PAR CEDRIC DUPUICH : 202ème en 36h53'38"
Après le compte rendu de Gilles et Vincent je vais à mon tour essayer de raconter mon marathon des sables
Non par orgueil mais dans le but d'essayer de faire partager.
C'est une aventure puissante qui vous fait serrer les dents, qui je pense les fera encore briller des années après.
Une aventure qui nous fait vibrer !
Je prends tellement de plaisir à lire ceux des copains que je me dois d'essayer de faire partager cette expérience qui vous a tous fait rêver à travers les photos et reportages
Au-delà de la performance sportive? vivre le marathon des sables est une aventure extraordinaire.
Une nouvelle façon de vivre le sport quelque soit la raison de notre présence, Certains partent pour une quête, un refuge contre la tempête, à la recherche d'une sérénité, s'extraire du monde réel, le dépassement de soi, une parenthèse dans notre vie.
Le désert peut-il nous offrir nos rêves...
Pendant une semaine finit la crème antirides!
Seulement l'essentiel : Ressentir la nature, vibrer avec les émotions et en remplir mon sac.
Le sac !!
Mon ami mon Ennemi.
Je l'ai tantôt aimé, tantôt haï
Fait et refait tous les soirs, appris et compris son contenu
Ne rien oublier, juste l'essentiel, pas de superflu, le poids ? une clé de réussite
Finalement 8,5 kg sans eau
J'arrive prêt physiquement et moralement
aucune appréhension l'entraînement est là
Mais je sais rester humble devant cette épreuve
l'envie est présente aussi,
je me sens l'âme d'un guerrier
Un lion dans le désert
Il nous revient à tous de tracer notre route
J'ai choisi d'être là.
L'avantage d'une course à étapes, c'est que le bonheur est renouvelé chaque jour, chaque jour un départ et une arrivée, son lot d'émotions
L'équipe Io sogno (je rêve) est magnifique
Une ode à la convivialité
avant tout un partage nous sommes tous là pour ça
Se battre pour l'équipe
Premier contact avec le bivouac après une nuit mouvementée
Six heures de bus entre la recherche d'un sommeil récupérateur et la contemplation des paysages
Les tentes berbères posées en cercle numérotées selon les nationalités
Nous serons dans la tente 18 : 7 hommes une femme.
un choix qui sera judicieux, primordial, la réussite d'une belle aventure
Un concentré de valeur humaines
Le bonheur se trouve ds la tente 18 : tous novices et 100% finisher
Samedi, contrôle des sacs
photo officielle, prendre le temps pour soi, privilégier le repos c'est déjà bon d'être ici
Dimanche Six heures début de l'autonomie
La nuit fut froide, le sommeil perturbé
Dormir sur un tapis, abandonné toute idée de confort
Le confort ? pendant cette semaine il est absent il est de l'autre côté des tentes chez les commissaires
Le marathon des sables est soi-disant la course la plus dure
Ça commence dès la première nuit
Avec la gestion du sommeil, des douleurs, de la nourriture de la chaleur
Et l'eau : indispensable.
Première étape
Le départ...une ambiance de folie on a tous hâte de commencer cette aventure
Je trépigne d'impatience
Enfin la musique nous libère et nous fait vibrer
Devant nous les dunes de Merzouga les plus hautes dunes de sables du Maroc
A quelques enjambées
Elles sont époustouflantes et cruelles en même temps
Comme à mon habitude mes départs sont prudents, je profite du paysage
2 km plus loin, l'entrée des dunes, magnifiques
J'essaye de comprendre ce relief, savoir où poser le pied
J'apprends des anciens je scrute les plus téméraires
Les hélicoptères nous survolent, tantôt à basse altitude, en crabe
C'est juste hallucinant.
La première étape est de 34 km, je vais mettre 5h38 pour la rallier avec des dunes pleins les yeux
Traversé de plateau caillouteux et sablonneux
Et une belle arrivée en compagnie de Vincent main dans la main
Puis arrive le rituel le même à chaque arrivée
Un thé, trop sucré à mon goût
L'attente pour récupérer nos trois bouteilles si précieuses
Se décharger du poids du sac ,s'hydrater
J'ai les muscles meurtris, les épaule froissées
Se mettre à l'aise est une priorité, d'abord la chaussure gauche toujours la gauche :-))
Puis arrive l'inspection des pieds
Je me surprends même à leur parler ,les remercier
Deuxième étape
41 km avec des dunes ,des oueds, des cailloux ,terre sablonneuse
Je suis dans le contrôle, je prends la décision de faire une belle étape
Entre une gestion des douleurs aux épaules et le frottement des pieds
Au bout de 25 km la chaleur m'accable, me déstabilise
Je garde le bonheur et la satisfaction de terminer l'étape avec l'équipe au complet
En 5h47 nous arrivons 187,188,189
Puis le même rituel en prime un massage de l'a
mi Vincent entre toilette et dégustation du taboulé
L'ambiance au bivouac allège le poids des douleurs, le corps relâché, l'esprit apaisé
Et ce jour qui décline le froid qui s'installe, une intimité retrouvée dans le duvet à la recherche de ce sommeil récupérateur
Troisième étape
37,5 km
Détresse d'un corps en souffrance
C'est une journée sans!
Sentant très vite qu'elle sera difficile je ne suis pas dans le coup
Gilles et Vincent sont en mode attaque
Alors je m'accroche,
je m'offre des momen
ts de réflexion comme un leitmotiv
Plus j'avance plus je m'enthousiasme
Le temps s'écoule, le sac me meurtrit les épaules
J'ai beau me dire "mais non il n'est pas lourd, plus léger qu'hier"
Ça ne marche pas
Les pieds sont douloureux
Franchir ces dunes, ces pierres qui jonchent le désert, le sol craquelé sous une chaleur accablante
J'arrive desséché les traits tirés en six heures 03
Vincent immortalise le moment, je m'allonge à bout de force.
Demain la grande étape, pour le moment se refaire une santé
Les mouches commencent à nous tourner autour, une toilette s'impose !
Quatrième étape
La grande, celle qui fait peur
Pour certains l'aventure pourra durer 34 heures
L'équipe Io sogno , aux avant-postes, heureuse
le visage radieux impatient de prendre le départ
Cette journée va déterminer le classement de chacun
Nous, coureurs d'ultra, sommes sereins
Une petite danse sur happy de Pharrell Williams nous propulse, nous dérouille les jambes
Jusqu'à en oublier la douleur des ampoules quelques instants
Nous voilà sur un terrain sablonneux
Puis cette ascension du djebel EL OFTAL avec une pente à 30 %
nous offre un panorama de toute beauté
La descente technique, le pied est sûr, l'assurance est là
Nous dévalons avec Vincent a grandes foulées le Pierrier en coureur montagnard
Notre terrain de jeu !!
Je suis comme le lion courageux avec une souplesse retrouvée
Puis arrivent les dunes
Les longues lignes droites déstabilisantes, ennuyeuses
Le vent est chaud, aucune ombre pour s'abriter
Je passe de CP en CP
Je croise aux CP Gilles et Vincent, tout va bien pour eux
Je découpe ma course
Mille paysages, le regard curieux des enfants qu'on croise au milieu de nulle part
La traversée du lac desséché est terrible, la chaleur écrasante, oppressive
Et cette eau qu'il faut gérer, lutter contre le sommeil
Enfin les lumières du bivouac, je retrouve du tonus
Je me secoue pour finir sous les 14 heures
Cinquième étape
Journée de repos pour nous, alors on flâne, notre activité est au minimum
Certains sont encore en course
Plus qu'un marathon et c'est déjà fini
En attendant, se poser. Le plus dur est derrière et le bonheur de continuer cette aventure est devant nous
Passage obligé vers les docs pour le confort de mes pieds.
Tout le bivouac accueille les derniers, une vraie reconnaissance de ce qu'ils viennent d accomplir
Puis arrive la lecture des mails, seul contact avec la famille, les connaissances de près ou de loin les copains de club ...quel bonheur, quelles émotions dans la lecture de vos messages ,merci .
Sixième étape
Mes pas me guident sur cette dernière étape
J'en oublie les douleurs aux épaules, les douleurs aux pieds
Il fait moins chaud
Je passe au-dessus des difficultés, au-delà des obstacles
Aller plus loin, plus vite
Je retrouve une foulée sur ce terrain plat
Bientôt 42 km au bout desquels je parviens ce jour le corps fatigué ,les pieds abîmés
Cependant heureux de l'effort accompli
Puis l'arche...personne derrière moi, je peux savourer ce moment
Je profite, je ralentis mon allure
Je suis heureux, la médaille autour du cou, l'accolade de Patrick Bauer
Puis l'arrivée des copains de la tente 18
On refait la course, le visage rougi par le soleil omniprésent
Nous sommes finisher et heureux, les yeux remplis de bonheur et de fierté
Septième étape
Ce matin ,7,7 km à travers les dunettes
Plus de chronos, la marche s'impose en compagnie de Vincent
Direction les bus pour Ourzazatte
Le bonheur de retrouver de nouveau certaines saveurs, se laver à grandes eaux
Déguster des cornes de gazelles et un bon tajine fera partie de notre distraction
Visite des souk en vrai touriste , agréable odeur des épices ..se faire avoir en achetant des poteries ..un vrai touriste
Et le must ,un hamman ,gommage et agréable massage , après 250 km ds le désert mon corps est apaisé .
Cedric Dupuich Equipe io sogno
Mds 2014 tente 18