Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Header cover
Publicité

GRAND-RAID-DU-GOLFE-DU-MORBHAN- "177km-POUR-XAVIER"

  ds_raid-golfe-du-Morbihan-24-juin-2011-037.jpg    Cette course qui se veux la plus longue course nature de France, 177 kilomètres, me fait rêver depuis longtemps. L'idée de faire le tour d'un golfe par des sentiers me plaît et depuis que l'an dernier le parcours a été modifié et comporte la traversée de l'embouchure en bateau, je savais que j'inscrirais un jour cette épreuve à mon programme. C'est finalement cette année, alors que je n'ai pas d'autre longue course en vue que je me suis décidé, avec en plus, comme un clin d'oeil, un enchaînement Costa Brava Xtreme, ultra côtier du bord de la Méditerranée, et cet ultra sur l'océan.
       Le départ, vendredi à 19 heures, est rapide et je tente de limiter ma vitesse autour de 9 km/h. Il fait beau, on peut être à deux de front sur de bons chemins, c'est plat. Au premier ravito, km 18, je passe en 2 h 04. J'apprendrai que je suis pointé 281° sur les quelques 550 partants. Je mange du salé, chips, Tucs, fromage et bois cola (breton, pas terrible) et eau gazeuse (source inconnue, petites économies?) comme je le ferai chaque fois que possible, me contentant pour le reste du temps de ma barre de pâte de fruit par heure et d'eau pure sauf aux trois gros ravitaillements proposant un repas chaud, pour ma part, soupe (toujours le même parfum proposé), purée au fromage avec ou sans jambon blanc, compote. Ce régime me réussit bien et je n'ai eu aucun trouble gastrique pas plus que de début d'hypoglycémie. Mais j'ai énormément bu, vidant presque ma poche de 2 litres entre chaque ravitos espacés d'environ trois heures.
       En cette belle fin de journée, sous le soleil déclinant et un léger vent frais, ma femme, Bénédicte, me suit en voiture, là où on peut voir les coureurs, jusqu'à la tombée de la nuit. J'allume ma frontale avant le deuxième ravito que j'atteinds en un peu plus de 4 h. après 38 km de course. Les espaces sont faits, une certaine solitude s'installe même s'il est encore facile de suivre le parcours ouvert par le coureur qui précède. Arrive le gros ravito de Sarzeau au 58°. Il est près de 2 heures du matin. L'ambiance lourde du gymnase est réveillée par les applaudissements de quelques spectateurs à l'entrée de chaque coureur, cela fait du bien. Repas rapide, changement de maillot pour avoir plus chaud. Je repars en gardant le blouson enfilé à l'entrée pour ne pas me refroidir pendant la pause. Je vais courir plusieurs heures au niveau de la première féminine, on se double, se redouble... Je finirai par la distancer au petit matin mais en étant alors dépassé par celles qui seront les trois premières. La fin de nuit est pénible, pas de jus et des ampoules à un pied. Mais le lever du soleil réchauffe et redonne du courage. Bénédicte me téléphone pour que je lui précise mods_raid-golfe-du-Morbihan-24-juin-2011-058.jpgn heure d'arrivée à Port Navalo où elle m'attendra. Je retrouve des forces et c'est presque fringuant que je descends sur le port pour embarquer. Il est 8 h et j'ai couru 96 km en 13 heures. Je suis dans les 120°.
       Dans la zone neutralisée (le temps sera décompté pour le classement final), Bénédicte me soigne une grosse ampoule qui ne me fera plus souffrir. J'enfile un poncho et un gilet de sauvetage et saute dans un gros hors bord qui va nous traverser en nous faisant profiter d'un grand bol d'oxygéne. Les coureurs sont accablés et bien silencieux. Au débarcadère il faut encore faire deux km pour monter jusqu'au ravito. Je prends un repas chaud puis retrouve un sac acheminé par l'organisation pour me changer, chaussettes, maillot, je trouve ma casquette. J'ai fait une toilette rapide, me masse à l'huile Welledia, me passe de la protection solaire et de la créme antifrottement. Quelques minutes allongé sur un lit de camp, mais je n'ai pas envie de dormir. Je repars sachant que la course commence ici, ce à quoi je m'étais préparé mentalement, il reste 80 km et il est 9 h 30. La remise en route est laborieuse, cela va être dur !
       On coure un grand moment en campagne, la mer semble loin. Les écarts sont importants et on est seul ou presque entre les ravitos. Je garde le souvenir d'un parcours alternant campagne et fôrêts avec beaucoup de chemins d'exploitation ou de routes. Pas très stimulant. Plus tard on retrouve un sentier côtier un peu ds_raid-golfe-du-Morbihan-24-juin-2011-063.jpgescarpé sous les arbres, on passe sur le pont du Bono. Le paysage est plus agréable en ce milieu de matinée, avec des bateaux qui animent les plans d'eau que nous longeons. On passe aussi le long des plages. Bénédicte est revenue me soutenir, cela fait du bien. Cahin caha j'arrive au dernier gros ravitaillement. L'espace, en plein air, est interdit aux accompagnateurs, ce qui est un peu dommage et ne se justifie pas vraiment. Je déjeune et ressort pour retrouver Bénédicte que j'avais surpris allongée sur la plage, presqu'endormie, ce qui a fait bien rire le groupe des accompagnatrices qu'on retrouve de loin en loin, ce qui crée des liens. Elle me masse les jambes. Je repars en ayant compris que je suis dans les centièmes ce qui me donne un objectif, entrer dans les cent premiers. C'est sans importance, mais c'est comme cela, cela motive. Il est près de 16 h 30 et il reste moins de 40 km, un petit marathon...Mais l'objectif fixé, arriver entre 22 h et minuit est tenable (plus 22h soyons réaliste). En tout cas je sais que je finirai la course.
        Après c'est devenu plus difficile, le passage en mode course devenant dur puis quasi impossible d'autant que le parcours est très routier. Heureusement j'ai trouvé un coureur dans le même cas (après une chute, il a une côte très douloureuse) et, nous accrochant l'un à l'autre, nous avons pu finir les trente derniers km en marchant à un rythme satisfaisant (même si les marcheurs nordiques nous doublaient à une vitesse incroyable) de sorte que nous n'avons été repris que par de rares coureurs et que j'ai pu préserver une centième place (aux dernières nouvelles, 99° sur 308 classés) qui me comble. Il connaissait la fin du parcours ce qui m'a aidé à anticiper les moments de découragement quand on croit s'approcher et qu'on découvre qu'il faut contourner une baie ou franchir une colline. Nous nous arrêtons pour mettre la frontale pour finir les 7 ou 8 km qui nous restent. Nous nous posons pour le faire sur un banc dans un petit bois au bord d'une plage. Je vais repartir en oubliant mes lunettes de vue mais je ne m'en apercevrai qu'à l'approche de l'arrivée. Il faut dire qu'il suffit de regarder la zone éclairée par le halo devant mes pieds et cela j'y arrive d'autant que je suis aussi guidé par mon compagnon qui court à mes côtés.
       Le final est monotonne, plat, sans fin. La foule est pourtant là quand nous arrivons sur le port de Vannes et elle se déchaîne quand, juste avant la passerelle, nous sommes doublés par le premier d'une des autres courses, pas compris laquelle dans l'état où j'étais. La ligne franchie, en 28 heures 33, dix minutes avant minuit, un peu étourdi par le bruit, je flotte et m'appuie sur une barrière avec mon compagnon de route. Nos familles nous rejoignent, Gérard est là aussi. A peine arrivé, les jambes et surtout un genou se bloquent, et j'aurai bien de la peine à regagner mon lit, d'autant qu'il nous a fallu faire un jeu de piste, en voiture, pour récupérer mes lunettes. Elles m'attendaient dans la nuit. J'ai essayé de profiter du repas proposé à l'arrivée, mais envie de rien et les deux compotes avalées ont bien failli passer par dessus bord sur le trajet vers notre hébergement.
ds_SAM_0622.jpg
       Restent de bons souvenirs, notamment de beaux paysages. Une absence totale de problème digestif, pas de gros bobos mais la désagréable impression d'une belle course qui toutefois n'est pas vraiment un trail, puisque au moins 20 % du parcours est sur goudron et quelquefois pour de longues portions. Aucune difficulté technique. On est donc finalement plus proche d'une course sur route que d'une course nature. Il faut en tenir compte dans la stratégie et commencer à marcher dès le début, même si le terrain n'y invite pas. Vous avez aussi compris que j'ai trouvé l'organisation inégale, la traversée superbement organisée,  certains ravitos avec des bénévoles attentionnés et efficaces, d'autres où on a presque l'impression de les déranger. Pas commode aussi de se faire dépasser par les marcheurs nordiques déchaînés avec leurs bâtons qu'ils vous plantent devant les pieds. On a peur d'en prendre un coup. Comment s'arrêter pour les laisser passer ? On n'avancerait plus pendant de très longues minutes et quand on sait la difficulté de relancer...Et que dire des ravitos ou points de contrôle communs avec eux, il nous faut rouspéter pour pouvoir nous frayer un passage entre des concurrents frais qui n'imaginent pas notre état de fatigue et notre fragilité psychologique après ces longues heures de course, eux qui ne sont partis que pour faire une bonne vingtaine de kilomètres.
       Merci en tout cas des encouragements nombreux, je suis devenu un as du maniement du portable en course. Merci aux marcheuses du club et à Gérard trouvés sur le parcours qui ont eu des mots de soutien  qui font du bien.
Xavier


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article