 28/08/1952
  • Finisher : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012 ou je me classe 1er V3 UTMB : 2008 et 2011 Marathon des Sables 2010 Objectif : Célestrail 2017 (Andorre) et Diagonale des fous 2017 avec les Amazones de l'EPA86 Date de naissance : 28/08/1952

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OBJECTIFS 2017

° TRAIL DU VULCAIN   73 KM  (Mars)

° TRAIL lA PASTOURELLE 53KM(Mai)

° CELESTRAIL ANDORRE 80KM (Juillet)

° LA DIAGONALE DES FOUS 167KM (Ile de la Réunion, Octobre ) avec les Amazones de l'EPA 86

       

Albums Photos

WIDY GREGO "SPORTIF DE L'HUMANITAIRE"

Mes Entraineurs

Roger PASSARD : Professeur d'Education Physique et Responsable de l'ALERTE GRAYLOISE, qui de cancre en sport m' a propulsé en deux ans "Champion Départemental Minime de Cross" à PORT SUR SAÔNE

Jean-Pierre GORGEON : Co-équipier et Entraineur à l'ASPTT POITIERS m'a permis de réaliser :

  • 15'48"70 sur 5000m, le 14/06/1997 lors des Championnats Régionaux à NIORT (45ème Perf Nationale V1et 5ème M45)
  • 33'42"60 sur 10 000m le 31/05/1998 lors des Championnats de France Vétérans sur Piste à LYON PARILLY ( 21ème Perf Nationale V1 et 6ème M45)
  • 2h40'46" au Marathon le 12/10/1997 lors des Championnats de France de Marathon à REIMS (95èm Perf Nationale V1 et 31ème M45)

Jean-Claude FARINEAU : avec qui j'ai partagé depuis 1984, les charges, parfois lourdes de Dirigeant à l'ASPTT POITIERS, puis au PEC à partir de 1999. Grâce à ses entrainements judicieux, je n'ai jamais raté une qualification aux Championnats de France de 10 km

Jean-Paul GOMEZ :
Finaliste Olympique du 10 000m à MONTREAL en 1976 : Bien que ne m'ayant jamais entrainé m'a toujours apporté des conseils éclairés, notamment lorsqu'il entrainait  à mes côtés l'école d'Athlétisme de L'ASPTT