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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 21:24

Alain.jpgSur cet UTMB mon objectif était de faire une belle course, régulière et de ne pas craquer ou de craquer le plus tard et le moins fort possible.

J’ai fait une bonne saison, je connais cette course pour l’avoir finie en 2011 et avoir fait deux fois le parcours en reco. Je pense qu’en partant sur mon niveau d’endurance et en tenant jusqu’au bout je peux m’approcher des 30h00 voir un peu moins (29h59 je prends).

Pour ça il faut faire la course quasi parfaite, ne pas se blesser, ne pas avoir de problèmes, ne pas être malade, avoir la bonne météo, etc… Avant le départ j’estime que j’ai 5% de chance de le faire. Ça veut dire aussi que je pense avoir le potentiel pour le faire, c’est peut être présomptueux. J’ai passé 5 ans à faire du marathon en pensant avoir le potentiel pour faire moins de 3h00 et je ne l’ai jamais fait…

Ensuite c’est assez clair dans ma tête, si je rencontre des soucis gastriques ou physiques, mon objectif sera de finir. SAM 0583(1)

Si tout va bien de ce côté-là ça va dépendre combien de temps je tiens un bon rythme, si je craque à Courmayeur (80km) je ferai plus de 40h00, si je craque (comme en 2011) vers Champeix (120km) ce sera 35h00, si je ne craque pas (ou très peu) je m’approche des 30h00 mon rêve d’ultra traileur.

Chamonix le 29 aout à 17h30, place du triangle de l’amitié, c’est parti :

Départ prudent, au cardio pour ne pas me mettre dans le rouge. 

Je vais me faire doubler pendant 3h00 de course, je reste dans ma bulle je ne m’occupe pas des autres.
Il pleut fort et on est trempé complétement, les chemins sont gras, on laisse du jus. Ma priorité est de ne pas tomber, surtout dans la première descente très glissante.

Pas grand-chose à signaler sur cette première partie de course jusqu’au pied du col du bonhomme, première grosse difficulté, où j’arrive vers 22h30 après 5h00 de course, il fait nuit depuis 2h00. 

Je ne suis pas le seul à prendre l’eau, ma lampe frontale fait des flashs et se coupe. Je change la batterie, pas mieux…. Ok c’est mort l’électronique a pris l’eau.

Ma lampe de secours est minimaliste, les piles datent de 2 ans et ont bien servi une nuit en Corse (Vaco je t’embrasse). Les piles de rechange sont dans le sac mais il me faut une pièce de 2 euros (que je n’ai pas) pour ouvrir la lampe et …. Je n’ai plus de lampe pour le faire.

Pour un psychopathe du matériel je suis très mauvais sur ce coup, mon UTMB aurait pu s’arrêter là, qulampe.jpgel con. 

Bon je fais quoi? J’abandonne? Je continue? Un vieux souvenir de 2011 revient à moi. Petzl, qui est partenaire, de la course doit avoir un stand du côté des Chapieux, après le col du bonhomme. Ils fournissent des piles, il doit bien y avoir une lampe pour moi, au pire je trouverai quelqu’un pour m’en prêter une, les copains peut être?

Avec ma lampe qui éclaire à peine mes pieds je continue. Je pense que la montée ne sera pas un problème, Il y aura du monde pour m’éclairer, on est en mode marche ça devrait le faire, pour la descente par contre… On verra là haut, j’avance.

Effectivement monter n’est pas un problème par contre la descente c’est chaud, j’ai pris des risques j’ai perdu du temps, des places aussi mais c’est passé. Il doit y avoir un bon dieu pour les traileurs, même pour les plus imprudents.

Je découvre la vitesse lumière en trail, enfin plus exactement la vitesse proportionnelle à la lumière… Mais aussi un truc formidable, sans frontale la nuit on voit les étoiles dans le ciel et ça, c’est magique.

J’arrive aux Chapieux, je tombe sur Jacky et Vero, trop content de les voir. En face d’eux le stand Petzl, je plaide ma cause auprès de la responsable. On fait un sport formidable avec des gens formidables, elle me prête une lampe NAO et m’écrit sur un bout de papier ses coordonnées pour renvoyer la lampe! Je lui fais 4 bises, je l’adore Marie, merci à elle et à Petzl une marque Française qui fait des lampes fiables… Petzl et Marie ont sauvé ma course.

1h40 du matin, j’ai un phare de voiture sur la tête, je suis toujours en course et ça c’est bon.

Avec tout ça j’ai négligé mon hydratation et je sens que ça ne passe pas trop, je monte le col de la Seigne tranquille et au lac Combal je prends une grande soupe (sans le vermicelle != gluten) et deux cocas. Et ça passe, ça débloque le ventre, un gros pipi bien clair (désolé) me confirme que le circuit fonctionne à nouveau. L’essence arrive au moteur.

A partir de là je suis très bien, j’enchaine le mont Favre, le col Chécrouit puis la descente sur Courmayeur qui se fait avec 3 espagnols, on descend très fort, je retrouve des sensations en descente après une année compliquée avec ma cheville gauche.

courmayeurJ’arrive à la base de vie de Courmayeur à 6h30 après 13h00 de course, le jour se lève sur l’Italie et le ciel est dégagé. Je suis toujours impressionné par l’organisation, 2500 sacs d’assistances à gérer et on a son sac en main alors qu’on court encore. Et puis 2570 (mon numéro de dossard) prononcé par une belle Italienne c’est chantant, celle langue est belle.

Ravito express au programme, se laver les pieds, mettre de la crème anti frottement, changer de chaussettes, refaire le sac, se changer, remplir les bidons. 15mn en tout, les pieds sont nickels.

La grosse montée sur le refuge Bertone se passe bien et en haut une surprise m’attend. Je tombe au ravito sur Vincent Delebarre, il vient de dormir au refuge, fatigué. Alors ok ce n’est plus le même Delebarre que celui qui a gagné l’UTMB, la diagonale des fous ou les templiers, mais quand même le croiser en course c’est un grand moment. On discute, j’ai fait un stage avec lui je le connais un peu. C’est un grand monsieur de notre sport, toujours un mot, une attention pour les autres. J’ai croisé une légende à 2000m de l’autre côté du mont blanc.

J’adore ce chemin, Bertone, Bonatti, Arnuva, il fait beau, on court en face des glaciers et la montagne est belle. 9h00 du matin au refuge Bonatti (le plus beau des Alpes), je m’accorde une minute pour boire mon coca devant les grandes Jorasses, un des plus beaux paysages du massif. Tous les voyants sont au vert.

J’arrive au 100ème km en haut du grand col Ferret, toujours du vent et du brouillard ici. J’ai été moins facile qu’auparavant dans la montée, 11h00 du matin et 17h00 de course.

Je vais maintenant aborder une partie que je redoute, plus de 20 km de descente, de plat, de relances jusqu’à Praz de Fort, ensuite il faut enchainer deux montées, Champeix et Bovine la terrible. Les UTMBs se jouent souvent là, pour la gagne devant (cette année encore François d’Ahéne fera la différence ici), pour rester dans les barrières horaires derrière. C’est aussi ici que ça abandonne le plus, la descente, les chocs, la fatigue, les ampoules, les tendinites, le mental.

J’ai de bonnes jambes, je descends bien, souple. J’enchaine bien sur le plat vers la Fouly avec un jeune Allemand on avance bien, je double pas mal de concurrents depuis ce matin. En arrivant à la Fouly je ne connais pas mon classement mais je me doute que je suis bien placé car dans la grande tente du ravito il doit y avoir 20 bénévoles et… 3 coureurs.

Je déteste la portion La Fouly – Praz de Fort, c’est moche, c’est plat, c’est dur. Mais je cours encore et c’est la bonne nouvelle. La montée sur Champeix est plus dure, je pioche un peu la fatigue est présente, un peu de lassitude et le sommeil qui s’invite au programme. Le risque de craquage est là.

C’est le moment de faire le point et des choix. Je connais les temps de passages,champex.jpg sans baisser trop de rythme je suis sur une base de moins de 30h00, j’ai même presque une heure d’avance sur un 30h00. Ça devient tactique, soit je continue et je sais que je vais avoir de plus en plus de mal à tenir le rythme, soit je fais une vraie pause à Champeix, une sieste et peut être que je peux repartir « tout neuf » ou presque…

A Champeix je retrouve ma famille, ils vont m’assurer l’assistance sur 3 des 4 derniers ravitos.

Je suis un peu cramé et je décide d’aller dormir 20mn, dans le dortoir de Champeix une cinquantaine de matelas posé au sol, je suis le seul à faire dodo, j’ai une chambre perso, nickel. 

Jusqu’ici, à part mon problème de lampe, je fais une très bonne course. Je peux encore réaliser moins de 30h00. Mais il reste 45km, 3 cols, 9h00 d’efforts, je sais que la fin du parcours est terrible et qu’à tout moment je peux sauter. C’est le jeu ma pauvre Lucette.

Après 20mn de sieste, je me ravitaille mais je n’y suis plus dans la tête. Je suis sorti de ma course. J’ai plus envie d’y retourner, pas envie d’avoir mal et je parle d’en rester là. D’abandonner. Ma femme et mes enfants sont ravis, je les saoule avec l’UTMB depuis un an, tout va bien pour moi, je suis bien placé, pas blessé, encore sur un gros objectif et je fais ma princesse et ma pleureuse, petit mental.

Ils vont trouver les mots pour que j’y retourne, chacun leur tour de façon différente mais de façon efficace. Je les remercie, je leur dois cette course, sans eux j’arrêtais bêtement à Champeix.

Je quitte mes habits de princesse (la robe ça me boudine un peu) et je repars, mais j’ai perdu 25mn en plus des 20mn de sieste, 45mn en tout. En quittant Champeix je n’ai plus de joker pour faire moins de 30h00, si je craque c’est fini pour le chrono de rêve.

Je passe bien la montée de Bovine, la sieste m’a fait du bien et surtout après avoir fait la bascule je descends très bien et ça c’est important pour la fin de course. La descente est longue sur Trient, je suis bien le moral est bon, à fond sur mon objectif de 30h00, j’ai de grosses jambes.

ds DSC04626Je retrouve la famille à Trient, ravito express et c’est reparti pour l’avant dernière montée, c’est dur, je m’accroche. La descente est dure aussi je suis moins facile et j’ai du mal à relancer. Mais je me force, j’ai craqué mentalement à Champeix je n’ai plus le droit de lâcher l’affaire. Faire moins de 30h00 ça va peut-être se jouer à 2-3mn ou 30 secondes, je dois avancer, ne pas avoir de regrets, ne pas perdre une seule minute, tout donner jusqu’au bout.

J’arrive à Vallorcine, c’est encore jouable mais je suis bien entamé. Il va falloir gérer mes efforts, surtout ne pas m’effondrer.

Direction le col des Montet. Je marche pour gérer car la suite, l’enchainement tête au vent – Flégère, sera terrible. Au col je trouve Cédric qui est signaleur, son énergie et sa joie son communicative et ça me fait du bien (on avait pris rdv et je ne suis pas en retard), comme les appels reçus de Kiki et Guillaume un peu plus tôt, comme tous les textos que je reçois. Merci tout le monde !

C’est la dernière bosse devant moi mais je me souviens, qu’ici même l’an dernier, le 7éme de l’UTMB (qui ne doit pas être un charlot) a abandonné à 15 km du but, plus de force. Rien n’est gagné. Je rallume la lampe, je n’ai plus qu’un seul but arriver à la Flégère avant 22h30, ensuite il reste la descente sur Chamonix que j’estime à 1h00. Arriver à Chamonix avant 23h30 pour faire le 30h00.

Je souffre dans le col, c’est interminable, en haut c’est le brouillard. La Nao (la lampe de Petzl) est automatique et pas du tout efficace dans le brouillard (mais au prix que je l’ai payée… je ne dis rien), elle éclaire à fond, je ne vois rien. J’ai un mur de lumière deux mètres devant moi. C’est comme rouler en plein phares avec sa voiture dans le brouillard. La galère.

Le chemin n’est pas marqué, que des blocs de pierres, je ne vois pas les balises et mon rêve de 30h00 s’éloigne. Mais je continue à avancer malgré tout. Parfois je suis les traces des pas laissés par les chaussures humides des concurrents qui me précèdent. Je suis seul, c’est looooonnnngggggg !

Je pointe à la tête au vent sans conviction, c’est mort pour les 30h00, je ne reconnais même pas le chemin que j’ai fait plusieurs fois mais j’essaye de tenir malgré tout, comme on dit en Corrèze : on comptera les bouses à la fin de la foire.

Et puis dans le brouillard je finis par distinguer une lumière au loin, j’entends du bruit, des encouragements, les cloches, c’est la Flégère. Je regarde ma montre, c’est peut-être encore jouable. Je relance, je remonte la piste de ski en donnant tout, ce sont les derniers mètres de d+, après je range les bâtons et je fais la descente de ma vie.

Au ravito je remplis à peine un bidon et je demande aux bénévoles si c’est jouable de descendre en 1h00 ? On me dit oui… Si je descends bien. Il y a 30 minutes j’étais au fond du trou, en échec, persuadé de ne pas y arriver et là je ne doute pas une seule seconde que je vais le faire, c’est marrant le mental sur un organisme fatigué.

Je suis dans un état second, je débranche le cerveau et j’engage comme un fou, il va falloir aller chercher le chrono. Je double de suite 2 concurrents sur la piste de ski et ensuite le chemin emprunte un petit sentier bien technique, racines, pierres, épingles, relances
.
J’y crois vraiment, je descends très bien, vite. Je ne calcule même pas le risque, je n’ai qu’une seule idée en tête, qu’un seul but les 30h00. Finir l’UTMB je l’ai déjà fait, sinon j’aurais peut-être assuré, je n’ai même pas pensé à la chute, depuis Champeix (8h00 de course) j’avance pour cet objectif de 30h00, j’y suis presque, je le tiens, je donne tout.

Mais encore une fois le matos me lâche. La Nao fait deux flashs, puis zouuuuu. Presque plus rien, batterie vide. P…. de M…. de lampe à la C… !!!! Les 30h00 ne veulent pas de moi, j’ai du offenser les dieux du trail.

Il ne me reste plus beaucoup de neurones en état de marche (je peux même dire que je n’ai plus la lumière à tous les étages…), je dois faire un effort de concentration pour me remobiliser et trouver de quoi changer les piles. Car ce matin quand on m’a prêté la lampe on m’a dit qu’elle fonctionnait aussi avec des piles normales. J’ai donc téléphoné à mon fils Antoine (mon assistant de choc, merci Antoine) pour qu’il regarde tout ça sur le net et trouve des piles, il me les a mis dans une poche à Vallorcine, il m’a même expliqué comment on ouvrait le boitier (j’ai rien écouté mais chut il ne faut pas le dire). Ça tient à quoi une course parfois?

Me voici à genoux dans le chemin en train d’opérer une Nao, ça s’ouvre comment ce truc ?

J’ai trouvé, je remonte le tout, j’appuie sur le bouton …. Rien. Haaaaaaa ! Un grand cri dans la nuit ça fait du bien.

Un concurrent Australien que j’ai doublé à fond il y a quelques minutes arrive sur moi, il croit certainement que je viens de me fracasser dans la descente, un dialogue surréaliste s’engage :
-I’ts ok ?
-ouai ouai I’ts ok.
Je farfouille mes piles dans le boitier, il ne doit pas tout comprendre.
-I’ts ok ???
-OUAI IT’S OK !! (Casses toi ou je t’en colle une, je te braque ta lampe et je finis en héros à Cham !!!).

Pardon à ce concurrent pour mon manque d’esprit trail en ce moment délicat.

Je recommence, une pile n’est pas dans le bon sens. Le bouton, clic, lumière !! Ça marche !! Yes !!

C’est reparti, à fond. Je redouble l’Australien : - It’s ok !!!!

C’est loin Chamonix, je suis en nage, à bloc. Je passe le chalet de la Flora, bonne noChamonix-nuit.jpguvelle. Après le chemin est plus propre. Courir vite, les fondamentaux, je tire sur les bras, place le bassin, c’est comme un 800 sur piste mais ça fait plus que 800, beaucoup plus. 

On ne voit pas Chamonix donc je ne sais pas où je suis. Je rêve de bitume, la ville vite. Moi qui fuis toujours le bitume je rêve d’une route. Même avec des voitures, même diesel, je n’en peux plus de la montagne !

Au fond de la piste là-bas des lumières, Chamonix est là. Je relance encore, je touche la route, une fois à gauche puis à droite, le pont, la halle des sports ok je connais bien il me reste maxi un kilomètre, je regarde ma montre 23h15.

C’est gagné, il ne peut plus rien m’arriver. C’est juste bon. Je profite, il y a encore du monde dans la ville.

Je pense à ma saison 2013, 3 ultras 3 échecs, le doute, la tentation de renoncer de tout arrêter.

Je retrouve ma famille, je passe la ligne avec eux, je suis parti 29h50 plus tôt.

Je n’ai pas fait la course parfaite, mais je l’aime bien cette course et je vais la garder longtemps au fond de moi.

Pour moi une course d’ultra c’est comme un concentré de vie. Un film de vie qu’y défile en accéléré. On pleure on rit, y a de la joie et de la tristesse, on est euphorique puis désespéré, on a mal et on a plus mal, bref on passe par tous les stades. Un vrai morceau de vie avec de l’émotion dedans.
Et même si on finit fatigué, on finit toujours plus vivant qu’au départ.

Quand en plus, on atteint son rêve et que c’est partagé en famille et réussi grâce à eux, c’est un sentiment de satisfaction énorme qu’il est difficile de faire partager.

Reste des chiffres qui ne mesurent pas tout : SAM_0621.jpg

Dossard 2570.
Temps de course 29h50
105 éme scratch
96 éme homme
30 ème V1
32 ème Français
5 ème V1 Français

« Si tout est moyen
Si la vie est un film de rien
Ce passage là était vraiment bien
Ce passage là était bien »

Alain Souchon

 

 

CHAM00001 (4)

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 12:52

UT4M TV 314Janvier 2014  ; nous sommes des milliers à attendre par SMS le résultat du tirage au sort de l'UTMB !
Avec un coeff supplémentaire, je suis persuadé d'être pris ! Grosse désillusion!!!
Alors mon choix se dirige  vers L'UT4M à Grenoble pour sa deuxième édition , car comme nous tous j'avais entendu de bons retours de la première édition ; Alors je me lance !
Grenoble est entouré de quatre massifs; Le Vercors, le Tailleferre, Belledonne et les Chartreuses; Voilà notre terrain de jeu !
Pour le week end : Au total 168 km et plus de 10 000 de Dénivelle  positif
L'organisation a eu le bon goût de nous rajouter 3 km, suite à une interdiction préfectorale
Au brief  ; Certains en rigolent  "Bah 3 km de plus ou de moins à ce niveau on compte plus " ; Et bien ces 3 petits km je mettrai plus d'une heure pour les parcourirphoto-1-copie-1.JPG

Départ huit heures :  Avec les copains on s'embrasse, tout va bien, 5km de bitume et nous voilà rapidement sur un sentier en direction du Vercors.
Premier massif, Vercors, 41 km avec 2570mD+
L'ascension se passe bien ; Je suis confiant, j'ai fait une bonne prépa; Rapidement nous passons à côté de l'ancien tremplin des J O de 1968; Droit dans la pente , tout en escalier, La montée est raide !
Au sommet notre effort est récompensé par une vue magnifique sur le Mont Blanc, mais pas le temps de prendre une photo ; D'abord la course, le chrono, le classement....134 eme ! Puis arrive une terrible descente 1500 D- ; Pentue glissante caillouteuse, casse cheville ; Surtout ne pas relâcher la concentration!
Direction"Vif"  ; Passage du premier massif en avance d'une heure sur mes pronostics ; Pas grave, je suis bien, je profite !

Arrêt furtif au ravito, 5 mn pour engloutir fromage, saucisson, tucs, bonbons haribos... Du coca pour faire passer le tout
Je profite d'avoir un bon estomac pour faire un peu n'importe quoi ! Baptiste me donne des news ; 

Tous les copains sont en courses et  on espère tous 100% de finishers ; Pour nous, pour kiki et ses plans d'entraînements, pour le club  !!!

Deuxième  massif , Taillefer ,  43 km pour 2700mD+
UT4M-TAILLER.jpegJe quitte le ravito ;  Un grand merci aux bénévoles ultra sympas et je me prépare pour affronter le Taillefer,  2 eme massif 43 km pour 2700 sur le profil c'est du lourd !  Direction le pas de la vache; Point culminant à 2450 m
Les montées sont raides, mais  souvent en sous bois, ce qui est vraiment dommage car nos efforts ne sont pas  récompensés par la beauté des paysages ; Grosse descente de 1330 en 5 km , bien raide et rocailleuse !
La descente laisse quelques traces de fatigue , mes orteils souffrent un peu. J'ai du mal à obtenir un bon serrage  car la nouvelle version de la xodus ne me convient pas., mais je dois attendre la deuxième base vie pour pouvoir changer.
Je me suis fais plaisir sur cette portion,quelques places de gagnées ! 

Première base vie au 90 eme et toujours en avance sur mes temps. Encore une heure de gagnée et je me sens bien ! À la vue de ma 82 eme places Je me mets à espérer une bonne perf. 45 mn me seront nécessaires afin de me changer, faire le plein ,manger, souffler quelques minutes. Ne rien faire, apaise aussi. 45 mn C long ,mais pourtant j'ai le sentiment de ne pas avoir perdu trop de temps. Il est minuit quand j attaque le troisième massif "Belledonne"

Troisième  massif, Belledonne , 40 km pour 2300mD+

Je sors de la base vie ; Nico m'avait prévenu  "Belledône c'est sérieux ! 
Avant le sentier, un Bénévole m'annonce ce qui m'attend  "C est plus du courage cedric c 'est de la folie "
Celui la faut qu'il arrête le bénévolat sur les trail !!!
La montée de la base vie à "Archelle" est terrible gargantuesque démesurée , 30% , 1200 en 3,5 km, puis 600 de d+ pour arriver à la croix de chamrousse . Ici pas de plat, pas de répit .Sur le profil en papier on voit bien que le trait est presque vertical, mais quand nous soUT4M_TV_280.jpgmmes dessus, ça impressionne ;  Ça laisse des traces .Je suis lent , seul  ; Ce qui rend la progression difficile . Avec ça, la Montagne a dégueulé tout ce qu'elle pouvait en cailloux, rochers, pierres ...
Et vient s'ajouter à notre périple ;  Le brouillard ; Pas vraiment notre copain au milieu de la nuit . Nous serons plusieurs à être stoppés au refuge de la Pra, trop de brouillard nous devons attendre d'être 5 couruers au minimum pour pouvoir repartir
Après 15 m d'attente, nous serons 6 à partir à la recherche des balises qui sous l'épaisse couche de brouillard se font très discrètes. Notre progression est ralentie par le terrain : La montée du Grand Colon ; Peu de dénivellé mais droit dans la pente à travers les cailloux où nous avons de la peine à apercevoir la trace .Je me mets à détester ce massif, comme l'année derniere j'ai haï le col de Baréges. La pente est vraiment raide , le brouillard toujours présent .Je pense à cette course "l échappée belle" avec ces 145 km et ces 11000 d+ qui à lieu ici sur Belledône. Une course que je ne ferai pas !
Enfin le sommet quelle délivrance  !!!
Je me sens terriblement seul dans, cette descente vers St Nazaire , la deuxième base vie :127 eme km !
Mon cuissard m'irrite l'entrejambe ; Une nouvelle douleur à affronter. En attendant de pouvoir souffler, je dois affronter 2000 D- .

Si j'avais plus de deux heures d'avance sur mon plan de marche ; À Belledône j'ai touUT4M-Belledonne-RussS-069-10-19.jpgt perdu et aussi beaucoup de forces laissées à travers ces cailloux.. Je suis fatigué : J'arrive 96 eme à St nazaire en 27 h40 de courses
Nico est présent, me réconforte , prend soin de moi . Je ne suis pas au top de ma forme !
À ce moment la je ne parie pas un radis sur moi  ! Je craque, je suis submergé par les larmes, je ne contrôle plus rien. Qu'un coup, toute la pression retombe, Je ne sais pas si je peux continuer ; Encore 42 km ! J 'estimais à 11 heures le dernier massif et là je suis en train de douter : Je ne vaux plus rien , Je ne mange pas, mon corps souffre , mes muscles se froissent ; Mes pieds ? Putain que j'ai mal aux pieds! Mon moral est atteint , merde !! Je ne peux pas arrêter c'est  pas possible !
Fifi me redonne du tonus , me reconnecte à la réalité ; Je suis large aux barrières ! Profites en ; Repose toi ..S'alimenter , dormir ,changer de chaussures ; Tout s'embrouille !Je reste deux heures à me lamenter, ma voix est pleine de souffrance ; Je ne suis qu'un souffle de douleurs ; Je suis à la recherche de soutien .
Plusieurs appels me réconfortent, je lis les messages, merci pour ce soutien . Malgré mes douleurs, encore aujourd'hui je me demande comment j'ai fais pour repartir.

Dernier massif, les Chartreuses,  40 km 2400mD+ ;

Me voilà sur la route , puis le chemin qui mène à la "Chartreuse" ;  Toujours du bitume pour rallier les massifs , puis une longue montée en sous bois 1800 à avaler .D'abord 1300 dans la forêt . Je monte seul à faible allure mais j'avance ;  Je peste après ces panneaux qui annoncent les ravitos à 3 km ! Sur marathon je pourrais mettre 13 mn , mais pas  ici ,sur ce massif rocailleux ! Plus d'une heure me sépare du ravito mais je suis toujours en mouvement.
J'appelle kiki qui me laisse plusieurs messages ; Quelques conseils précieux et du soutien me remettent en piste ; Puis l'humour qui caractérise Mickael mephoto-4-1-.JPG permet d'oublier la galère dans laquelle je suis enfoui. j'arrive au "Refuge Habert"; Super accueil , petit feu de bois où on  me fait cuire des chamalows ; Je suis le seul coureur, alors on prend soin de moi, je me sens bien !  Du coup je reste plus de 20 mn, la gentillesse des Bénévoles me rebooste et je me sens mieux, je retrouve de l'envie et de l'énergie. La montée vers "Chamchaude" est pénible ; 700 à monter dans les cailloux en pleine chaleur ;  Tout ça pour se faire pointer en haut et redescendre par le même chemin ;  Ce qui nous permet d'encourager les autres coureurs
À ce moment là de la course je mphoto-2-2-.JPGe fais doubler par les coureurs du 90km. Nous n'avons pas la même  couleur de dossards, pour nous différencier , mais seuls, l'allure et le style suffisent  à nous démarquer ! Je fonce sur "Sappey", le ravito ou m'attend Baptiste avec avec son  sourire qui réconforte. 11 mn d'arrêt et me voilà reparti à la 112 eme place !
Une dernière bosse et de la descente; La fatigue m'envahit; Un petit somme sur le sentier, je coupe la frontale met un réveil et me voilà reposé quelques minutes.
Plus j'approche de Grenoble; Plus les frottements se montrent agressifs, je cours les pieds en canard pour limiter l'irritation. Enfin Bastille ;  Je reconnais cette forteresse qui surplombe Grenoble; La descente est longue et ennuyeuse.
Cette fois aucune difficulté; On aperçoit la ville  illuminée !


Encore 3 km de bitume et me voilà au bout de 42 h 20 d'efforts à demi conscient  "Sur la ligne d arrivée" !!!
UT4M_TV_001.jpg
photo-3-1-.JPGLes Finishers de l'EPA86 sur le 160km: Cédric Dupuich, Pierre Hay, Pascal Cougnon, Didier Maître !

Portraits-EPA-UT4M-160.jpg

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 22:56

Vincent au tor 2Tor Des GéantsVincent-au-tor-8.jpg
Par Vincent Hulin
EPA 86
130eme en 121h18

Qui va piano va sano va longo

Pour réussir le Tor Des Géants : Pas de mystère...

Ça y est je viens d achever le top 4 que je m étais fixé en me lançant il y a deux ans dans le monde de l ultra Trail (Diagonale Des Fous, UTMB, Marathon Des Sables et donc le Tor Des Géants ) c est un sentiment un peu bizarre : je ne réalise pas encore vraiment ( si je suis arrivé il y a plus de 24h, d autres concurrents sont encore en course et la remise de la veste de Finisher c est pour demain midi ) et c est un début de sensation de plénitude de se dire qu on réalise les objectifs fixés, qui plus est : sans accrocs, sans blessure, je le vis comme un privilège. Et maintenant ? Y aura-il un "Baby Blues" post ultra ? J ai envie de savourer, de lever le pied, et d'autres défis il y en aura toujours à aller chercher.

La présenter comme la course de montagne la plus dure au monde n est pas usurpé ! le Tor des Géants (TDG) affole par les chiffres : 330 km, 24.000 m de dénivelé positif et au mieux environ 40% d abandons. En m alignant sur l épreuve j ai une appréhension: le dénivelé : mon corps, mes muscles vont ils répondre présent pour monter et descendre l équivalent de 3 fois l Everest en partant du niveau de la mer ?

Pour cet ultime défi et plus que sur les autres je viens à Courmayeur pour finir, le classement n est qu accessoire (mais bon si ça se passe bien j aimerai assez entrer dans les 200 premiers)
Le week end d avant j étais à fond derrière les copains qui couraient à Chamonix les différentes épreuves dont l UTMB et je me surprend à être impatient d en découdre avec le TDG , ce qui n est pas du tout dans mes habitudes. tdg2013-grivola da entrelor foto enrico romanzi-8631

Sur la ligne de départ avec l'ami Gilles (binôme essentiel et incontournable) nous respirons le bonheur immense d'être là dans ce décors somptueux de la vallée d Aoste. On sait que l aventure va être belle et pure. Les premières heures se déroulent à merveille, nous établissons un bon petit tempo laissant les brûleurs de cervelle nous doubler n importe où n importe comment, courir là où il est plus raisonnable de marcher. On s amuse d ailleurs à garder en tête ces numéros de dossard que l on doublera largement par la suite comme on pouvait s y attendre. Très souvent Gilles est devant surtout dans les montées et moi parfois dans les descentes. Une fois encore pas besoin de beaucoup se parler on observe les mêmes choses, on sent la course de la même façon on s applique sans se le dire les mêmes consignes. Exemple pas plus de 5 mn au ravito c est suffisant et on repart en grignotant des petites choses chapardées sur les tables. L avantage d être à deux c est surtout être là quand le copain a un coup de moins bien, et ça va vite se vérifier. Sur une session ( le TDG est découpé en 5 bases de vie ) nous enchaînons 3 ascensions à la suite dont une de 2000 m et deux à plus de 3000m.Tor-4.jpg Ça fait plus de 24 heures que nous sommes partis et nous allons connaître chacun notre tour un gros coup de mou. Je suis le premier à frôler la correctionnelle! Je suis scotché dans la montée ! Plus de jus, plus de force je peine à mettre un pied devant l autre et j avance à la vitesse d un alpiniste dans les derniers mètres d un 8000! Le souffle est court et il devient même haletant comme un manque d oxygène. Vite je fais un rapide shake up : je me suis bien alimenté régulièrement pareil pour l hydratation, ce n est donc pas ça. Une piste s impose c est un premier coup de fatigue, donc pas de panique forcément il faut accepter ce fait de course et savoir se montrer patient! Au moment où ça commence à aller mieux c est Gilles qui a son tour, se retrouve englué dans la montée suivante. On se parle, on se rassure on se remonte le moral. Alors que l on trouve notre vitesse de croisière un invité insidieux, fourbe et pas marrant du tout s invite (comme trop souvent) dans les chaussures de Gilles j ai nommé : l ampoule! Au 103eme km à la base de vie de Cogne Gilles me dit qu il a un soucis d échauffement aux pieds! Il m annonce qu il va traiter ses ampoules mais que c est pas bon pour la suite: c est le choc ! Il est hors de question que cette aventure ne se termine pas à deux ! On décide de repartir ensemble mais ça ne va pas, Gilles est déçu pour lui, pour moi, pour nous. Le regard embué il m annonce sa décision : il va devoir abandonner....et c'est les larmes aux yeux qu on se serre et il m ordonne d aller chercher "cette putain de veste "de Finisher. Dans ma tête c est le bordel : je suis extrêmement déçu pour mon copain, j appréhende maintenant de devoir poursuivre l aventure seul et en même temps pour moi et aussi pour lui je me fais un devoir moral de me sortir les....pouces du gilet pour être Finisher.
Tor-1.jpgFinalement même seul, le tempo reste le même, la stratégie au ravito identique, la gestion du sommeil la même. A chaque base de vie, je retrouve mon désormais assistant-coach. Petite douche, massage des mollets et des quadriceps (essentiel selon moi) un repas chaud et un dodo. Problème je n'arrive jamais à dormir plus d une heure, donc je fais avec. Alors tant mieux car comme ça je ne perd pas trop de temps mais problème je vais tout au long de la course hypothéquer mon capital sommeil! Je vais donc compenser avec ce que j appelle "la sieste bout de table" : de temps en temps dans les gîtes, les refuges je prend une boisson chaude (soupe, thé ...) parfois un plat (pâtes, polenta) et je croise les bras sur la table j y pose ma tête et je ferme les yeux pendant 5 à 10 mn...suffisant pour repartir et repousser encore un peu plus loin l échéance.
La montagne la nuit, surtout par pleine lune, dégage une douceur romantique mais il ne faudrait pas grand chose pour que ça vire au cauchemar. Après quatre nuits "blanches" je me retrouve durant quatre longues heures à enchaîner les sommets et les cols mais sans jamais redescendre vers la civilisation! dans la nuit noire je suis seul, le chemin en balcon fait parfois 50 cm de large et à côté c est le vide. Je me mets à avoir peur ! Je suis crevé par l effort physique, j ai un manque cruel de sommeil, mes gestes ne sont plus aussi précis, mes poses de pied plus aussi naturelles et là j ai l abime à portée de bâtons....surtout ne pas paniquer ! Je décide à me parler à haute voix, à positiver et même à m engueuler quand je n assure pas un bon appui dans un passage délicat. Ça vous fera peut être doucement sourire mais sérieusement j ai pensé à la mort....et si je devais basculer dans le vide comme ça, toc , sur un mauvais geste. Non ça serait trop con!


On a tous vécu, surtout au volant un manque de sommeil, de se dire tient là faut que je m'arrête ça va pas! Et bien moi j ai voulu aller encore plus loin et ne pas m arrêter sur un parking pour pousser encore un peu plus loin la machine! sur une partie non dangereuse ( un large chemin forestier dans la plaine) j évolue en mode marche sportive, mais je me rends compte que je ne suis plus lucide, je n avance pas droit, je lutte contre le sommeil et c est abominable, cruel, j aimerai tout arrêter me coucher sur le bas côté, mais une infime partie de mon cerveau s y refuse. Il faut continuer, tenir, aller de l avant! une ultime idée lumineuse surgit alors: j ai mon téléphone et du coup de la musique ! Je ne suis plus seul, Étienne est avec moi! Je pose le portable dans ma capuche bien près des oreilles et je passe en boucle et en chantant à tue tête en pleine forêt italienne du Daho (dont Week End à Rome).Tor-2.jpg
Et puis j ai des nouveaux amis qui s invitent dans la course et qui ne me lâcheront plus, je veux parler de personnages de bande dessinée ! J en vois partout tout le temps: ce ne sont plus des arbres, des rochers, des nuages, non ce sont des personnages de BD! Mais le pire c est qu à un ravitaillement je dis très lucidement à Gilles :" t as vu tous ces personnages de dessins animés ? C est sympa ! Gilles me répond : non. C'est un arbre. J écarquille les yeux et désolé (vous ne me croirez peut être pas ) mais je ne voyais toujours pas l arbre mais bel et bien mes amis imaginaires ! ( a moins que Gilles m ait menti mais je n ose pas y croire).


Vincent-au-tor.jpgPhysiquement, enfin je veux dire musculairement tout va bien et je n en reviens d ailleurs pas! Je maltraite mon corps depuis 120 heures et il répond toujours présent. Si la douleur est présente la souffrance, elle, n est pas là. (Sauf le manque de sommeil). J arrive à Bertone, dernier ravitaillement avant l arrivée finale et je suis d une fraîcheur physique inespérée. La première partie de la descente est un peu technique ( et c est pas trop mon fort) mais je décide (enfin) de jouer et de me lâcher ....je descends à bloc et ramasse du monde! des coureurs qui descendent prudemment, d autres qui grimacent à chaque fois qu ils posent le pied par terre. Et moi je les laisse sur place, c est indécent mais tellement jouissif! Sur le plat je suis à 13 à l heure (comme mon finish de l UTMB) je déboule dans les rues chaleureuses de Courmayeur il est un peu plus de 11h du matin et les longs applaudissements du public boostent encore un peu plus. Je franchis le portique final et c est plus la vue de Gilles qui me fait monter les larmes que le reste. Des larmes qui m étaient venues parfois en course en lisant les sms d encouragement des amis ou en entendant la voix de ma chérie. Voilà c est fait. Il est 15:45 nous sommes le samedi 13 septembre 2014 et le dernier concurrent doit encore franchir la ligne d arrivée: quel mérite !!!

Vincent au tor 6

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Vincent au tor 9

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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 11:30

 

     1422473_1470986609819997_6555579516086126447_n.jpg           L’UTMB, il y a ceux qui en rêvent et il y a les chanceux qui sont tiré au sort.

Pour moi, se sera le 15 janvier, un SMS d’Alain m’avertissant que je vais participer à une vraie course d’homme. A partir de là, l’entrainement prend une autre dimension et il faut bien se préparer à ce 1° ultra trail (168 kms et 9600m de dénivelé positif) de ma carrière.

                Après une arrivée le lundi 25 aout, nous décidons avec Jean-Pierre de se faire une petite rando le mercredi suivant. Se sera le refuge « Albert », 4h00 de marche sur du plat à 2000m d’altitude. Au retour, j’ai des échauffements sur les petits orteils. Ca commence mal à 2 jours de la course mais qu’importe, je passe NOK + TANO et j’espère que ça ne va pas s’aggraver.

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                Nous sommes le vendredi 29, les rues de Chamonix sont blindées de monde. Avec JP nous nous rendons vers le départ, mais à 45 mn du top JP s’aperçoit qu’il a oublié de positionner ses straps sur ses épaules. Il retourne donc à l’appartement pour les mettre. J’avance vers la ligne de départ et vois Alain, il a une mine réjouie et me chambre du fait que je commence à stresser fortement (je lui demande quand même s’il a pensé à emporter du smecta). Nous arrivons au SAS de départ, 2300 coureurs vont s’y agglutiner. Alain est devant (c’est normal). Nous allons attendre 30 mn que le départ soit donné. Il est 17h25 et une averse de pluie nous tombe dessus, tous les coureurs enfilent leur k-way mais ce ne sera pas mon cas. Il fait chaud et je n’ai pas envie de bouillir sous une veste.

                Le départ est donc donné sous une pluie battante avec la musique de "Vangelis 1492" . Le début s’effectue en marchant, je passe sous l’arche de départ puis vois Cédric et Sandra qui m’encouragent, c’est super grosse ambiance dans les rues de Chamonix. Je commence à courir à la sortie du centre ville mais pas très vite, il faut vraiment partir cool. Mon choix de ne pas porter de k-way s’avère très judicieux puisqu’il ne pleut plus à présent et je vois beaucoup de coureurs s’arrêter pour le ranger dans leur sac

 Profil-UTMB-2014

                                               Cet UTMB commence bien, j’avance prudemment à rythme bas (je ne veux pas me brûler) et je me fais même doubler par Gérard au 8ème km, je le laisse partir, c’est un bon signe. Je le rattraperai après « Les Houches », dans la montée du Délevret (1° bosse parmi tant d’autres). Nous parlons un peu puis je décide de le laisser lorsqu’il se remet à pleuvoir à grosses gouttes. J’arrive au sommet et commence alors la descente ;  Ce sont des pistes de ski détrempées et grasses qui roulent sous mes pieds ; Ne pas se lancer comme un fou, même si ça démange, la route est encore longue. Néanmoins je descends bien et mes chaussures accrochent plutôt pas mal sur ce terrain. Nous sommes au 15ème km et je double pas mal de concurrents, jusqu’au moment où ma chaussure droite se bloque, et là, je commence à glisser sur les fesses le long de la piste en direction d’un arbre. Tout compte fait, cet arbre sera mon salut, je tends ma main vers lui, mais c’est mon pouce qui y fera face et arrêtera ma chute. Je me relève, vérifie que tout va bien, je saigne un peu sous l’ongle du pouce droit, c’est pas grave, une petite douleur qui m’accompagnera tout le reste du parcours. Je bombe le torse et repars vers St Gervais.

                                               La nuit tombe peu avant ce ravitaillement. Je m’y arrête 5mn pour refaire le plein d’eau et manger. Ici, c’est une fillette de 14ans qui me sert de l’eau tout en grelottant sous cette pluie infernale, j’ai pitié pour elle mais elle ne se plaint pas. Sorti de St Gervais, Gilles m’interpelle sur le bas coté et commence à m’engueuler car je n’ai toujours pas enfilé de k-way. Mais la pluie ne me dérange pas, donc je continue en t-shirt avec manchettes. Ensuite ce sera au tour de JP de m’interpeller. Il est au même niveau que moi à cet endroit, je suis peut être parti trop lentement. Il me demande qu’elle est la barrière ici, je lui réponds qu’elle se trouve à 21h30 et donc nous avons 1h d’avance sur elle (c’est rassurant) ; il m’explique alors qu’une personne lui disait que cette barrière était à 20h30 et qu’il devait donc se dépêcher pour passer avant cette limite UTMB-00001--59--copie-1.JPG

 

                                               Je reprends le fil de la course en direction de  "la Croix du Bonhomme". J’ai laissé JP derrière et  j’avance plutôt bien jusqu’à " Notre Dame de la Gorge" ; Après les choses sérieuses vont commencer. 1200m de D+ à faire en une traite. En fait la montée est facile et il s’est arrêté de pleuvoir. Je suis au 41ème km et je retire mon sac pour la première fois afin de prendre mon coupe vent (il commence à faire froid la haut). Je revois le torrent où Axelle était tombée au mois de juillet ;  Cette fois ci il est calme et mieux balisé.

                                               Après avoir franchit " la Croix du Bonhomme", c’est la descente sur "Les Chapieux" ; Grosse descente technique et exigeante. J’y ai du mal, multitude de chemins et ma frontale commence à lâcher. Je m’arrête un peu plus loin pour la remplacer. Mais ma frontale de secours a de vieilles piles et s’use rapidement. Je rejoins enfin " Les Chapieux" où est installé un stand petzl qui donne des piles de rechanges si on le souhaite. C’est trop bien ! Juste au moment voulu. C’est reparti vers le col de "la Seigne", je vois les frontales au loin mais aussi derrière. Cela me fait penser à un serpentin de lumière. J’attrape le jour au lac Combal, magnifique vue sur le "Mont Blanc" coté Italien, il ne ressemble en rien avec le coté Français. Il fait froid et à force de me moucher, je saigne du nez (c’est une habitude chez moi, je vais gérer cela tant bien que mal). Lac Combal

                                               Puis descente sur "Courmayeur" où je retrouve tous mes assistants, je suis heureux, je vais faire une bonne pause. Ici, à 9h30 du matin, ce sera un plat de pâtes, changement de chaussettes et chaussures, le plein du sac et hop j’avais oublié : un petit brossage de dent et une remontrance de Gilles (passer 40mn dans un ravitaillement : c’est pas normal).

                                               Bref, maintenant je repars frais sans aucun souci particulier. Bizarrement après Courmayeur, je reçois plein de SMS, surement les copains qui se réveillent d’une bonne nuit. La course reprend son fil sans rien d’exceptionnel jusqu’à l’entrée du" Grand col ferret". Je lève la tête et aperçois les coureurs tout en haut. Mais comment est-ce possible, par quel chemin faut-il monter ? C’est atroce, ça correspond à 750m de montée sèche, mon corps est parallèle à la montagne mais je me dis que c’est la dernière grosse difficulté de l’UTMB (c’est faux). J’arrive enfin au sommet, gros ouf de soulagement, partie Italienne finie, à présent place à la Suisse. Pendant la descente qui mène à "a Fouly", j’ai des impressions de vertige, le pas moins assuré. Je décide alors de m’arrêter dans une prairie pour y dormir. J’appelle Cédric qui n’arrête pas de me tanner au téléphone depuis le départ et lui demande de me téléphoner dans 10mn, que je puisse me reposer. 10mn s’écoulent et mon téléphone sonne ;  Y’a mieux pour une bonne nuit de sommeil, mais c’est comme ça. 1536-La Fouly-station-valais-suisse

                                               Néanmoins ça  va mieux, mes jambes ne semblent pas souffrir, frais comme un gardon je progresse jusqu’à "La Fouly" aisément. C’est ici que la course commence (oui, au 110ème km, la course commence). Gilles me l’a souvent répété : "si tu cours à La Fouly, c’est que tu peux aller jusqu’au bout ". Je vois JP qui à dut abandonner à Courmayeur (impossible pour lui de boire et de manger), il va bien, je suis rassuré. Après un ravitaillement prit expressément, je discute avec Gilles qui m’explique que je peux courir au train jusqu’à "Champeix-Lac". 

                                               -"ok, tu m’attendras là-bas.

                                               -Pas de problème Brice, je te reverrais à Champeix "

                                               Je me mets donc à courir au train. Ca se passe trop bien, génial, aucune douleur à déplorer. La nuit tombe et je reçois un appel du coach à l’entrée de "Champeix-Lac" . Je lui explique alors ma journée passée, ma sieste etc. Mais on connait tous Kiki au téléphonne : C’est un vrai moulin à parole. J’écourte alors la conversation pour me concentrer sur la course (Désolé). Ravito de Champeix ; je cherche Gilles et d’autres copains du regard, mais personne, je suis seul sans assistance. Je souhaitais délester un peu mon sac mais tant pis. Je téléphone à JP et à Gilles mais pas de chance de ce coté : leurs portables ne fonctionnent pas en Suisse. Vexé, je repars.

 

                                               Cette 2ème nuit est très dure, mais j’avance plutôt bien. Il me reste 3 belles bosses à passer avant l’arrivée. Je les ai reconnues en juillet, c’est donc en terrain connu que je m’aventure. Mais de nuit et avec 120kms dans les jambes, ça n’a plus grand-chose à voir. 

                           

                                               J’attaque alors la montée de "Bovine", la terrible, la démentielle, celle que tout les concurrents redoutent. Je m’enflamme un peu pendant cette ascension, je rattrape, je double, je dépasse, mais manque de lucidité peut être, je suis dans le rouge. S’ensuit alors une longue difficulté, je me refais doubler, le moral en prend un gros coup, de plus un vent glacial s’est levé. Je dois donc m’arrêter pour m’habiller de coupe vent, bonnet et gants. Je n’arrive pas à voir la fin de cette montée pleine de boue et de pierres. Chaque pas doit être calculé sur ce sentier glissant. Et là, c’est le drame ; il se produit l’accident, mes genoux se frappent l’un contre l’autre et je ressens immédiatement une douleur dans le gauche. Je connais cette blessure, elle atteindra son apogée dans 10mn, ensuite j’aurai beaucoup de mal à courir. Je prends donc mes jambes à mon cou pour descendre le plus vite possible. Et comme prévu, au bout d’une dizaine de minute, j’ai terriblement mal. Je ne pourrai plus courir durant les 22 derniers kms et je souffrirai le martyr sur les futures descentes. Vient alors une longue section pour rattraper le "col de la Forclaz" ; Je ne me souvenais pas qu’elle était aussi longue, les kms ne défilent plus ; Ce chemin est affreusement long dans cette nuit. Cela fait 35h00 que je suis parti (tiens ma semaine est faite) et à présent, l’épuisement se fait réellement ressentir. Je passe enfin le col de la "Forclaz", ce qui me redonne plaisir. Arrivé à Trient, j’espère bien rencontrer les copains mais c’est encore une désillusion. ds DSC04626

 

Efin la Fran

Enfin la France. Plongée sur « Vallorcine » pour un bon ravito. Mon genou souffre. Pas grave, serre les dents, tu peux le faire.

 

                                               Vient alors une nouvelle sensation, alors que la nuit fait place à l'aube sur cette douce montée menant au col des Montets. C’est un chien que voie là-bas à 50m ? Je m’approche : " il est con ce chien, il bouge pas". Bizarre. J’arrive à son niveau et stupéfaction : ce n’est pas un chien mais une grosse pierre qui n’a rien avoir avec un chien. Et oui, je pensais y échapper mais je n’ai pas pu. Hallucination, la sensation de peur m’envahit. Mais qu’est que je fous là. Je me pose 2mn pour réfléchir, j’absorbe un gel au café pour me rebooster. Et le pire, c’est que ça marche. Le jour est maintenant bien présent à ce dernier col.

                                               Direction "Tête aux vents", je sens Chamonix se rapprocher petit à petit. Durant cette montée, pas de douleur au genou mais ensuite, place à la souffrance. J’essaie de trottiner jusqu’à la "Flégère", mais le chemin en balcon est semé de pierres et je ne peux que marcher vite. Tout le monde me passe devant et je suis contraint à ne pouvoir prendre d’avantage de vitesse. Encore une fois, j’ai l’impression de faire du surplace. Entre "la tête aux vents"et la "Flégère", ce ne sont que 3kms, mais je mettrai 1heure pour en voir le bout !

                                               Ici, à "La Flégère", je ne peux qu’être finisher. J’entame un dernier schuss en plein sur Chamonix. Mais toujours obligé de marcher. Le genou me fait atrocement mal et en plus, plusieurs concurrents me doublent (en courant eux, je les envie) mais qu’à cela ne tienne. Les randonneurs du dimanche matin sont là, ils montent tranquillement et m’encouragent : " Bravo ; vas-y ; t’y es presque ; bientôt la fin ; plus que 4kms ; c’est génial ; un dernier effort…." ds P8140001

                                               Là, enfin, je sors d’un virage et les rues de Chamonix s’offrent à moi. Et c’est JP qui m’accueille en héros : " Brice, t’as l’air encore frais, t’es même pas marqué par 2 nuits blanches". Maintenant profite de ces derniers instants de course, savoure la foule qui t’acclame . Il m’est alors interdit de marcher, je dois faire l’homme, trottiner jusqu’à l’arrivée malgré cette douleur qui s’efface grâce au public. Instant magique, je me fais cramponner à la terrasse d’un café, c’est le couple de restaurateur de "Cousin Albert", ils sont heureux de me voir, et moi aussi. Plus que 500m avant l’Arche, je ralentis, je veux savourer ces derniers pas, les rues sont pleines de spectateurs en liesse. L’Arche d’arrivée, elle est juste devant moi à 50m, je ne peux que l’admirer et ralentir encore et encore. Sur ma droite parmi la foule, un dernier big-up de Cédric. Gilles et Catherine la femme de Gérard m’attendent sous l’Arche. Putain c’est bon ça. Je passe dessous, je suis finisher de mon premier ultra en 42h30mn !!!

                                               Je ne réalise pas tout de suite ce que je viens de faire, tout se bouscule dans ma tête, je suis secoué de gauche à droite. Même le coach me téléphone en direct depuis l’entrainement à Poitiers avec tout le groupe EPA86. Bref, c’est l’enchainement, récupération de la polaire " Finisher UTMB", photos souvenirs, douche, 2 bières dans le cornet et sieste bien méritée.

                                               Lendemain matin,

                               Effets négatifs : mal au genou, cuisses raides, pieds enflés, perte d’un buff.

                               Effets positifs : aucune ampoule et je porte super bien la veste.

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Félicitations à Alain, Xavier, Gégé, Fred et Clément. Je pense aussi aux déçus, François et JP. Gilles : je ne sais pas où te mettre.

                                               J’ai vraiment été très ému de tous les messages de soutien. C’est une aventure à vivre et à revivre.

                                               Merci Kiki pour la qualité des entrainements toujours effectués dans la joie et la bonne humeur. Et aussi merci François pour les sorties vélo, un peu rock’n’roll au début mais ensuite très agréables.

ds CHAM0001 (121)

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 22:59

Sandrine-1.jpgUn bon compte rendu, comme il se doit lors d’un premier baptême d’Ultra :
4 h 30, départ à pied du gite pour 10 mn de marche détente avant le centre-ville de Corte. Bisous et encouragements de la part de Manu et je m’installe dans le Cours Paoli au milieu de l’effervescence des coureurs, on enregistre la puce et on se place sur la ligne de départ. Après quelques briefings, le départ est donné à 5 h 06 sous les fumigènes et la musique corse. Un rapide tour en ville, montée derrière la Citadelle… je cherche Manu pour la photo et c’est finalement Cléo que j’aperçois (
Sandrine-2.jpglevé en cachette pour aller installer la grande banderole « ALLEZ SANDRINE ») au pied de la première ascension !
Coup de chaud au cœur puis, le cœur passe à l’ouvrage, j’attaque les quelques 1400 m de D+ de rocailles qui nous mènent en haut du 1er col, prudemment, sans se mettre dans le rouge (oui, Alain et Manu, je suis vos consignes à la lettre ! je pense à Jacky et Didier… !) et j’arrive au ravito de Padule. L’ambiance y est bonne, c’est un pompier corse qui nous accueille, ravito à la bonne franquette !!! Cà rigole, mais bon, il faut repartir déjà car la montée n’est pas finie, il faut aller jusqu’à Bocca Canaglia à 1800 m.
Sandrine-3.jpgJe compte sur la descente pour pouvoir courir un peu, pas de bol, c’est trop technique, il faudra vider les chaussures….surtout que je pars avec déjà deux ampoules sous Compeed, histoire de pimenter le challenge !!! Enfin, un chemin blanc sur lequel je peux courir tranquille et savourer le paysage magnifique et on plonge sur le ravito de Sega. Belle descente durant laquelle les 1ers coureurs du 33 kms nous dépassent ! Les malades !!!!!!!
Ravito de Sega : je prends une pause logistique de 10 bonnes minutes pour gérer (après coup, je me dirai qu’elle fut beaucoup trop longue !) et je repars seule, d’ailleurs je ne verrais personne pendant plus de 10 kms à l’exception de quelques vaches et brebis ! Je m’assomme avec une branche pourtant je ne suis pas grande, mais bon à force de regarder les pieds…. Un peu étourdie, cela me rappelle à la vigilance !!Sandrine-5.jpgSandrine-6.jpg

Arrivée sur le Lac Ninu, un plateau où le paysage est magnifique, on dirait que le temps s’est arrêté sur cet écrin de verdure où paissent chevaux sauvages et …..randonneurs. Le ciel se reflète sur le lac, c’est juste trop beau !! Je peux trottiner enfin, mais en faisant le tour du lac, je me trouve bien seule… pas de coureurs en vue… et si j’étais la dernière ??? Je me questionne…. Au ravito, on me rassure, non il y a encore du monde derrière mais déjà 9 abandons ! Un type me dit « j’arrête là, de toutes façons, c’est même pas sûr de pouvoir passer la barrière à Grotelle ! » Le doute s’installe, je n’ai plus de plaisir à courir…. Finies les photos, il faut taper dedans, j’ai peut être trop géré !
Sandrine-7.jpgLa course contre la montre est lancée ! Dans ma tête, les calculs vont bon train, les kms à faire, les allures…ça va le faire, ça va pas le faire….Seulement, le gros paramètre, c’est le point culminant de Bocca Alle Porte à 2200 m ! Bienvenue en enfer !! les cailloux puis les rochers, parfois des parois où, avec mes petites jambes, je dois me hisser à la force des bras faute de trouver des appuis pour mes pieds… Les nuages s’installent, il fait froid et il pleut !!!! Chouette, on ne pouvait rêver mieux pour le mental !
Le point positif, c’est que je ne suis plus toute seule, j’ai rattrapé des coureurs. Je double 5 ou 6 personnes (dont 3 filles) dans cette méga ascension. En haut, la vue est imprenable sur les Lacs de Melu et Capitellu, juste
2 petites photos quand même et hop, il ne faut pas trainer car la descente c’est l’enfer de l’autre côté, des rochers, des sillons à flancs de montagne, des névés, des passages avec main courante en chaine métallique où les bâtons sont chi…. Même si je ne traine pas, la descente est lente jusqu’aux lacs, on passe par des échelles….
 Sur le parcours, je double un couple et je demande au type s’il pense que ce sera bon pour la barrière, il me répond « non, c’est mort ! ». Non, dans mon esprit, c’est juste pas possible !!!Sandrine 8
 Il reste quelques kms et à peine 1 heure devant moi, je me lance comme une tarée dans la descente moins raide mais aussi technique, il faut que ça passe ou ça casse, de cailloux en cailloux, je cours en prenant tous les risques, je me referais une santé plus tard, mais pas question d’achever mon périple ici, pas après tout ce que je viens de me taper !!
Inquiet, au ravito de la barrière, Manu sera monté à ma rencontre à un bon km en amont, il m’encourage et m’accompagne dans cette put…. de descente ! je vois la cabane, j’ai un nœud dans la gorge et les larmes qui montent, ça y est j’y suis… ils ont là les gamins avec la banderole « ALLEZ SANDRINE », du coup, tout le monde m’acclame… il est 16 h 45 et je passe avec 15 min d’avance le temps limite ! J’ai fait 44 kms.
Sandrine-10.jpgSandrine-11.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A cet instant, je sais que je serai à l’arrivée à Corte, il ne peut plus rien arriver de grave !!
Un quart d’heure plus tard (j’ai bien pris mon temps pour récupérer), je repars par un bout de route en bitume (aie ! aie !) avant de rattaquer les gorges, il reste 24 kms, ça fait 12 h 15 que je suis partie et j’ai la banane (sans peau Mr Mymoon) !! Heureusement que le moral est bon car la Restonica n’est pas une course de touristes et le parcours va être encore très exigeant !
Au km 50, il faut attaquer la dernière grosse difficulté dans les gorges, l’ascension jusqu’à la plaine d’Alzu : 3 kms pour presque 700 mD+, le choix entre un parcours rubalisé droit dans la pente ou la montée d’un GR qui serpente ! Je choisis cette dernière avec quelques gars, c’est plus long mais moins raide et j’ai laissé beaucoup de jus pour le passage de la barrière !
Redoutable cette montée et en haut à nouveau les nuages et un vent froid (je sors les gants), il reste à Alzu encore 14 kms de descente peu raide mais technique et il est déjà tard !
Je finirai cette descente avec un monsieur qui voudra bien « covoiturer », il fait nuit, on sort les frontales, c’est long et sans répit pour les genoux…Mon compagnon de route en a ras le bol, il se plaint tout le temps, trébuche souvent, râle après les rubalises qu’il faut chercher, et…….plus il se plaint et plus je me sens forte et courageuse (moi la fille !). Le pauvre mec, il voulait voir la finale du foot, dommage pour lui, c’est déjà la 2ème mi-temps ! Deux autres gars nous rejoignent et on commence à apercevoir les lumières de Corte, çà sent la délivrance…
A quelques encablures de l’arrivée, un type avec sa frontale nous encourage : « Allez, mademoiselle, c’est bon tu y es, allez on y va… » ! C’est Sam qui est venu me chercher pour finir, il me redonne la pêche, me libère de mon boulet qui râle, et ensemble nous parcourons le tour de la Citadelle, les escaliers dans la ville pour déboucher enfin sur le Cours Paoli vers l’arche finale !!!!Sandrine-12.jpg
Tout le long du Cours, en terrasse, il y a des dizaines de personnes, des écrans pour le foot….Sandrine 13

 

 

 

 

 

 

 

 

A mon passage, je suis acclamée et félicitée, c’est un moment fort et c’est la ligne d’arrivée, Manu est là ! je vais bien ! Je suis finisher de cette sacrée Restonica en 18 h 17’06 !! Et les Allemands en profitent pour mettre un but ! On est tous champions du monde !!!
165 arrivants, 37 abandons (ou hors barrière), je suis 19ème féminine et 8ème V1.
Merci à tous ceux qui ont été plus que présents pour moi, Manu et les enfants,
Merci aussi à Sam qui a fait un suivi de ma course, contactant même les PC lorsqu’il trouvait plus la trace de mon dossard et qui est resté jusque tard pour m’attendre et venir me chercher sur la fin !
Merci à tous mes amis qui m’ont soutenue par messages, sms !
Merci à Kiki pour la préparation physique, et à Alain pour le conseil logistique et mental, merci à vous les gars !

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 21:03

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PAR CEDRIC DUPUICH   : 202ème en 36h53'38"

Après le compte rendu de Gilles et Vincent je vais à mon tour essayer de raconter mon marathon des sables
Non par orgueil mais dans le but d'essayer de faire partager.
C'est une aventure puissante qui vous fait serrer les dents, qui je pense les fera encore briller des années après.
Une aventure qui nous fait vibrer !
Je prends tellement de plaisir à lire ceux des copains que je me dois d'essayer de faire partager cette expérience qui vous a tous fait rêver à travers les photos et reportages


Au-delà de la performance sportive? vivre le marathon des sables est une aventure extraordinaire.
Une nouvelle façon de vivre le sport quelque soit la raison de notre présence, Certains partent pour une quête, un refuge contre la tempête, à la recherche d'une sérénité, s'extraire du monde réel, le dépassement de soi, une parenthèse dans notre vie.

Le désert peut-il nous offrir nos rêves...

Pendant une semaine finit la crème antirides!
Seulement l'essentiel : Ressentir la nature, vibrer avec les émotions et en remplir mon sac.

1012911_10152333172996737_1810503664_n.jpg Le sac !!
Mon ami mon Ennemi.
Je l'ai tantôt aimé, tantôt haï
Fait et refait tous les soirs, appris et compris son contenu
Ne rien oublier, juste l'essentiel, pas de superflu, le poids ? une clé de réussite
Finalement 8,5 kg sans eau
J'arrive prêt physiquement et moralement10154771_10202857884839508_940841673_n-copie-1.jpg
aucune appréhension l'entraînement est là
Mais je sais rester humble devant cette épreuve
l'envie est présente aussi,
je me sens l'âme d'un guerrier
Un lion dans le désert
Il nous revient à tous de tracer notre route
J'ai choisi d'être là.
L'avantage d'une course à étapes, c'est que le bonheur est renouvelé chaque jour, chaque jour un départ et une arrivée, son lot d'émotions

L'équipe Io sogno (je rêve) est magnifique
Une ode à la convivialité
avant tout un partage nous sommes tous là pour ça
Se battre pour l'équipe

Premier contact avec le bivouac après une nuit mouvementée
Six heures de bus entre la recherche d'un sommeil récupérateur et la contemplation des paysages
Les tentes berbères posées en cercle numérotées selon les nationalités
Nous serons dans la tente 18 : 7 hommes une femme.
un choix qui sera judicieux, primordial, la réussite d'une belle aventureMDS-Vincent-6-copie-2.jpg
Un concentré de valeur humaines
Le bonheur se trouve ds la tente 18 : tous novices et 100% finisher

Samedi, contrôle des sacs
photo officielle, prendre le temps pour soi, privilégier le repos c'est déjà bon d'être ici

Dimanche Six heures début de l'autonomie
La nuit fut froide, le sommeil perturbé
Dormir sur un tapis, abandonné toute idée de confort
Le confort ? pendant cette semaine il est absent il est de l'autre côté des tentes chez les commissaires
Le marathon des sables est soi-disant la course la plus dure
Ça commence dès la première nuit
Avec la gestion du sommeil, des douleurs, de la nourriture de la chaleur
Et l'eau : indispensable.


Première étape
Le départ...une ambiance de folie on a tous hâte de commencer cette aventure
Je trépigne d'impatience
Enfin la musique nous libère et nous fait vibrer
Devant nous les dunes de Merzouga les plus hautes dunes de sables du Maroc
A quelques enjambées
MDS00001 (226)Elles sont époustouflantes et cruelles en même temps
Comme à mon habitude mes départs sont prudents, je profite du paysage
2 km plus loin, l'entrée des dunes, magnifiques
J'essaye de comprendre ce relief, savoir où poser le pied
J'apprends des anciens je scrute les plus téméraires
Les hélicoptères nous survolent, tantôt à basse altitude, en crabe
C'est juste hallucinant.

La première étape est de 34 km, je vais mettre 5h38 pour la rallier avec des dunes pleins les yeux
Traversé de plateau caillouteux et sablonneux
Et une belle arrivée en compagnie de Vincent main dans la main
Puis arrive le rituel le même à chaque arrivée
Un thé, trop sucré à mon goût
L'attente pour récupérer nos trois bouteilles si précieuses
Se décharger du poids du sac ,s'hydrater
J'ai les muscles meurtris, les épaule froissées
Se mettre à l'aise est une priorité, d'abord la chaussure gauche toujours la gauche :-))
Puis arrive l'inspection des pieds
Je me surprends même à leur parler ,les remercier

Deuxième étape
1461601_10202254291531953_8361270653775887603_n.jpg 
41 km avec des dunes ,des oueds, des cailloux ,terre sablonneuse
Je suis dans le contrôle, je prends la décision de faire une
belle étape
Entre une gestion des douleurs aux épaules et le frottement des pieds
Au bout de 25 km la chaleur m'accable, me déstabilise
Je garde le bonheur et la satisfaction de terminer l'étape avec l'équipe au complet
En 5h47 nous arrivons 187,188,189
Puis le même rituel en prime un massage de l'a
10177303_10202254252050966_2208391003757823936_n.jpgmi Vincent entre toilette et dégustation du taboulé
L'ambiance au bivouac allège le poids des douleurs, le corps relâché, l'esprit apaisé
Et ce jour qui décline le froid qui s'installe, une intimité retrouvée dans le duvet à la recherche de ce sommeil récupérateur

Troisième étape
37,5 km
Détresse d'un corps en souffrance
C'est une journée sans!
Sentant très vite qu'elle sera difficile je ne suis pas dans le coup
Gilles et Vincent sont en mode attaque
Alors je m'accroche,
je m'offre des momen
1908268_10152384395106737_4591105526226339171_n.jpgts de réflexion comme un leitmotiv
Plus j'avance plus je m'enthousiasme
Le temps s'écoule, le sac me meurtrit les épaules
J'ai beau me dire "mais non il n'est pas lourd, plus léger qu'hier"
Ça ne marche pas

 Les pieds sont douloureux
Franchir ces dunes, ces pierres qui jonchent le désert, le sol craquelé sous une chaleur accablante
J'arrive desséché les traits tirés en six heures 03
Vincent immortalise le moment, je m'allonge à bout de force.
Demain la grande étape, pour le moment se refaire une santé
Les mouches commencent à nous tourner autour, une toilette s'impose !

Quatrième étape
La grande, celle qui fait peur
Pour certains l'aventure pourra durer 34 heures

1622189_10152384407221737_161020664937045730_n.jpg L'équipe Io sogno , aux avant-postes, heureuse
le visage radieux impatient de prendre le départ
Cette journée va déterminer le classement de chacun
Nous, coureurs d'ultra, sommes sereins
Une petite danse sur happy de Pharrell Williams nous propulse, nous dérouille les jambes
Jusqu'à en oublier la douleur des ampoules quelques instants
Nous voilà sur un terrain sablonneux
Puis cette ascension du djebel EL OFTAL avec une pente à 30 %
nous offre un panorama de toute beauté
La descente technique, le pied est sûr, l'assurance est là
Nous dévalons avec Vincent a grandes foulées le Pierrier en coureur montagnard

 Notre terrain de jeu !!
10174811_10152384407076737_8473390188278141999_n.jpg Je suis comme le lion courageux avec une souplesse retrouvée
 Puis arrivent les dunes
Les longues lignes droites déstabilisantes, ennuyeuses
Le vent est chaud, aucune ombre pour s'abriter
Je passe de CP en CP
Je croise aux CP Gilles et Vincent, tout va bien pour eux
Je découpe ma course
Mille paysages, le regard curieux des enfants qu'on croise au milieu de nulle part
La traversée du lac desséché est terrible, la chaleur écrasante, oppressive
Et cette eau qu'il faut gérer, lutter contre le sommeil
Enfin les lumières du bivouac, je retrouve du tonus
Je me secoue pour finir sous les 14 heures

Cinquième étape
MDS Vincent 5Journée de repos pour nous, alors on flâne, notre activité est au minimum
Certains sont encore en course
Plus qu'un marathon et c'est déjà fini
En attendant, se poser. Le plus dur est derrière et le bonheur de continuer cette aventure est devant nous
Passage obligé vers les docs pour le confort de mes pieds.
Tout le bivouac accueille les derniers, une vraie reconnaissance de ce qu'ils viennent d accomplir
Puis arrive la lecture des mails, seul contact avec la famille, les connaissances de près ou de loin les copains de club ...quel bonheur, quelles émotions dans la lecture de vos messages ,merci .

 

Sixième étape
Mes pas me guident sur cette dernière étape
J'en oublie les douleurs aux épaules, les douleurs aux pieds
Il fait moins chaud
Je passe au-dessus des difficultés, au-delà des obstacles
Aller plus loin, plus vite
Je retrouve une foulée sur ce terrain plat
Bientôt 42 km au bout desquels je parviens ce jour le corps fatigué ,les pieds abîmés
10277673_10152384395231737_1673449764784927125_n.jpg
 Cependant heureux de l'effort accompli
 Puis l'arche...personne derrière moi, je peux savourer ce moment
Je profite, je ralentis mon allure
Je suis heureux, la médaille autour du cou, l'accolade de Patrick Bauer
Puis l'arrivée des copains de la tente 18
On refait la course, le visage rougi par le soleil omniprésent
Nous sommes finisher et heureux, les yeux remplis de bonheur et de fierté

Septième étape
Ce matin ,7,7 km à travers les dunettes
Plus de chronos, la marche s'impose en compagnie de Vincent
Direction les bus pour Ourzazatte
Le bonheur de retrouver de nouveau certaines saveurs, se laver à grandes eaux
Déguster des cornes de gazelles et un bon tajine fera partie de notre distraction
Visite des souk en vrai touriste , agréable odeur des épices ..se faire avoir en achetant des poteries ..un vrai touriste
Et le must ,un hamman ,gommage et agréable massage , après 250 km ds le désert mon corps est apaisé .

Cedric Dupuich Equipe io sognoMDS00001 (170)
Mds 2014 tente 18

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 20:48

MDS-Gilles-3.jpgPAR GILLE CHIRON : ( Tente 18 ) :  162ème en 35h32'36"
Quelle expérience ! Bien plus qu'une course c'est avant tout une expérience humaine. Bien sûr il y a les champions, les têtes de liste comme dans tout sport, ils sont là pour nous montrer la voie, ouvrir le chemin et nous permettre le temps d'une semaine de les côtoyer, les photographier et de faire un peu partie de leur famille sportive !
Mais l'ambiance, la convivialité de la tente berbère qui nous est attribuée restera un grand moment autant par la bonne humeur qui s'installe dès le départ, que la solidarité, les mots sympas, les larmes, parfois la douleur, les échanges multiples de nourriture, médicaments, et accessoires pour améliorer l'ordinaire. Merci !
L'épreuve par elle-même, (240 km sur 7 jours), malgré les conditions climatiques, la nature du terrain et les douleurs physiques de chacun, n'est pas une course extrêmement dure pour quelqu'un qui s'entraîne régulièrement. Grâce aux docs-trotteurs quoi soignent nos bobos chaque jour, les concurrents peuvent repartir le lendemain, certes dans la douleur, mais repartir est l'essentiel pour l'ensemble de la caravane. Nous sommes certes des compétiteurs, mais nous souhaitons avant tout être Finishers de cette 29e édition.
Vincent, Cédric et moi-même, arrivons à Paris 3 heures avant le décollage avec la participation d'un chauffeur de luxe, William, qui a gentiment fait l’aller-retour. Merci ! Aussitôt franchis l’aéroport, nous sommes dans la course : des centaines de coureurs harnachés de leur sac-à-dos (tout comme nous) sont la pour vivre une expérience, qui avec du recul, est extraordinaire !!!
Atterrissage dans la ville de Ouarzazate. Le dépaysement est total et la chaleur un peu plus élevée qu'à Paris. Les six heures de bus nous permettent de nous reposer par intermittence et de regarder les magnifiques paysages qui nous entourent.
L'arrivée au campement est bien rodée. On nous indique qu'il reste trois places dans la tente 18 composée déjà de Pierre-MDS-Vincent-6-copie-1.jpgAndré, Laurent, Éric, Fabrice, et Christelle. Le hasard fait souvent bien les choses !!!
Puis tout s’enchaîne : dîner par l’organisation, première nuit assez fraîche au bivouac, contrôles, préparation des sacs, briefing, repas, échanges amicaux et repos avant l'échéance de la première étape le lendemain.
Étape 1 : 34 km
Après les photos pour la presse, le briefing de départ, la musique immuable d’AC/DC, les lions et lionnes sont lancés pour une étape magnifique de plaines rocailleuses, de dunes rouges, de passages dans des gorges désertiques, et de nouveau dans les dunes magiques mais interminables, avant une arrivée grandiose !
Les arrivées sont toujours identiques, petit thé par le sponsor officiel du marathon des sables et remise de trois bouteilles 1,5 litres d’eau. S’en suit un petit lavage avec un minimum d’eau et un buff en guise de gant de toilette. Préparation du fameux taboulé qui vous refait un homme ! Il est environ 14h30 heure locale, la récupération est amorcée ! Cette première étape était pour moi très agréable, avec des montées et des descentes dans les dunes (elle sera la moins roulante des 6 autres ) ! Pas de bobos pour le moment (juste les trapèzes qui sont douloureux par le poids du sac). Nous passons notre soirée à refaire la course dans la tente 18, et la préparation des repas qui se révèleront excellents pour des produit lyophilisés.
La nuit sera excellente avec un coucher à 20h30.
Étape 2 : 41 km
Réveillés aux alentours de 5h30, préparation du petit-déjeuner, du sac il faut se dépêcher, les hommes bleus vont démonter rapidement les tentes nous laissant ainsi au soleil sur notre tapis. L'attente avant le départ (8h30) est toujours longue, mais nous nous rendrons compte par la suite qu'elle est nécessaire quand les pieds ont besoin de préparation !
Le départ est donné : une ligne droite de 12 km sur un terrain sablonneux avec cailloux avant le CP1. Vincent et moi faisons ce matin route commune. Cédric est parti à une allure plus soutenue. La chaleur monte, le terrain est exigeant, il est de temps en temps difficile de garder le rythme. J'adapte mon allure en fonction de la température de mon corps et du ressenti de mon cœur ! Au dernier CP nous retrouvons Cédric. Nous finirons tranquillement en alternant marche et course selon le terrain, pour une arrivée mémorable de l'équipe !
L'après course se passe exactement comme l'arrivée de l'étape1.
Pas de blessures apparentes, mais je sens bien que les pieds chauffent inexorablement !
Les trapèzes ne me font plus mal, l'habitude s'installe et le poids du sac descend.
Étape 3 : 37,7 km
MDS00001 (170)Cédric ce matin est parti un peu en retrait, Vincent et moi faisons comme hier course commune ce qui est très agréable. Chaque contrôle (12km) nous donne l'impression de vivre une arrivée et nous prenons plaisir à nous congratuler. Nous continuons ainsi jusqu'à la fin de l’aventure.
Au départ du CP 3 je sens que je suis en surchauffe, la température est brûlante il me faut descendre mon allure. Je demande à Vincent de continuer sa route ; nous avons beau être une équipe, le temps de chacun est déterminant pour le groupe.
Je me mets alors en mode rando rapide, je sors les bâtons et je finis ainsi alternant marche et course.
Vincent est arrivé une vingtaine de minutes avant moi et Cédric ne tarde pas à arriver derrière moi. L’après-midi et la soirée se passent comme pour les deux autres étapes !
Étape 4 : 81,4 km
Après le départ habituel Vincent et moi partons sur les mêmes bases tandis que Cedric est légèrement en retrait. Entre le contrôle 3 et 4 la chaleur et insoutenable et l'eau va nous faire défaut, nous avons sûrement échappé du justesse à la déshydratation !
Au CP 4 je propose à Vincent de faire un arrêt pour manger correctement et permettre ainsi à la chaleur de descendre dans nos corps et dans le ciel. Il est 15h45, 30 minutes après notre arrivée Cedric arrive à son tour. Il n'a pas envie de s'arrêter manger et préfère continuer son chemin, nous le laissons repartir. Une quinzaine de minutes après nous reprenons notre course, la température commence à baisser nous gardons un rythme soutenu et rattrapons Cédric. Deux kilomètres avant le CP 5 je sens une ampoule exploser sur mon pied droit. Il faut que je m'arrête voir les docs-trotteurs afin de la traiter avant de repartir sinon je risque de finir difficilement.MDS Vincent 3
15 minutes après notre arrivée au CP, l'ampoule est soignée me permettant ainsi de finir la course. Il est certain que c'est un peu handicapant, mais je n'ai pas le choix et nous sommes pas mal au niveau temps. Cédric arrive pour se faire soigner à son tour. Les 22 derniers kilomètres seront plus difficiles, nous alternons la marche et la course sur un terrain meuble assez difficile !
Fin de l'épreuve aux alentours de 22h30, nous sommes contents de notre résultat et à ce moment-là nous pensons être mieux classés ... Ca va vite devant !!!
Cédric ne tarde pas à arriver et nous entamons notre nuit qui va égrener au fil des heures l'arrivée des concurrents de notre tente.
Le lendemain, journée de repos qui nous permet de faire un brin de toilette, de la lessive, de faire soigner nos pieds et de regarder tout au long de la journée les arrivées de la grande étape.
Les derniers arrivent aux alentours de 16h30 avec une haie d'honneur et des tonnerres d'applaudissements, chapeau !!!
La distribution d'une canette de Coca-Cola va agrémenter fortement notre journée !
J'attends 2 heures pour faire soigner mes ampoules, malgré les 57 docs en place.
Un grand merci à eux !
Étape 5 : 42 km
MDS-Gilles-2.jpgMDS-Gilles-1.jpgVincent et moi faisons partie des 200 premiers qui partent en décalé de 1h30 sur les autres partis à 7h. Nous rattrapons des concurrents à partir du 8ème km et ce tout au long du marathon. Je trouve que nous avons un bon rythme. Après le CP 1 Vincent, que je sens très à l’aise, termine en trombe sur les 30 derniers km à un rythme beaucoup plus soutenu que le mien. Pour ma part, je maintiens mon allure, faisant extrêmement attention à ma pose de pied un peu douillette. je sens bien que de nouvelles ampoules se forment sur celles déjà traitées par les docs.
A 2 km de la ligne d'arrivée les émotions sortent, c'est bon !!!
Une fois la ligne franchie impossible de se lâcher. Trop de monde sous l'arche pour recevoir avec protocole (chiant) la médaille et la photo avec le directeur de course !
L'aventure est terminée et la douleur de mes pieds est insupportable : un mélange de brûlure et de démangeaison. La fin de soirée est longue, entre la remise des prix d’1h et le magnifique concert de l'orchestre de Paris (que j'écoute de ma tente les pied au frais et libres !).
Étape 6 : 7,7 km solidaires
Petite ballade pour récupérer nos bus et permettre des départs différés en fonction des arrivants.
3h30 de bus à dormir et manger les sacs lunch de l'organisation.
Installation à l' hôtel et .... Première douche depuis 7 jours c'est trop bon !
Repos sur un vrai lit avant un petit tour de reconnaissance en ville pour boire une bière de récupération bien méritée !
Repas (nul) à l'hôtel et gros dodo sur un vrai matelas.
Étape 7 : visite
Après un petit-déjeuner classique, nous partons visiter la ville et faire quelques courses. Puis déjeuner dans restaurant typique et passage à l'hôtel de l'organisation pour récupérer nos maillots de finishers. L’après-midi repos, barbier, hammam et massage !
Petit couscous et début de soirée dans la boîte de nuit qui sert à l’organisation. Mais rapidement la soirée devient longue et centrée sur des groupes déjà formés qui ont partagé des choses ensemble (personne à par nous trois de la tente 18).
Retour à l'hôtel pour une nuit courte départ à 6h.
Étape 8
Bus, attente, avion, bus et TGV retour en famille à 17h45 (super).

20100407-PERMDS2010 MG 1074m
Conclusion : le marathon des sables est avant tout une aventure humaine en plein désert, où le temps semble s'arrêter pendant 8 jours. Une semaine concentré sur soi-même à se protéger du sort que l'on s'inflige à vouloir finir absolument ce marathon un peu spécial, à essayer de partager pendant cette semaine un bout de rien ... avec des gens parfois inconnus ! Perdre sa pudeur et retrouver la tolérance ! Essayer de comprendre que l'eau nous est essentielle à notre survie !
Le résultat final n’a que peu d'importance au regard du morceau d'histoire qui vient de se marquer à jamais dans notre mémoire. Et c'est pour moi l’essence-même de cette aventure.
Comme tous les chanceux participants, je raconterai aux suivants mon histoire avec l'œil humide !
Pour moi, la page est tournée et c’est très bien ainsi ... Les plus belles histoires ont une fin !!!
Maintenant j'espère, (In Shaa Allah) un jour pouvoir redonner aux futurs marathoniens des sables, le dévouement que les bénévoles m’ont apporté avec professionnalisme, gentillesse et sourire !
Remerciements :
Ma femme Sophie pour me laisser vivre mes rêves !
Mes enfants Amandine, Justin, Victoire et Jules de supporter un fils unique !
Vincent et Cédric, grâce à vous j'ai écrit une partie de mon histoire.
Vous faites partie des personnes à qui il n'y a pas besoin de parler pour se comprendre ! Merci.
Mes amis : un grand merci pour les messages, les gentils mots ou attentions qui m’ont accompagné pendant la préparation et pendant la course. Parfois juste un sourire, une affection tactile, qui me permet d'être vivant !!!
Les autres : chaque jour vous me donner la force de vivre et me prouver que je ne suis pas mauvais, j'apprends juste à devenir meilleur !
As-salâm 'aleïkoum
GillesMDS-Vincent-5.jpg

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 21:55

MDS-Vincent-2.jpgPAR VINCENT HULIN : 154ème en 35h08'01"

Ca y est le marathon des sables, (MDS pour les intimes ) arrive à grands pas...le stress monte, ce n'est pas la prépa (elle a été bonne, pas de pépin physique ) le mental (il est toujours là et surtout sur ce genre d'épreuves), non c'est le sac à dos. Pascal Duchesne et Christian Baigue, ainsi que tous les comptes rendus sur le net le disent : il faut un sac le plus léger possible pour pouvoir courir ! la veille du départ il fait encore 10 kilos ...le chiffre semble hallucinant par rapport aux 7 et 8 kilos annoncés ici ou là...je ne comprends pas.
j'ai une "veste-sac de couchage" hyper performante, pas de fringues de rechange, pas de réchaud...le matos obligatoire, la bouffe lyophilisée que j'ai reconditionné, (en gagnant mine de rien 100 gr par jour) et oui d'accord quelques saucissons et 400 g de noix de cajou, mais bon rien de scandaleux non plus....ce poids est mon seul moment de doute.

Je mettrai finalement 3 jours à alléger considérablement ce sac pour enfin pouvoir commencer à courir et avoir moins mal aux épaules.

A l'aéroport d'Orly, la pression monte d'un cran : les coureurs arborent quasiment tous le sac jaune et noir MDS (franchement idéal et bien fait pour cette épreuve). Chacun se jauge, comme les coureurs du 100 m dans la chambre d'appel. "Lui il m' a l'air sacrément affûté", "celui là, je suis sûr que je vais le bouffer il n' a pas l'œil du tigre"...avec nos 3 tenues identiques "io sogno / handicap 2000" on a la classe avec les potes !

Une fois arrivés à Ouarzazate, quelques heures de car plus loin, nous voilà lâchés dans le désert au milieu du bivouac à chercher de la place pour 3, et là autant dire c'est la roulette russe. Punaise, quel bonheur d'avoir tirer le multi-ticket gagnant : 3 Cht'is, un marseillais vivant au Moyen Orient, et une française expatriée depuis quelques années à New York.

Vous rigolez mais quand il faut partager votre intimité et votre confort précaire avec des inconnus pas évident. Que je fasse ma toilette intime avec une lingette, pendant que Cédric à mes côtés est en train de manger son taboulé, est une chose, que Gilles explose ses ampoules pleines de sang, alors que je déguste mon müesli, c'en est une autre. Mais partager les ronflements et autres bruits nocturnes entre Lille, Marseille et NMDS00001 (226)ew York c'est quand même autre chose.

C'est drôle quand on s'élance ce dimanche matin, vers les dunes gigantesques, à aucun moment avec Gilles et Cédric nous avons évoqué la "stratégie"' de chacun. Pas d'ambition de classement déclarée, et surtout pas "on court ensemble", "on s'attend" ou encore "chacun pour sa gueule". J'ai tellement lu des comptes rendus où des types regrettaient d'avoir attendu des heures entières des potes à la traine, ou d'avoir pesté après des compagnons qui n'avaient plus les jambes," que je ne veux surtout pas imposer ça au team io sogno.

En fait chacun court à son rythme, pour lui mais aussi pour l'équipe. Et comme la nature fait bien les choses, je vais partager de longs moments de cette aventure avec Cédric et encore plus avec Gilles. Vous savez être capable de courir avec un pote, l'un à côté de l'autre, au même rythme, en osmose, sans avoir besoin d'échanger le moindre mot, comme si chacun souffrait au diapason avec l'autre. Un petit regard de temps en temps qui en dit long, quand le soleil vous brûle la peau, que la chaleur vous accable...à deux dans la même galère. Et puis le petit plaisir, la petite délivrance qui va bien, quand on se tape dans la main à chaque CP (Check Point) que l'on franchit ensemble.

Jour 1 : la 1ère étape je la vis, moyennement bien et le sentiment est mitigé. D'un côté le poids du sac qui me pèse, la chaleur que je dois apprivoiser, l'eau que j'apprends à rationner. Et puis il y a ce sable, ou plutôt ces sables. Il y a le dur, très digne, efficace qui permet de courir. Le tendre, le fin, le sensuel, qu'il faut caresser de sa chaussure. Et puis il y a le mou, un peu mesquin, celui qui t'empêche de courir convenablement mais qui t'use les neurones après des heures (un coup à vous réveiller de colère le marchand de sables ! )

Jour 2 : la 2ème étape est belle, moins par le paysage que par le fait, de finir avec Gilles et Cédric main dans la main. Franchement finir seul, (même si on est devant les potes) n’a pas la même saveur. C'est drôle cet espèce de sentiment mi viril, mi fleur bleu, de se congratuler avec ses compagnons d'aventure, ce moment où tu te dis "on est en train de vivre un truc de dingue, et on est ensemble".

Jour 3 : ça va déjà mieux, j'ai appris à tolérer la chaleur et à moins subir le soleil, je prends mes pastilles de sel MDS Vincent 1régulièrement (au moins 2 par heure) j'ai compris qu'il fallait boire au CP mais aussi rafraîchir la machine en m'aspergeant le corps. Le sac est déjà moins lourd, la foulée est un peu plus efficace. Et finalement, quand avec l'ami Gilles nous ne sommes plus tout à fait dans le même tempo, j'allonge la foulée. Les sensations sont bonnes, je ramasse un peu de monde, et me dis que dans le pire des cas, si je dois le payer un peu plus tard, les potes me ramasseront à leur tour. Il fait au moins 40 degrés à l'ombre, les coureurs devant moi marchent de plus en plus. Moi je me mets en mode "Warrior", petite foulée rasante, que j'essaie de rendre au maximum efficace. Alors qu'il serait plus simple de faire comme les autres et me reposer un peu en mode marche active, j'ai envie de pousser un peu la machine dans les tours. Il suffit de croiser le regard interloqué du mec que je double pour me dire : "c'est bon ça ! tu viens encore d'en passer un ! "
Quand j'arrive seul au campement, je suis un peu démuni, Gilles n'est pas là pour m'attendre, je ne sais pas où il en est, les tentes sont très peu occupées autour de moi.

Jour 4 : c'est la fameuse longue étape, qui fait tant peur à tout le monde. A nous ? Pas sûr. Le team io sogno, va bien, MDS Vincent 3on est entre la 150ème et 205 ème place au général, c'est carrément bien, et à part les pieds qui commencent à déguster chez Gilles et Cédric, ces 81 kms ne nous font pas peur. Sans en parler, sans le décider, avec Gilles nous partons ensemble comme la veille, en ayant forcément dans le coin de la tête l'idée de faire "la longue" ensemble, car on aura sûrement besoin l'un de l'autre. Le binôme fonctionne une nouvelle fois à merveille. Dans notre tête nous ne pensons pas aux 81 kms, mais nous découpons la journée en 6 tronçons qui correspondent aux 6 CP.
Parfois la lassitude du terrain ou du paysage nous tirent quelques paroles, nous les "montagnards". La forme est là , je suis surpris qu'on puisse trottiner plus de 2 heures à petites foulées sans s'arrêter, à un rythme régulier avec un sac sur le dos par cette chaleur. On double mais on se fait aussi doubler par des étrangers adeptes du "stop and go". Ils vont d'un coup courir à 0.5 ou 1 km/h de plus que nous et nous doubler, pour finalement, 50 ou 500 m plus loin, s'arrêter et se mettre à marcher lentement. Au plus fort de l'après midi, le soleil nous cogne dessus, il est 15h et nous sommes partis à 9h. Avec Gilles d'un commun accord nous faisons une pause de 3/4 d'heure pour refaire les niveaux : repos à l'ombre d'une tente, et petite tambouille : compote et dessert au caramel pour moi. Cédric arrive à son tour et décide de ne pas s'arrêter par peur de ne pas pouvoir repartir. C'est un calcul. Finalement, le repas se digère bien, et nous remontons au fil des heures un peu de monde. Je n'ai jamais autant rêvé de ma vie que le soleil disparaisse pour que la fraicheur tombe. Il est 20h quand nous apercevons la lumière du bivouac, on le voit, il est là ...youpi ! ...il nous faudra plus de deux heures pour l'atteindre ! Mais nous finissons cette longue étape heureux d'arriver, après des périodes de lassitude (notamment à devoir essayer de courir à la lueur de la frontale dans un sable meuble...croyez moi à la fin c'est un peu...agaçant...)
Sur cette étape " on n' a pas amusé les patates à la cave" et pourtant petite déception, le classement général semble figé : je dois gagner quelques places tout au plus, donc ça veut dire que mine de rien je me suis donné, mais d'autres aussi devant moi.

Jour 5 : journée de repos et la fameuse canette de coca qui te réconcilie avec la vie. C'est quand même hallucinant de savoir que nous sommes arrivés la veille à 22h30 que là il est plus de 16h et certains concurrents n'ont toujours pas franchi la ligne d'arrivée. C'est sûr, ils ont plus de mérite que nous. Cette journée de repos me fait du bien. On se réhydrate, on se détend, la longue étape est passée, le dernier marathon reste une formalité, et on sait que le classement général ne va plus bouger maintenant. Même si l'ambition est d'être finisher, se retrouver dans les 200 premiers (sur 1 050 au départ) est assez inespéré et jouissif.

Jour 6 : dernière étape chronométrée avec un marathon. Privilège du classement avec Gilles nous partons dans la 2ème vague des 200 premiers, une heure après les autres concurrents. Etrange de se frotter à l'Elite. Quand le départ est donné, ça galope vraiment fort. Assez rapidement, les deux prudents que nous sommes, se retrouvent en queue de peloton, avec juste une 20aine de coureurs derrière nous. Les premiers 12 kms nous les faisons ensemble et on savoure. J'ai des jambes de feux, mon sac est tellement léger que j'arrive à l'oublier. Gilles sent que je suis "chaud patate" et me donne mon bon de sortie ! Il reste 30 bornes, et je lâche les chevaux. Non seulement je vais bien mais je commence à remonter inexorablement les coureurs de la 1ère vague : pour le mental c'est énorme !
MDS Vincent 4Je ne cours plus, je galope, je suis euphorique. Je jette mes dernières forces dans la bataille, et je ramasse encore des concurrents dont certains sont contraints à la marche sûrement à cause de l'état de leurs pieds.
Je franchis la ligne d'arrivée. Je suis heureux. Je l'ai fait. Après la Diagonale des Fous, l' UTMB, je mets un point final au triptyque avec ce Marathon Des Sables. Pour autant l'émotion ne m'envahit pas. Je n'ai pas franchi la ligne avec mes potes de la Team, je n'ai pas puisé dans mon physique ni même mon mental. Finalement les larmes viendront le soir même, lors du concert de l' Opéra de Paris. Je relâche la pression aux notes de "Casta Diva" de Norma. Je revois ma préparation chronophage pour mes proches. Sophie m'a soutenu, accompagné, et a compris combien cette course était importante pour moi. Une intelligence rare. Elle, l’ancienne sprinteuse arrive à tolérer et à partager la vie passionnée d'un ultra coureur comme moi. Je ne la remercierai jamais assez, ça y est c'est l'occasion.

Un grand merci aux copains de club et aux amis, pour leur soutien avant et aussi pendant le MDS, la lecture de vos mails a été la chose la plus réconfortante durant cette épreuve (j'en aurais chialé!)

MDS00001 (112)

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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 22:07

utmb2.jpgIl est 16H00, la ligne de départ est noire de monde, les rues de cham' sont bondées, on se sert et on se bouscule le long des barrières. La météo est juste géniale, tant pour les accompagnateu...rs que pour les coureurs ça fait des années qu'on n'a pas vu ça. La pression monte ? oui un peu, le sentiment d'y être enfin. Ca fait des mois que j'en rêve de cet instant. En arrivant au PEC, c'est l'UTMB dont on m'a tout de suite parlé, avec aussi la diagonale des fous. Je vois encore les étoiles dans les yeux des copains finisheurs et les fameuses polaires sans manche estampillée UTMB. Ca y est la fameuse musique "conquest of Paradise" du film Christophe Colomb retentit, et l'émotion s'invite dans la foule des coureurs. Moi aussi je sombre, dorénavant il n' y a plus uniquement la Marseillaise qui me fait dresser les poils des bras. Je suis submergé par l'émotion et à deux doigts de craquer, autour de moi, certains ne cherchent même par à retenir leurs larmes. 16h30. Ca y est c'est parti, avec Gilles et Pierre Henri nous sommes coincés quasiment en fin de peloton. Dans les rues de cham', le peloton a du mal à s'étirer, et comme sur une étape alpine du Tour de France, la foule s'écarte sur notre passage, ouah, un sacré moment, c'est magique de voir un tel engouement populaire sur les premiers kilomètres. Ca booste !utmb3.jpg
17H00, premier direct radio sur mon téléphone pour recueillir mes premières impressions, sous le regard un peu circonspect des autres coureurs qui se demandent bien qui est ce type en train de raconter son ressenti alors que l'on court depuis une 1/2 heure.
Je suis agréablement surpris, le peloton a été raisonnable, c'est une bonne mise en jambes, et bizarrement les conversations s'éteignent assez vite, comme si chacun d'entre nous a conscience de devoir s'économiser, car il va falloir fournir des efforts ! Premier ravito aux Houches, avec Gilles nous décidons de ne pas nous arrêter et poursuivons ensemble la première montée. Dans les premiers lacets ça double tranquillement mais sûrement. Je sens que les mollets commencent à travailler, je ne veux surtout pas me mettre dans le rouge, et je préfère laisser filer Gilles, chacun sa course, ça ne m'empêchera pas de penser souvent à lui et de demander de ses nouvelles aux copains aux différents postes de ravitaillement. Je me concentre sur la tâche qui est la mienne. Concentrer c'est bien le mot. Bien sûr que je vais aller au bout de cette course, j'en rêve tellement. C'est une sensation de "zénitude" qui s'installe. J'ai fait le job pour me préparer au mieux pour cette échéance. Une préparation physique avec des heures et des heures à monter et descendre les pentes du moto cross de Buxerolles. Une préparation mentale, ceux qui me connaissent bien savent que ce n'est pas de la prétention mais de la détermination, mais je vais finir cette course, c'est sûr, je n'en doute pas un seul instant. Je suis allé au bout de moi à la diagonale des fous, en terminant les 35 derniers kms avec une périostite, à pleurer ma mère à chaque fois que je posais le pied par terre. J'ai vécu l'enfer et là je veux savourer le paradis ! Pour être honnête, bien évidemment j'appréhende la blessure, personne n'est à l'abri. Je sais que je vais connaitre des coups de moins bien, que je vais devoir apprivoiser.

Les Contamines km 30 ( 934ème)
Premier ravito où je retrouve Véro et Jacky, Bénédicte et Xavier. Je suis heureux de les voir et ce n'est que le début, plus la course avancera et plus je serai content de les voir, un soutien et un confort à toute épreuve. Merci les amis. Ils m'apprennent que Gilles va bien, qu'il est devant. On se dit à plus tard.

Courmayeur km 88 (717ème)
J'ai passé cette première nuit dehors. Jusqu' à 3/4 heures du matin, ça ne se décante pas dans le peloton, on se suit les uns derrière les autres, un coup je te double, un coup tu me redoubles, selon qui monte ou descend mieux que l'autre. Les sensations sont vraiment bonnes, et dans ma tête je veux arriver extrêmement frais en Italie, je me dis que c'est la que la course va enfin pourvoir commencer. Il est 6H, direct radio au téléphone avec le soleil qui se lève sur Courmayeur c'est très cocasse et très drôle de vivre ça. Je cours l' UTMB et en même temps je travaille. quelle chance !
Gros ravito où je retrouve mon assistance royale ! Jacky est aux petits soins. Massage des mollets et des cuisses, voilà qui me requinque. On refait le sac de course ensemble. Il trouve les mots d'encouragement et m'apprend que je suis dans les 700 premiers, franchement je n'en reviens pas. Mes ambitions sur cette course outre de finir est me classer si possible dans la première moitié du général, et là sur 2.300 coureurs c'est un peu inespéré, mais si je sais (comme pour la Diagonale) je crame beaucoup de concurrents lors des ravitos où je ne m'arrête en général pas plus de 5/10 minutes au moins au début. Changement de chaussettes, de chaussures, de tee shirt, une bises aux copains pour les remercier d'être là et je repars, encore un peu plus regonflé. Le jour se lève, il va faire beau, ça va déchirer. Comme sur l'ensemble de l' UTMB je m'obstine à vivre ma course, dans ma bulle, sans trop tenir compte de ceux qui me doublent.

Grand Col Ferret km 99 (583ème)
C'est le petit coup de moins bien de cet UTMB.

 j'attaque ce fameux col le point culminant de la course avec ses 2 537 m d'altitude il est midi. Il commence à faire chaud, et je suis dans une sorte de léthargie. J'avance à pas compté, du pas tranquille du montagnard, je ne me traine pas spécialement et pourtant je n'arrête pas de me faire doubler. Je suis un peu englué dans la pente. Pour reprendre un peu ma respiration et joindre l'utile à l'agréable je fais des photos. Je me dis que je vais prendre cher et devoir aller puiser au fond de moi. Ca y est c'est sûr c'est le moment temps attendu et redouté qui me tombe dessus. Que nenni. Je passe le point de contrôle et je me refais la cerise dans la descente. Fausse alerte tout va bien. En arrivant au ravito, je crains un peu les conséquences sur le classement général finalement...j'ai encore grappillé des places ! Certains qui étaient devant ont bâché, ça me redonne du baume au coeur.
Vincent-3.JPG
La Fouly km 108 (578ème)
Je tombe sur Xavier qui me réconforte. Je lui dis que je suis mort de fatigue, il faut absolument que je dorme, pour moi c'est vital. En trouvant les bons mots, il arrive à me "retourner" le cerveau: "quitte à dormir, patiente jusqu' à Champex, ça sera mieux". Il m'accompagne, nous faisons les premières foulées ensemble c'est appréciable, surtout qu'à chaque fois il faut se relancer, je m'arrête un quart d'heure et je me refroidis terriblement, et à chaque fois je quitte le ravito en tremblant et en claquant des dents.

Champeix Lac km 122 (530ème)
Qu'est ce que c'est dur de lutter contre le sommeil : "Allez vince, craque pas, faut tenir !" Du coup, je me concentre sur ce qui m'agace le plus, petit florilège :
-Ce japonais qui a eu la "bonne" idée d'accrocher une petite clochette à son sac à dos. C'est infernal, ça fait 20 mn qu'il me suit et je me retiens pour ne pas lui faire bouffer sa cloche au nippon !
-Un peu plus loin j'entends des voix qui montent dans la nuit. Trois espagnols parlent fort et n'arrêtent pas de jaqueter même en côte, pendant que moi je souffle comme un boeuf (c'est humiliant). Pas de bol les espagnols ont décidé de me coller aux basques ! Ca doit faire une heure que je me rappelle mes cours d'espagnol, je me demande comment on dit :"vous ne pouvez pas marcher en silence et fermer votre put... de gu....!"
Je n'en peux plus et me laisse décrocher.
Je me retrouve encore avec un étranger (décidément), un allemand. Ce type respire comme un ballon de baudruche, il expire bruyamment et je n'entends que ça...c'est marrant comme des petits détails peuvent vous pourrir (momentanément) une course nature. Au gros ravito de Champeix, je retrouve les meilleurs assistants du monde. De nouveau les massages de
Jacky font des miracles. Les paroles de Béné, Véro et Xavier me réconfortent ils me trouvent de plus en plus frais ! alors info ou intox ? je décide de leur faire confiance.
La montée de Bovine n'est pas drôle du tout, il est un peu plus de 23h et je ne pense plus qu' à une seule chose : DORMIR ! Là franchement ça devient urgent. Je suis à la tête d'un petit groupe. On se suit en silence. Ma frontale commence à regarder les abords du chemin à la recherche d'un petit coin de nature, de quiétude pour s'offrir à mon corps endolori et à mon cerveau lassé de tant d'effort sans aucun repos.
Je me laisse dépasser par une dizaine de compagnons, le temps de m'installer sur un tapis de mousse, j'aperçois une quinzaine de lampes frontales qui arrivent. J'ai un peu mauvaise conscience à faire une pause, mais je sais que c'est une sage décision. Je programme une alarme dans une 1/2 heure, ça devrait être suffisant. Les yeux fermés, je n'ai de cesse d'entendre, les cliquetis des bâtons de marche, ce n'est pas possible, je ne vais pas arriver à dormir. En fait je dors déjà, si, si ! Au bout de 20 mn c'est le froid qui me réveille. Comme à la Diagonale des fous, ces 20 mn me suffisent à repartir. Je suis content d'avoir pris cette bonne décision. Je double de nouveau, dans les montées comme dans les descentes. Je savoure.

Vallorcine km 149 (579ème)
Allez c'est la dernière base de vie où je vois les copains. Ils me demandent si je force vraiment tellement j'ai l'air frais ! Les habitudes sont les mêmes : 2 verres d'eau gazeuse, un verre de coca, un bol de soupe. Je me force à manger solide : pain, fromage et saucisson. Des ravitos nombreux et copieux sont appréciables. Je n'ai quasiment pas touché à mes propres réserves, excepté quelques barres de céréales entre deux ravitos et mes deux bidons de 750 ml, un d'eau l'autre d' Effinov
Vincent-4.jpg ont largement été suffisant entre deux bases de vie. En revanche, je m'étonne à beaucoup, beaucoup boire, de jour comme de nuit. Une dernière accolade aux copains, on se donne rendez vous sur la ligne d'arrivée. Ca y est j'ai conscience de ce qui m'attend, et je m'autorise enfin à y penser : l'arrivée dans les rues de Cham' et la veste de finisher!
Mais pour pleinement savourer il va encore falloir mouiller le maillot (du PEC)
J'arrive au col des Montets, j'aperçois le cortège de frontales qui monte à la tête aux vents. Ce zig zag lumineux n'en finit pas de grimper, punaise, il va encore falloir se taper tout ça ! et non...c'est pire, ce n'est que la partie visible de ce qui nous attend.
allez hop! je passe en mode "économique" technique des petits pas, je me fais doubler, je m'en fous, je me concentre sur ma course. Rejoindre la Flégère de nuit n'est pas chose facile, mais ça sent quand même bon la dernière ligne droite.
La Flégère km 160 (591ème)
Je décide ne pas zapper ce dernier ravito : à quoi bon après tout ? eau gazeuse, soupe etc. Je réveille Jacky pour m'assurer qu'avec les copains, ils seront bien là pour m'accueillir à Cham'. Dans la descente, je vole, deux trois fois je manque de trébucher sur des racines ou des pierres je ne sais pas trop, comme les piles de ma frontale sont elles aussi à bout. je double, mais je me fais aussi doubler. Jacky puis Xavier m'attendent pour m'accompagner dans les derniers hectomètres. C'est super. Le soleil commence à éclairer le sommet du Mont Blanc! Comme je vais bien et que je suis joueur j'accélère la foulée sérieusement et suis à la limite de lâcher mes deu
Vincent 2x copains, finalement je ralentis histoire de leur laisser le temps de rejoindre la ligne d'arrivée, pendant que je m'offre un tour d'honneur et un bain de foule (une vingtaine de personnes à la louche).
Il est 6h44 et je franchis la ligne d'arrivée. Pour la première fois de ma vie de marathonien
et d'ultra trailer je ne pleure pas ! Je ne suis pas envahi ni submergé par l'émotion. C'est limite décevant. Après coup j'observe que je n'ai pas eu à puiser au fond de moi, le mental n'a pas eu à prendre le dessus et à ordonner au corps de suivre.
Les conditions météo ont été excellentes, je n'ai pas subi de pépins physiques, pas de moral dans les boosters, pas d'ampoule...presque pas drôle !
La journée n'est pas encore fini, il faut que j'intervienne dans un 1/4 d'heure en direct à la radio puis plus tard dans la journée raconter mon UTMB sur France Info, Inter et Bleu.
Je termine donc cet UTMB en un peu plus de 38h, heureux d'être finisheur, je me classe 587ème, même si pour moi, le classement général c'est un peu comme les jupes des filles...c'est juste pour faire joli!

utmb1.jpg

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 17:00

ds_Montagnaspe-1.jpgRECIT DE ROMUALD MAGIS

Salut a tous

Petit récit d’un trail peu connu, mais qui laisse quelques traces et réveillera quelques souvenirs pour les autres !

Nous y sommes , samedi matin à  7h pour 50km et 3340m d+

Le temps est couvert  en haut, cela nous laisse le doute pour choisir de se couvrir ou pas ! Départ  lancé ! Après  1 km, on attaque la première difficulté qui pour, nous parait simple !  Eh bien non, un temps lourd, brumeux  arrive dans la forêt (tiens un doux retour sur la montée du piton de la fournaids Montagnaspe 2se !!!) Sur le haut le paysage se  découvre et laisse apparaitre la neige.

Descente pour le retour à BEDOUS, par une monotrace assez raide et rapide ; Attention dans les virages ! Deux difficultés, et pour nous la plus dure !  la montée d’OURDINSE et  là …. Retour au mois d’octobre 2012 sur la Diagonale ! Un mur se présente à  nous ,  De 400m d’altitude  à  1430m, tu te retrouves face à la montagne sans trace et tu montes tout droit à travers les prairies ;  le tous sur 5 km , une longue montée, à  te demander si elle  va s’arrêter ;  un moment suivie d’une descente encore plus à  pic  sur un terrain instable de cailloux  pour remonter sur LAYENS avec  ses coups de cul qui ne la laisse pas indifférente , pour t’offrir l'arrivée sur le plateau,  avec une magnifique vue sur la vallée

Je  conseille cette épreuve , en préparation pour les amateur de la Diagonale des fous, 

Christophe  MAREE ,Marie Noëlle SIRON  et Romuald Magis avons retrouvé cette même sensation lors de notre course

Bon courage pour les futurs  participant

ROMUALD

 

A noter que nos amis Marie Siron et Romuald Magis ont réussi àboucler cette épreuve particulièrement difficile, tant par son rapport, Dénivelé / Distance que par la technicité du terrain en 11h05' ! Félicitations à nos deux nouveaux trailers pour leur réussite !

A signaler également la belle performance de Christophe Marée (Ultramical 86) qui réalise 7h45 ! Un bel exploit !!!

CB

ds_Montagnaspe-3.jpg

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Profil

  • Kiki 86
  • FINISHER  : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012  ou je me classe 1er V3 , 2017 et 2021
UTMB : 2008 et 2011 
Marathon des Sables 2010
Objectif : 2022 : TRAIL DES CITADELLES, UTPMA avec les copains de l'EPA86et  TRAIL BOURBON 2022 
Date de naissance : 28/08/1952
  • FINISHER : Diagonale des Fous à La Réunion 2002, 2007,1010 et 2012 ou je me classe 1er V3 , 2017 et 2021 UTMB : 2008 et 2011 Marathon des Sables 2010 Objectif : 2022 : TRAIL DES CITADELLES, UTPMA avec les copains de l'EPA86et TRAIL BOURBON 2022 Date de naissance : 28/08/1952

L'ULTRA POUR HORIZON

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PALMARES

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DERNIERS RECITS D'ULTRA-TRAILS

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L'ÎLE INTENSE "LA REUNION"

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° RANDOS ET RANDOS-TRAILS SUR L'ÎLE DE LA REUNION    ....."ENTREZ et DECOUVREZ"

 

° L'ÎLE DE LA REUNION EN PHOTOS CHAQUE SEMAINE : C'EST  ICI

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° TRAI DES CITADELLES 70KM (AVRIL) Annulé Covid

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WIDY GREGO "SPORTIF DE L'HUMANITAIRE"

Mes Entraineurs

Roger PASSARD : Professeur d'Education Physique et Responsable de l'ALERTE GRAYLOISE, qui de cancre en sport m' a propulsé en deux ans "Champion Départemental Minime de Cross" à PORT SUR SAÔNE

Jean-Pierre GORGEON : Co-équipier et Entraineur à l'ASPTT POITIERS m'a permis de réaliser :

  • 15'48"70 sur 5000m, le 14/06/1997 lors des Championnats Régionaux à NIORT (45ème Perf Nationale V1et 5ème M45)
  • 33'42"60 sur 10 000m le 31/05/1998 lors des Championnats de France Vétérans sur Piste à LYON PARILLY ( 21ème Perf Nationale V1 et 6ème M45)
  • 2h40'46" au Marathon le 12/10/1997 lors des Championnats de France de Marathon à REIMS (95èm Perf Nationale V1 et 31ème M45)

Jean-Claude FARINEAU : avec qui j'ai partagé depuis 1984, les charges, parfois lourdes de Dirigeant à l'ASPTT POITIERS, puis au PEC à partir de 1999. Grâce à ses entrainements judicieux, je n'ai jamais raté une qualification aux Championnats de France de 10 km

Jean-Paul GOMEZ :
Finaliste Olympique du 10 000m à MONTREAL en 1976 : Bien que ne m'ayant jamais entrainé m'a toujours apporté des conseils éclairés, notamment lorsqu'il entrainait  à mes côtés l'école d'Athlétisme de L'ASPTT