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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 20:00

CIMG2488.JPG

307ème et 1er V3 pour 170km et 10845m de dénivelé positif

2750 au départ et 1364 classés

Soit : 50% d'abandons ou hors délais

Cette 20ème édition de la Diagonale des fous était annoncée comme hors norme, par sa distance, plus de 170km, ses 10850m de dénivelé, mais aussi par la technicité des sentiers proposés. Cette édition n'a pas failli à sa réputation annoncée et il fallait s'y présenter, plus que jamais, avec un physique au top et un mental infaillible !

Connaissant en grande partie le circuit et les difficultés qui nous attendaient, Je m'y étais  préparé encore plus consciencieusement qu'à l'ordinaire. Les dernières reconnaissances sur place, d'une grande partie de l'épreuve, même si elles furent difficiles ont aussi beaucoup contribué à ma réussite, tant pour l'adaptation physique que mentale  !

 

Jeudi 18 octobre

Toute la matinée a été consacrée à la préparation de la tenue de course, du sac à dos et des sacs d'assistance. Moment préparatoire important s'il en est, car le moindre oubli peut ensuite perturber une épreuve où rien ne doit être laissé au hasard, tant pour le matériel obligatoire qui peut être source de pénalité, voir de disqualification en cas de non respect, que pour la réserve alimentaire, propre à chaque coureur où les vêtements et chaussures de rechange qui se révèleront bien utile cette année. Vérification, revérification ; Enfin tout est prêt !

Après le repas de midi, à base de pâtes, bien entendu, petite sieste, puis départ pour Cap Méchant. Ma fille Céline et mon gendre Clément, Maryvonne, mon épouse Christophe, mon fils, ainsi que Laurence, l'épouse de Thierry Lambert, nous accompagnent.

C'est toujours la cohue pour arriver à Cap Méchant. Vers 20heures, nous pouvons enfin nous diriger vers le contrôle des sacs. Stupeur ! Une énorme file nous attend ! Il nous faudra une heure, serrés comgrand-raid-depart 3me des sardines avant d'arriver enfin au contrôle !

J'aurai perdu mes compagnons et ne reverrai personne. Après le contrôle, je tente de retrouver les uns ou les autres, sans résultats. J'apprendrai ensuite que je suis passé à leurs côtés sans les voir ! l'aire de départ est déjà bien encombrée et je dois me résoudre à voir la ligne de départ…. d'assez loin ! Je prends ma portion de Gâteau-sport et je prends mon mal en patience.

Une petite heure à attendre, ponctuée d'animations diverses, groupes musicaux, annonce des favoris et prise de parole du Président de l'association organisatrice "Robert Chicaud" l'ambiance est survoltée !

22h00 ! Enfin le départ ! La meute est lâchée ! Il me faut une bonne minute pour enfin passer sous la ligne ! Je suis abasourdi! Un long serpent humain s'étire devant moi ! Plus de 1000 coureurs s'égrainent. La tête de course est déjà très loin. Je me suis fais coincé comme un bleu ! Ca commence bien !

Je ne m'affole pas pour autant, progrand-raid-2011fitant de la marée humaine des spectateurs, si enthousiastes à La Réunion. C'est toujours impressionnant !

Nous avons 5 km de bitume, et je dois en profiter pour remonter au maximum. Progressivement, je fais chauffer le moteur, alors que la pluie fait son apparition  et je commence à doubler les concurrents par dizaines. Je ralentis à peine dans les chemins de cannes, sauf dans les passages trop caillouteux. Après 8km, lors d'une longue descente, à nouveau sur la route, je double mes deux copains, Thierry Lambert et Thierry Zergrand-raid-depart 2bini. Ils étaient mieux partis que moi !

Je passe les deux  premiers postes de contrôle. Au second, je fais le plein d'eau, prend un verre de coca sel, quelques fruits secs et pars à l'assaut de l'ascension du Volcan après avoir enfilé ma veste imperméable car la pluie a redoublé. Je monte régulièrement sur ce sentier très rocheux où la végétation est luxuriante; Il y a du monde, mais çà ne bouchonne pas. Ce sera long, je sais qu'il me faudra  au moins 3 heures pour cette ascension au Volcan.

Vendredi 19 Octobre

A Foc Foc, bien que je n'aie pas préparé de tableau de course, je sais que je suis dans les temps. Je suis assez surpris de ma place (344) J'ai bien remonté ! Je me ravitaille, fais le plein d'eau et repart rapidement car il fait froid ;  A peine 5' d'arrêt. Au poste suivant "Volcan", je ne prendrai qu'un verre de soupe chaude. Le jour se lève alors que je traverse  la Plaine des sables.  Je remonte ensuite sur l'Oratoire Ste Thérèse, d'où l'on domine cette même plaine des sables, avec le long ruban de coureurs. C'est toujours un spectacle impressionnant !

 Je fonds sur "Piton Textor" par un sentier ponctué de  nombreuses flaques d'eau glaciales et de boue que l'on voudrait tenter  d'éviter, 7h52' de course et 327ème, je progresse un peu.  Je m'y ravitaille rapidement, coca sel + un verre de soupe et je ne m'attarde pas. Il pleut toujours un peu, il fait froid ; rien ne sert de moisir ici ! Déjà 42 km de parcourus. 10km de descente dans les brandes puis les  prairies pour rejoindre Mare à Boue. Le sentier devient de plus en plus gadouilleux, on ne tient plus debout. Devant moi, plusieurs coureurs glissent et s'étalent dans un bain de boue ! Je me fais quelques frayeurs, mais ça passe. Qu'est ce que çà va être lorsque plusieurs centaines de coureurs seront passés ! Je plains la 2ème partie du peloton ! J'ai aussi l'avantage de bien connaître ce sentier! J'arrive à courir presque partout. Il faut en profiter, car ce ne sera plus possible en remontant vers le Piton des neiges.

A Mare à Boue, 52km, je suis 290ème en 9h14'. Par rapport à 2010, c'est largement aussi bien, vu les conditions. Le poste est tenu par les militaires. Une camarade de club, "Kanti" devrait y être en poste. Malheureusement elle est absente à mon passage. Dommage, c'aurait été bien de rencontrer une tête connue ! Je fais le plein d'eau, prends mon coca sel, un verre de soupe, grignote au hasard, du fromage, jambon, gâteaux secs, je m'étire un peu. L'on nous conseille de ne pas trop traîner. Ceux qui s'attardent ont du mal à repartir. Je quitte le confort relatif des tentes de l'armée après 12' d'arrêt pour repartir sous une pluie fine et toujours le froid.

Juste avant de repartir, j'ai eu un texto de ma fille Céline. Je suis 1er V3 avec 30' d'avance. Gérard Racinne est devant à 50'. Elle me le confirmera ensuite par téléphone, tout comme mon pote Alain qui assure le suivi en live sur mon blog ! C'est une surprise et çà me motive. Raison de plus de ne pas traîner ! Mais quelle pression désormais !!!

A partir de cet instant, je n'aurai plus qu'une chose en tête, me battre pour garder cette1ère place !

La montée sur le gîte du Piton des neiges sera une horreur. 12km de montée dans un infect bourbier, terrain marécageux ou progression dans un torrent d'eau qui coule à travers les rochers dans la phase finale. Quel régal ! Au début, j'esquive, sautant à droite, à gauche, puis résolu, tout droit ; De la boue ou de l'eau par-dessus les chevilles ! Heureusement, j'ai un mental d'enfer !Des coureurs exténués se reposent sur le bord du sentier. Les abandons à Cilaos se chiffreront par centaines !

ds_PIT-NEIG-0001--4-.jpgEnfin, le gîte du Piton se profile devant moi, avec le soleil !!! Quel bonheur ! 64 km de parcourus. Ravitaillement rapide, soupe chaude, coca sel ;  5' et je repars aussitôt sur la terrible descente du bloc. Comme à chaque descente, je remonte mes genouillères pour bloquer mes rotules dans l'axe ce qui s'avèrera efficace ; Aucune douleur de toute la course ! (j'avais bien testé à l'entraînement, suite à un début de syndrome fémoro- patellaire rotulien)

La descente du bloc, est un sentier assez raide ponctué de nombreuses marches avec des troncs hyper glissants, suite à la pluie. Nombreuses chutes ! Plusieurs fois, je glisse et me rattrape in-extrémis ! Ca va Christian ! Je me retourne, C'est Christophe Marée, de l'Ultramical 86. Sympa de rencontrer une connaissance. Nous échangeons quelques impressions. Il descend plus vite que moi et passe. Soudain j'accroche une tige de fer qui bloque les troncs ou planches  et vlan, je pars en avant, étendu de tout mon long dans les décors. Derrière, les suivants sont affolés ! Deux charmantes raideuses sont prêtes à prendre soin de moi ! Pas de chance, tout va bien, plus de peur que de mal ! Blague à part, je m'en sors bien ; la course aurait pu se terminer ici !

Je repars plus prudemment ; Effectivement çà refroidit ! Au Bloc, une foule de spectateurs pique-niqueurs nous encouragent. Allez Christian! Vas-y Christian ! Super Christian ! Les dossards, c'est bien utile !!!

3km plus loin, c'est l'apothéose en arrivant à Cilaos ! Entre temps, j'ai eu mon fils Stéphane au téléphone, qui m'a confirmé ma 1ère place en V3  et bien sûr Céline, qui m'informera poste après poste de l'évolution de la situation. Elle m'informe, Alain également, que çà se passe bien à l'arrière pour tous les copains du PEC et de lUltramical, ainsi que pour les 2 Thierry. je suis rassuré.

1er  arrêt Etape Cilaos: 72,4km ; 374ème en 14h46. ds DIM0001 (25)Suite à ma chute et ma remise prudente en course, j'ai perdu quelques places, mais ce n'est pas méchant, car je suis dans le tempo estimé, moins de 15heures ! j'ai prévu d'optimiser au maximum ce 1er  arrêt étape ! 1heure maximum !

 Dès mon arrivée, je me lave les pieds et fonce chez les kinés. Pas de file d'attente ! La chance ! Une kiné prend une cuisse et un mollet, alors qu'un kiné prend l'autre côté.  Ils me trouvent en super état et 10'après, je suis libéré. (Rien à voir avec les 50' de 2010) Une grosse averse s'abat alors ; Quelle poisse ! C'est triste Cilaos sous la pluie ! De plus, je suis bien seul ! Pas de supporters ici, cette année !  Je pars à la recherche de mon sac d'assistance et m'installe sous une tente pour me changer, chaussettes, chaussures, tee-shirt. Tout y passe.  Je me rends ensuite dans la salle des repas. Je prends une soupe de pâtes uniquement, rempli mon sac à eau et repars, ma 2ème portion de gâteau sport à la main. Je ne me serai arrêté qu'une heure! 

Mon poursuivant V3 a toujours 30' de retard au pointage. De ce fait, en restant 1h, nous serons restés 30' sur le même poste sans nous croiser.

J'appréhendais la portion Cilaos-Pied du Taibit ; En fait, je l'avalerai au mieux ! Au ravitaillement, à peine 2' d'arrêt et je pars pour la longue montée de ce col mythique ! Je suis sur le parcours que nous avions reconnu sur 2 jours la semaine précédente et c'est pour moi, d'une grande assurance.

ds_CIL-SS-0001--14-.jpgAu col, je bascule dans le Cirque de Mafate, ce cirque, grandiose par ses remparts et ses paysages à couper le souffle, emblématique, chargé d'histoire, refuge des anciens esclaves en fuite qui retrouvaient ici leur liberté. J'effectue une descente d'enfer sur Marla en compagnie d'un petit cabri réunionnais qui me fausse compagnie lors d'un appel téléphonique ! Je la rattraperai à mon arrivée à Marla ! J'aurai l'occasion de la retrouver à plusieurs reprises jusqu'à la montée finale sur Colorado.

A Marla, 85km, je suis remonté à la 327ème place, la descente depuis Cilaos m'aura réussi ! Surprise, Christophe marée est attablé. Je le rejoins et prends une soupe en sa compagnie. Il repartira quelques minutes avant moi et je ne le reverrai plus.

Je repars avant que la nuit ne tombe. Mon poursuivant a 50' de retard au pied du Taibit. C'est bon pour moi ! merci Céline ! La nuit me surprend lors de la rude montée vers la Plaine des Tamarins, d'où  je repartirai vers le Col de Fourche, qui sera de triste renommée,  mais je ne le saurai qu'à l'arrivée; Au col, il fait nuit noire. Pas rassurant, je suis seul, il faut être attentif sur le balisage. Le début de la descente est vertigineux, avec de très hautes marches glissantes. C'est sur cette portion, qu'un concurrent chutera dans le ravin un peu plus tard et y laissera la vie ! J'arrive enfin au Sentier Scout ! Je suis crevé ! Heureusement, il y a possibilité de dormir. Une tente, une dizaine de lits dont un de libre, La chance ! Je m'accorde 30' de sommeil, qui en fait se révèleront quelques minutes. 3 raideurs indélicats s'échangent des vannes à grands renforts de rire. Je me retiens de protester et je finis par sombrer. La sonnerie de mon alarme me tire alors de mon sommeil. J'ai l'impression de n'avoir pas dormi. Je prends un verre de soupe pour me réchauffer et repars dans la nuit. Céline m'informe que le 2ème V3 a 1h40 de retard à Marla, il a du coincer dans la montée du Taibit !

Le sentier scout est très physique, avec de nombreuses parties techniques en descente. Un passage hyper dangereux, longue montée le long de la falaise, sentier de 50cm de large et c'est le grand vide à droite! Heureusement un câble permet de sécuriser la montée. Je m'y accroche par moments. Plus loin, au lieu dit "Les deux fesses" c'est le vide de chaque côté, Salazie à droite, Mafate à gauche ;  Il vaut mieux ne pas faire d'écarts !  Je trouve un compagnon de route qui délire. Il croit voir un groupe de danseurs dans la nuit, alors que ce sont des raideurs qui avancent un peu plus loin devant. Il insiste et je lui conseille de se reposer. Il paraît que de nombreux ultra- trailers ont des hallucinations !  Dernière grosse ravine à traverser et j'arrive à  Ilet à Bourses : 101,7km,  je refais le plein d'eau, prends un verre de soupe  et repars aussitôt. Nouvelle grosse ravine à traverser avant une très longue remontée pour finalement redescendre sur Grand-Place. Nous avons dormi ici lors de notre reconnaissance, donc je me rappelle bien des sentiers et mentalement çà aide beaucoup.

Ce qu'il faut savoir à La Réunion, c'est que lorsque l'on monte à un endroit, on descend souvent pour y arriver et lorsque l'on descend à un autre, on monte souvent !!!

Samedi 20 octobre

Gros dilemme en arrivant à Grand-Place ! Je ressens une petite fatigue, j'ai mal dormi à Sentier Scout et j'ai besoin à nouveau de repos, mais je dois maintenir mon écart avec l'arrière.

La raison l'emporte et j'opte finalement pour une seconde ½ heure de repos. J'ai 3 heures de montée pour rejoindre Roche-Plate, puis l'ascension du Maïdo dans la foulée, soit près de 2000m de D+ . Un très gros morceau  et il vaut mieux être frais. J'aurai plus à y gagner ! A la tente de repos, il y a cohue ! Une dizaine de lits de camp, c'est vite plein ! Un bénévole me propose d'attendre 5', il doit réveiller un raideur et je prendrai la place. Va pour 5' ; En plus il me réveillera après 30'. C'est bien organisé ici, en plein milieu du Cirque de Mafate, on a même droit au veilleur de nuit !!!

Je repars, bien reposé, après cette bonne nuit de 30' ! J'ai bien fait car la fraicheur physique  est de rigueur pour ce qui nous attend. Longue montée vers "Grand-Place les hauts",  avant une descente vertigineuse sur La Roche Ancrée dans le fond de la Rivière des galets que l'on traverse sur des ….Galets ! La semaine passée, de jour, Si nous avions eu le temps, nous nous serions bien baignés dans les bassins. Cette nuit, il vaut mieux éviter d'y glisser ! Remontée, nouvelle traversée de ravine et remontée à nouveau, interminable. De virage en virage, nouvelles séries d'escaliers boisés et des marches un peu hautes pour mes petites jambes ! Pas de pitié pour les petits à Mafate !!! ds CIL SS 0001 (50)

Enfin L'arrivée sur Roche Plate ! 331ème en 31h04' de course. Je me maintiens ! Roche Plate est un très joli "Ilet" vert et fleuri. L'accueil à l'école, par les bénévoles est enthousiaste. C'est toujours le même cérémonial à Mafate , accueil super sympa et toujours dans les écoles. Ce sont les seuls bâtiments officiels dans les Ilets du Cirque, idéals pour les postes de contrôle et de ravitaillements. Je m'attarde une bonne dizaine de minutes, le plein d'eau, mon coca sel et mon verre de soupe. Je me laisse aller, un peu de saucisson et du jambon. J'innove sur cette diagonale !

Allez, c'est parti pour le gros morceau "le Maïdo". Il faut déjà monter vers la brèche. Sujets au vertige s'abstenir !!! Le sentier borde le précipice, une falaise sans fond !!! Le jour s'est levé et je profite du panorama ! Une vue à 360° sur le Cirque !

J'attaque la phase "Maïdo" 800m de D+ en à peine 3km, et c'est raide. L'ascension est divisée en 4 tronçons avec une indication à chaque quart ! Mentalement, c''est très bien pour se situer. Finalement, il suffit de prendre un rythme régulier et savoir qu'il me faudra 1h30 environ. (C'est ce que je me suis fixé) Effectivement, 4 fois 22' et le tour est joué. Tout le long, la vue est exceptionnelle ! Quel spectacle ! Arrivée au sommet sous les acclamations d'un public nombreux, bien évidemment ! Le pointage sera 15' plus tard, question d'acheminement des infrastructures. Je suis remonté à la 308ème place ! 121km de parcourus; Plus que 50, çà devient bon ! ds CIL SS 0001 (42)

Mais en repartant du Maïdo, stupeur ! Je ne peux pas me remettre à courir; j'ai les cuisses tétanisées ! Quelle poisse, alors que j'ai plusieurs heures à descendre pour rejoindre Sans Souci ! C'est bien le moment de s'en faire… des soucis  !!! Dans ces moments là, il faut faire jouer le mental ! Se dire que çà reviendra forcément ! Ne surtout rien lâcher et s'accrocher !  J'ai été informé par Céline que j'avais désormais plus de 2 heures d'avance, mais çà peut fondre rapidement. Comme d'habitude, quand on descend, on monte ! J'alterne donc les montées et descentes en essayant de trottiner le plus possible, mais mes cuisses sont dures comme des poteaux ! Après quelques heures de descente (on mesure en heures ici) çà revient un peu, mais c'est interminable. Pourtant, rien de dramatique ; Sur les autres éditions, il y a toujours eu des passages où l'on a du mal à courir le dernier jour de l'épreuve, mais je suis tellement pris par mon mano à mano à distance interposée avec mon poursuivant que je ne veux rien céder !  Heureusement, j'ai Céline et Alain au téléphone, ça motive, sauf que j'apprends l'abandon de Jean-Pierre et Jacky à Cilaos, ainsi que Marie et Romuald, copains de l'Ultramical 86.Ce doit être frustrant pour eux ! Les autres copains, poursuivent leur progression !

Mon avance, portée un temps à 2h50 s'est réduite à 2h30 au pointage du 2ème V3 à Maïdo, je n'aurai plus que 2h à Sans Souci. Mon passage aux enfers me coûte cher ! Heureusement je redescends bien à la Rivière des galets et je recoure presque normalement sur la piste 4/4 que nous parcourons sur plusieurs km.

2ème arrêt Etape : Rivière des Galets : 136km . Je suis 318ème en  38h59' . Je décide de faire une pause très courte, 20' maximum, J'ai de la chance, une bénévole va me chercher mon sac d'assistance pendant que je me ravitaille. Ce que c'est d'être beau et mignon !!! Où alors, c'est plutôt le petit mot gentil à mon arrivée ! les suivants, ils se débrouillent ! Ils ne savent pas y faire !

Je me change rapidement, prends un petit café car j'ai les paupières lourdes, les yeux qui clignotent un peu,  et remet mon sac à mon assistante improvisée ; Ce doit être vraiment mon charme !!! Et je repars en grignotant ma dernière portion de gâteau sport, je n'en prendrai que la moitié car je n'ai pas très faim. Je monte assez rapidement le Sentier de Bord, jusqu'en dessous de Dos d'Âne. Nous sommes  un petit groupe à nous élancer dans la descente super technique en direction du Chemin Ratineau. Sans les arbres en bordure, impossible de descendre et pourtant nous dévalons la pente à bride abattue ; sautant de rocds_CIMG2384.jpgher en rocher et d'arbre en arbre! Quelle gymnastique ! Heureusement que la forme est bien revenue. Je rejds_CIMG2387.jpgoins le Chemin Ratineau où je pointe en 307ème position , et c'est à nouveau le même exercice pour traverser une nouvelle ravine, avant de retrouver un long chemin piegeux de plusieurs km ; Racines, rochers, mais je cours pratiquement sans cesse jusqu'au poste de "La Possession" J'aurai bien repris une douzaine de places depuis La Rivière des galets et conforté ma 1ère place en V3. J'ai mon  comité d'accueil à la Possession. Maryvonne, Laurence et Christophe m'y attendent. Ca fait du bien de revoir des têtes connues, mais je ne leur accorde que 10', le temps du ravitaillement. Ils repartiront sur "La Grande Chaloupe" où je les retrouverai à nouveau, après avoir parcouru le "Chemin des Anglais", cauchemar des raideurs fatigués ! Ca ne se passera pas trop mal, mais je serai très prudent sur la partie finale, véritable piège à entorse. Entre temps, j'aurai reçu plusieurs appels et sms des copains et copines de club, dont notre suiveur en live "Alain" ! C'est réconfortant de se sentir soutenu à distance. 

La Grande Chaloupe : 156km ; J'y arrive à la tombée de la nuit !mon comité d'accueil s'est bien étoffé ! Gérard Racinne, qui a bouclé sa Diago dans le top 100 quelques heures plus tôt et frais comme une rose ! Mon agent de renseignement "ma fille Céline" et Clément, qui a brillement terminé la Mascareigne dans le top 100 (65km) ma petite fille Loumène, et Maryvonne, Laurence et Christophe; c'est émouvant de se retrouver tous en famille. Je m'attarde un peu ! A priori , je ne risque plus d'être repris ! Il ne me reste plus que 14km ! Après m'être ravitaillé, coca sel, plein d'eau , quelques gâteaux, je repars seul dans la nuit pour une ultime montée de 700m de D+ jusqu'au "Colorado". A mi chemin, je passe devant la maison d' Annie, une belle sœur , elle m'y attend avec Paul, son mari et Gérard, Céline et Clément, montés en voiture ! je verrai du monde, sur cette fin de course, çà motive ! je m'enfonce à nouveau dans la nuit . Le sentier qui monte au Colorado est interminable. j'y arrive enfin, prends un verre de coca et repars illico pour la dernière descente où j'avais cartonné en 2010. Cette fois, j'ai décidé de jouer la prudence, je ne tente pas de passer sous la barre des 300, ce serait trop bête de perdre ma victoire en V3 sur une chute ou une entorse. Je mettrai 1h25 pour rejoindre le stade de La redoute, ce qui n'est pas si mal.

ds_CIMG2390-copie-1.jpgA mon arrivée sur la piste, 2 coureurs veulent me doubler ! Alors là , faut pas exagérer ! Ils ne me connaissent pas, je pars au sprint et passe la ligne en apothéose ! médaille finisher, tee-shirt "j'ai survécu" !  le commentateur a vu en direct sur le tableau lumineux que j'étais le1er V3 ! A peine le temps de respirer, qu'il me tend le micro et je me prête volontiers au jeu de l'interview !ds_CIMG2393.jpg

1er V3 , 307ème au scratch en 49h11mn12s : Mission accomplie . Je suis même en deCIMG2394Assous des 50 heures prévues !

Je quitte enfin l'aire d'arrivée pour  rejoindre tous mes supporters.  C'est le Grand Bonheur !!! Je peux enfin savourer !!!

Les copains, Thierry Lambert et Vincent Hulin devraient arriver dans quelques heures et je décide d'attendre au stade.

Après quelques minutes de récupération, je vais prendre un repas chaud, qui sera presque, froid bien entendu mais qu'importe ! Sauf que la nuit est fraîche et que j'ai du mal à me réchauffer ! Pour palier à cet état de fait, je décide d'aller me faire masser. Je retrouve ma petite masseuse de Cilaos ; C'est bon de se confier à des mains connues ! Je m'y endors même ! Quelle confiance !!!

Réveillé pour céder la place, je vais dormir 2 heures sous une tente de l'armée, où sans couverture, je gèle ! Maryvonne me réveille car Thierry ne devrait plus tarder ! Il arrive en effet quelques minutes après, à 2h56' du matin. Il est très marqué, mais heureux ! Il a fait une super course ! Nous prenons une petite "dodo" (bière bourbon) ensemble avec mon fils. Vincent ne doit pas arriver avant au  moins 2h30 . Nous sommes frigorifiés par le froid et la fatigue. Comme Jacky, Jean-Pierre, Véronique et Bénédicte seront présents pour l'accueillir, nous décidons de rentrer dormir.

Nous reviendrons le lendemain pour l'arrivée de Xavier et Thierry Zerbini ainsi que pour les podiums !

ds CIMG2433Monter sur la 1ère marche du Podium de La Diagonale des Fous ! Un rêve ! Non, une réalité !!! V3, bien sûr , mais aux côtés  des plus grands,  Kilian en tête , Quel bonheur !

CIMG2445

Nouvelle-image.JPGJe tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont contribué à cette performance

° Tout d'abord, ma famille, mes enfants,  et particulièrement Maryvonne mon épouse, pour qui ce ne doit pas être rose tous les jours de subir les contraintes de  mes exigeantes préparations.

° Tous ceux qui m'ont encouragés, plus nombreux que jamais, membres de ma  famille et copains , par leurs messages téléphoniques, Sms, commentaires sur mon blog ou facebook . Des dizaines et dizaines de messages ou d'appels qui m'ont porté jusqu'au bout de cette aventure !

° Jacques, Gérant D'Athlé-running , pour son aide matérielle !

° Alain, mon copain d'aventure sur la diago 2010, qui a réalisé un suivi en live de toute notre équipe. Il a réalisé un reportage en direct de haute qualité qui a été suivi par plus d'un millier de sympathisants des uns et des autres !

° Et surtout ma fille Céline, alliée de choix, qui pendant ces 49h de course, m'a renseigné régulièrement de la situation de la course, me permettant de m'adapter et de gérer en fonction de ce qui se passait à l'arrière !

Céline , à qui je dédie cette victoire sur cette prestigieuse  Diagonale des Fous  2012…

 Ma plus belle victoire !!! 

ds CIMG2397

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commentaires

Pascal 08/11/2012 09:49

Ah .... Et j'ai oublié ... Merci pour ce superbe récit ....
Car le pire, c'est que ça donne envie de s'y recoller ... !
Un jour peut-être ? Enfin, j'espère avant d'être V3 .... ;-)

Kiki 86 09/11/2012 21:20



j'espère aussi pour toi  que tu vas t'y recoller . Et si j'y suis à ce moment là, ce sera pour te suivre comme supporter ! Ca doit être bien aussi !



Pascal 08/11/2012 09:45

Tout mon répertoire de superlatifs et félicitations en tous genres y étant déjà passé, je n'ai plus qu'une chose à te dire : RESPECT !
Un grand respect pour ce que tu représentes mon petit Kiki :
Humilité, courage, abnégation et compétiteur dans l'âme, tu as réussi un podium de rêve sur TON île, TA course !
Alors BRAVO ! Tu es un grand champion !
Bise
Pascal.

Kiki 86 09/11/2012 21:18



Merci mon p'tit Pascal ! C'est vrai que pour moi, c'est un podium de rêve et si j'avais eu à en choisir un , ce serait bien celui ci, sur mon île d'adoption !!!



Alain 08/11/2012 09:40

Une grande victoire, vraiment. Boucler une diag est déjà un exploit, surtout cette édition 2012, alors remporter sa catégorie c'est magnifique. Tu as gagné 200 places par rapport à 2010, tu as
maitrisé ta course de bout en bout. Gagner en V3 une course aussi importante, pour un coureur de plaine, c'est vraiment une énorme performance. Tu dois avoir un sacré entraineur quand même! Tu es
vraiment un exemple de longévité et de performance pour nous tous.

Kiki 86 09/11/2012 21:14



J'ai effectivement gagné 200 places ! Facile... je n'avais pas un boulet à trainer cette fois !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Bon, je suis sûr qu'avec ce boulet, j'entrais dans les 250 cette année !


Pour l'entraîneur, j'en ai un bien sûr , mais je ne vous dis pas le nom ... C'est un secret !


Par contre, j'ai un bon conseiller en gestion de course   et spécialiste du suivi en live !!!  avec un grand "A" , facile à trouver !!!


Pour la longévité, encore une petite décennie et çà m'ira !



CHARTON MARIA 07/11/2012 20:26

Encore BRAVO , et merci pour ce beau récit. Félicitations et chapeau bas. C'est très grand ce que tu as fait !

Kiki 86 07/11/2012 20:36



Merci Maria, Celà a été une course très dure, Thierry Zerbini a dû te raconter ! mais avec une bonne préparation, de la volonté et le mental, çà passe ! Surtout lorsque  l'on est soutenu par
des dizaines de supporters de tout horizons! Biz



Profil

  • Kiki 86
  • FINISHER  : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012  ou je me classe 1er V3 , 2017
UTMB : 2008 et 2011 
Marathon des Sables 2010
Objectif : Diagonale des fous 2021 avec les copains de l'EPA86
Date de naissance : 28/08/1952
  • FINISHER : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012 ou je me classe 1er V3 , 2017 UTMB : 2008 et 2011 Marathon des Sables 2010 Objectif : Diagonale des fous 2021 avec les copains de l'EPA86 Date de naissance : 28/08/1952

L'ULTRA POUR HORIZON

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PALMARES

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L'ÎLE INTENSE "LA REUNION"

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° RANDOS ET RANDOS-TRAILS SUR L'ÎLE DE LA REUNION    ....."ENTREZ et DECOUVREZ"

 

° L'ÎLE DE LA REUNION EN PHOTOS CHAQUE SEMAINE : C'EST  ICI

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"PASSION JARDIN" NATURE

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OBJECTIFS 2021

° TRAI DES CITADELLES 70KM (AVRIL) Annulé Covid

° UTPMA 105KM (Juin) Annulé Covid

TOUR DE LA GRANDE CASSE 66 KM (AOUT)

° LA DIAGONALE DES FOUS 167KM (Ile de la Réunion, Octobre

 

      

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WIDY GREGO "SPORTIF DE L'HUMANITAIRE"

Mes Entraineurs

Roger PASSARD : Professeur d'Education Physique et Responsable de l'ALERTE GRAYLOISE, qui de cancre en sport m' a propulsé en deux ans "Champion Départemental Minime de Cross" à PORT SUR SAÔNE

Jean-Pierre GORGEON : Co-équipier et Entraineur à l'ASPTT POITIERS m'a permis de réaliser :

  • 15'48"70 sur 5000m, le 14/06/1997 lors des Championnats Régionaux à NIORT (45ème Perf Nationale V1et 5ème M45)
  • 33'42"60 sur 10 000m le 31/05/1998 lors des Championnats de France Vétérans sur Piste à LYON PARILLY ( 21ème Perf Nationale V1 et 6ème M45)
  • 2h40'46" au Marathon le 12/10/1997 lors des Championnats de France de Marathon à REIMS (95èm Perf Nationale V1 et 31ème M45)

Jean-Claude FARINEAU : avec qui j'ai partagé depuis 1984, les charges, parfois lourdes de Dirigeant à l'ASPTT POITIERS, puis au PEC à partir de 1999. Grâce à ses entrainements judicieux, je n'ai jamais raté une qualification aux Championnats de France de 10 km

Jean-Paul GOMEZ :
Finaliste Olympique du 10 000m à MONTREAL en 1976 : Bien que ne m'ayant jamais entrainé m'a toujours apporté des conseils éclairés, notamment lorsqu'il entrainait  à mes côtés l'école d'Athlétisme de L'ASPTT